Tour de veille – octobre 2020

Pour commencer, une étude nécessaire en ces temps troublés : les bibliothèques universitaires sont des alliées du bien-être mental des étudiants et des étudiantes, selon une étude anglo-saxonne. L’enquête entière (et en anglais) se trouve ici.

A propos du mouvement Black Lives Matter, on peut lire un article écrit par la Fédération des Ecomusées et des Musées de société, et regarder le documentaire Stupéfiant : Modèles noirs, regards blancs, qui s’interroge sur la représentation des personnes de couleur dans la culture populaire française.

Dans l’actualité sur les questions de genre, on peut écouter le podcast « Egalité Femmes- Hommes VS stéréotypes de genres : où en est on ? » et le philosophe Paul B. Preciado parler de Simone de Beauvoir dans L’heure bleue de Laure Adler : Simone de Beauvoir, un certain genre. Un article de Challenges relate que « Le genre des jouets n’a plus la cote », un autre décrit la vague MeToo dans le monde dans la musique.

Pour finir, on peut lire cet article sur Ce que font les lesbiennes à la littérature et parcourir le hashtag #choisirlesfemmes sur Twitter pour enrichir notre bibliothèque.

Etats Généraux de l’Egalité en littérature jeunesse

Le 5 octobre, se sont tenus les Etats généraux de l’Egalité en littérature jeunesse, organisés par la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse.

En 2018, la Charte avait décidé de lancer un plan d’action Égalité, dont l’objectif était d’interroger les questions d’égalité au sein de la littérature jeunesse. Après la création d’une commission Egalité & Diversité, d’un prix Egalité Jeunesse, l’importance de l’enjeu à amener à l’organisation d’une véritable journée d’études, où chaque acteur et chaque actrice du secteur est invité à la réflexion.

Une introduction : des chiffres édifiants

Hélène Vignal, co-présidente de la Charte, a introduit la journée avec, notamment, les chiffres de l’ Observatoire de l’égalité du ministère de la Culture.

En matière de revenus, on observe une différence de moins 22% à moins 26% entre les auteurs et les autrices.

Dans un secteur fortement féminisé (70% des chartistes sont des femmes), la nécessité à viser l’exemplarité en matière d’égalité est d’autant plus forte. L’ensemble des acteurs et actrices est convaincu de la validité de l’objectif d’égalité; où sont les freins ?

Etude sur la réception des stéréotypes par les enfants, étude sur les inégalités dans le milieu de la littérature jeunesse et considération des autrices

La matinée de cette journée d’études s’est décomposée en trois temps.

1- La littérature jeunesse, porte d’entrée sur la construction inégalitaire systémique des enfants ?: Dorianne Montmasson, maîtresse de conférences en sociologie de l’éducation à l’INSPE

Dorianne Montmasson a proposé ses résultats d’étude sur la réception de la littérature de jeunesse par les enfants.

2- Premiers retours de l’étude du CNL portant sur l’économie de la filière du livre de jeunesse: Anne-Sophie Métais, chargée des études d’évaluation CNL.

L’objectif de l’étude, dont les résultats ne sont pas encore finalisée, est d’établir une photographie de la situation des auteurs et autrices, des illustrateurs et illustratrices ou des traducteurs et traductrices publié·es, en jeunesse, entre 2014 et 2018, chez des éditeurs spécialisés ou non. Les résultats sont bruts mais montrent déjà les inégalités et les tensions vécues par les auteurs et autrices.

3- La considération des autrices est-elle la seule clé de l’égalité en littérature jeunesse?: Roxane Edouard (agente littéraire), Martin Page (auteur, éditeur), Coline Pierré (autrice, éditrice), Hélène Rajcak (autrice-illustratrice)

Témoignages d’expérience et d’initiatives sur les questions de traitement, de rémunération et de visibilité : la considération des autrices est-elle la seule clé de l’égalité en littérature jeunesse ?

« La littérature #jeunesse est aussi la sphère où on compte le plus grand nombre d’#autrices, militantes et politisées. À la clé : des avancées qui profitent aussi à la littérature générale. »


Outils concrets en faveur de l’égalité pour les professionnel•les du livre, réactions et propositions des partenaires (SLF, Fill, et Légothèque/ABF)

Lire la suite

La culture Drag

Ce billet s’appuie sur le travail effectué par Julie Granier, bibliothécaire, et s’intéresse à la représentation de la culture Drag dans la littérature. Afin d’orienter et d’encadrer ses recherches, elle s’est concentrée sur la production éditoriale de 2018 à aujourd’hui, en France. Son constat est que les figures LGBTQIA+ sont de plus en plus représentées dans la production éditoriale francophone, qu’il s’agisse de littérature, de documents cinématographiques ou de jeux vidéo.

  • Drag Queen : de qui parle-t-on?

Le terme “Drag Queen” existe depuis le XVIIIème siècle et fait référence aux hommes qui se travestissent et laissent traîner (“to drag”) leurs jupes derrière eux. Néanmoins, cette étymologie est remise en question par une référence plus récente datant du XXème siècle où les femmes, ne pouvant pas jouer au théâtre, étaient incarnées par des hommes “dressed like a girl (drag)”.

La culture drag telle que nous la connaissons aujourd’hui prend son essor dans les années 1990, aux Etats-Unis, en Angleterre mais aussi en France, à Paris, particulièrement dans le quartier de Pigalle, dans le monde de la nuit.

Une Drag Queen est une personne, homme ou femme, qui se construit une identité féminine volontairement basée sur les stéréotypes du genre. La personne se crée alors un nom et utilise son personnage principalement dans un objectif de spectacle incluant du chant, de la danse, du stand-up…

Cet art militant, qui prône l’acceptation de soi et la différence, s’est peu à peu ringardisé durant les années 2000 jusqu’à l’émission “Ru-Paul’s Drag Race” lancée par la célèbre Drag Queen Ru-Paul aux Etats-Unis et qui participe grandement à intégrer la culture Drag à la culture populaire américaine.

Il est important de préciser que s’habiller en Drag Queen est un travestissement qui n’est pas systématiquement en lien avec l’orientation sexuelle de la personne ni avec son identité de genre. Être Drag Queen ne ne signifie pas forcément être transgenre.

 

  • Qu’en est-il aujourd’hui dans la littérature populaire et dans nos bibliothèques ? Voici quelques références bibliographiques pour illustrer ce billet.

Julian, sirène parmi les sirènes

Récemment paru en français aux éditions L’école des loisirs, “Julian est une sirène” de Jessica Love est la référence Drag Queen dans la littérature enfantine.

Il s’agit du premier album écrit et illustré par Jessica Love, actrice de théâtre américaine. Paru en version originale aux éditions Candlewick en 2018, il a déjà remporté trois prix jeunesse : le Stonewall Book Award (prix américain qui récompense des ouvrages à thème LGBT), le prix Klaus Flugge (prix de littérature jeunesse anglais) et le prix de la Foire de Bologne (prix de littérature jeunesse italien).

Outre la beauté de ses illustrations, le texte minimaliste nous offre un album frais et coloré qui aborde avec douceur la question du genre et des identités. Quel bonheur de voir cette grand-mère qui accompagne avec respect et tendresse son petit fils sur son propre chemin ! Quel plaisir de voir ce petit Julian si fier, sirène parmi les sirènes à la “Mermaid Parade” de Coney Island !

Des monstres jolis

Du côté de la littérature adulte, une publication se démarque et aborde avec justesse le parcours de deux Drag Queens des années 80 jusqu’aux années 2000 aux Etats-Unis. Il s’agit de “Jolis jolis monstres”, roman écrit par Julien Dufresne-Lamy et paru en France aux éditions Belfond en août 2019. Auteur français prolifique avec déjà plus de dix romans parus depuis 2012, Julien Dufresne-Lamy s’intéresse à des sujets variés, de l’histoire de Benjamin Berlin, héros jeunesse et télépathe, à la chorégraphe allemande Pina Bausch avec “Deux cigarettes dans le noir”.

Il nous propose une rencontre avec la culture Drag entre fiction et réalité dans “Jolis jolis monstres”. On y suit le parcours de James alias Lady Prudence qui, après une carrière exemplaire, quitte la scène pour y revenir quelques années plus tard en tant que “Queen mother” pour Victor, jeune père de famille qui rejoindra la “Ru-Paul’s Drag Race” sous le nom de scène Mia de Guadalajara.

La vie de ces deux personnages fictifs croise celles de Drag Queens célèbres, ayant réellement existé ou existant, telles que Ru-Paul, Angie Xtravaganza ou Angel Melendez. Un exercice de style réussi qui permet de découvrir la culture drag, ses codes et ses motivations, mais aussi le côté sombre des années sida et de la violence homophobe, transphobe et raciste.

 

  • Si les Drag-Queens vous étaient contées…

Dans les bibliothèques, depuis quelques années, la culture Drag n’est plus seulement présente uniquement dans les livres.

Initiées en 2015 dans les bibliothèques de San Francisco par l’association “Drag Queen Story Hour”, littéralement “l’heure du conte Drag Queen”, ces heures du conte animées par des Drag-Queens ont été proposées aux enfants de 3 à 11 ans dans le but de donner envie de lire tout en prônant la diversité, l’amour de soi et le respect de l’autre.

Un modèle qui s’est ensuite multiplié dans différentes bibliothèques américaines puis outre-Atlantique. En France, la première heure du conte Drag-Queen a été organisée au sein de la bibliothèque Louise Michel (Ville de Paris) en 2018 à l’occasion de la “Queer Week”.

Pour en savoir plus, voici le lien vers l’article publié sur le blog Légothèque à propos de l’heure du conte proposée par les Drag-Queens à la Bibliothèque Louise-Michel (Ville de Paris) en mai 2019. La bibliothèque a subi cette année là une campagne de harcèlement transphobe et homophobe alors qu’elle programmait des histoires contées par des Drag Queens, dans le cadre de la Queer Week.

Sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Drag_queen

https://en.wikipedia.org/wiki/Drag_Queen_Story_Hour

Retours sur le festival strasbourgeois Fantastiqueer

Fantastiques queers !

Le 18 septembre dernier s’ouvrait à Strasbourg le premier Salon des Imaginaires Queer. Organisé par La Station, le centre LGBTI de la capitale alsacienne, ce dernier avait pour objet d’être la mise-en-bouche de son aîné, le Festival du Livre de L’Imaginaire Queer et LGBTQI+, alias FantastiQueer, reporté pour des raisons sanitaires (snif !). Dans cet article, Maxence Heitz, Eva D. Serves et Célia Deiana, ses organisateurs, me proposent d’en parler sans détours. Retour sur trois journées que vous allez regretter d’avoir manquées…


COMMUNAUTAIRE FANTASTIQUEER ?
Des mois que je suis avec avidité sur les réseaux la naissance et l’évolution de ce festival. Je l’attends, langue pendante comme un chien hors d’haleine, jusqu’à ce qu’un virus tout droit sorti d’un roman post-apo en bouleverse la réalisation. Dommage… ou pas ? Il faut des bénévoles pour ce mini-salon organisé en quatrième vitesse. J’en suis. Toutefois j’insiste : je veux participer aux conférences et aux échanges. La suite me comblera au-delà de mes espérances. Pas de lumière sans ombre, cependant. À peine annoncé, le petit salon provincial fait la une des échanges « vieux-réac’ » sur les réseaux sociaux. Sortir de l’œuf ne se fait décidément jamais sans heurts dans la communauté LGBTI… Malgré une publicité méritée et bienvenue sur le site des éditions ActuSF, voilà qu’on accuse quelques bénévoles de lancer une terrible propagande néonazie. Le terme vous paraît excessif ? À nous aussi. C’est pourtant bien ce genre de mots qu’on emploie aujourd’hui pour parler d’un salon dont un unique échange a été programmé en non-mixité.


Mais alors, d’où vient la nécessité d’ouvrir un salon des imaginaires queer et LGBTI en 2020 ? That is the question ! puisqu’elle ouvre le festival, ce vendredi 18 septembre, lors d’un débat intitulé : « Importance de la représentation en SFFF ». Or, à l’instant même où débute la discussion, je reçois le message d’un ami : « Faire un festival dédié ça me gêne. Comme de refuser les LGBT à un festival ‘‘traditionnel’’ ». Je ne lui jette pas la pierre, ses intentions ne sont pas mauvaises, cependant il y a là une sorte de révélateur, je crois. Il dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas, ou crachent, avec véhémence, sur certains réseaux littéraires.
Alors pourquoi faut-il songer à la représentation des LGBTI dans les mondes de l’Imaginaire ? Parce qu’ils en sont encore souvent absents en-dehors de la Littérature Jeunesse, souvent réduits à de simples
personnages secondaires ? Parce qu’on les en efface dans les médias, à l’image de ce fougueux baiser lesbien (ironie) supposé clôturer La Légende de Korra ? Parce que les éditeurs commencent à peine à y voir un quelconque intérêt, toujours un peu littéraire et commercial à la fois ? Ou encore parce que l’outing de certain·e·s auteur·e·s peut avoir des effets pervers, quand il n’est pas tout simplement forcé ? Choisissez (ou pas), mais reconnaissez au moins que la discussion, animée par Eva D. Serves, était loin d’avoir des conclusions toutes faites sur le sujet, ni de revendiquer une représentation superficielle ou simplement confortable. Et il en est allé ainsi durant tout le festival. Pour moi qui ne suis pas un habitué du milieu,
comme on dit, la surprise était agréable, les échanges riches et réconfortants. « Oui, oui, on a le droit d’hésiter ! Mais si au moins on pouvait se poser la question… » : voilà ce que dit pour moi FantastiQueer. Et
à l’heure où nombre de débats sans profondeur ont envahi nos écrans, ces rendez-vous sont tout simplement salvateurs.


GOD SAVE THE QUEEN OASIS
Elle ne passe pas inaperçue avec ses boucles aux couleurs du rainbow flag – « Je me suis fait belle », dira-telle face à l’appareil photo, en prenant la pause. Ma première image d’Oasis Nadrama restera celle d’une personne non-binaire aux mèches collées, fraîchement teintes, un sac en plastique sur la tête pour finaliser sa couleur tandis qu’elle scotche ses dessins et les légendes de son exposition. C’est qu’Oasis, star de ce festival, est constamment sur tous les fronts. Artistiquement ou individuellement, elle protège avec férocité une individualité politique autant que poétique. Excentrique Oasis ? Et comment ! Mais si l’on s’en tenait aux paillettes de sa robe ou au jargon avec lequel on peine à la définir – non-binaire, panromantique, pansexuelle, anarchiste… – on risquerait, je crois, de manquer l’essentiel. Car une fois entamé l’échange entre Eva et l’artiste, ce qui l’en ressort c’est une personne profondément intelligente et sensible. Oasis nous parle de son livre, Les Mondes-miroirs (chez Mnémos), sans jamais s’en vanter. Écrivaine, Oasis ? Ce serait trop beau. Multimédia, l’auteure nous fait découvrir également Tétracosme, le monde, plutôt les mondes, qu’elle a créés. Je souffre rien que d’imaginer comment vous le définir. Allez-y par vous-même, il n’est jamais bien loin : tetracosmos.com.
Après ces multiples échanges, riches et intenses, qui ont crevé tout le monde, je m’installe au buffet. C’est l’heure du vernissage. Oasis dédicace et présente ses dessins ; ils resteront au chaud à la Station jusque fin
octobre. Pendant ce temps, armé d’une pince et de gants en plastique qui m’auraient inspiré d’autres usages, je sers biscuits, carottes et friandises car, oui messieurs-dames, la Station veille attentivement à la santé de
ses convives. Toutefois, mauvais élève, je ne tarde pas à m’éclipser pour rejoindre l’échange qui a lieu au café. La médiathèque est vide, c’est là-bas qu’est l’action. Je m’arrête au passage pour une pause canapé au cours de laquelle Oasis nous présente, à deux autres filles et moi-même, des dessins inédits sur ses classeurs ou son ordinateur. Elle déroule ainsi devant nous l’architecture complexe de son univers.
La soirée s’achève au café en échanges et débats sur les séries et les livres friendly SFFF qui ont su marquer les esprits. Oasis danse sur la musique de Dune* sans perdre le fil de la conversation. Ça cause éditions, écriture et bouquins. Il faut dire que ceux-ci étaient au rendez-vous, Célia ayant veillé au grain avec, dès l’entrée, un panel de livres SF et queer tels que Eau douce d’Emezi ou Les abysses de Solomon, quelques Becky Chambers, quelques bandes-dessinées, ou encore le dernier recueil des éditions La Volte… Du beau monde fraîchement débarqué par la librairie Quai des Brumes. Et bien d’autres encore sur les étagères du café ou sur celles de la médiathèque, à consulter sur place.


SOS : ÉCRIRE
Le deuxième jour commence et nous sommes terrassé·e·s. Le Crémant de la veille a fait quelques dégâts. C’est Sophie qui tient le bar, à renfort de son très capiteux Château-La-Pompe. Cependant la fatigue s’efface vite quand Célia nous fait débuter son quizz. Citez-moi une série qui allie un monde imaginaire à des personnages queer. Indiquez-moi un livre de science-fiction avec au moins un personnage de femme lesbienne. Et un manga ? Vous en connaissez-un, vous, de manga qui associe Imaginaire et Queer ? Moi oui. J’ai assisté au quizz. Mais lire n’est qu’une première étape, car j’écris également. Nous passons à la médiathèque pour entamer l’atelier d’écriture, avec pour guide Eva. Entre temps, un invité surprise rejoint la troupe : Léo Henry, l’auteur de Hildegarde, publié chez Le Volte. Pour moi qui appréhendais légèrement l’événement, la pression arrive à son comble. J’avais déjà assisté à plusieurs ateliers d’écriture par le passé, mais je ne les ai jamais trouvés utiles, et les animateurs ou les autres participants me mettaient un peu mal à l’aise. Cette fois tout est différent. Pour commencer, j’écris face à des écrivain·e·s : Léo, Eva, Célia sont des gens qui écrivent depuis longtemps. Leurs nouvelles ou leurs livres ont été publiés. Ainsi, jamais je n’ai vu d’atelier d’écriture aussi dense (une heure et demi !) ni une telle qualité dans les productions à sa suite. Nous rigolons, mais derrière les sourires un échange plus intense nous anime. J’ai l’intime conviction que nos esprits se sont croisés l’espace d’une heure ; en est sortie une émulation que je n’avais pas connue. Les surprises qu’a pu m’apporter FantastiQueer doivent ainsi beaucoup à Eva, dont il faut ici souligner la grande intelligence, ainsi que la qualité des remarques, souvent lancées
avec une franchise et une précision désarmantes.
Notre samedi s’achève sur les tables de jeux de rôle qu’installent les membres de la Sauce aux Jeux. Ils animeront la suite du festival jusqu’à minuit. Sophie leur fait chauffer des crêpes pour qu’ils ne meurent pas
de faim. Pendant ce temps, ils désinfectent les plateaux. Le lendemain après-midi, c’est au tour de Bardes et Dragons : les inscrit·e·s s’en vont faire un dernier atelier Grandeur Nature qui porte le nom éloquent, en
cette fin de festival, d’ « Equinox de la dernière chance ».
Je repars avec une dédicace d’Oasis et de nouveau l’envie d’écrire. Se pourrait-il que je continue cette nouvelle, SF et queer, que j’ai débutée lors de l’atelier d’écriture ? L’avenir seul le dira, et c’est d’avenir qu’il est question ici puisque FantastiQueer doit pouvoir continuer, lui aussi, pour que d’autres rencontres, uniques et libérées comme j’en ai connues ces trois jours, puissent se faire à nouveau. Amélie, Célia, Sophie, Eva, Oasis, Léo, Camilo… Ce sont des noms qui restent, des noms qui m’ont marqué, et qui rendent la vie plus légère et plus riche à Strasbourg, où de petits salons vous réservent de grandes surprises. Rendez-vous en juin ?

David RIOTON

* C’est un mythe. Nous avions passé la BO une heure avant, mais il faut entretenir la légende…

_______________________________________________________

Une Fantastiqueer mise en bouche !

Depuis que nous existons, il y a cette question qui nous suit comme un spectre : pourquoi existez-vous ? Pourquoi donc, quelle idée saugrenue, créer un festival d’imaginaire qui soit spécialement dédié au queer ? Ne craignez-vous pas de vous ostraciser plus que vous ne l’êtes déjà ?

C’est la question que l’on nous pose en interview, à laquelle on répond spontanément même quand on nous ne la pose pas.

Nous avons tellement intégré que nous dérangeons.

Il faut toujours que nous nous adressions d’abord à nos détracteurs, oui, ceux-là même qui ne nous écoutent pas.

Alors dans ce texte, je ne vais pas dire pourquoi Fantastiqueer.

Je vais partir du principe que vous le savez.

Moi, je le savais.

Je n’ai pas eu besoin que l’on m’explique, que l’on m’argumente, que l’on me rappelle que les salons c’est chouette et que ce thème du queer plutôt qu’un autre, après tout, pourquoi pas…

Non.

J’ai vu passer un tweet de Célia Deiana qui parlait de son envie de monter un festival d’imaginaire queer sur Strasbourg, et j’ai su tout de suite qu’il fallait que je sois de l’aventure. Ma question, ça n’a pas été « mais pourquoi donc ? ». Mais « Comment faire pour être bénévole ? ».

Je voulais en être.

C’était ma place et je le savais.

Qu’importe que je n’aie pas eu de compte Twitter pour envoyer un MP (j’ai envoyé un mail).

Qu’importe que je n’habite pas vraiment Strasbourg (j’ai pris le train, et puis de toute façon, avec le confinement, l’essentiel de l’organisation a fini par se faire sur discord).

Qu’importe que je ne connusse initialement ni Célia ni personne (j’avais justement envie de faire des rencontres).

Qu’importe que je n’aie peu de bagage en associatif (cela ne m’a pas empêché de monter le site internet, et puis j’avais quand même l’expérience des ateliers d’écriture).

Il y a des projets qui nous tiennent assez à cœur pour que l’on se remonte les manches dans l’instant.

Fantastiqueer était de ceux-là.

Alors je ne veux pas m’adresser aux gens qui ne comprennent pas (qui ne veulent pas comprendre). Je veux parler à celleux qui sont comme moi : qui nous ont soutenu sur Ulule lors de notre campagne de financement participatif, qui nous on relayé, qui ont rempli le formulaire de contact sur notre site pour qu’on ajoute leur livres, qui nous ont écrit pour nous dire combien iels aimeraient venir.

Quelque part : ceci est un article en non-mixité.

Évidemment, cela ne veut pas dire grand-chose, au sens où personne ne va vérifier qui va lire ou pas ces lignes. Simplement : elles ont été écrites pour un public.

De la même manière que la première conférence du salon Fantastiqueer était destinée à un public. Nous avions en effet annoncé que la première discussion que j’animais sur l’importance de la représentation en littérature devais se tenir en non-mixité choisie. C’est-à-dire : avec tout le monde, car nos identités queer ne sont pas écrites sur nos visages, et quiconque aurait été considéré comme bienvenu·e pour le seul fait d’être, bel et bien, venu·e.

L’atelier était ouvert. Aussi ouvert que l’on puisse l’être. Le but était, pour la première rencontre du week-end, que le public soit invité à participer au même titre que les organisateurices, que les réflexions soient lancées (j’avais préparé des questions) et que chacun·e se sente impliqué·e dans le débat et libre d’intervenir à tout moment.

Nous nous sommes présenté·es en parlant de nos envies, de nos parcours, des premières fois où nous étions tombé sur des récits queer.

Nous avons parlé de ce que sont les histoires queer, de la façon dont cela dépasse le simple cadre de la représentation : il ne s’agit pas seulement d’avoir des personnages LGBT, mais aussi de remettre en question les schéma habituels (et patriarcaux), par lesquels nous sommes habitué·es à raconter et recevoir les histoires.

Nous avons parlé de la dimension politique de ce que nous faisons, qui est un faux argument pour nous disqualifier : tout est politique. La décision d’écrire une fiction traditionnelle avec un héro élu de prophétie qui s’en va sauver le monde et conquérir du même coup le cœur de sa « belle », c’est politique.

Nous avons parlé du fait que ce que nous faisons, véritablement, c’est d’abord assumer cette dimension politique intrinsèque à toute forme de création. Se poser les questions.

Nous avons parlé de la nécessité de nous ouvrir, pas seulement au queer, mais à toutes les minorités, de penser aussi à l’intersectionnalité.

Nous avons parlé des spécificités des littératures de l’imaginaire qui permettent, par la métaphore si elle est bien faite de prendre suffisamment de recul sur la réalité pour dire les choses mieux, qui présente aussi le risque, si la métaphore est ratée, de parler d’invisibiliser les personnes mêmes dont on voulait montrer les difficultés.

Nous avons parlé de la façon dont tout ce processus d’écriture par l’image est souvent inconscient, de la façon dont il est plus facile d’écrire sur ce que l’on connaît, de la constatation statistique qui en découle : la plupart de nos (en tout cas de mes) coups de cœur ont été écrit par des personnes concernées… Et puis nous nous sommes arrêté·es un long moment sur cette notion de ownvoice : de l’outil personnel (se poser la question « pourquoi est-ce que je veux écrire cette histoire » en sachant que la réponse n’appartient qu’à nous) jusqu’à la certification marketing qui incite les personnes queer dans le placard à s’outer pour être considérées « légitimes », la notion finit par causer plus de tort que de bien (au point que personnellement, j’ai renoncé à l’utiliser, j’explique ma décision là : http://evadserves.ovh/index.php/2020/09/08/entraide/)

La discussion s’est ensuite poursuivie autour du travail de notre invitée : Oasis Nedrama. Avec elle, nous avons parlé de son roman de fantasy Les Mondes miroirs, et de son projet multimédia Tétracosme. L’occasion, puisque l’artiste aime travailler à plusieurs mains, de parler de ses notes d’intentions, de la façon dont elle formalise noir sur blanc sa volonté pour Tétracosme d’avoir un monde non patriarcal et inspiré des cultures mongole, inca et bundjalung afin de ne pas resté uniquement centré sur l’occident.

Nous nous sommes également entretenues sur la liberté qui est chère à l’autrice et qu’elle trouve avec Tétracosme plus qu’avec les Mondes miroirs : celle d’explorer d’autres médias que l’écriture et de varier selon les besoins (bande dessinées, jeu vidéo, pièce de théâtre, expositions, etc), celle de ne pas dépendre d’une seule maison d’édition, celle d’un monde qui est plus SF que fantasy (la fantasy ayant tendance à reposer sur des système assez réactionnaires à base de monarchie), celle de parler aussi, à travers la face sombre du Tétracosme, des corps (corps meurtris notamment, qu’ils subissent la contrainte, qu’ils choisissent de se transformer/se réapproprier, ou qu’ils soient l’objet d’un certain masochisme).

Nous avons évoqué aussi les futurs projets de l’autrice, qui veut explorer la weird fantasy et continuer dans l’exploration du fracassement.

Nous avons reposé la question par laquelle le festival avait commencé : qu’est-ce que c’est, une histoire queer ?

La discussion s’est ensuite poursuivie autour d’une séance de dédicace puis d’une soirée d’ouverture en attendant le lendemain : dès le samedi, nous avons fait place à la pratique.

Finit les discussions théoriques sur ce qu’est/devrait être l’imaginaire queer, nous avons parlé concrètement de ce qui existe.

Premier atelier : un bingo organisé et animé par Celia Deiana (coordinatrice du festival).

Livre avec un personnage transLivre de SFChef d’œuvre / ClassiqueBande dessinée européenneRécit adapté en série
Roman des années 80Livre anglo-saxonLivre avec un personnage lesbienLivre de fantasyAuteurice concerné·e
FandomRécit adapté au cinémaBINGO (case libre)Roman des années 2000Livre francophone
Livre ni francophone ni anglosaxonComicsRomance sfffRoman des années 90Livre avec un personnage non-binaire
Live avec un personnage gayRoman des années 2010Coup de cœurMangaLivre fantastique / Fantasy urbaine

Ce fut un réel plaisir de voir, chaque fois que Célia désignait une case, tous les doigts se lever.

Second atelier : écriture.

Sur le thème « parole d’un nouveau genre » que j’avais déjà animé en 2018 aux intergalactiques (aux côtés de Chloé Richard et de l’association la fabrique du subréel) et que j’ai retravaillé pour l’occasion, les 6 participant·es se sont penché pendant une heure sur les contraintes que je leur avais préparées.

Honnêtement, je ne suis pas objective sur cette partie, mais j’ai retrouvé tout ce que j’aime en atelier : accueillir un public des plus éclectique (du plus jeune participant, âgé de douze ans, au plus aguerri, auteur renommé de la sfff francophone), faire en sorte que tout le monde se sente à l’aise, expliquer que les contraintes sont juste là pour guider et ne doivent pas faire peur, qu’à la fin tout le monde sera invité à lire ses textes mais qu’il n’y aura aucun jugement, que le but est seulement d’obtenir des retours pour être encouragé et aidé, laisser tout le monde travailler pendant une heure et puis écouter ce qui a été produit, faire des commentaires et s’apercevoir, in fine, que sur les six textes produits (sept en comptant le mien), tous avaient du potentiel.

C’est sur cette note studieuse que nous avons clôturé la partie purement littéraire du festival avant la dernière soirée et l’après-midi du dimanche dédiées respectivement au jeu de rôle sur table (animé par l’association La sauce aux jeux) et au jeu grandeur nature (animé par l’association Bardes et dragons).

Personnellement, ce sont là deux activités auxquelles je n’avais jamais eu l’occasion de me prêter et que j’ai été ravie de découvrir enfin.

Au final, si le salon s’est avéré beaucoup plus petit que prévu (pour cause de pandémie), son maintien a été pour moi un grand bonheur, et m’a confirmé que c’est sûr : nous serons là l’année prochaine !

Eva D. Serves

Tour de veille – septembre 2020

Avec cette nouvelle rentrée, nous reprenons nos tours de veille. Et il s’en est passé des choses ces dernières semaines.

Mais avant de commencer, je souhaite saluer les mémoires de ces deux femmes puissantes que furent Gisèle Halimi, décédée le 28 juillet et Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre 2020.

Gisèle Halimi en 2008
  1. Questions de genre

Alors que se terminent les journées du Patrimoine, nous pouvons revenir sur la notion de matrimoine culturel qui met en valeur les biens, matériels ou immatériels, hérités des femmes et ayant une importance artistique ou historique. Cet été, par exemple, la SACEM a mis en ligne un site consacré aux compositrices classiques. Il répertorie pas moins de 4 662 œuvres de 770 compositrices de 60 nationalités, de 1618 à 2020. Dans le même ordre d’idée, nous a appris cet été ActuaLitté, le Women’s Prize for Fiction a proposé une nouvelle édition de classiques signées par des femmes mais, surtout, par le véritable nom des autrices, et non le pseudonyme qu’elle se sont choisi. Mais rappelons que, plus largement, de nombreuses associations œuvrent pour une meilleure reconnaissance de l’importance de ce matrimoine culturel à l’exemple de l’association HF avec le site https://www.lematrimoine.fr/).

Côté ciné, l’association Femmes et Cinéma, née en 2014, se propose d’alerter la profession et plus largement la société sur cette thématique et souhaite mettre en valeur le statut et l’image des femmes à travers les différents vecteurs du domaine culturel (cinéma, télévision, internet, arts plastiques, vidéo et nouveaux médias). Elle propose notamment le projet « Regards de Femmes », un concours de scénarii à destinations des jeunes pour les sensibiliser à l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi qu’à la lutte contre les violences qui sont faites aux femmes. Plus d’information sur le site : https://femmesetcinema.com/

Et les bibliothèques ? Et bien si vous passez par Paris, arrêtez-vous pour découvrir l’exposition sur les rugbywomen présentant le sport comme moyen d’émancipation. Cette exposition de photographies de Camilo León-Quijano est à découvrir du 1er septembre au 24 octobre à la bibliothèque Claude Lévi-Strauss, puis du 3 novembre au 26 décembre dans les bibliothèques Jean-Pierre Melville et Marguerite Durand (actuellement fermée, hors rendez-vous).

Enfin, deux liens (vidéo)ludiques qui donnent envie de se plonger dans la programmation : le 15 juillet dernier, Lucas est revenu sur la création d’un jeu autour de la masculinité toxique qu’il a proposé à la bibliothèque parisienne Louise Michel. Son retour d’expérience très instructif est à découvrir sur le blog Louise et les canards sauvages. Outre-Manche, c’est sous une forme de rétrogaming que la bibliothèque des femmes de Glasgow vous propose de vous balader : http://womenslibrary.org.uk/game/

Un jeu pour découvrir la bibliothèque des Femmes de Glasgow

2. Orientation sentimentale

Cet été, au fil d’une série d’articles en prévision de la rentrée littéraire, Livre Hebdo est revenu sur les titres, majoritairement des fictions, avec des personnages queer ou LGBT+. Une sélection qu’on retrouve de manière plus approfondie sur les sites des librairies spécialisées parisiennes Les mots à la bouches et Violette and Co.

Puisqu’on parle de personnages Queer, allez écouter aussi le podcast de France Inter Intérieur Queer, qui s’intéresse aux cultures et aux identités LGBTQI+. Vous pouvez également réécouter l’émission « Avoir raison avec… Judith Butler » proposée fin juillet dernier sur France Culture.

Alors que la mairie de Paris a officiellement annoncé l’ouverture d’un centre d’archives LGBTQI+, le collectif Archives LGBTQI appelle à un « partenariat respectueux », et rappelle l’importance d’une gestion autonome de ce lieu de mémoire (source : Têtu).

Plusieurs bibliothèques anglo-saxonnes ont fêté, le 23 septembre dernier, le jour de la visibilité Bi- en proposant des séances questions-réponses en ligne (une bibliothèque vivante au temps de la crise sanitaire) comme à la bibliothèque de Penarth, au Pays de Galles, ou proposer des mises en valeurs d’ouvrages plus largement sur des thématiques LGBT comme ici au royaume-uni.

Mise en valeurs de collections LGBTQI+ à l’occasion de la journée de la bisexualité dans une bibliothèque du Sommerset au Royaume-Uni.

https://platform.twitter.com/widgets.js

3. Multiculturalisme

L’émission 7 milliards de voisins : l’école à la radio, sur RFI Savoirs vous propose d’écouter des contes des quatre coins du monde avec la voix d’Éloïse Auria. À l’Institut du monde arabe, un partenariat avec la radio FIP a fait naître les « concerts volants », des shows cosmopolites en direct de Paris à l’Institut du Monde Arabe.

Pendant ce temps, à Zagreb en Croatie, a ouvert la première bibliothèque de culture Rom d’Europe du Sud-Est. Quatre mille ouvrages pour mieux faire connaissance avec les Roms. Riche de quatre mille ouvrage, elle souhaite proposer un véritable pont vers l’histoire, la langue, l’art et la culture de cette communauté.

Enfin, il convient également de signaler ces ressources, transversales à nos trois axes de travail :

Parmi les mémoires soutenus au printemps dernier par la dernière promotion d’élèves conservateurs d’État des bibliothèques, plusieurs ont retenu notre attention :

Bien sûr, d’autres demeurent très intéressants bien que plus éloignés des thématiques de notre commission.

On termine avec ce rappel du soutien des bibliothèques aux objectifs de l’ONU pour le développement durable dont la journée officielle était le 25 septembre dernier. Pour aider les établissement, l’IFLA notamment propose de nombreux outils aux bibliothèques.

Congrès de l’ABF 2020 : le programme !

Après un report dû à la situation sanitaire, le congrès de l’ABF est prévu du 29 au 31 octobre, au Kursaal de Dunkerque.

La thématique retenue cette année, « Bibliothèques inclusives, bibliothèques solidaires ? », résonne fortement avec les axes de la commission Légothèque.

Cette année, quelques nouveautés sont au programme : une conférence plénière chaque matin, des ateliers participatifs d’une heure trente, des tables rondes d’une trente également et des rencontres d’une durée d’une heure.

Quelques temps forts à retenir dans le programme très dense de ces trois jours :

  • La conférence Inaugurale donnée par Christiane Taubira le jeudi 29 octobre à 10h30. Ce sera l’occasion pour elle de revenir sur la thématique générale du congrès et de nous apporter son éclairage.
  • Les ateliers « Venez avec un problème, repartez avec une solution ! » concoctés par la Légothèque auront lieu le jeudi à 14h30 et le samedi à 12h. L’occasion pour les participant.e.s d’exposer un souci rencontré dans leur établissement et de repartir avec des solutions concrètes et/ou des contacts pour travailler sur un dénouement positif.
  • La bibliothèque vivante, organisée par les commissions Légothèque et AccessibilitéS se tiendra le vendredi à 13h. Chaque congressiste inscrit pourra emprunter un livre durant 15 min pour discuter avec lui librement. Le catalogage des livres est actuellement en cours…
  • La table ronde « Des espaces inclusifs : quels signaux de bienvenue ? » qui se tiendra le samedi 31 à 10h30. Modérée par la Légothèque, elle sera l’occasion de revenir sur l’accueil des publics.

A noter également le « Speed dating des commissions de l’ABF » le vendredi à 17h30 durant lequel vous pourrez poser toutes les questions que vous souhaitez aux différentes commissions présentes.

Des tables rondes questionneront la place de la bibliothèque dans ces thématiques :

  • Arrêtons de nous mentir : illettrisme, handicap, publics empêchés, que faisons-nous vraiment ? jeudi à 13h30
  • Inclusion numérique : accompagnement, formation… où placer le curseur ? jeudi à 16h
  • Bibliothécaires : vigiles ou médiateur.rice.s ? vendredi à 13h
  • De la réussite scolaire à l’emploi, de quoi je me mêle ? vendredi à 16h

Ou encore l’atelier participatif « Bienvenue mais rentre chez toi maintenant » ou comment exclure au mieux les publics dans leur diversité ? vendredi à 10h30

A noter que la traditionnelle assemblée générale aura lieu la veille du congrès, le mercredi 28 octobre de 19h30 à 21h30, à la B!B de Dunkerque.

Le programme complet est à retrouver ici, avec le lien pour s’inscrire.