Photo de la médiathèque José Cabanis

Participation de la Légothèque à une matinée projets dans le réseau de Toulouse

A l’occasion de la matinée projets organisée le jeudi 20 juin 2019 à la Médiathèque José Cabanis de Toulouse pour les employé.e.s des bibliothèques du réseau, deux sessions de présentation de la commission Légothèque de l’ABF ont été organisées. Une rivière du doute a été mise en place par la commission, et une bibliothécaire de la médiathèque a présenté leur cote flottante, dont la plus récente est liée à l’actualité : la cote #metoo. 

La rivière du doute

Pendant une rivière du doute, les participant.es sont amené.es à se déplacer dans l’espace. Une affirmation leur est posée, et iels se placent selon leur réponse : un côté « je suis d’accord », un côté « je ne suis pas d’accord », et au centre se placent les indéci.s.es. Iels sont ensuite invité.e.s à discuter de leur façon de se placer, et peuvent se déplacer dès qu’iels le souhaitent. Pour plus de précisions sur la rivière du doute : https://www.atd-quartmonde.fr/wp-content/uploads/2015/06/Kit-pedagogique-V6.pdf 

Dans le cadre de cette matinée projets, pour montrer les différents sujets sur lesquels la Légothèque est amenée à se positionner, trois affirmations ont été posées aux participant.es.

  • Si un.e usager.e se plaint de certains documents (par exemple les albums mettant en scène des familles homoparentales, comme Tango à deux papas, et pourquoi pas ?, de Béatrice Boutignon), il faut qu’ils aient une place spécifique, une médiation particulière ou bien faire en sorte qu’ils ne soient accessibles que sur demande. 

Une grande partie des participant.es était d’accord sur la mise en place d’une médiation, mais plutôt à l’adresse des usager.es, pour rendre les documents souvent ciblés (livres queerfriendly, anti-racistes, féministes, etc.) mieux acceptés. Par contre, la question d’une indexation particulière (que ce soit uniquement sur le portail ou bien dans les rayonnages eux-mêmes) faisait plus débat. Mettre ces documents à part, ou même les signaler via une pastille, permet de créer une représentation bienvenue en bibliothèque, mais empêche une certaine « normalisation » de ces thématiques. Aussi, la possibilité de tomber sur ces livres au hasard, pour poser question, a aussi été évoquée. Pour pallier ce problème, il a été suggéré « d’éparpiller » ces fonds, c’est à dire d’en mettre certains en avant – par le biais de pastilles ou de rayonnages – et d’intégrer les autres. 

  • Les bibliothèques ont un rôle à jouer dans l’accueil des migrant.es.

L’accord au sujet de cette proposition était quasiment unanime. Des réserves ont cependant été soulevées, notamment sur le risque de se substituer aux services sociaux (même si cela a été modéré par le fait que ce risque existe déjà pour d’autres publics). L’accueil en animation est pour les bibliothécaires participant.es le plus important, car il permet d’attirer ces publics qui n’ont pas forcément le réflexe de venir à la bibliothèque. Cependant, celle-ci est parfois le premier service public en lien avec les migrant.es – voire même le seul. La présence d’un fonds Français Langue Etrangère (FLE) et Facile à Lire (FaL) est aussi très importante. 

  • Les bibliothèques peuvent organiser des heures du conte lues par des dragqueens. 

La question de la pertinence d’une telle animation est souvent soulevée : d’après les participant.es, il faudrait qu’elle s’inscrive dans une programmation particulière dédiée aux questions LGBTQ+, sinon elle risque d’être prise pour de la provocation, même si cela permet de montrer d’autres modèles de féminité et de masculinité aux enfants. Quelle que soit la position des participant.es, le soutien de la totalité de l’équipe et de la hiérarchie/tutelle a été cité comme condition sine qua non de la réalisation d’une telle animation. 


Les cotes flottantes de la Médiathèque José Cabanis

La cote #metoo est l’une des cotes flottantes de la Médiathèque José Cabanis. Celles-ci ont été mises en place après les attentats de Charlie Hebdo en 2015, pour rassembler des ouvrages d’actualité en un même espace (djihadisme, élections, etc.). Ces cotes sont censées être éphémères et disparaître après l’événement qu’elles couvrent, ou après quelques mois ou années selon le sujet. Une veille particulière est mise en place pour les thématiques des cotes flottantes. 

Celles-ci regroupent les documentaires (et plus rarement de la fiction) dans plusieurs domaines : sociologie, psychologie, politique, droit… Les documents sont regroupés sur une étagère à part, dans le fonds Société de la bibliothèque. Ils ont de ce fait une visibilité particulière, qui se remarque dans le taux de rotation : il était de 7 en 2018, et le taux extrapolé de 2019 est de 11 (contre entre 5 et 9 pour le reste du fonds Société).

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Quelles approches et quels dispositifs pour l’accueil des migrant-es à l’étranger?

Nous vous proposons un retour sur la rencontre animée samedi 8 juin par Légothèque au Congrès 2019 de l’ABF intitulée « Quelles approches et quels dispositifs pour l’accueil des migrant-es à l’étranger? »

MODÉRATRICE : Eleonora Le Bohec, élève conservatrice territoriale des bibliothèques et membre de Légothèque

3 intervenant-es ont fait part de leur approche sur ce sujet :

Britta Schmedemann, responsable de la commission interculturalité de l’association des bibliothèques allemandes

Britta situe sa présentation à Brême, une ville située dans le Nord de l’Allemagne, où le % de migrants (34%) est supérieur à la moyenne fédérale (24%), ce qui donne d’emblée le ton de la difficulté à mettre en oeuvre des actions sur ce terrain, dans un pays et une ville où la société est aujourd’hui divisée sur les actions à mener ou non dans ce domaine.

Le réseau des Bibliothèques Municipales (BM) de Brême a mis en oeuvre tout un programme dédié à l’accueil des migrants en intégrant des réfugiés comme apprentis ; un cursus de formations professionnelles adaptées les accompagne tout au long de leur apprentissage. L’accent est mis plutôt sur l’attitude que sur les connaissances. Les personnels de la BM bénéficient également de formations à la diversité afin d’assurer la cohérence et la réussite du dispositif. Toucher ces publics est une chose, les conserver en est une autre.

La présentation de Britta est ICI

Vous trouverez également dans le numéro 94-95 de la revue Bibliothèque (s) un article détaillé traduit en français sur le cursus de formations mis en oeuvre par Britta à la BM de Brême : « Des réfugiées comme collègues » / Britta Schmedemann

 

Hasmig Chahinian, responsable d’IBBY France, BnF, l’Union Internationale pour les livres jeunesse.

Hasmig a mis l’accent sur la nécessité de favoriser en tout lieu l’accès des enfants à des lectures de réelle qualité littéraire et artistique, le devoir de protéger et défendre les droits de l’enfant conformément à la Convention des Nations Unies.

Une des difficultés majeures rencontrées est que par exemple en Italie les intervenants n’ont pas le droit d’entrer dans les camps de réfugiés. Beaucoup d’actions sont menées à travers le jeu, des ateliers où les enfants dessinent et mettent en scène des situations parfois traumatisantes.

Comment en tant que professionnel-le trouver des livres de qualité quand on ne parle pas la langue ? Le site IBBY Europe propose des sélections constituées par des professionnels des pays concernés comme Takam Tikou à la BnF. 

La présentation de Hasmig est ICI

Yannis Youlountas, philosophe, écrivain et réalisateur

Dans le quartier d’Exarcheia à Athènes où il oeuvre au sein d’associations, Yannis met l’accent sur le livre qui représente un enjeu important pour les lieux souvent auto-gérés. Souvent ces lieux rassemblent autant d’enfants que d’adultes. L’idée est de les rendre acteurs, notamment les enfants de migrant-es qui vont plus facilement vers les écrans. Donc le travail des associations vise à désacraliser les écrans, qui représentent souvent aussi le lien avec les familles éloignées. Les intervenant-es l’utilisent comme moyen de médiation et d’interaction. Le son et l’oralité lorsqu’on déclame des poèmes dans différentes langues sont également des éléments importants. Des goûters philo sont souvent organisés, car les enfants sont souvent très spontanés et livrent des réflexions qui peuvent les aider à surmonter leurs traumatismes ou à s’exprimer tout simplement..

Le blog engagé de Yannis est ICI. Son militantisme associatif lui a valu récemment en juin une agression de la part de fascistes opposés à son action en faveur de ces populations défavorisées et démunies que sont les réfugié-es. Nous lui faisons part de notre sympathie.

Enfin, le live tweet @legotheque vous permettra de saisir quelques instantanés de cette table ronde très enrichissante grâce à nos 3 intervenant-es et aux questions du public. A l’année prochaine à Dunkerque pour le Congrès ABF 2020!

Participation de Légothèque au festival Version Queer à l’université d’Angers

En avril 2019, Légothèque a été sollicitée pour la première édition du festival VQ – Version Queer, impulsé par le collectif Lucioles de l’Université d’Angers. Créée en mars 2018, cette association loi 1901 oeuvre au sein de l’université pour faire de la prévention, offrir des espaces d’échanges et lutter contre les discriminations envers les personnes LGBTI+.

Au programme de ce festival, deux tables rondes ainsi qu’une projection du film Rafiki, suivi d’un débat.

La première table ronde, intitulée “Les voix d’aujourd’hui” regroupait

  • Christine Bard (professeure d’histoire contemporaine au laboratoire TEMOS)
  • Maryen Gouyon (post doctorant en anthropologie et sociologie des homosexualités)
  • Emmanuel Gratton (maître de conférence en psychologie clinique sociale au laboratoire Bepsylab)
  • Anne-Laure Pineau (journaliste, membre de l’Association des Journalistes LGBT)

Chacun.e au sein de ses fonctions a placé les vies queer au centre de son travail. Qu’est ce qui a motivé ces choix ? Quelles méthodologies et méthodes de production pour étudier ces questions ?

Depuis leurs points de vue particulier, chaque intervenant.e a pu retracer son expérience et partager son cheminement.

Les parcours et les motivations sont diverses, les méthodes aussi. Tandis qu’Emmanuel Gratton interroge le désir d’enfant et l’homoparentalité au masculin, Maryen Gouyon évoque son travail à l’étranger et la prise de contact difficile avec des témoins dans des pays où l’homosexualité n’est pas tolérée, à cause de lois établies par les colonisateurs français, qui n’existaient pas auparavant.

Emmanuel Gratton reprend la parole pour évoquer ses motivations. Pourquoi choisir la question queer ? Il évoque des motivations personnelles et des rencontres qui l’ont fait s’interroger. Et la question plus globale de la paternité qui dépasse les frontières de l’orientation sexuelle et amoureuse. La con-construction s’est tout de suite imposée comme une méthode de travail nécessaire : récolter les données ne suffit pas, il a voulu travailler sur ces données avec les participants à sa recherche.

Quand Anne-Laure Pineau évoque la question de la partialité, beaucoup rebondissent. A-t-on besoin d’être LGBT pour travailler et documenter les vécus LGBT ? Est-ce un biais d’écrire sur sa propre communauté ? La journaliste est convaincue : la partialité n’existe pas, et heureusement. Quand la presse généraliste se “met au niveau” de ses lecteur.ice.s qu’elle sous-estime parfois, la presse communautaire permet de faire moins de pédagogie et d’aller plus loin dans l’analyse. Elle note néanmoins une amélioration, peu à peu, des personnalités LGBT+ apparaissent pas les médias pour parler de sujets généraux et la représentativité est meilleures sur des sujets moins spécifiques.

Christine Bard pointe avec justesse que l’appartenance à la communauté ne protège pas de tout. Le vocabulaire, les pratiques, la mentalité évolue. Elle nous montre en exemple une étude publiée dans les années 90 qui utilise des termes comme “transexualisme” “transexualité” qui sont aujourd’hui rejetés par les concerné.e.s.

Elle évoque également les disparités au sein même de la communauté queer : l’histoire des lesbiennes est plus secrète, plus silencieuse que celle de l’homosexualité masculine. Il est plus difficile de recueillir de données et documents.

 

La seconde table ronde, intitulée “Les voix d’hier” rassemblait

  • Bénédicte Graille (maîtresse de conférence en archivistique au laboratoire Temos)
  • Roméo Isarte (centre LGBTI+ de Lyon)
  • Michèle Larrouy (archives recherches-cultures lesbiennes)
  • Frédéric Marchand (mémoires des sexualités – Marseille)
  • Hélène Legendre (Commission Légothèque de l’Association des bibliothécaires de France)

Identifier, récolter, sauvegarder, valoriser les récits de vies queers, cela concerne de différentes manières tout.e.s les invité.e.s de cette table ronde. Via la recherche, la vie associative ou l’accès à la culture et à l’information, chacun.e a son rôle à jouer.

Plusieurs problématiques ont émergé, mais le manque de moyens est récurrent. Les subventions baissent, les militant.e.s tentent de récolter et de sauvegarder la mémoire mais peinent faute d’aide et de soutien.

Frédéric Marchand évoque les apéro-cartons à Marseille : le temps d’une soirée, entre militant.e.s, on déballe des cartons d’archives jamais répertoriés, léguées par un membre de la communauté. Chaque évènement apporte son lot de surprises et de découvertes, puisque la plupart de ces cartons n’ont jamais été ouverts.

Comment sauvegarder ces documents, stockés dans un ancien appartement ?

Michèle Larrouy pose une autre question importante, doit-on confier ces fonds à des institutions ? Est-ce que ce n’est pas prendre le risque de les voir dépérir voire pire, au gré des changements de pouvoirs et des convictions des dirigeants ?

Et si les militant.e.s sont parfois les plus familier.e.s avec ces archives et leurs histoires, il manque parfois des compétences en archivistique ou en bibliothéconomie pour conserver durablement, classer et valoriser.

Alors quelles solutions ? Les idées ne manquent pas parmi les invité.e.s : des financements publics sans transfert du fonds, la labellisation de certains fonds d’archives privés, une aide technique pour la numérisation des documents…

 

Hélène Legendre s’exprime sur des problématiques d’accès à l’information plutôt que de conservation : comment organiser ces documents quand ils font partie de fonds plus généraux. Il y a quelques années, le classement utilisé dans la majorité des bibliothèques publiques dans plus d’une centaine de pays indiquait de classer à “relations sexuelles anormales” les documents relatifs aux questions queers.

Comment être vigilant sur ces points ? Comment indexer les documents au plus près de la réalité militante tout en permettant qu’ils soient trouvés par tou.te.s, même les personnes moins bien informées ?

Comment mettre en valeur les créateurs et créatrices queer sans les réduire à cette part de leur identité ?

Une des solutions est d’équilibrer entre valoriser des oeuvres queers pour des occasions (le mois des fiertés, la journée mondiale de lutte contre l’homophobie ou le journée du souvenir trans) et veiller à la diversité des documents lors de sélections thématiques sans rapport direct.

 

Ce festival a été très riche en échanges, entre les intervenants mais aussi avec la salle qui n’a pas hésité à intervenir dans les débats et à partager ses expériences. Parmi le public, des bibliothécaires, des archivistes, des étudiant.e.s…qui se sont tou.te.s intéressé.e.s, le temps d’une journée, à la documentation mais aussi à la conservation et à la diffusion des vies queers, des témoignages, des traces de la mémoire communautaire, depuis les archives privées jusqu’aux affiches et t-shirts de manifestation militante.

 

Nous souhaitons au festival VQ – Version Queer un bel avenir, en espérant que les prochaines éditions seront tout aussi passionnantes.

Vous pouvez retrouver le collectif Lucioles via son blog et sa page Facebook.

 

Les parleuses

C’est qui ?

L’association Littérature, etc., créée en 2013, organise chaque année un festival aux thématiques originales autour des littératures. Leur objectif est de décloisonner les littératures et de mettre en valeur les invisibles…

C’est quoi ?

D’abord, c’est le titre d’un très beau recueil de Marguerite Duras et Xavière Gauthier dans lequel cette dernière interviewe la première, le temps d’un été.

Surtout, c’est le nom d’une animation qui propose, autour d’autrices historiques et contemporaines, un atelier d’arpentage, un atelier d’écriture et une conférence.

Une autrice contemporaine marraine l’événement et le suit tout au long de l’année. Pour 2019, c’est Chloé Delaume qui fait confiance à l’association.

Ça se passe comment ?

L’animation est découpée en plusieurs ateliers qui peuvent être réalisés tous ensemble ou séparément. On choisit tout d’abord une autrice « historique » qui peut être française ou étrangère, contemporaine ou ayant écrit il y a plusieurs siècles. Elle est souvent choisie en fonction du lieu où se déroulera la séance.

L’atelier d’arpentage permet d’appréhender un livre de l’autrice choisie, grâce à chaque participant.e qui lit un extrait. Une fois la lecture individuelle terminée, avec la modératrice, chacun.e partage avec le groupe son ressenti. Cette séance permet de découvrir et partager le texte et de mettre en lumière les spécificités de son autrice.

L’atelier d’écriture, chapeauté par la marraine de l’événement, va permettre d’écrire à la manière de l’autrice historique choisie pour la séance.

La rencontre, enregistrée pour la création d’un podcast, va mettre en scène une autrice contemporaine, souvent locale, qui va présenter la vie et l’œuvre d’une autrice historique choisie. Cette présentation est souvent multiple : lecture, performance, conférence… Elle permet de laisser libre cours aux envies de la présentatrice.

Ces différents ateliers peuvent se dérouler sur une journée, une soirée, avoir lieu dans un ou plusieurs établissements partenaires et géographiquement proches… On peut également choisir de ne faire qu’un atelier, bien qu’une expérience complète soit préférable pour embrasser dans son ensemble la carrière de l’autrice choisie. Pourquoi ne pas imaginer un atelier d’écriture dans une bibliothèque, l’atelier d’arpentage dans une autre et conclure par la rencontre dans une 3eme ?

Une partie des coûts est prise en charge grâce aux partenaires (comme la DRAC par exemple).

Mais pourquoi ?

L’intérêt principal de cette action est de rendre aux autrices la place qu’elles devraient naturellement occuper.

Historiquement, les hommes occupent une place imposante dans la littérature, au détriment des femmes qui sont plus facilement oubliées. A tel point que certaines ont publié sous un pseudonyme masculin pour être diffusées. C’est le cas par exemple de James Tiptree, Jr (Alice Bradley Sheldon), Daniel Lesueur (Jeanne Loiseau) ou encore George Sand (Aurore Dupin).

D’autres ont bien un nom féminin, mais ne sont pas perçues comme telles (Andrée Chedid). Parfois, les informations diffusées sont non genrées pour préserver l’identité de l’auteur/autrice, comme ce fut le cas pour Riley Sager qui s’est avérée être un homme (Todd Ritter). Et, rarement, certains hommes prennent un pseudo féminin pour toucher le public avec des livres « dédiés » (entendez par là des « livres destinés aux femmes », catégorisation plus que discutable…).

Bref, l’intérêt est ici de situer les femmes dans le paysage littéraire, de faire connaitre des autrices peu connues et redécouvrir des autrices déjà célèbres. L’action permet également de mettre en avant une autrice locale et de rattacher le matrimoine littéraire à la localité. Et de rendre enfin aux autrices la place qu’elles méritent : ni devant les hommes, ni, surtout, cachées derrière eux. Simplement à leurs côtés, mais tout autant visibles.

Un beau projet qui a déjà connu 6 séances en 2019 et dont la prochaine se tiendra le 20 juillet, à Paris. Si vous voulez plus d’infos, visitez le site https://litterature-etc.com/

Inspirant…

Le meilleur de notre veille #52

Le mois de juin est le mois des fiertés : cela se reflète dans ce tour de veille ! Et cette année s’ajoute une autre célébration : les cinquante ans des émeutes de Stonewall.

Pour commencer, voici plusieurs bibliographies qui célèbrent les fiertés LGBT+ :
– une sélection d’ebooks LGBT+
une bibliographie qui célèbre le paysage littéraire trans et non-binaire (en 157 titres!)
cent idées de livres à lire pour le mois des fiertés
une sélection de films par les bibliothèques de la ville de Paris

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Source

C’est également à Paris que se tient, depuis le 25 juin et jusqu’au 28 septembre, l’exposition Champs d’amour, 100 ans de cinéma arc-en-ciel, en collaboration avec la Cinémathèque : une présentation de cent années de cinéma LGBT+ à travers plus de 100 extraits de films, affiches, scénarios, photos et archives inédites.

Et du côté des actualités LGBT+ :

la ville de New York va dédier un monument à deux femmes trans, héroïnes des émeutes de Stonewall, Marsha P. Johnson et Sylvia Rivera : plus d’informations ici !

plus d’un millier de participants pour la première marche des fiertés en banlieue

– en Équateur, la Cour constitutionnelle approuve le mariage des couples homosexuels.

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Source : The life and death of Marsha P. Johnson

Tchika, le premier magazine féministe pour enfants

Zoom sur un nouveau venu dans la presse Jeunesse : Tchika

Tchika c’est le premier magazine d’empouvoirement pour les filles de 7 à 12 ans. Mais bien les garçons peuvent le lire aussi!
Un magazine différent qui a décidé de casser les stéréotypes de genre, d’offrir une alternative à l’injonction du rose. Parce que comme les études et les spécialistes le disent, c’est dès l’enfance qu’il faut déconstruire et agir pour que les choses bougent.
Tchika a été lancé par Elisabeth Roman [auteure de cette présentation] (spécialiste de la presse enfant depuis 20 ans et entre autres ex-redactrice en cheffe de Science et Vie découvertes)  après un financement participatif sur Ulule qui a rassemble 65000 euros auprès de 1500 contributrices et contributeurs.
Au menu de ce numéro 1 :
-un dossier sur Frida Kahlo
-Le jour où Rosa Parks a décidé de ne pas se lever dans le bus
-Le rose ce n’est pas que pour les filles
-Une ITW d’amandine Henry la capitaine de l’équipe de France de foot
Tchika est un trimestriel de 52 pages et il est uniquement en vente sur le site www.tchika.fr