Le meilleur de notre veille #30

Comme chaque mois, nous vous proposons de revenir sur les choses que nous avons vues, lues et entendues ici et là. Des liens que nous regroupons et dont vous nous présentons une sélection sur ce blog.

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Cybersexisme et cyberharcèlement : comment aborder la question en médiathèque aujourd’hui ?

Aujourd’hui sur le blog, nous vous proposons de revenir sur une conférence qui a eu lieu en février dans les médiathèques de Cergy, autour du cybersexisme et du numérique.

Les conférences « Nos vies 2.0 » des médiathèques de Cergy

Le numérique peut recouvrir un grand nombre de services au sein des bibliothèques et médiathèques aujourd’hui :

  • Mise à disposition de matériel (ordinateurs, tablettes …)
  • Mise à disposition d’un réseau wifi
  • Ressources numériques en ligne
  • Communication en ligne (blog, site, réseaux sociaux …)
  • Ateliers informatiques aux thématiques variées

Si le numérique a pris une telle place aujourd’hui dans les structures, les usagers peuvent parfois être en demande d’un accompagnement dans la prise en main matérielle et virtuelle d’Internet : quelles sont les bonnes pratiques à adopter ? Comment gérer son identité en ligne ?

Les médiathèques de Cergy proposent, depuis janvier 2017, des conférences « Nos vies 2.0 » dont l’objectif est de s’adresser au plus grand nombre, à partir d’une question numérique liée au quotidien, et tenter d’y répondre de façon théorique et pratique.

Premier sujet pour ces conférences : cybersexisme et cyberharcèlement, quand les violences virtuelles deviennent réelles. L’intervenante sollicitée pour cette conférence était Amandine Berton-Schmitt, chargée de mission éducation au Centre Hubertine Auclert, dont nous avons déjà parlé sur le blog et qui était intervenue en 2014 au congrès de l’ABF sur la thématique des compétences conjointes (https://legothequeabf.wordpress.com/2014/07/30/legotheque-en-video/)

Le cybersexisme, c’est quoi ?

Le cybersexisme et le cyberharcèlement sont des phénomènes numériques au cœur de l’actualité, qui touchent aussi bien les adultes que les adolescents, voir les enfants. Le plus souvent, ces pratiques consistent  à harceler une personne en ligne, en raison de son genre, son âge, son apparence, ou tout autre motif moins évident et plus arbitraire

Pour les victimes, difficile de trouver les mots pour réagir et adopter les bons réflexes pour se défendre et se protéger de ces agressions qui, malgré leur caractère virtuel, ont des conséquences bien ancrées dans le réel.

Les institutions et la société civile commencent à se mobiliser sur le sujet : des initiatives en ligne, des campagnes de communication, des enquêtes … tous les moyens sont mis à contribution pour faire connaître ce phénomène, et surtout accompagner les victimes dans cette situation.

La banalisation des réseaux sociaux, la méconnaissance des parents sur les activités en ligne de leurs enfants et la honte créée par les abus, qui vont du partage d’une photo privée à des « raids » sur des comptes Twitter ou bien encore des campagnes de dénigrement, amènent à penser qu’une éducation aux médias est indispensable et que cette éducation s’adresse à tous et toutes.

Une étude sur le cybersexisme chez les adolescent-e-s

Si ce phénomène peut toucher tout le monde, les 11-17 ans sont particulièrement concernés. Le centre Hubertine Auclert a mené en 2016 une grande enquête sur le cybersexisme chez les adolescents dans les établissements franciliens de la 5e à la 2nde. La présentation d’Amandine Berton-Schmitt, qui s’est appuyée sur les résultats de cette étude, a passionné le public, reparti avec des pistes concrètes d’actions. La conférence a rassemblé une vingtaine de personnes, aussi bien des professionnels du social ou des bibliothèques, que des usagers de la médiathèque.

Document(s) en téléchargement ETUDE complète
Vous pouvez retrouver sur le site des médiathèques de Cergy un dossier complet sur le sujet.

Appel à témoignages : quels outils pour éviter la censure ?

En 2014, des acteurs et actrices du livre du Nord-Pas-de-Calais avaient choisi de poser nu-es pour dénoncer la polémique autour de l’album Tous à poil. (Crédits de l’image : Charles Delcourt/Lightmotiv)

La semaine dernière, Le Monde a révélé l’affaire d’une bibliothécaire mise à pied trois jours après avoir défendu un album sur l’homoparentalité.

“Mise à pied en 2014 pour avoir défendu Tango à deux papas, Yveline Perroy, responsable du pôle enfance de la médiathèque de La Madeleine, a contesté sa suspension auprès du tribunal administratif de Lille. Le jugement sera rendu d’ici 15 jours.” rapportait Livres hebdo dans un article paru le 1er mars.

Nous avions réagi en 2014 sur le blog Légothèque suite aux appels relayés par plusieurs sites internet, après les nombreuses polémiques déclenchées par l’adoption de la loi sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe, pour retirer des bibliothèques publiques 179 livres de jeunesse concernant l’égalité femme-homme, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

L’ABF avait alors exprimé sa position sur les pressions exercées sur les bibliothèques publiques et rappelé le rôle des bibliothèques et des bibliothécaires “de proposer au public des livres pour toutes et tous et sur tous les sujets pour favoriser les débats, lutter contre les prescriptions idéologiques et donner aux enfants comme aux adultes les clés pour comprendre le monde dans lequel ils vivent”.

Nous avions également proposé sur le blog Légothèque des éléments de réponses pour les bibliothécaires confronté-es à des pressions dans leurs établissements : textes de référence de la profession, chartes documentaires, élements de contextualistion sur la prétendue “théorie du genre”, qui rappelons-le n’existe pas ! (le genre n’étant pas une théorie mais un champs d’études pluridisciplinaires).

Un article complet Que faire en cas d’urgence est aussi disponible sur le site de l’ABF.

Malgré l’existence de ces outils, force est de constater que le cadre législatif ne permet pas de garantir le pluralisme de nos collections. Afin de récolter des retours d’expérience sur des moyens de réponse s’étant révélé efficaces, nous lançons aujourd’hui un appel à témoignages !

Si vous avez été confronté-e à des pressions dans vos bibliothèques, de la part de vos tutelles, de vos publics, de vos collègues …, et que vous avez des conseils à partager sur ce qui a fonctionné pour éviter cette situation, n’hésitez pas à réagir dans les commentaires ou à nous écrire sur legotheque@gmail.com. Nous publierons un article bilan cet été. Les retours d’expérience seront bien sûr anonymisés.

Littérature et banlieue #2 – Boumkoeur de Rachid Djaïdani

Second épisode de notre série « Littérature et banlieue ». Pour continuer à voir la banlieue autrement, au-delà des clichés : Boumkoeur, de Rachid Djaïdani (publié au Seuil en 1999, puis aux Points).

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                                  ©Points                           ©Première

Premier roman, Boumkoeur raconte la vie de Yaz, « 21 hivers ». La vie dans sa cité, entre anecdotes, affaires et petites histoires. Loin des caricatures de banlieue, des violences et des misères, il est plutôt question de nuancer les poncifs banlieusards.

Yaz ne fait pas partie d’une bande; rejeté par les autres (c’est une « mauviette »), il ne peut compter que sur l’amitié de Grézi. Sa mission ? Informer Yaz des histoires du quartier, pour lui permettre d’écrire son livre, ses aventures.

La qualité du mélange des langues fait le véritable atout de Boumkoeur. On y lit du verlan, du gitan, de l’arabe, de l’anglais et « un peu de français quand même ». Pour un résultat percutant, une poésie rythmée, slammée. Après la lecture, le sentiment de justesse, d’authenticité ne nous quitte plus.

Et comme ce sentiment persiste, autant suivre Rachid Djaïdani dans ses deux autres romans ! Mon nerf et Viscéral , tous deux parus au Seuil.

Mon nerf raconte également la vie d’un jeune de banlieue; ses pensées et souvenirs se dévoilant dans ses allers-retours banlieue/psychiatre.

Viscéral relate la vie de Lies, un jeune homme « de cité », qui gère son taxiphone, donne des cours de boxe aux enfants du quartier, aux détenus de la prison voisine, et tente le cinéma. Un récit entre espoir et inquiétude, la banlieue se posant ici en véritable frein à l’affranchissement.

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      ©Seuil

Et comme le talent peut être multiforme, Rachid Djaïdani est également scénariste, réalisateur et comédien. Son film Rengaine a notamment été nommé aux Césars 2013, dans la catégorie Meilleur premier film.

Le meilleur de notre veille #29

Ce mois-ci, Légothèque vous propose des outils pour discuter égalité filles-garçons avec vos publics ; des ressources utiles pour soutenir, accompagner et orienter les femmes victimes de violences parmi vos publics, vos collègues ou pour vous-même ; des rapports institutionnels ; un jeu vidéo qui nous parle immigration et migration ; un retour sur le festival des cultures LGBT… Lire la suite

Les ressources en ligne du nouveau site web de la Cité de l’immigration

Le Musée national de l’histoire de l’immigration est un établissement à part dans le paysage muséal français : c’est à la fois un un lieu d’exposition mais aussi un centre de rencontres et d’études. Ancien Musée des colonies, puis Musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie, le Palais de la Porte Dorée est devenu une « Cité nationale » qui anime en région un réseau de partenaires.

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