Colloque 2015 de l’Ecole du livre jeunesse de Montreuil – Littérature jeunesse et débats de société font-ils bon ménage ?

Extension du Salon du livre jeunesse de Montreuil, l’École du livre de jeunesse propose tout au long de l’année des formations ainsi que des colloques à destination des professionnels du livre.

Le prochain colloque qui se déroulera le 18 Juin prochain aura pour thème : « Littérature jeunesse et débats de société font-ils bon ménage ? »

Trois interventions se dérouleront sur la matinée :

« Littérature, enfances, cultures et société » par Philippe Forest, auteur, critique à Art press et
maître de conférences en littérature comparée à l’université de Nantes ;

« Éducation, morale, anticonformisme… Du XVe siècle à nos jours, la littérature jeunesse est-elle une littérature toujours « sage » ? » par Sylvie Servoise, rédactrice en chef de la revue Raison publique, en charge du pôle « Littérature, arts et culture », Maître de conférences à l’Université du Maine et à Sciences-po Paris ;

« Censure et autocensure, quelle politique pour les acquisitions ? » avec Daniel Delbrassine, enseignant dans le secondaire et maître de conférences à l’Université de Liège.

Légothèque participera au débat du début d’après-midi intitulé « Stéréotypes, préjugés, questions d’éthique, comment ne pas tomber dans les bons sentiments, la simplification, le manichéisme ? ».

Au côté de Annie Rolland, psychologue clinicienne et maître de conférences à l’université d’Angers et Thomas Gornet, auteur et comédien, nous montrerons comment, d’une manière ou d’une autre, les livres jeunesse ont une importance capitale dans la construction de soi, sujet qui est au cœur de notre action au sein de la commission Légothèque. La bibliothèque joue souvent par ce biais le rôle de médiateur : c’est pour cette raison d’ailleurs que certaines organisations demandent régulièrement la censure de livres pour enfants. Les bibliothèques publiques multiplient à cet égard les actions qui vont dans le sens de la lutte contre les stéréotypes -tous les types de stéréotypes- par le biais de leurs collections tout autant que de leur programmation culturelle ou des outils qu’elles mettent en place à destination des usagers. En tant que professionnel agissant dans la Cité, le bibliothécaire ne peut exercer son métier en restant à l’écart des questions de société. La difficulté de son action réside dans la nécessité d’avoir une démarche ouverte et citoyenne afin de répondre au mieux aux demandes des usagers tout en respectant la pluralité d’opinions.

La journée se terminera par une dernière intervention : « Comment sont abordées les questions de société dans la littérature jeunesse des pays nordiques ? » par Jean-Baptiste Coursaud, traducteur.

C’est Edwige Chirouter, philosophe et maître de conférences à l’université de Nantes, experte auprès de l’UNESCO pour le développement de la philosophie avec les enfants et coordinatrice des Rencontres Internationales sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques, qui conclura cette journée  riche en échanges.

Plus de renseignements sur le site de l’École du livre jeunesse.

Le meilleur de notre veille #13

Comme tous les mois, nous vous proposons le meilleur de notre veille partagée sur Diigo. Vous trouverez ce mois-ci dans notre veille : Des ressources et des évènements organisés en bibliothèques à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie (le 17 mai) ; des outils de l’IFLA, de l’ALA et d’autres organisations pour l’accueil des publics LGBT dans les bibliothèques ; des ressources et des actualités variées sur nos thématiques.

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Nouveau sur le blog !

Il y a du mouvement sur le blog en ce moment !

Nous avons mis à jour l’à-propos de ce dernier, vous pouvez le retrouver via ce lien.

Si vous fréquentez le blog régulièrement, vous savez sans doute que la commission Légothèque a créé différents outils à destination des professionnels, pour promouvoir les ressources documentaires repérées au gré de notre veille (liens, bibliographies), les centres de ressources. Mais aussi, depuis l’année dernière, nous avons mis en place une exposition sur le genre, en partenariat avec la BDP de Saône et Loire.

Pour faire connaître ces outils, et en faciliter la visibilité, nous avons décidé de créer une page spécifique intitulée Nos outils. Accessible dans la colonne à gauche des articles du blog, cette page donne un accès direct, avec une présentation et un renvoi vers les articles de blog plus complet, aux outils dont nous disposons actuellement.

Notre présence sur les réseaux sociaux, les publications hebdomadaires sur le site sont nos principaux outils de communication. Ce sont aussi des espaces de dialogue et d’échanges, vos commentaires et retours sont les bienvenus. Ces outils en ligne, ce sont surtout les vôtres !

Au menu de cette nouvelle page :

  1. Le blog Légothèque
  2. Le compte Diigo
  3. La carte des centres de ressources sur le Genre
  4. L’exposition sur le Genre
  5. Le signalement et la production de bibliographies
  6. La traduction de conférences professionnelles et d’un thésaurus thématique

L’interculturel au Québec… Et en France ?

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A l’heure du repli identitaire, l’expérience de la diversité met à l’épreuve les fondements démocratiques de nos sociétés occidentales, en France particulièrement. Que l’on soit d’origine malienne ou auvergnate, comment réagir lorsqu’on est confronté à une culture ou un système de valeurs étrangers à soi ? La réponse en démocratie semble évidente : par le dialogue, la réflexion et le respect de l’autre.

La parution il y a quelques mois d’un ouvrage collectif « L’interculturel au Québec, rencontres historiques et enjeux politiques », est pour nous l’occasion de réfléchir aux concepts opératoires qui sous-tendent l’action de Légothèque dans ce domaine, à travers une comparaison Québec-France.

Multiculturalisme, interculturalisme…au Québec

Faisant partie du projet de recherche intitulé «Vers une ville interculturelle. Problématiques, pratiques et expertises» porté par le LABRRI (Laboratoire de Recherche en Relations Interculturelles) et disponible en téléchargement gratuit sur le site des Presses universitaires de Montréal grâce à un partenariat avec la direction des bibliothèques, l’ouvrage propose des contributions de spécialistes en anthropologie, philosophie, histoire, science politique et communications, toutes suivies de bibliographies thématiques.

Il s’agit pour ce collectif d’universitaires de mettre en perspective et de dépasser la crise des accommodements raisonnables qui a secoué la Belle Province il y a 10 ans : à l’entrée d’une école, un groupe de parents injurie un jeune Sikh parce qu’il porte au cou un symbole religieux, le kirpan, sous le prétexte que ce bijou en forme de poignard serait une arme blanche prohibée dans l’enceinte scolaire. Cette affaire a fait l’objet de jugement contradictoire, entre la cour d’appel de Québec et la Cour Suprême du Canada.

La Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles

La Commission Bouchard-Taylor dite CBT a été chargée en 2007 de clarifier la position officiel du Québec sur cette question par des consultations publiques. La CBT a proposé plusieurs documents méthodologiques, notamment un glossaire définissant les termes du débat :

Multiculturalisme : «Dans son acception la plus courante, système axé sur le respect et la promotion de la diversité ethnique dans une société. S’y ajoute souvent l’idée selon laquelle le respect de la diversité ethnoculturelle l’emporte sur les impératifs de l’intégration collective».

Interculturalisme : «politique ou modèle préconisant des rapports harmonieux entre cultures, fondés sur l’échange intensif et axés sur un mode d’intégration qui ne cherche pas à abolir les différences».

La commission a produit également un Document de consultation qui propose des orientations et des objectifs clairs pour le déroulement des audiences en explicitant les notions du glossaire.

Ainsi pour interculturalisme : « Les immigrants et les membres des groupes minoritaires, s’ils le souhaitent, préservent l’essentiel ou une partie substantielle de leur culture, mais en la conjuguant avec des éléments de la culture majoritaire. Ils empruntent, donc, à ses valeurs fondamentales, à ses coutumes, ils s’approprient la langue française, ils participent de la mémoire nationale et de l’identité québécoise. En retour, la culture majoritaire change, elle aussi, en incorporant des éléments des cultures minoritaires. On reconnaît ici les deux pôles qui fondent l’interculturalisme : intégration et diversité. Au gré de ces processus, la culture québécoise demeure une francophonie, largement nourrie de la tradition canadienne-française. Mais la différence culturelle survit au gré d’une dynamique d’interaction respectueuse de l’Autre, qui établit un équilibre (toujours mouvant) entre intégration et diversité ».

L’apport des sciences sociales au dialogue interculturel

L’ouvrage est particulièrement intéressant car il met en perspective le mode opératoire de la CBT en le replaçant dans le contexte de la recherche en sciences sociales. Dès le premier chapitre, Bob W. White critique la position Gérard Bouchard qui considère comme une donnée essentielle du problème politique « la conscience vive du rapport majorité/minorités et […] l’inquiétude que peut ressentir la majorité culturelle face aux minorités » (p. 27). Bob W. White souligne qu’en tant que « modèle de gestion de la diversité ethnoculturelle, l’interculturalisme risque toujours d’instrumentaliser l’interculturel » (p. 30), notamment par un rapport de hiérarchisation des valeurs avec les minorités culturelles.

Ce risque est analysé par Jorge Frozzini dans le chapitre « L’interculturalisme selon Gérard Bouchard » (p. 91) et plus encore par Danielle Gratton dans « Le destin d’une terminologie : de l’interculturel à l’interculturalisme » (p. 173). Si le terme interculturel désigne avant tout l’analyse anthropologique des interactions entre personnes et peuples dans une perspective de rapprochement, il peut faire référence par extension à l’interculturalité, c’est-à-dire l’ensemble des interactions entre personnes venant d’horizons culturels différents, aussi bien qu’au traitement politique de la question par l’interculturalisme.

Les contributions s’attachent à déconstruire ce tropisme dans la longue durée, que ce soit au Québec (« Le Congrès juif canadien et la promotion de l’éducation interculturelle » par Pierre Anctil ; « Quelques figures marquantes des débuts de l’interculturel au Québec » par Joseph Josy Lévy) ou dans le monde (« La nation laïque ? L’importance de la langue dans la vie des nations » par Charles Blattberg ; « Introduction à une épistémologie de l’inter-cultures » par Lomomba Emongo).

On l’aura compris, la réflexion québécois est importante parce qu’elle décrit et déconstruit l’interculturalisme à travers l’étude de phénomènes interculturels.

Une rencontre internationale <http://www.symposium-interculturalisme.com> a été organisée en 2011 à la suite de la consultation de la CBT avec l’aide de l’Union européenne, permettant de comparer les différences de perception entre le Québec et l’Europe. Dans la dernière contribution des Actes du symposium intitulée « le dialogue interculturel, indispensable dans une société pluriculturelle Regards croisés Canada/Québec – Europe », le professeur Peter Leuprecht (Département des sciences juridiques de l’Université du Québec) détermine huit chantiers à mettre en œuvre pour réaliser la démocratie inclusive dans le cadre d’une société pluri-culturelle apaisée :

il s’agit de « revoir notre terminologie, notre vocabulaire, et notamment les métaphores botaniques que nous employons couramment telles que racine, tronc et souche », de « s’interroger sur le raisonnement en termes de majorité – minorité », pour mieux « faire valoir la richesse que constitue la diversité » et « définir et garantir les droits culturels » en conduisant « un dialogue interculturel courageux et respectueux ».

Assimilation, intégration, insertion…en France

Pendant ce temps-là, en France… Le travail effectué au Québec doit nous permettre d’interroger notre conception du dialogue interculturel. II existe actuellement dans notre pays trois modèles concurrents pour traiter la diversité culturelle et ethnique, mis en lumière par Laetitia Van Eeckhout dans son ouvrage « L’immigration » (La Documentation française) :

« L’assimilation se définit comme la pleine adhésion par les immigrés aux normes de la société d’accueil, l’expression de leur identité et leurs spécificités socioculturelles d’origine étant cantonnée à la seule sphère privée.

L’intégration exprime davantage une dynamique d’échange, dans laquelle chacun accepte de se constituer partie d’un tout où l’adhésion aux règles de fonctionnement et aux valeurs de la société d’accueil, et le respect de ce qui fait l’unité et l’intégrité de la communauté n’interdisent pas le maintien des différences.

Le processus d’insertion est le moins marqué. Tout en étant reconnu comme partie intégrante de la société d’accueil, l’étranger garde son identité d’origine, ses spécificités culturelles sont reconnues. »

La République et sa diversité

De ces trois perspectives, le processus d’assimilation, vécu par les immigrations italiennes, polonaises et ibériques, semble devenu obsolète : à l’heure de la mondialisation, sur quel fondement théorique pourrait-on encore aujourd’hui demander aux nouveaux arrivants d’abandonner leur identité d’origine ? D’autant que certains assimilationnistes en profitent parfois pour falsifier la laïcité par une neutralisation excessive de l’espace publique, prétexte à la définition de la nation française sur des bases racistes et religieuses.

L’intégration reste au cœur du projet républicain : c’est un processus ouvert basé sur le respect du parcours de l’individu vers l’adhésion progressivement aux valeurs universalistes (laïcité, droit de l’homme, égalité des droits) pour accéder à une pleine citoyenneté. Malheureusement ce processus, sans doute parce qu’il a été confondu trop longtemps avec l’assimilation, est devenu synonyme d’effacement de la différence. Il a aussi montré ses limites en matière d’intégration sociale. De ce point de vue, réaffirmer la portée universelle de la devise républicaine peut passer par l’octroi de droits aux minorités.

Si les concepts d’assimilation et d’intégration placent le nouvel arrivant sous le prisme de la culture dominante, celui d’insertion est plus ambivalent. Preuve en est la réception du rapport de Thierry Tuot, La grande nation : pour une société inclusive, remis au Premier ministre en février 2013 : son auteur été accusé par ses détracteurs de dévoyer le concept d’intégration en le réduisant à la seule insertion économique alors qu’il souhaite simplement developper l' »empowerment » ou « mise en capacité » des personnes concernées à participer à la vie sociale, économique, politique…

Ainsi, pour Malika Sorel, membre du HCI-Haut Conseil à l’intégration :

« ce rapport poursuit la même erreur de raisonnement en considérant que l’intégration relève principalement de facteurs socio-économiques plutôt que culturels » ; il réduit « l’intégration à une simple insertion dans la société » et renverse « les rôles, à savoir qu’il revient au peuple d’accueil de s’intégrer aux derniers arrivés, cela en accommodant le contenu des principes et valeurs qui sont pourtant au cœur de son identité. » (Atlantico.fr, 11 février 2013).

Ce flot de critiques contradictoires, recensées par Mustapha Harzoune dans son article de la revue Hommes et migrations « Le rapport Tuot a-t-il un avenir ? » montre bien la difficulté de promouvoir en France un modèle de société inclusif, proche de l’interculturalisme québécois.

Pour une société inclusive

Il reste qu’il est possible de concilier intégration républicaine, insertion et inclusion par une segmentation fine des niveaux d’intervention. Nous pouvons nous référer pour cela à l’excellent ouvrage de Charles Gardou, « Pour une société inclusive qui, bien que portant sur le handicap, développe une pensée pouvant s’appliquer à la promotion de la diversité culturelle et ethnique :

« L’inclusion doit autoriser chacun à apporter sa contribution à la vie sociale par toute une gamme d’accommodements, et de modalités de suppléance pour garantir l’accessibilité des dispositifs, ressources et services collectifs ».

C’est aussi l’objectif de l’Agence de développement des relations interculturelles pour la citoyenneté (ADRIC), une association d’éducation populaire qui aide à l’accueil et à l’accompagnement des populations étrangères, notamment par la mise en place de diagnostic et d’actions de formation au sein d’institutions, associations et entreprises. Invitée par le Planning familial de l’Isère, sa responsable pédagogique, la sociologue Chahla BESKI, donnera le 13 mai prochain une conférence à la Bibliothèque de l’Abbaye à Grenoble sur l’évolution des relations femmes-hommes notamment dans un contexte interculturel et européen.

Évidemment ces dispositifs inclusifs, décrits dans des articles précédents de ce blog « L’accueil des primo-arrivant-es dans les bibliothèques françaises »,Un guide du lecteur multilingue, La bibliothèque : tour de babel moderne, Un mémoire : bibliothèques et communautés issues de l’immigration, etc. sont ceux promus par Légothèque dans le monde des bibliothèques.

Bibliographie :

Femmes-Hommes : l’inégalité, ce n’est pas une fatalité

Il y a quelques temps, Amandine Jacquet de la commission International de l’ABF nous a signalé ce dossier de la Gazette des Communes, portant sur les questions égalité femmes-hommes dans les collectivités territoriales. Une incursion en dehors des bibliothèques qui se révèle pertinente dans l’analyse de la place des femmes dans la société, et comment le législateur s’est positionné pour œuvrer à plus d’égalité.

Ce dossier met en avant la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle femmes-hommes, qui introduit de nouvelles obligations pour les collectivités territoriales et qui  « vise à supprimer le hiatus entre les grands principes affichés depuis des décennies et la réalité vécue par les femmes : des iniquités persistantes, dans le privé comme dans le public. » Au travers de cinq articles proposant des outils concrets pour accompagner les collectivités dans leur démarche de changement, La Gazette des Communes aborde de front ces questions au prisme local et non plus nécessairement national. Ces outils d’auto-évaluation vont permettre aux collectivités de poser un premier diagnostic sur la parité: le dossier présente par ailleurs des collectivités qui ont déjà entamé des démarches tendant à la parité dans les services.

En premier lieu, le dossier présente un outil mis à disposition des élus et des équipes des collectivités, « Le comparateur de l’égalité femmes-hommes ». Cet outil, développé pour analyser le local en comparaison du national, permet de situer sa commune par rapport aux obligations introduites par la loi, en se basant sur quatre indicateurs sexués: le taux d’activité, la part de cadres supérieurs, la part de bas niveaux de formation et le salaire horaire. Ainsi, la réalité chiffrée du terrain fournit des éléments d’orientation quant à la construction d’une politique visant à réduire les inégalités et se situer dans le champ d’application de la loi.

Si le principe de la loi est énoncé clairement dans son titre « LOI n° 2014-873 du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes« , tendre vers cette égalité ne se fait pas sans accompagnement, ni sans une connaissance des nouvelles obligations posées par la loi. L’approche « intégrée » voulue par le législateur repose sur ces entités qui seront au cœur des démarches:

  • l’élu, qui devra présenter un rapport annuel sur la situation en matière d’égalité au sein de la collectivité territoriale
  • la collectivité territoriale, qui se voit doter d’objectifs d’égalité dans différents domaines allant des salaires à la mixité en passant par la lutte contre les violences faites aux femmes
  • l’administration générale, qui devra utiliser le nom de famille des usagers et non plus le nom d’usage
  • la commande publique devra porter une attention particulière aux répondants aux marchés et devra prendre en compte ceux qui ont instauré des objectifs d’égalité au sein de leur propre entreprise

Ces quatre entités réunies ont chacune des objectifs précis, liés à la fois à leur investissement dans la collectivité mais aussi à leur échelle. Prendre une décision au sein de la collectivité territoriale pourra avoir des répercussions sur les partenaires extérieurs dans le cas par exemple de la commande publique. La loi pose un cadre d’action dépassant la seule collectivité et donc équipe municipale: impliquer l’ensemble des acteurs de la société civile pour diminuer les inégalités femmes-hommes est une démarche pertinente et participative.

Pour aider les communes à s’auto-évaluer pour s’améliorer, l’article présente trois outils qui se situent aux échelons locaux, nationaux et européens.

  • Le comparateur Le Compas / La Gazette « donne des indicateurs à l’échelle de la commune, qui permettent à la fois de dresser un état des lieux chiffré et de cibler les actions à engager, dans l’objectif de répondre aux nouvelles obligations posées par la loi du 4 août 2014. »
  • La Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, « animée par l’Association française du Conseil des communes et régions d’Europe (AFCCRE). »
  • Le Dovale, « Document de valorisation des actions locales d’égalité, diffusé depuis 2011, a été conçu avec 13 collectivités (7 régions, 3 départements et 2 communes), l’AFCCRE et l’ARF, en partenariat avec le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh). Ce questionnaire d’autoévaluation s’adresse aux collectivités territoriales de toutes tailles. Il a pour objectif d’aider à la réalisation d’un état des lieux, premier pas vers l’action, d’interroger les élus et de susciter le débat en interne. Les collectivités qui s’en servent sont invitées à renvoyer leur questionnaire au HCEfh qui s’engage à les analyser afin de mesurer sur le long terme l’efficacité des actions engagées. »

Un quatrième outil, dont la troisième édition a été présentée en juin 2014 au Salon de l’emploi public à Paris, porté par l’Association des directeurs et directeurs adjoints des CDG (ANDCDG) et de la Fédération nationale des centres de gestion (FNCDG), fournit d’autres données statistiques plus précises concernant la fonction publique territoriale. En effet, ce « Panorama de l’emploi territorial » affiche pour la première fois des données sexuées. Analyser la place des femmes au sein de la FPT grâce à ces données chiffrées permet de mettre en avant une réalité de terrain, avec par exemple des filières où les femmes sont peu ou pas présentes ou des filières à majorité féminines ; les temps de travail sont également étudiés avec comme conclusion que les femmes occupent davantage les emplois précaires avec des temps non-complets ou des temps partiels, qui ne sont pas toujours choisis. Enfin, le panorama montre que les concours ont encore du chemin à parcourir en matière de parité, que ce soit pour les inscrits, les lauréats ou encore la composition des jurys.

Enfin, le dossier présente pour terminer trois communes, d’échelles différentes, qui travaillent déjà l’égalité femmes-hommes au sein de leurs services et qui s’inscrivent pleinement dans le cadre de la loi.

  • Saint-Herblain (Loire-Atlantique, 43 100 habitants) a par exemple choisi de développer un plan en 41 mesures, regroupées en trois champs d’intervention : « « la ville comme employeur » via sa politique des ressources humaines, « la ville en tant qu’institution », en référence aux messages qu’elle peut véhiculer, et enfin,« la ville en tant que service au public », en particulier dans le champ de l’éducation. » A partir d’une démarche globale, toutes les directions ont été mobilisées pour avancer de front sur les trois axes: adopter cette démarche a reposé à la fois sur l’existant mais aussi sur la création de nouvelles initiatives collectives.
  • Le Conseil général de l’Allier (342 800 habitants), qui a mis en place le deuxième observatoire départemental des violences faites en femmes, après celui de la Seine-Saint-Denis, et le premier en milieu rural, a choisi de travailler sur l’interne (avec une analyse des outils/initiatives existants) avant de s’ouvrir vers l’externe. Garder en ligne de vue le public et s’appuyer sur des temps forts identifiés, comme la journée du 8 mars, avec les partenaires locaux, permet de construire une démarche de sensibilisation et de donner une visibilité à ces questions.
  • Blanquefort (communauté urbaine de Bordeaux, 15 500 habitants) a entamé depuis 2001 des démarches pour la parité, en travaillant avec un sociologue qui a analysé le terrain. Au travers de ses conclusions, la commune a pu réaliser un certain nombre d’actions, particulièrement envers le public adolescent. Les questions de genre sont abordées au sein des programmations culturelles des équipements, au sein de formations en interne mais aussi au sein de l’équipe municipale.

 

Ce dossier passionnant montre l’implication nécessaire des collectivités territoriales, avec des outils concrets et des analyses de terrain, dans le succès d’une construction égalitaire de la société entre les femmes et les hommes.