Interview de bénévoles de la bibliothèque du Centre LGBTQI+ Paris

Légothèque : Bonjour, vous êtes bénévoles à la bibliothèque du Centre LGBTQI+ Paris-ÎdF et je vous remercie d’accepter de répondre à quelques questions.

Quel est l’historique de la bibliothèque ?

Centre LGBTQI+ Paris-ÎdF (Louise et Jean Marc) : Dès la création d’un Centre parisien destiné à accueillir les personnes en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre, vivant à Paris ou en Île de France, ou de passage, se pose la question d’un Centre de documentation.
Ce dernier est fondé en décembre 1983 dans ledit Centre, alors appelé L’escargot .
Quand, en 1989, la Maison des Homosexualités (MH) ouvre ses portes, un espace est également dédié à la documentation.
En 1993, le Centre Gai et Lesbien (CGL) déménage au 3, rue Keller, et, un an plus tard, la bibliothèque y trouve sa place. Finalement, le Centre LGBTQI+ Paris-ÎdF s’installe au 63 rue Beaubourg en 2008 : il inclut la bibliothèque actuelle, rebaptisée Jean Le Bitoux en 2010, peu après le décès du cofondateur du périodique Gai Pied.
Cette salle, au premier étage du Centre, est polyvalente et accueille des réunions des associations adhérentes en dehors des horaires d’ouverture de la bibliothèque. Nos problématiques actuelles sont ainsi centrées sur l’espace de rangement des documents et d’accueil des usagères / usagers, la mise à disposition des ouvrages (lors des permanences de la bibliothèque), et leur temps de traitement et de rangement (quasiment exclusivement pendant les permanences).

L : Quelle est sa mission ?
C : À la bibliothèque Jean Le Bitoux, nous conservons des ouvrages (romans, bandes dessinées et documentaires), DVD et périodiques à thème LGBTQI+ ou d’auteurs.trices du milieu LGBTQI+. Nous avons vocation à être un lieu-ressource de recherches et de loisirs dans le domaine LGBTQI+. [Consultez le catalogue ICI]

L : Quels services liés à ces collections proposez-vous ?
C : Nous proposons plus de 10000 ouvrages en consultation et en prêt durant les heures d’ouverture, à savoir deux heures par jour du lundi au samedi, jeudi exclu.
Nous recevons les dons de particuliers, d’auteurs.trice.s et de maisons d’édition, nous les cataloguons et les équipons pour le prêt.
Nos doublons sont vendus à petits prix sur place et peuvent être donnés à d’autres associations et bibliothèques qui le désirent.
Nos périodiques en doublon sont, eux, offerts aux lectrices.lecteurs intéressé.e.s.
Dans la mesure du possible, nous essayons également de soutenir les activités du Centre, qui sollicite parfois notre aide pour enrichir les projets culturels élaborés par notre Pôle culture.

L : Quel est le cœur de votre activité : les collections ou les animations ?
C : Les collections, quasi exclusivement. Nous avons à cœur d’accueillir les lecteur.trices, de les conseiller et de les orienter au mieux dans leurs recherches.
Un club de lecture, et un club d’écriture ont également repris il y a peu.

L : Avez-vous une politique documentaire ? Laquelle ?
C : Nous ne conservons que des ouvrages à thématique LGBTQI+ ou bien d’auteurs.trices LGBTQI+. Nous essayons d’être exhaustives.exhaustifs en ce qui concerne notre fonds de périodiques (Gai Pied, Têtu, Lesbia…).
Notre principal défi en ce moment est de réussir à équilibrer nos collections entre les ouvrages L, G, B, T et I.

L : Quel système de classification utilisez-vous ? Convient-il à vos collections ou devez-vous l’adapter ?
C : Nous avons 9 sections : Bibliographies et Généralités, Sciences Humaines, DVD, Arts, BD, Littérature de fiction, Psychologie et Santé, Périodiques, et enfin Littérature Grise. Ces sections sont différenciées spatialement dans la bibliothèque et signalisées par un code couleur (rouge pour la fiction, bleu pour les sciences humaines…).
Les livres et les albums sont rangés par ordre alphabétique d’auteur.trice.s, et les DVD par ordre alphabétique de titre. Au sein des DVD, une sous-classification distingue les Courts-métrages, Documentaires, Séries, et Fictions.
Nous rencontrons peu de problèmes de classification (un périodique sous forme de bande-dessinée ira, selon sa taille, soit en BD soit avec les revues).
Notre SIGB est le logiciel libre PMB qui convient à nos besoins.

L : Quel est votre public cible ? Quelle est votre fréquentation ? Essayez-vous d’élargir vos services à d’autres publics ?
C : Notre public cible regroupe les personnes désirant consulter et emprunter des ouvrages LGBTQI+, pour le loisir et les recherches.
En 2018, nous avons eu 983 visiteurs, dont 459 pour les prêts.
Nous essayons pour le moment de faire connaître la bibliothèque à l’ensemble des personnes visitant le Centre.
Par ailleurs, nous recevons depuis quelques années de plus en plus d’étudiant.e.s, d’universités françaises, européennes et d’Amérique du Nord, en master et en thèse, venu.e.s numériser, photographier ou consulter notre très riche fonds documentaire : c’est sans doute le signe que notre bibliothèque commence à être répertoriée par les universités.

L : Avez-vous des partenaires récurrents ? Quels types de partenariats mettez-vous en place avec ces partenaires ?
C : Avec L’Académie gaie et lesbienne, nous avons des échanges d’ouvrages et des dons d’archives.
Avec la Bibliothèque LGBTQI de Lyon, ce sont des dons d’ouvrages ainsi qu’avec L’association Lire c’est vivre qui a pour objet le développement de la lecture en milieu carcéral, selon différents modes d’actions.

L : Votre bibliothèque fait-elle partie d’un réseau : bibliothèques universitaires, bibliothèques spécialisées…?
C : Non, car nous sommes une bibliothèque associative, principalement liée au Centre LGBTQI+ Paris-ÎdF.
Néanmoins, nous avons des contacts occasionnels avec les bibliothèques LGBT+ des autres villes de France.

L : Où peut-on suivre vos activités en ligne (site web, réseaux sociaux) ?
C : Sur le site web : centrelgbtparis.org/bibliotheque et les informations concernant les actualités de la bibliothèque sont relayées via les réseaux sociaux du Centre (Facebook, Instagram et Twitter).

L : Justement, quels sont vos projets pour 2019-2020 ?
C : En priorité, nous voulons continuer à assurer les permanences d’ouverture, tenues par une dizaine de personnes, exclusivement bénévoles.
Depuis septembre, nous avons organisé une vente de nos doublons à petits prix et nous étions present.e.s au Salon du Livre Gay, également pour y vendre nos doublons et faire connaître notre bibliothèque.
Au Centre, nous avons ouvert nos portes en dehors des horaires de permanence pour faire découvrir la bibliothèque à un groupe de femmes qui n’avaient pas eu l’occasion de s’y rendre dans le cadre de leurs activités au sein du Centre.
Notre principal objectif, cette année, est de trouver un moyen de valoriser nos doublons mis en vente. Dans cette optique, nous avons récemment fait l’acquisition d’une vitrine afin que ces derniers soient exposés et facilement consultables par les visiteurs sans notre aide.
Nous mettons également à jour notre flyer et notre page internet afin que le catalogue et la liste des doublons soient plus visibles, et établissons un travail d’inventaire et de vérification de cotes.

L’album jeunesse dans la construction de soi

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Affiche du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, 2019. Jeunesse Montreuil. Crédit : Dessin extrait de « Cap ! » de Loren Capelli, paru aux Éditions courtes et longues en 2019. © Belleville 2019

 

Retour sur une table ronde du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil : L’album de jeunesse dans la construction de soi. Compte-rendu par Mathilde Ollivier.

Avec Marie Adrian, chargée des projets intergénérationnels à la médiathèque de Tourcoing, Claire Maffeo, responsable du secteur livre et lecture petite enfance au département du Val-de-Marne, et Dominique Rateau, Agence Quand les livres relient. Avec pour modératrice Hélène Legendre, bibliothécaire et membre de la commission Légothèque de l’ABF.

Hélène Legendre ouvre la table ronde en rappelant qu’unanimement, la rencontre entre la jeunesse et les albums est reconnue comme importante et positive. On trouve des albums dans chaque structure qui les accueille : crèches, écoles, services de protection maternelle et infantile, assistantes maternelles… Dans cette rencontre, on pense spontanément aux bienfaits de la lecture dans le processus d’acquisition du langage. Mais ils sont beaucoup plus nombreux : construction de soi, découverte des autres, développement de  l’imagination… Les enfants ne sont pas les seuls concernés par la lecture d’albums, mais aussi les adultes, les adolescents, et les personnes âgées.

Hélène Legendre : Qu’est ce que l’album peut apporter au-delà de l’apprentissage du langage et de la lecture ?



Claire Maffeo : L’album représente le cœur de la transmission. C’est un objet singulier, un support de curiosité, d’émancipation, d’ouverture au monde et aux autres. Il participe bien sûr à la construction du langage, mais c’est aussi un support d’hospitalité extraordinaire. C’est un objet symbolique, à travers un héritage culturel, en même temps que l’œuvre unique de la vision singulière d’un auteur.

Le département Val-de-Marne pour le livre, la lecture est la petite enfance lance chaque année un appel à projet pour la création d’un album et va ensuite l’offrir aux bébés du département. C’est une façon d’accueillir l’enfant dans la société, de l’accueillir comme un sujet et un futur sujet-lecteur. L’album va être un support de lien entre l’enfant, ses parents, les proches de la famille, pour transmettre toute une histoire et un héritage culturels, en même tant qu’une expérience artistique. La suite de cette politique culturelle est l’accompagnement à la rencontre avec l’album, par exemple avec des projets-lectures dans les crèches. Les parents sont les premiers passeurs du livre. Il s’agit de laisser la place à l’accueil parental, et de mettre en place les conditions pour inviter, et non pas inciter. C’est un espace de socialisation, d’accueil, de partage et d’hospitalité. Enfin, l’album permet de développer un relation plus intime au livre et encourage l’enfant à devenir un sujet-lecteur. C’est un lien entre le monde et lui-même, un champ de liberté qui l’aide à construire ses émotions.

Marie Adrian : Les médiathèques ne sont plus que des lieux de prêts et d’étude.  Elles se sont adaptées aux nouvelles pratiques des publics, avec de nouveaux espaces selon les différentes tranches d’âges, un programme d’animations pour se retrouver, se former, s’instruire et  se divertir. L’album est un outil qui aide à l’éducation, et aussi au vivre-ensemble. Les parents demandent des livres qui donnent des clés pour comprendre le monde de l’enfant, et aider celui-ci à se construire en accord avec les autres. Ces parents sont les enfants d’hier à qui l’on a lu des histoires. Pour répondre à ces besoins, des  fonds « parentalité » ont été créés dans les médiathèques. L’album aide les plus jeunes à maîtriser leurs peurs, gérer leurs émotions, grandir, c’est-à-dire être soi au milieu des autres, de faire de sa différence une force, tout en s’adaptant au monde qui les entoure. Bien sûr, l’album structure l’activité intellectuelle de l’enfant. Pour cela, nous avons énormément de chance car les éditeurs d’albums jeunesse proposent un grand choix, de grande qualité. Il y en a pour tous les goûts et toutes les tranches d’âges. Le public s’est agrandi : parents, grands-parents, adultes, qui viennent autant emprunter dans la section jeunesse que chez les adultes. Les albums rassurent les enfants, alimentent les curiosités, les initient à l’autonomie, donnent des réponses à leurs questions, répondent à leurs besoins de rêver, de rire, de se faire peur… Pour les lecteurs autonomes, les albums aident au développement du sens critique, à la diversification de l’imaginaire, à l’identification à des héros et à des héroïnes. Les albums aident à acquérir une confiance en soi, à vivre avec les autres, à appartenir à un groupe.

H.L. : De vos deux réponses, on retient l’idée que l’album est une fenêtre sur le monde.

Dominique Rateau demande à l’unanimité du public : Pourquoi lisons-nous ? Nous sommes dans un pays où l’on veut que tous les enfants lisent, mais les adultes lisent-ils ? Il n’y a qu’un seul verbe pour dire « lire » en français. Mais derrière ce mot, il y a plein de significations différentes. De la même façon, qu’est-ce qu’un album ? Déjà, c’est un objet littéraire. Le champ de création de l’album offre aux artistes différents cadres. Un album, ce sont des mots, des images, des artistes qui racontent quelque chose de leur regard sur le monde. Les tout-petits naissent lecteurs. Ils deviendront des lecteurs d’albums quand ils rencontreront des albums et des lecteurs d’albums. Ce qui est important c’est que chacun de nous puisse développer son imaginaire, le nourrir, cultiver le lien à nous-mêmes et le lien aux autres. C’est à cela que servent les arts et la culture. Il faut se méfier des albums qui pourraient devenir des médicaments, des objets thérapeutiques, car on quitte le champ de la littérature. Les albums aident à jouer avec le cadre et le hors-cadre, le dedans et le dehors. Ils inventent des vies, ils nous disent ce qui est bien et ce qui est mal. Dans notre période très inquiète, nous avons besoin d’être rassurés, de gens qui nous montrent le chemin, même quand ce chemin est complètement fou. Le lecteur n’a pas d’âge biologique, ce qui est important c’est de rencontrer l’œuvre de quelqu’un qui va nous dire quelque chose de nous-même, mieux que nous n’étions en capacité de nous le dire nous-même. Les tout-petits ont besoin d’accompagnement pour trouver ce qui leur parle intimement et c’est cet accompagnement-là qui est important.

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Rouge de Michel Galvin. ©  Rouergue

 

H.L. : Nous avons beaucoup parlé des tout-petits, nous allons maintenant élargir le champ avec d’autres publics. Est-ce que cela fait sens de lire des albums à des publics qui savent lire : adolescents, enfants qui savent lire, adultes, personnes âgées ?

M.A. : Bien sûr. Déjà, la littérature jeunesse prendra de l’importance aux yeux de l’enfant   par une présentation de l’adulte. La lecture à voix haute, par exemple le soir avec son enfant, est le lieu privilégié de la séparation avec l’adulte sans angoisse. Il y a l’album que l’on va relire vingt, trente fois car le thème parle particulièrement à l’enfant. Le plaisir est décuplé, l’enfant s’amuse à anticiper ce qui va se passer. Cela lui permet de garder ses propres peurs à distance. Aussi bien pour les enfants que pour les adultes, l’album a un rôle de tiers, il permet d’évoquer ce que l’on a trop de pudeur pour dire.

Pour parler des actions intergénérationelles, il s’agit simplement de la transmission du savoir-faire du bibliothécaire :  former un public à la lecture à voix haute. Quand j’ai commencé cette activité, je ne m’attendais pas du tout à recevoir une telle satisfaction avec les publics. Le rôle de l’adulte en tant qu’intervenant est de bien définir ses points forts et ses limites. Un accord moral est passé entre les partenaires, l’enseignant, les enfants. Ce partenariat permet de mutualiser les moyens, de valoriser les élèves qui vont se dépasser et s’épanouir dans cette activité avec les autres. La formation de lecture à voix haute démarre d’abord par une découverte des possibilités dans notre voix, la voix interne, la respiration. Je présente ensuite les livres, et je donne ensuite des conseils personnalisés. Chaque initiative de l’enfant est encouragée. Ces enfants vont ensuite lire des albums à des maternelles. Les enfants plus âgés se rendent dans les maisons de retraites, après une intervention préalable des bibliothécaires. Les rencontres se passent très bien, car les personnes âgées se rendent rapidement compte que les albums ne sont pas seulement pour les enfants. Ils ont également envie de lire des albums aux enfants. Dans le cadre scolaire, il est très important de ne jamais se substituer au rôle de l’enseignant. Il y a plein d’autres possibilités pour enrichir ces expériences de lecture, avec d’autres partenaires, comme les musées, les conservatoires. Avec ces derniers, les lectures étaient accompagnées d’instruments légers, pour créer un spectacle. Avec les musées, nous avons créé des ateliers de dessins avec une plasticienne, suivis d’une exposition. Un autre moment fort a été des ateliers d’écriture avec une compagnie de théâtre. La lecture à voix haute permet de responsabiliser l’enfant, de lui donner confiance en soi. car ils deviennent acteurs et actrices. Cela leur permet bien sûr de découvrir la littérature jeunesse, mais leur regard sur la vieillesse change également, avec plus de respect et de tolérance. L’expression orale s’améliore, ces moments créent une entraide au sein de la classe. Pour les lectures aux maternelles, on retrouve des fratries, et la lecture se retrouve dans le cadre familial. Les retraités sont fiers de pouvoir mettre en avant leur expérience, ils sont très patients avec les jeunes, et ils sont valorisés car ils jouent encore un rôle auprès de la jeunesse.

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© Oskar

 

H.L. : Vous avez témoigné d’une approche globale de la lecture, une expérience physique, d’échange, dans l’instant présent, une expérience artistique aussi. Comment faire pour valoriser cette expérience auprès des partenaires et des publics ? Comment valoriser ces éléments bénéfiques, qui vont au-delà de la lecture ?

C.M. : On peut en effet dire que la lecture pour les tout-petits est une expérience corporelle, sensitive, motrice. Les auteurs et les éditeurs l’ont bien compris, il existent des livres avec lesquels l’enfant peut jouer avec la perception du dedans et du dehors. Dans le cadre de nos projets en crèches, auprès des assistantes-maternelles, nous insistons beaucoup sur cette lecture qui tient compte du développement de l’enfant, qui accompagne le tout-petit dans son développement. Ce n’est en aucun cas une lecture-outil où l’on va cibler un objectif bien précis. C’est un cheminement commun, avec des temps de rencontres et de bilan qui accompagnent le projet, un accompagnement d’une approche de la lecture globale, qui prend en compte les émotions et le rapport de l’enfant au livre. Les temps de lecture individuelle sont extrêmement importants, avant l’entrée à l’école, pour que le tout-petit construise sa relation au livre, par la manipulation, en le laissant intervenir dans sa propre lecture, en n’étant pas intrusif, en laissant se créer cette appétence pour le livre. Il faut voir une distance raisonnable, toujours en accompagnant.

Nous sommes là aussi pour évaluer, faire des bilans de l’avancée de nos projets. Nous allons rencontrer les équipes, travailler à la pérennisation du projet pour installer la lecture au quotidien. Nous ne sommes pas dans un projet de temps de lecture défini mais vraiment dans l’accompagnement des pratiques, avec une ouverture vers les familles, par des temps d’invitation libre. Nous prenons en compte l’envie de l’enfant, son ressenti du moment. En relation avec le thème du Salon cette année, c’est aussi un éloge de la lenteur, il s’agit de faire germer tranquillement les choses.

H.L. : La temporalité est très importante, l’inscription des projets dans le temps, ainsi que la régularité des projets.

D.R. : Ce qui caractérise l’album, ce qu’il raconte quelque chose avec des mots articulés et avec des images. Dans notre vie, les mots articulés n’arrivent qu’à un certain moment, mais dès que nous venons au monde, nous sommes lecteurs. Nous sommes lecteurs de tous les signes car il est vital de les interpréter : un sourire, un courant d’air, ou mouvement. Cette lecture est un art et elle cultive le vivant en nous. En tant que bébé, nous sommes dépendant de l’autre. La question de donner sens est profondément inscrite en chacun de nous. Je fais l’hypothèse que la lecture d’album est particulièrement importante pour cultiver cet art de lire que nous avons tous en nous. Nous ne formons pas les bébés à être lecteur, les bébés sont lecteurs et nous les accompagnons dans le développement de leur être. Notre époque est très folle, nous avons besoin de nous unir et de toujours donner sens à ce que nous faisons, et c’est très important de réclamer du temps pour penser dans notre vie quotidienne, du temps pour partager, se rencontrer, pour faire des bilans. La lecture d’album nous inscrit dans ce temps où nous étions sans mots, mais pas sans langage. Les bébés sont dépendants des adultes, mais ils sont acteurs de cette mise en lien. Les albums nous apportent de la complexité, et nous avons un combat à mener par rapport à la question de l’image. Nous en sommes encore, à notre époque, à dire à des enfants qui entrent au CP : « Maintenant tu vas apprendre à lire, les choses sérieuses commencent ! » Ce type de lecture particulier parle à tous les âges de la vie. L’album est un genre littéraire à part entière que nous ne devons jamais arrêter de lire.

H.L. : Pour terminer cette table ronde, pouvez-vous partager des albums ?



D. R. : Quand papa était loin de Maurice Sendak, car c’est un album qui continue de m’échapper, que j’aime, qui me parle profondément. Et Trois chats d’Anne Brouillard, un album tout en image, et non pas sans texte. Car la lecture ce n’est pas seulement lire le code.

C.M. : Mon grand album de bébé, d’Anne Galland et Christian Bruel, le premier livre offert il y a trente ans par le département du Val-de-Marne, dont nous entendons parler  par de jeunes parents émerveillés qui l’ont reçu étant enfant. Les choses qui s’en vont, de Beatrice Alemagna chez Hélium, et Rouge de Michel Galvin, qui raconte l’arrivée d’un tout-petit qui n’a pas encore de nom, qui est symbolisé par un petit caillou rouge. Ce livre est comme une boîte à jouet, une mise en abyme du livre en train de se faire, c’est une belle métaphore de l’album comme construction de soi, d’ouverture, de l’acceptation de soi et des autres.

M.A. : Petit Tom et la tata qui pique de Didier Lévy, aux éditions Oskar : c’est un livre intergénérationnel, que je présente beaucoup avec les collèges et les primaires, qui parle aussi bien à l’enfant qu’à l’adulte. L’enfant va apprendre à gérer ses peurs, les différences. Il aide l’enfant à grandir, et ramène l’adulte à des émotions qu’il a pu ressentir dans l’enfance.

H.L. : Ma recommandation est Comme un million de papillons noirs, de Laura Nsafou chez Cambourakis. Il raconte l’histoire d’une petite fille noire aux cheveux crépus qui reçoit des remarques extrêmement désobligeantes sur ses cheveux à l’école, et sa maman va l’aider petit à petit dans son parcours pour apprendre à s’aimer telle qu’elle est. L’autrice a reçu énormément de retours de parents qui lui ont dit que c’était le livre qui leur a manqué quand ils étaient petits, et que le livre avait comblé quelque chose chez eux, même à l’âge adulte.

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©  Cambourakis

 

À consulter également :  Premières pages, un site du Ministère de la Culture qui recense et labellise des actions autour des livres et la lecture pour les tout-petits.

Bonne année 2020 !

L’ensemble des membres de la commission Légothèque de l’AbF adresse à chacune et à chacun ses meilleurs vœux pour 2020.

Nous souhaitons que cette année s’avère fructueuse tant d’un point de vue personnel que professionnel, qu’elle voit la généralisation d’une écriture plus inclusive, mais surtout qu’elle apporte plus d’ouverture et favorise le vivre-ensemble dans nos espaces, et plus largement dans la société. Il apparaît hélas que l’actualité dessine des clivages de plus en plus prononcés, au contraire, l’occasion de réaffirmer le rôle politique de nos établissements et nos propres résolutions de continuer cette année encore à construire, valoriser, promouvoir, accompagner, faciliter, combattre la violence par l’information et la compréhension, tout ce qui fait la raison d’être de notre commission. Les prochaines élections pourront être l’occasion justement de rappeler ces engagements aux décideurs.

En attendant, les activités de la commission promettent déjà d’être denses. En plus des articles publiés dans la revue Bibliothèque(s), de notre activité de veille sur les réseaux sociaux et ce même blog, en tant que commission de l’AbF, Légothèque s’investit à plus d’un titre dans le congrès de l’association prévu en juin prochain à Dunkerque autour du thème de l’inclusion et de la solidarité. Nous participerons à une table-ronde sur les espaces inclusifs, animerons un atelier de co-développement qui s’appuiera sur vos exemples et problématiques concrets, ainsi que, suite au succès rencontré cette année à Paris, organiserons de nouveau une bibliothèque vivante en collaboration avec la commission AccessibilitéS.

La commission aimerait également voir s’étoffer sa carte des ressources sur le genre, quitte à signaler quelques établissements étrangers et développer également son recensement autour des formations, formateurs et formatrices, autour de ses thématiques de prédilections comme vous avez pu le lire dans les lettres de l’association ces derniers mois. Une question qui semble de plus en plus importante de nos jours pour se donner et nous donner à tous, professionnels de l’information, les moyens d’atteindre les résolutions que nous avons plus haut énoncées. Nous vous remercions d’ailleurs pour les ressources que vous nous avez envoyées.

Il se passe beaucoup de choses dans le milieu des bibliothèques autour des thématiques de Légothèque, et encore plus au sein de l’AbF, ce qui augure nombre de partenariats qu’il s’agisse des travaux de Livr’Exil, de l’évolution de la commission jeux vidéo, et développer les partenariats déjà entretenus avec les commissions Jeunesse, International, Numérique, AccessibilitéS… en fait avece pratiquement toutes les autres commissions.

Une année 2020 qui s’annonce bien dense, donc, mais que nous abordons avec enthousiasme et détermination, et que nous espérons fructueuse avec votre concours. Alors à très bientôt dans ces colonnes, via notre mail ou directement sur le lieu du Congrès.

La lecture en partage

Joyeuses Fêtes à tou·te·s !

L’équipe de Légothèque vous suggère un peu de lecture en cadeau pour le temps des fêtes. Vous trouverez ci-après des suggestions de lecture, de ressources et de médias concoctées par nos membres à offrir à vos proches ou pour vous.

Bien sûr, il s’agit d’une liste non exhaustive, car les titres sont légions et l’idéal serait de produire un billet de blog le plus participatif possible. C’est pourquoi nous vous invitons, dans la section commentaires, à nous faire part de vos lectures en cette période de l’année.

Merci à tou·te·s les légothécaires qui ont partagé leurs coups de cœur dans ce billet spécial et collaboratif de fin d’année. 

Querelle de Roberval

L’ouvrage
LAMBERT, Kevin. Querelle de Roberval : fiction syndicale. Montréal (Québec) : Héliotrope, 2018. ISBN 978-2-92466-652-4 Édition originale québécoise
LAMBERT, Kevin. Querelle : fiction syndicale. Paris : Le Nouvel Attila, 2019. ISBN 978-2-37100-081-0 Adaptation française

Description
Un peu de littérature gaie, syndicaliste et revendicatrice québécoise pour le temps des fêtes ? Inspiré de Querelle de Brest de Jean Genêt, Kevin Lambert nous offre un roman attachant, complexe et parfois bouleversant. À travers une crise syndicale dans la région québécoise du Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’auteur arrive à aborder les thèmes du patriarcat, du néocapitalisme, de l’homophobie et du déclin des régions québécoises dans un roman qui va sûrement laisser ses traces sur son lectorat.

Le 14 septembre 2019, l’édition française du roman de Kevin Lambert a co-remporté le Prix Sade avec Métaphysique de la viande de Christophe Siébert publié aux Éditions Au Diable Vauvert. En novembre 2019, l’édition québécoise a également remporté le Prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec. 

Légothécaire
Michael David Miller, Bibliothèque de l’Université McGill (Montréal, Québec)

Les Guérillères

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L’ouvrage
WITTIG, Monique. Les Guérillères. Paris : Éditions de Minuit, 1969. ISBN 2707345709

Description
Les Guérillères est une épopée moderne qui prend pour sujet “elles” : “Elles disent qu’elles ont appris à compter sur leurs propres forces. Elles disent qu’elles savent ce qu’ensemble elles signifient. Elles disent, que celles qui revendiquent un langage nouveau apprennent d’abord la violence. Elles disent, que celles qui veulent transformer le monde s’emparent avant tout des fusils. Elles disent qu’elles partent de zéro. Elles disent que c’est un nouveau monde qui commence.” Une lecture radicale et incontournable.

Légothécaire
Mathilde Ollivier, Bibliothèque Sainte-Barbe (Paris)

Homo Sapienne

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L’ouvrage
KORNELIUSSEN Niviak. Homo Sapienne. Saguenay-Lac-Saint-Jean (Québec) : La Peuplade, première édition en 2014; trad. 2017. ISBN 2924519586

Description
Homo Sapienne est un roman Groenlandais qui met en scène 5 personnages en quête de leur identité. Fia découvre son orientation sexuelle. Son frère, lui, veut fuir au Danemark son homosexualité refoulée. Inuk découvre la transidentité. 5 personnages qui permettent cinq visions changeantes et passionnantes du monde. Dans ce roman concis, l’autrice mobilise ses talents de nouvelliste avec un style vivace fondé sur le mélange des langues et des genres (roman épistolaire, narration classique, journal intime, conversations SMS…) ce qui permet une forte identification et une lecture bouleversante.

Légothécaire
Aénor Carbain

Americanah

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Ouvrage
ADICHIE, Chimamanda Ngozi. Americanah. Paris : Gallimard (Collection Du monde entier), 2016. ISBN 2070468801

Description
«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.»
Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés? Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria. À la fois drôle et grave, Americanah est une magnifique histoire d’amour, de soi d’abord mais également des autres, ou d’un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la couleur de peau ou le statut d’immigrant.

Légothécaire
Fabienne

Mur Méditerranée

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Ouvrage
DALEMBERT Louis-Philippe . Mur Méditerranée. Paris : Sabine Wespieser, 2019. ISBN 2848053283

Description
Le mur de la Méditerranée, beaucoup en meurent certains le passent, mais qui sont-ils et qui sont-elles ? Chochana, Dima et Semhar ne sont pas parties pour les mêmes raisons, ne se ressemblent pas et ne vivront pas de la même manière cette confrontation à la frontière Méditerranée. Nous les suivons pour découvrir l’envers des statistiques dans une fiction très documentée. L’auteur haïtien Louis-Philippe Dalembert s’est inspiré de l’histoire du bateau de clandestins sauvé par le pétrolier danois Torm Lotte pendant l’été 2014. 

Légothécaire
Éléonora

Tu peux !

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Ouvrage
GRAVEL, Élise. Tu peux ! Montréal (Québec) : La courte échelle, 2018. ISBN 9782897741488 (Papier). Disponible gratuitement sur : http://elisegravel.com/livres/pdf/

Description
Tu peux ! est un court ouvrage dédié à la jeunesse dans lequel l’autrice s’amuse à déconstruire les stéréotypes de genre. La série d’illustration explique qu’on peut être une aventurière ou un petit garçon qui aime faire le ménage par exemple. Ludique, il est aujourd’hui largement utilisé dans les écoles canadiennes. L’ouvrage existe en version papier, mais également en PDF. Et très important : il est gratuit ! 

Légothécaire
Virginie

L’odysée d’Hakim

L’ouvrage
TOULMÉ, Fabien. L’odyssée d’Hakim. Paris : Delcourt, 2018. ISBN 2413011269
(2 tomes parus d’une trilogie)

Description
Ce roman graphique, Fabien Toulmé l’a réalisé afin de sensibiliser sur le parcours bouleversant des migrants. Pourquoi était-il plus facile pour lui d’avoir de l’empathie pour les victimes françaises d’un crash en avion plutôt que pour des migrants noyés en Méditerranée ? Tout simplement parce qu’il ne savait rien d’eux et de ce qui les pousse à entreprendre ce périple tragique au prix de leurs vies. L’odyssée d’Hakim c’est l’histoire vraie d’un jeune syrien qui a dû quitter sa famille, ses amis, sa propre entreprise, son pays pour trouver refuge et construire un avenir meilleur ailleurs. C’est touchant de simplicité et de vérité.

Légothécaire
Thomas Santer, Bibliothèques de Courbevoie

Au coin d’une ride

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L’ouvrage
LAMBERT, Thibaut. Au coin d’une ride. Vincennes : Des Ronds Dans L’o, 2014. ISBN

Description
Éric laisse Georges, son compagnon, dans une maison de retraite. Atteint de la maladie d’Alzheimer, leur relation n’est plus gérable au quotidien. Et comme si cet acte n’était pas déjà difficile en soi, le directeur de l’établissement lui demande de ne pas montrer leur relation amoureuse par peur des réactions des autres résidents. Un manque d’attention que Georges comprend d’autant moins qu’il se retrouve perdu dans un environnement qu’il ne connaît pas.
Au coin d’une ride est un très beau roman graphique qui parle de la maladie, de l’absence, de la difficulté de vieillir notamment quand on est homosexuel et du regard de l’autre. 

Légothécaire
Thomas Chaimbault

Saga

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L’ouvrage
Vaughan, Brian K. Saga. Paris : Urban comics, 2013. 9782365772013

Description
Roméo et Juliette galactiques, Alana et Marko sont des soldats de deux espèces en guerre depuis si longtemps qu’elles ne souviennent même plus de la raison du conflit. Tombés amoureux l’un de l’autre, ils fuient ensemble avec leur fille Hazel, à la recherche d’une planète qui pourrait les protéger de leurs peuples respectifs, pour qui une telle alliance est une hérésie. Outre le dessin magnifique, ce comic, toujours en cours de parution, brille par son traitement de la guerre et par la diversité des personnages, notamment en termes de genres et sexualités. 

Légothécaire
Maxence Heitz

Appelez-moi Nathan

L’ouvrage

Castro, Catherine & Zuitton, Quentin. Appelez-moi Nathan. Paris : Payot, 2018. 9782228921626

Description 

L’autobiographie de Nathan, un jeune transgenre assigné fille (Lila) à la naissance. Sa lutte pour réussir sa transition F to M, dans un récit très fin et pudique, pédagogique sans lourdeur. Une BD pour les ados qui se cherchent et pour répondre aux questionnements de la famille ou des proches. Egalement un joli récit de l’acceptation de soi.

Légothécaire

Carole Chabut

À vous la parole !

Et vous, que proposeriez-vous comme titre à offrir pour les fêtes de fin d’année ? Commentez ci-dessous et nous partagerons vos suggestions sur nos réseaux sociaux ! 

Le meilleur de notre veille #55

Retour sur quelques sujets qui ont alimenté notre veille en novembre, et comme les Fêtes de fin d’année approchent, vous trouverez aussi des conseils de lectures qui vous donneront des idées pour offrir des livres!

Construction de soi et lutte contre les discriminations

Voici une sélection de podcasts pour vos oreilles.
Ce MOOC sur les discriminations permet de mieux comprendre les enjeux pour agir plus efficacement.
« 77 » : ce premier roman de Marin Fouqué s’interroge sur la construction de soi rendue encore plus difficile par rapport aux injonctions de la société : c’est quoi devenir un « vrai homme » ?

LGBT+

La Mare aux Mots propose 2 sélections antisexistes et LGBTQI+
Quid des personnages LGBT dans la BD
Cet article développe les projets autour des drag queens invitées pour faire des lectures dans les bibliothèques suédoises.

Multiculturalisme

Racisme, stéréotypes, appropriation culturelle : faut-il censurer les classiques Disney ? qui ne sont pas toujours blancs comme neige.

Féminisme

Retrouvez sur le compte Twitter de @meresauvage un chouette calendrier de l’Avent, sans chocolats mais truffé de conseils de lectures garanties sans stéréotypes. A dévorer et à partager sans modération 🙂
Dans cet article de Livres Hebdo, l’édition Jeunesse s’interroge et se demande : comment parler aux petites filles?
1001 héroïnes recense et conseille des œuvres féministes (livres, films et séries) et met en avant des autrices et réalisatrices

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Sélection de podcasts pour vos oreilles

Vous qui errez casque sur les oreilles dans la brise hivernale, voici de quoi vous les réchauffer, les oreilles. Légothèque a sélectionné pour vous des podcasts bouillonnant de témoignages, débats et interventions afin de s’informer encore et toujours sur les questions de discriminations et de construction de soi. Bonne écoute !

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