Accueillir les publics sans discrimination: retour sur la journée d’étude co-organisée par Médiadix (CRFCB) et l’URFIST de Paris – Pôle Métiers du livre

Le 13 mars dernier s’est tenue la journée d’étude « Évolutions sociétales et bibliothèques: quelles responsabilités sociales, éthiques, citoyennes dans la cité ? ». Co-organisée par Médiadix et l’Université de Paris Nanterre, cette journée, qui a réuni une centaine de participant•es, a mis en avant les responsabilités sociales, citoyennes, voire éthiques, pour les bibliothèques, vis-à-vis de la communauté des publics, de tous les publics, habitués, occasionnels, et ceux potentiels.

Invitée à participer, la commission Légothèque est intervenue sur les questions de responsabilités sociales, plus précisément sur l’accueil des publics sans discrimination.

Accueillir les publics sans discrimination

La discrimination est la distinction, l’exclusion, d’une personne ou d’un groupe de personnes, par rapport aux autres citoyen•es.

Si l’on s’accorde aisément sur le fait que discriminer est mal, comment alors développer un accueil et des services inclusifs si l’on ne prend pas la mesure de la diversité des publics, leurs particularités, sans stigmatiser ? Accueillir les publics sans discrimination doit-il être synonyme de neutralité, d’homogénéité (du service public, des offres – culturelle, documentaire, de services) ? Ou, au contraire, développer l’inclusion s’accompagne-t-il d’un engagement plus marqué de la part des professionnel•les ?

Les questionnements en bibliothèque? On connaît.

L’adaptabilité ? On connaît.

Les évolutions sociétales en bibliothèque? On connaît (on subit?).

La considération de ces évolutions a pris de l’ampleur avec la vague « 3e lieu »: les postures d’accueil, les collections, les publics, les services, ec, on sait. Mais, disons-le, ça a tout de même fâché: des tensions entre l’ensemble des acteurs et actrices de nos lieux-bibliothèques: ces fâcheries réunissent tout le monde ! Les équipes (comment manager?), les publics (comment gérer les conflits?), les tutelles (comment appliquer / résister, comment remonter les difficultés, comment visibiliser les actions et les missions ?).

Pour un positionnement de nos équipements dans leur vocation sociale, on peut s’appuyer sur des documents-cadres et s’inspirer d’actions aussi diverses que l’hétérogénéité des publics.

Documents-cadres: des références toujours utiles

Ces textes généraux sont un référentiel et posent de solides bases sur les questions de pluralité, de libertés, de droits et d’inclusion:

  • les libertés: parler, écrire, imprimer, penser; liberté de conscience, liberté de religion
  • des notions, sous une première forme: l’exercice de la citoyenneté, le droit de participer, la diversité, le vivre-ensemble, les droits culturels
  • des considérations naissantes: les identités au cœur de la cohésion sociale; l’identité « maternelle », l’égalité d’accès, les droits culturels, la diversité culturelle

D’autres documents, spécifiques aux bibliothèques, viennent souligner les responsabilités sociales de nos équipements:

Ces textes nous offrent, de façon plus précise et évolutive, les ingrédients nécessaires à la valorisation du rôle social des bibliothèques:

  • de nouvelles notions apparaissent: la formation tout au long de la vie; la censure (de la part des professionnel•les ou « extérieure »); l’interculturalité; l’autonomie des publics; l’inclusion numérique; les savoirs communs
  • de nouvelles considérations: les « publics empêchés »; l’âge des publics; les minorités linguistiques; l’alphabétisation; le pluralisme; l’accessibilité; les services;
  • de nouvelles pratiques professionnelles: la gratuité, garante d’une fréquentation élargie; aller au-devant des publics; un engagement du bibliothécaire, entre  prescription et participation active à la modernisation de l’image des lieux; l’environnement social et citoyen

Le rôle social des bibliothèques entre dans les publications et échanges professionnels; on reconsidère les bibliothèques – lieux d’accès à des ressources plurielles – comme lieux de fréquentation, comme « agora ».

Et en pratique ?

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Coups de cœur – édition bandes dessinées

Le 14 mai dernier, les légothécaires ont partagé leurs coups de cœur en matière des MOOC. Pour ce billet, voici une liste de bandes dessinées coups de cœurs des légothécaires, année de la Bande dessinée oblige, une liste déjà entamée avec des propositions de titres dans nos billets précédents comme celui de décembre dernier sur la Lecture en partage.

Bien sûr, Wikipédia fait ça très bien (ici sur l’homosexualité dans la BD par exemple) ; n’hésitez pas non plus à parcourir la Bibliothèqueer, un site qui propose une sélection de BD (ici, ici et ) ; ou parcourir le blog de certaine librairie ou celui d’instituts spécialisés comme le Musée de l’immigration pour développer vos recherches.

Comme avec nos éditions précédentes, vous êtes cordialement invité·e·s à nous faire part de vos propres coups de cœur, dans les commentaires ci-dessous (et merci à celles et ceux qui l’ont déjà fait ! ) : comics, mangas, bandes dessinées, romans graphiques, webcomics, webtoons… nous sommes preneurs de toutes les bonnes trouvailles que vous pouvez nous offrir et partager !

En attendant, nos légothécaires vous proposent quelques titres qui leur tiennent à cœur :

1. Questions de genre

GRIFFON Élise. Peau neuve. éd. Delcourt, 2015

Des l’expérience d’une séjour d’été dans un espace naturiste bouleverse le rapport d’une adolescente à son corps et aux autres. Beaucoup de subtilité dans cet album original et sans faute pudeur. (PhC)

LAMBDA Sophie. Tant pis pour l’amour. Ou comment j ai survécu à un manipulateur. Delcourt, 2019.

La manipulation au sein d’un couple peut revêtir différentes formes, et il est souvent difficile de réagir face à ce type de comportement de l’intérieur. L’auteure de cette BD est une jeune femme qui a elle-même vécu la spirale infernale d’une relation toxique ; elle analyse avec humour les étapes qui l’ont menée à sa prise de conscience et à sa libération. (Fabienne)

Julie Delporte / Moi aussi, je voulais l’emporter, Éditions Pow Pow, 2017.

Publié pendant le grand mouvement de l’écriture inclusive, l’autrice et la dessinatrice québécoise nous offre un roman graphique qui s’interroge sur la place des femmes dans la société. On voit tout de suite cette interrogation avec son titre qui fait référence à la fameuse règle que le masculin emporte sur le féminin.  (MDM)

 

STRÖMQUIST Liv. La rose la plus rouge s’épanouit. Rackham, 2019.

L’autrice suédoise Liv Strömquist revient avec une nouvelle BD qui interroge les liens entre relations amoureuses et capitalisme tardif. Avec son ton humoristique et incisif, elle analyse brillamment les comportements contemporains face à la passion, à la recherche de l’amour –  concept vendu et revendu par le capitalisme – et à l’engagement émotionnel, dans un véritable essai en BD, toujours sourcé, toujours inclusif. (Mathilde)

MATHIEU Thomas. Les Crocodiles. Le lombard, 2015

une bande dessinée sur le harcèlement de rue et les violences sexuelles, réalisée à partir de témoignages. (TCP)

 

HUSSON Anne-Charlotte et MATHIEU Thomas. Le Féminisme. Le lombard, 2016.

Une bande-dessinée d’introduction au féminisme, à partie de slogans féministes.

2. Identitées LGBTQ+

BIONDI Flavia. Les générations. Glénat, 2020.

Après trois années passées à Milan, Mattéo rentre au pays avec une certaine appréhension. Il faut dire que son départ, provoqué par son coming out et une violente dispute avec son père, ne s’est pas passé de la meilleure des manières. Vivre dans une métropole urbaine a représenté pour le jeune homme un changement radical, une expérience libératrice, loin de l’étroitesse d’esprit de la petite ville où il a grandi. Mais aujourd’hui, Mattéo n’a plus le choix. Sans argent, sans travail, paumé comme tant d’autres millennials de sa génération, il doit rentrer à la maison. Ce retour aux sources sera pour lui l’occasion de se confronter à son passé et à ses peurs, mais aussi de découvrir pas mal de choses sur ses proches… et sur lui-même.

ZUTTION Quentin. Chromatopsie. Ed. Lapin, 2018

une BD LGBT de 11 histoires qui explorent les thématiques du corps, de la métamorphose et des différents types de sexualités en disséquant les sentiments des personnages grâce aux couleurs qui leur correspondent.

LABELLE Sophie, Assignée garçon. https://assigneegarcon.tumblr.com/

Sophie est québécoise, institutrice, et auteure d’une bande dessinée dont elle publie les planches sur son site web Assignée garçon, qui raconte le quotidien de Stéphie, une fille transgenre.

TAGAME Gengoroh. Le mari de mon frère. Ed. Akata.

Yaichi élève seul sa fille. Mais un jour, son quotidien est perturbé par l’arrivée de Mike Flanagan, le mari de son frère jumeau… Suite au décès de ce dernier, Mike est venu au Japon, pour réaliser un voyage identitaire dans la patrie de l’homme qu’il aimait. Yaichi n’a pas alors d’autre choix que d’accueillir chez lui ce beau-frère homosexuel, vis-à-vis de qui il ne sait pas comment il doit se comporter.

3. Interculturalités

JUNG. Couleur de peau : Miel. Quadrants, 2007.

Un superbe récit sur l’identité, l’adoption et la façon dont on peut se construire entre deux cultures, ici coréenne et là belge. Une adoption pas toujours très réussie, contrairement à d’autres enfants.

ALPHONA Adrian, WILSON Willow. Ms Marvel.

Le renouveau de la super-héroïne est incarné par Kamala Khan, jeune pakistanaise musulmane qui prend les traits de Ms. Marvel bien malgré elle. En pleine crise d’adolescence Kamala se pose beaucoup de question notamment sur son identité et la religion.

Étagères de livres

Rouvrir les bibliothèques pour toutes et pour tous

Comme pour beaucoup d’institutions publiques, les longues semaines de confinement et de fermeture ont été l’occasion pour les bibliothèques de s’interroger sur leur place et leur fonction dans la société. Les associations professionnelles s’en sont largement fait l’écho dans leurs colonnes et se sont retrouvées en première ligne pour construire des propositions et accompagner les établissements dans leur reprise d’activité (cf aussi le site BiblioCovid, séminaire Enssib). En tant que commission de l’AbF réflechissant aux questions de construction de soi, et alors que la réouverture (sous réserve que la sécurité sanitaire des agents et des usagers soit assurée) des bibliothèques publiques est autorisée depuis le 11 mai, la Légothèque souhaite contribuer à la réflexion professionnelle sur les enjeux des services qui vont pouvoir de nouveau être proposés aux publics.

Il s’agit notamment de rappeler l’importance des bibliothèques comme lieu de construction de soi. En Inversant le focus (des services à tout prix) et réfléchissant d’abord aux besoins fondamentaux des usagers. En permettant aux lecteurs et aux lectrices d’accéder dans l’anonymat d’une salle de lecture à des documents portant sur les questions de genre, la santé et la vie sexuelle, la complexité des identités culturelles et religieuses, la construction du racisme ou encore la façon de vivre son handicap, les bibliothèques ont une fonction sociale essentielle. En mettant à portée de main des centaines voire des milliers de documents et de ressources, elles ouvrent des possibilités souvent inaccessibles dans le contexte familial et offrent aux lecteurs et aux lectrices un espace de liberté indispensable. La liberté de découvrir, la liberté de ne pas choisir a priori, la liberté de l’inédit voire de l’interdit. Soit la démocratisation de l’accès à l’information et l’équité informationnelle.

Les dispositifs de “drive” (je réserve un document et je viens le retirer lors d’un créneau horaire déterminé) qui se mettent en place dans le cadre de la réouverture progressive des bibliothèques sont certes une première réponse efficace pour répondre aux besoins informationnels des usagers mais il faut reconnaître qu’ils s’adressent à un public aux choix déjà affirmés et construits, et privent toute une partie des usagers des possibilités (d’anonymat, de découverte…) liées au libre accès des collections.

La mise en espace est un des services qu’offrent les bibliothèques, et construire une offre de service cohérente implique de penser autant l’accès physique aux collections que le seul accès intellectuel aux ressources. En ce sens et dans le respect des normes sanitaires actuellement recommandées, la Légothèque invite les bibliothèques qui le peuvent à rouvrir le plus possible leurs espaces aux publics, à permettre le choix discret en rayon et à veiller à continuer à garantir le respect de la vie privée de leurs usagers. C’est ainsi que les bibliothèques poursuivront pleinement leurs missions de démocratisation de l’accès à l’information et d’équité informationnelle. 

Le meilleur de notre veille #58 édition québécoise

Pour cette 58e édition de notre veille, allons voir ce qui se passe chez nos cousin-e-s québécois-e-s. Notre dernière veille québécoise date du 19 décembre 2017, donc il était temps d’y retourner. Cette veille met l’accent principalement sur les réactions des bibliothèques québécoises pendant la pandémie de Covid-19, mais remonte un peu dans le temps pour souligner des événements et activités qui ont eu lieu pendant l’année 2019.

De Grande Bibliothèque en gîte pour itinérants

Gîte du jour à la Grande Bibliothèque de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Photo prise par Mario Beauregard et tirée du Journal de Montréal

Fermée depuis mars dernier, la Grande Bibliothèque de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) s’est transformée en refuge pour des itinérant-e-s le 12 avril 2020 dernier. Ouvert de 10 h à 16 h tous les jours, le grand hall de la Grande Bibliothèque peut accueillir une quarantaine de personnes. Plus de détails dans l’article du Journal de Montréal.

Les ordinateurs des Bibliothèques de l’Université de Montréal

Photo prise par Amélie Philbert

Le 7 avril 2020, les Bibliothèques de l’Université de Montréal ont annoncé le prêt de leur parc informatique, soit plus de 200 ordinateurs, aux étudiant-e-s dans le besoin. Sans ce geste de solidarité des BibUdeM, les étudiant-e-s bénéficiaires n’auraient pas été en mesure de terminer leur session d’études à distance. Pour en savoir plus, veuillez consulter le communiqué dans UdeMNouvelles.

Découvrir la langue des signes québécoise (LSQ)

Le premier ministre du Québec, François Legault, avec son interprète en langue des signes québécoise (LSG)

Dans la foulée des points de presse des gouvernements du monde entier, on remarque de plus en plus les interprètes en langue des signes dans le but de favoriser une meilleure diversité de communication. Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) nous fait découvrir la langue des signes québécoise, qui diffère d’ailleurs de la langue des signes française, dans un billet de blogue du 5 avril 2020 dernier.

Journée internationale de la femme 2020

Bannière de la journée internationale de la femme de la Bibliothèque des Amériques

La Bibliothèque des Amériques, une bibliothèque numérique francophone accessible à l’ensemble des populations de l’Amérique du Sud, du Nord et centrale, a proposé une liste de lecture pour la Journée internationale de la femme.

Livrer et ne pas livrer … telle est la question

Photo iStock tirée de l’article de Radio-Canada « Un service de livraison à domicile pour les bibliothèques de Sherbrooke ? »

La totalité des bibliothèques universitaires, scolaires, collégiales et publiques est fermée au Québec. Cependant, certaines bibliothèques ont opté pour un service de livraison à domicile ou un service au volant afin d’offrir l’accès aux collections physiques à leurs usagères et usagers. La Bibliothèque Alice-Lane de Baie-Comeau (Québec) a choisi le service au volant et offre à ses citoyen-ne-s une livraison à l’auto.

Avec une pensée pour sa population aînée, la Bibliothèque municipale H.-N.-Biron, Philippe Chabot de Nicolet (Québec), commencera un service de livraison à domicile dès le 12 mai, soit le début du déconfinement partiel. La mairesse de la Ville de Nicolet, Geneviève Dubois, rappelle que les personnes âgées représentent un achalandage important à la bibliothèque municipale. Le service de livraison à domicile est réservé pour les personnes de 60 ans et plus et le service au volant est accessible à l’ensemble de la population de la ville.

Pour l’instant, aucune bibliothèque d’une grande ville québécoise (Montréal, Québec, Laval, Longueuil, Gatineau, etc.) n’offre de service de livraison à domicile ou de service au volant. Néanmoins, comme tout dans cette pandémie de Covid-19, ça va probablement changer dans les jours à suivre.

Les fiertés LGBTQ+

Photo prise par Lauren Goldman

D’octobre 2019 à janvier 2020, la Bibliothèque de l’Université McGill a organisé une exposition célébrant le 50e anniversaire de la décriminalisation partielle du sexe queer au Canada. Cette exposition a été co-réalisée par notre légothécaire et le bibliothécaire en études LGBTQ+ de la Bibliothèque de l’Université McGill et également l’auteur de ce billet de blogue, Michael David Miller. Veuillez consulter ce billet de blogue de la Bibliothèque de l’Université McGill (en anglais et en français) pour plus de détails.

Vidéo promotionnelle de BAnQ est fière 2019

En août 2019, la Grande Bibliothèque de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a fêté pour une 2e année consécutive, dans le cadre du Festival Fierté Montréal, BAnQ est fière. La vedette de l’édition 2019 de BAnQ est fière est la drag-queen Barbara de Barbades qui d’ailleurs a fait la manchette du dernier numéro de la revue Bibliothèque(s). L’article du magazine Fugues nous permet de redécouvrir la programmation de l’édition 2019. Pour celleux qui aiment des listes de lecture, en voici une qui est fière.

Bon (dé)confinement à tou-te-s ! On se retrouve la semaine prochaine.

Interview de Célia Deiana, à propos du festival FantastiQueer

Logo rond du festival Fantastiqueer, accompagné d'un drapeau arc-en-ciel LGBTI+

Bonjour Célia, peux-tu te présenter ?

Bonjour, je suis Célia Deiana, autrice, blogueuse et militant queer, chronologiquement depuis 35, 15 et 10 ans, en gros. Je m’occupe en tant que bénévole de la médiathèque LGBTQI+ et féministe de La Station, centre LGBTI de Strasbourg. Et je suis donc depuis plusieurs mois la coordinatrice de FantastiQueer.

En quoi consiste ton projet, FantastiQueer ?

FantastiQueer est un salon de l’imaginaire queer qui aura lieu du 18 au 20 septembre 2020, à Strasbourg. Plus précisément à La Station (7 rue des écrivains)
Nous accueillerons sur trois jours une demi-douzaine d’auteurs et d’autrices appartenant à la communauté LGBTQI+ et écrivant dans le domaine de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, fantastique et associés)
Il y aura bien entendu une soirée d’inauguration, avec un vernissage d’exposition, également dans le thème, des ateliers sur le jeu de rôle, des conférences et débats et des ateliers d’écriture et une masterclass.
De quoi bien s’occuper tout le week-end.

Comment t’es venue l’idée du projet ?

Je navigue dans le monde des littératures de l’imaginaire francophone depuis plus de dix ans maintenant (ma première nouvelle a été publiée en 2009) et j’ai vu, comme beaucoup de lecteurs et lectrices, que la représentation des minorités dans ces littératures n’étaient pas formidables. C’est un problème d’ailleurs qui touche tous les milieux culturels et sociétaux, milieux auxquels les femmes, les personnes racisées et les personnes LGBTQI+ ont moins accès, ou plus difficilement accès.
Mais j’ai également assisté à une belle évolution, chez les lecteurs et lectrices, mais également chez les auteurs et autrices, et dans les maisons d’édition. Le problème des représentations commence a être objet de conférences depuis quelques années, notamment aux Utopiales et aux Imaginales.
Entretemps je me suis éduquée sur la non-mixité et la réappropriation des représentations (notamment chez Sam Boursier), et l’idée d’un salon ouvert au public spécifiquement sur le sujet des minorités dans l’imaginaire, est arrivée tout naturellement.

Pourquoi organises-tu le festival ?

Si j’ai été, comme beaucoup, attirée par le domaine de l’imaginaire, c’est aussi que, malgré les rouages très sexistes et eurocentrés auquel il obéit encore (mais plus pour longtemps), il permet aussi de tordre les conventions sociales. Quitte à être magicien, autant être un magicien gay, puisque nous sommes gays aussi.
De plus la thématique monstrueuse, du « freak » est très profondément ancrée dans la culture queer.
Cependant dans une société très hétéronormée, nous pouvons avoir l’impression que ces petites désobéissances artistiques sont isolées, ou se limitent au virtuel. Après tout, nous sommes témoins des queer-baiting des grandes productions inernationales, et des manifestations de haine qu’engendre la moindre « envie » de représentation d’un personnage queer en toile de fond d’un film Disney.
En organisant un salon, je souhaite faire se rencontrer des personnes qui se sentent encore à la marge de la production artistique actuelle, avec une culture qui est bien réelle, à la fois unifiée et également très diverse.
Il y a peut-être peu de points communs entre un jeune militant gay qui écrit des fanfics Harry Potter et une militante trans qui écrit des livres cyberpunk. Sauf ce vécu personnel qui se retrouve, d’une manière ou une autre, dans l’écrit.

Comment s’inscrit-il dans la littérature queer ?

Généralement, la littérature queer se divise en, disons, trois catégories : celle écrite par des personnes non concernées et qui visent très souvent à la dramatisation et au malheur, voire à la fétichisation, celle écrite par des personnes concernées et qui est souvent reléguée à une littérature de niche (à quelques exceptions près qui arrivent dans les médias généralistes) destinée à un public adulte. Et la littérature de genre, essentiellement de la romance érotique ou du porno, mais avec aussi de belles découvertes en thriller ou en comédie romantique, notamment dans la littérature lesbienne.
Depuis quelques années également, grâce à de bons choix de traduction, et à quelques auteurs et autrices émergents, la littérature jeunesse offre un nouveau souffle à la littérature queer. Je pense surtout à deux best sellers : Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers de Benjamin Alire Sáenz, et Moi, Simon, 16 ans, homosapiens, de Becky Albertalli.
L’imaginaire queer a lui aussi une histoire. Je pense particulièrement au Rivage des Intouchables de Francis Berthelot, paru en 1990 et qui est une vision de fantasy de l’épidémie de Sida, aux romans de Poppy Z. Brite qui interrogent la perte d’identité (l’auteurice a fait son comig-out trans il y a quelques années maintenant) Néanmoins c’est une histoire qui n’est peut-être pas récente, mais qui n’a pas encore été écrite.

Comment s’articule-t-il avec le milieu associatif local ?

Je n’aurai pas pu monter ce projet sans La Station, centre dans lequel je suis bénévole depuis presque cinq ans maintenant. Ce salon est la suite presque logique d’un travail déjà commencé avec des achats de livres pour la médiathèque de l’association et l’organisation d’ateliers d’écritures et de rencontres avec des acteurs et actrices des milieux de la création littéraire.
Pour FantastiQueer nous avons à la fois des partenariats associatifs, notamment avec La Sauce aux Jeux, et professionnels.
Il faut malheureusement dire qu’avec le confinement ce travail de collaboration a été fortement ralenti. Nous ne pouvons cependant pas passer sous silence le soutien de la librairie du Quai des Brumes dans ce projet.
Je tiens aussi à remercier les personnes qui ont rejoint l’équipe d’organisation, permettant un partage des charges de travail et la création d’un site d’archives d’ouvrages de l’imaginaire LGBTQI+. Pour l’instant limité aux romans, essais, nouvelles et bande-dessinées (http://www.fantastiqueer.ovh )
Et je n’oublie pas le soutien des auteurices invitées (notamment Cindy Van Wilder et Mélanie Fazi, qui ont déjà été annoncées) et de leurs éditeurs, particulièrement Dystopia et La Volte.

Donne-moi une bonne raison de venir à FantastiQueer !

Accueil, convivialité, adelphité, connaissances, rencontres…
Si vous faites partie des personnes LGBTQI+, venez découvrir des auteurices qui vous ressemblent, une culture qui vous intègre dans votre diversité.
Si vous êtes allié·es, venez découvrir des littératures qui sortent des normes.
Et pour tout le monde : venez ! Les imaginaires sont ouverts à tous et toutes, et ils ne se laissent pas limiter par un virus ou par quoi que ce soit !

+ DE 100 IDÉES POUR CHANGER TA BIB !

 – Le dossier du numéro 100 de la revue Bibliothèque(s) de l’ABF

Nous avons eu l’honneur de nous voir confier le dossier du numéro 100 de Bibliothèque(s). Intitulé “+ de 100 idées pour changer le monde ta bib !”, le dossier compte 178 idées qui témoignent du dynamisme sans cesse renouvelé des bibliothèques, et de la nécessaire adaptation de nos métiers à la société !
Nous avons essayé de relever le défi d’un non-inventaire à la Prévert, en essayant de couvrir au mieux tous les sujets, pour toutes les compétences et pour tous les budgets… Nous avons reçu pour cela l’aide de nombreux·euses bibliothécaires qui nous ont proposé des idées et envoyé des informations précieuses. Merci à elles et eux !
Nous avons aussi eu à cœur de citer des exemples illustrant les valeurs et les thèmes portés par Légothèque, tels que l’inclusion, la construction de soi, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, et l’égalité femmes-hommes.
Nous vous proposons donc ici quelques extraits de ce numéro sur ces thématiques, en guise d’ “apéritif de confinement”, en attendant d’avoir le numéro papier dans les mains… 🙂

En espérant que cela vous donne de l’inspiration et des envies de changer… votre bibliothèque… puis le monde !

Nathalie Étienne et Amandine Jacquet

Barbada de Barbades, drag queen intervenante pour l’heure du conte dans les bibliothèques de la région de Montréal, et qui a accepté de faire la couverture dont nous sommes si fières.
Crédit photo : © Matt Sirois

Voici les codes que nous avons utilisés pour mentionner les bibliothèques : Nom de la bibliothèque ou Commune (Type, (Communauté de) Communes, Département ou Pays, Nombre d’habitant·e·s).
Les types de bibliothèques ont été codés de la façon suivante :
BP : Bibliothèque publique
BN : Bibliothèque nationale
BU : Bibliothèque universitaire

Extraits choisis :

#4 Un « bibliobingo »

Bingo de la diversité à la bibliothèque Louise-Michel (BP, Ville de Paris, 2 187 500 hab.) : un «bibliobingo » en direction des adolescent·e·s : un badge maison à gagner pour celles et ceux qui remplissent une ligne en lisant les ouvrages répondant aux critères indiqués.

CC BY-SA Bibliothèque Louise-Michel (Paris)

Plus d’informations sur les bibliobingos dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).

#35 « Livres vivants »

Dans la « bibliothèque vivante », les « livres vivants » sont des personnes qui acceptent de témoigner d’une conviction ou d’une expérience qu’ils ont vécue. Celle-ci peut être d’ordre privé ou professionnel, dans le domaine culturel, associatif, religieux, politique. Elle peut également avoir trait à l’orientation sexuelle et/ou de genre, à une expérience, éducative, morale et/ou affective (enfant adopté, deuil, par exemple). Les « livres vivants » seront présentés anonymement dans le catalogue avec un titre explicite en lien avec le témoignage qu’ils acceptent de partager. L’objectif d’une « bibliothèque vivante » est de lutter contre les stéréotypes et les préjugés. On privilégiera donc les « livres » ayant des expériences en lien avec les clichés et préjugés en cours dans la société. Les publics peuvent « emprunter les livres vivants » pour une durée d’environ 30 minutes, dans l’enceinte de la bibliothèque uniquement (les bibliothécaires sont les garant·e·s d’une expérience sereine et pacifique). 
Cette action est bien souvent organisée sur une journée (en tant qu’animation) comme à La Chapelle-aux-Bois (BP, Vosges, 700 hab.), Béziers (médiathèque communautaire André Malraux, Béziers Méditerranée, Hérault, 122 500 hab.), Toulouse (José-Cabanis, BP, Haute Garonne, 479 600 hab.). Elle peut être organisée avec des « livres » fournis par une association dédiée (la commission Légothèque de l’ABF peut vous fournir une liste), mais il est également possible de créer son propre catalogue. 

Livres vivants dans les bibliothèques et médiathèques de la Communauté d’agglomération d’Épinal
Crédit photo : ©bmi-CAE

Certaines bibliothèques la proposent en rendez-vous régulier : BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BN-BP, Montréal, Québec, Canada, 4 098 900 hab.) donne rendez-vous chaque semaine avec deux « métiers hors de l’ordinaire » tels que sergent d’infanterie, charpentière-menuisière, experte en cyber-sécurité, débardeur… À Malmö (BP, Suède, 316 000 hab.), la « bibliothèque vivante » se tient tous les samedis avec un catalogue fixe, mais tous les livres ne sont pas présents à chaque fois. 

Livres vivants dans les bibliothèques et médiathèques de la Communauté d’agglomération d’Épinal
Crédit photo : ©bmi-CAE

La « bibliothèque vivante » peut également porter sur un sujet dédié, comme par exemple la santé mentale ou les migrant·e·s à Rennes Métropole (Les Champs-Libres, BP, Ille-et-Vilaine, 443 200 hab.), ou l’exil à Lyon (Part-Dieu, BP, Rhône, 516 100 hab.). Enfin, la bibliothèque vivante peut parfois être destinée à des publics spécifiques, comme par exemple l’opération « Emprunte un.e suédois·e » menée par six bibliothèques suédoises, dans le but de faciliter l’accueil et l’intégration des migrant·e·s : les personnes récemment immigrées peuvent emprunter un·e suédois·e à la bibliothèque afin d’en savoir plus sur les démarches à effectuer, apprendre et pratiquer la langue suédoise mais également découvrir la culture du pays. L’opération a connu un grand succès à la bibliothèque de Söderhamn (BP, Suède, 12 100 hab.) et a été rebaptisée «Emprunte un·e suédois·e ou un·e migrant·e».

Livres vivants dans les bibliothèques et médiathèques de la Communauté d’agglomération d’Épinal
Crédit photo : ©bmi-CAE

Découvrez les règles de la bibliothèque vivante de la Bibliothèque publique d’information (Bpi) dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).
Sur le même sujet, voir aussi : https://legothequeabf.wordpress.com/2015/12/08/bibliotheque-vivante-et-migrant-es-comment-faire-lexemple-suedois/
https://legothequeabf.wordpress.com/2015/06/30/retour-sur-la-bibliotheque-vivante-questions-de-genre/

#75 Des toilettes fonctionnelles et inclusives

Rien de moins inclusif que les toilettes réservées aux personnes en situation de handicap (parce que non, le handicap n’est pas un genre à part), ou encore les tables à langer dans les toilettes pour les femmes uniquement (parce que oui les hommes aussi peuvent souhaiter langer leurs enfants). Par ailleurs, il est important de tenir compte des publics : les femmes utilisent plus souvent les toilettes que les hommes, et le public des bibliothèques est massivement plus féminin que masculin.
Dégenrer les toilettes présente donc le double intérêt de permettre une utilisation plus rationnelle des lieux mais aussi de simplifier les choses pour les personnes non binaires ou transgenres. […] 

Exemples de signalétiques pour toilettes dégenrées : militante à Stovner (BP, Oslo, Norvège, 690 300 hab.) (1), technique mais un peu elliptique à Silkeborg (BP, Danemark, 46 200 hab.) (2), mais un simple pictogramme (3) ferait sans doute également l’affaire.

La suite de cet article et un sketchnote “Récolter et fournir des protections périodiques” (#74) à découvrir dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).

#112 Contribuer à  la dignité de chacun·e

La bibliothèque de Saint-Denis -lès-Martel (BP, Lot, 330 hab.), comprend une agence postale et un point social. Ces trois activités s’imbriquent totalement dans le paysage de cette commune ultrarurale et à la population précarisée. Tous les ans, en collaboration avec l’association des Restos du Cœur, a lieu un après-midi « coiffeurs solidaires » qui bénéficie  à une vingtaine de personnes. (voir photo ci-dessous) Des coiffeuses professionnelles viennent offrir leurs services dans ce salon de coiffure éphémère et solidaire. La bibliothèque est désacralisée et la lecture est à la portée de chacun·e et, en attendant son tour, on rit, on mange, on lit. Et quand on se sent beau, on se sent humain et peut-être plus d’envie et de légitimité pour fréquenter la bibliothèque qui est souvent perçue comme « pas pour nous ». La Riverside Library (BP, New York, État de New York, USA, 8 623 000 hab.)  prête des accessoires de mode pour les personnes les plus précaires : cravates, sacoches, pour les entretiens d’embauche, mais aussi pour un mariage, une audition, une remise de diplôme, un bal de promo ou tout autre événement officiel.

Bibliothèque de Saint-Denis -lès-Martel
Crédit photo : CC BY-SA Carine Verger

L’espace dédié aux adolescent·e·s de la Parkway Central (BP, Philadelphie, Pennsylvanie, USA, 1 581 000 hab.) propose en accès libre des produits d’hygiène de première nécessité: tampons et serviettes hygiéniques, coupes menstruelles, déodorants, préservatifs… (photos ci-dessous) Les jeunes peuvent ainsi s’approvisionner, qu’elles·ils soient dans une situation familiale et/ou financière compliquée ou qu’elles·ils soient sans foyer.

Parkway Central, Philadelphie USA
Crédit photo : CC BY-SA Amandine Jacquet

Dans un souci d’ouverture et de bien-être des jeunes, il leur est proposé de porter un badge pour que l’on puisse ainsi s’adresser à elles·eux avec le bon pronom (elle, il ou iel) :

Parkway Central, Philadelphie USA
Crédit photo : CC BY-SA Amandine Jacquet

#117 Une heure du conte inclusive

[…] Dans le cadre de la «Queer week», semaine de réflexion sur le genre et les sexualités, la bibliothèque Louise-Michel (BP, Ville de Paris, 2 187 500 hab.) a reçu en 2018 et 2019 des drag queens pour une heure du conte dédiée aux histoires qui déconstruisent les stéréotypes de genre. La lecture d’albums qui s’attaquent aux préjugés et cassent les codes, avec de superbes créatures pailletées, y rencontre un franc succès, malgré de violentes attaques sur les réseaux sociaux.

Crédit photo : CC BY-SA Bibliothèque Louise-Michel (Paris)

Vu aussi à BALO (Bibliothèque à livres ouverts, Centre de documentation spécialisé dans les questions reliées à la diversité sexuelle à Montréal, Québec, Canada), à BAnQ (BN-BP, Montréal, Québec, Canada), et dans neuf sites de la Free Library (BP, Philadelphie, Pennsylvanie, USA, 1 581 000 hab.).

À lire aussi dans le numéro 100 de Bibliothèque(s), l’heure du conte inclusive dédiée aux enfants qui ont des besoins particuliers (autisme par exemple).
Et « Des contes de Reines » ici

#119 «Mois des fiertés»

Pendant tout le mois de juin, depuis plusieurs années, la Free Library (BP, Philadelphie, Pennsylvanie, USA, 1 581 000 hab.) célèbre la diversité culturelle de la communauté LGBTQIA+ (lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, queer (ou) en questionnement, intersexuelle, asexuelle (ou) alliée et plus encore). En 2019, plus de 30 bibliothèques du réseau de la Free Library ont participé au programme du «Mois des fiertés». Il regroupe des concerts pop-up, des projections de films, des discussions sur la littérature transgenre, de la poésie, des histoires non sexistes, des ateliers de compétences culturelles LGBTQIA+, des ressources éducatives en santé, des heures du conte par des drag queens, des soirées jeux, des lectures à voix haute et même un programme pour les propriétaires d’entreprises et les entrepreneur·euse·s LGBTQIA+, et bien plus encore !

Vu aussi à New York (BP, État de New York, USA, 8 623 000 hab.), à Washington D.C.  (BP, USA, 6 216 600 hab.), à McGill (BU, Montréal, Québec, Canada) et à BAnQ (BN-BP, Montréal, Québec, Canada) :

Festival Fierté Montréal à BAnQ (Montréal, Québec)
Crédit photo : CC BY-SA Delphine Zavitnik

#137 Des ateliers de conversation

Moments d’échanges et de rencontres conviviales, les ateliers, souvent hebdomadaires, de conversation en français pour les primo-arrivant·e·s et les personnes qui maîtrisent mal le français, ou de conversation dans une langue étrangère, apparaissent de plus en plus dans les médiathèques.
Chaque mercredi, à la médiathèque communautaire de Sarreguemines Confluences (BP, Moselle, 21 200 hab.), deux ateliers Français Langue étrangère (FLE) sont organisés et animés par une bibliothécaire. L’un s’adresse aux personnes de niveau débutant/intermédiaire et est axé sur la grammaire et le vocabulaire. Dans le second, les participant·e·s, plus avancé·e·s, discutent d’un sujet de société. L’intention était d’attirer de nouveaux publics, et de dynamiser le fonds FLE et langues étrangères, les cabines et les méthodes de langue FLE. Ces ateliers font de la médiathèque un lieu de référence et de ressources pour les personnes d’origine étrangère. Lors du festival nommé «Migration», les participant·e·s ont présenté leur parcours de vie, permettant de déconstruire les clichés autour des migrant·e·s économiques qui viendraient « profiter des prestations sociales »…

Vu aussi dans les médiathèques du réseau de Plaine Commune (BP, Seine-Saint-Denis, 435 300 hab.) avec leurs ateliers Blabla, à la bibliothèque Vàclav Havel (BP, Ville de Paris, 2 187 500 hab.),  à Langres (BP, Haute-Marne, 7 800 hab.). […]

Film documentaire Atelier de conversation (2018) de Bernhard Braunstein, dont l’ABF a été partenaire

« À la Bibliothèque publique d’information, au Centre Pompidou à Paris, des personnes venant des quatre coins du monde se rencontrent chaque semaine, lors de l’Atelier de conversation pour parler français. Les réfugié·e·s de guerre côtoient les hommes et femmes d’affaire, les étudiant·e·s insouciant·e·s croisent les victimes de persécutions politiques. Malgré leurs différences, elles et ils partagent des objectifs communs : apprendre la langue et trouver des allié·e·s et des ami·e·s pour pouvoir (sur)vivre à l’étranger. C’est dans ce lieu rempli d’espoir où les frontières sociales et culturelles s’effacent, que des individus, dont les routes ne se seraient jamais croisées, se rencontrent d’égal·e à égal·e. »

#175 Une signalétique percutante et inclusive

Dans l’esprit Code de la route, cet autocollant posé sur la porte de la bibliothèque d’Entresse (BP, Helsinki, Finlande, 642 000 hab.) affirme : « Zone sans discrimination ». Il a été conçu dans le cadre d’une campagne du ministère de l’Intérieur en lien avec de nombreux acteurs sociaux. 1 200 organisations se sont déclarées « Zone sans discrimination », dont 29 bibliothèques. […]

Bibliothèque d’Entresse, Helsinki (Finlande)
Crédit photo : CC BY-SA Amandine Jacquet

La suite de cet article ainsi que d’autres exemples de communication drôles et anti-clichés sont à retrouver dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).

Vous en voulez plus ? Procurez-vous le numéro 100 de Bibliothèque(s) : c’est par ici !

Les auteures :

  • Après avoir travaillé à la bibliothèque municipale de Valence, Nathalie Étienne occupe désormais un poste d’assistante à la Médiathèque Départementale de la Drôme à CREST (site ouvert aux publics). Elle est responsable du secteur musique et de la communication.  Amateure de street art, elle y a organisé divers événements (Yarnbombing, Inside Out Project). Son compte Instagram @knittie_librarian est le reflet de cet intérêt. 
    Elle a collaboré avec Amandine Jacquet à élaborer le dossier « + de 100 idées pour changer ta bib» du numéro 100 de la revue Bibliothèque(s) (ABF, 2020).
  • Bibliothécaire et formatrice, Amandine Jacquet a travaillé en bibliothèques municipales et départementales, puis à l’Enssib, avant de devenir formatrice et consultante pour les bibliothèques.
    Elle est membre de la commission internationale de l’ABF et de la section Management des Associations de Bibliothèques (MLAS) de l’IFLA.
    Elle a coordonné l’ouvrage Bibliothèques troisième lieu (ABF, 2e édition revue et augmentée en 2017, publication en italien 2018), ainsi que l’ouvrage Concevoir une bibliothèque rurale (ABF-ABD, 2018). Elle a collaboré avec Nathalie Étienne à élaborer le dossier « + de 100 idées pour changer ta bib» du numéro 100 de la revue Bibliothèque(s) (ABF, 2020).