Entretien avec la bibliothèque Filigrane

Nous avons interviewé ce mois-ci nos collègues de la bibliothèque Filigrane, une bibliothèque associative de Genève.

Légothèque : Quelle est l’historique de la bibliothèque filigrane ?

Filigrane : L’idée est née des associations féministes dans les années 80 : il s’agissait de mettre en place un centre culturel pour les femmes. En 1993, la loi suisse sur l’égalité a été votée et le bureau de l’égalité s’est ouvert en même temps que la bibliothèque, dans les mêmes locaux, à Carouge/Genève. L’association Filigrane gérait la documentation du Bureau cantonal de l’Égalité. Selon les formations politiques, les subventions fluctuaient et Filigrane a commencé à péricliter. Pendant quelques années, des chômeurs-euses en fin de droit ont géré la bibliothèque, mais cela manquait de force et d’argent ! Finalement, l’association a été dissoute en 1997. A ce moment, le Bureau cantonal de l’Égalité convoqua les associations féminines de Genève pour discuter de l’avenir de cette bibliothèque : Soit le Bureau en reprenait la charge, faisant de Filigrane une bibliothèque d’état, soit une autre partie s’en chargeait de façon à ce que l’organisation reste associative. Tout le monde préféra la flexibilité associative, et l’association féministe F-information, qui gérait déjà à l’époque une petite bibliothèque grand public et a une mission d’information, s’est portée volontaire. Comme il manquait un financement, l’association s’est tournée vers les politiques et une subvention extraordinaire a été accordée. Ainsi, Filigrane a pu réouvrir ses portes en 1998, de nouveau à Carouge (banlieue de Genève), tandis que les bureaux de F-Information étaient situés à la rue de la Servette (centre-ville). Mais l’idée de réunir les deux avait déjà germé, et le déménagement dans les actuels locaux s’est finalement réalisé en 2003. A partir de 2002, le contexte  politique s’est amélioré et a permis d’obtenir des fonds plus conséquents. En 2012, Filigrane a rejoint le réseau romand des bibliothèque RERO (1er réseau de bibliothèques scientifiques, publiques et patrimoniales).

L : Quelle est sa mission ?

F : La mission de Filigrane est de contribuer à :

  •  l’égalité entre femmes et hommes
  •  l’autonomie des femmes
  •  une société plus solidaire

Elle a pour objectifs :

  •  informer
  • soutenir
  • prévenir
  • orienter
  • mettre à disposition une documentation
  • valoriser le potentiel artistique des femmes
  • stimuler les solidarités

Plus spécifiquement, Filigrane a pour mission de mettre à disposition tant du grand public que du public spécialisé une documentation sur les thèmes femmes / famille / égalité.

L : Quels services proposez-vous ?

F : Recherches spécialisées, listes bibliographiques, orientation dans les collections et vers d’autres organismes, écoute et conseils, prêt entre bibliothèques, dossiers de presse. On trouve aussi à disposition sur place : OPAC – point internet, magnétoscope, photocopieuse, coin enfants, coin pause-café…

L :  Quel est le cœur de votre activité : les collections ou les animations ?

F : Les collections, nous avons dû réduire un peu nos animations, faute de moyens…

L : Avez-vous une politique documentaire ? Laquelle ?

F : Nous essayons d’acquérir chaque année 50% de documents grand public (très accessibles) et 50% de documents très pointus pour le public spécialisé. Nous travaillons en réseau, donc on privilégie l’achat de documents qui ne sont pas disponibles sur le réseau…

L : Quel système de classification utilisez-vous ? Convient-il à vos collections ou devez-vous constamment l’adapter ? 

F : Une CDU maison. Oui, nous l’adaptons régulièrement, surtout quand un rayon devient trop fourni…

L :  Quel est votre public cible ? Quelle est votre fréquentation ? Essayez-vous d’élargir vos services à d’autres publics ? 

F : 50% public spécialisé (surtout universitaire), 50% grand public (personnes du quartier, public fréquentant notre association…). Oui, par le biais de notre vitrine ou d’actions spécifiques, nous essayons de toucher d’autres publics (p. ex. : enfants). C’est la catégorie « adolescent-e-s grand public » que nous touchons le moins pour le moment…

L : Avez-vous des partenaires récurrents ? Quels types de partenariats mettez-vous en place avec ces partenaires ? 

F : Oui, le Bureau Pour l’Egalité (BPE) de Genève. On collabore pour l’édition de documents ou événements (p. ex. conférence sur l’excision etc.)

L : Votre bibliothèque fait-elle partie d’un réseau : bibliothèques suisses, bibliothèques spécialisées…? 

F : Oui, de RERO (www.rero.ch) [le réseau romand des bibliothèques]

L :  Vous venez de changer de site web, celui-ci est bien plus vivant et attractif. Est-ce qu’on peut aussi vous suivre sur les réseaux sociaux ?

F : Non, pas encore, mais c’est un projet…

L : Justement, quels sont vos projets pour 2013 ?

F : Une réflexion de fond sur l’avenir de la bibliothèque, sur sa structure et sur les possibilités de déménagement (notre loyer est très cher, même si l’arcade est bien visible et située)…

L : Vous êtes basés à Genève, à 2h de Lyon et donc du congrès IFLA 2014. Est-ce que vous en profiterez pour y participer et faire connaitre votre bibliothèque ? 

F : Non, nous ne sommes que 2 à temps partiel pour gérer la bibliothèque, on doit donc se concentrer sur le minimum vital, hélas…

Nous remercions la bibliothèque Filigrane pour cet entretien et nous vous invitons à aller leur rendre visite du côté de la Suisse.

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