De l’interculturel à Livre Paris 2016

Le salon du livre vient de s’achever : c’est pour nous l’occasion de proposer deux focus, évidemment partiels tant l’offre abonde, sur les événements et propositions d’éditeurs qui entrent dans deux champs d’intérêt de Légothèque : notre premier article portera sur la présence de l’interculturel tandis qu’un prochain s’intéressera à l’édition féministe.

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Les invités : Corée du Sud et Congo Brazzaville

Le dialogue interculturel est toujours à l’honneur au Salon du livre de Paris, qui reste un espace privilégié de rencontres, d’échanges et de convivialité entre personnes issues d’univers culturels différents. Cette année peut être plus encore, avec l’accueil de la Corée du sud comme pays invité : son stand très « dépaysant » présentait peu d’ouvrages en français malgré la présence d’un trentaine d’écrivain-e-s  invité-e-s dont plus de la moitié sont traduit-e-s en français.

https://i0.wp.com/www.livreparis.com/PageFiles/127690/LeQuartierChinois.jpegParmi celles-ci , on peut noter la présence de l’écrivaine Oh Jung-hi, qui relate dans ses romans la vie quotidienne de femmes mariées d’âge moyen tentant d’échapper à un rôle social prédéterminé ; et celle de la jeune romancière Kim-Ae-Ran qui met en lumière les contradictions d’une société coréenne individualiste et inégalitaire à travers le regard des perdants.

Livre Paris recevait également deux villes emblématiques de la République du Congo, Brazzaville et Pointe Noire. Leur stand présentait de nombreux ouvrages de Léopold Sédar Senghor;  une vingtaine d’auteur-e-s francophones vivant dans ces deux villes s’y sont succédé.

https://i1.wp.com/www.livreparis.com/PageFiles/137563/jussie-nsana-couv.jpgParmi les écrivain-e-s invité-e-s, Jussie Nsana Banimba : cette jeune dessinatrice de BD a participé à Chroniques de Brazaville, un album collectif sur la guerre des années 90 en Afrique centrale ;  elle évoque dans « Convoitise » une relation homme-femme prise entre matérialisme et amour intéressé.

La scène littéraire

A l’heure où la menace terroriste islamique mine le débat sur le sacré, le profane et la laïcité, le plateau de La Scène littéraire a permis jeudi dernier d’ouvrir un dialogue constructif entre deux générations d’universitaires sur la place des religions dans le monde.

Les bûchers de la libertéDoctorante en théologie politique à Sciences-Po et juriste, Anastasia Colosimo dresse un constat nuancé sur la valeur du blasphème dans les sociétés occidentales et les cultures traditionnelles : elle retrace dans « Les bûchers de la liberté » l’historicité du terme et les variations sémantiques et juridiques qui l’entoure. Qu’a-t-on le droit de dire ? Où finit l’indépendance et où commence le respect ?

Pour l’islamologue Gilles Kepel, auteur de Terreur dans l’Hexagone. Genèse du djihad français plus que l’islamisation de la radicalité par le djihadisme, le renouveau de la religiosité dans les banlieues marque l’échec de l’intégration républicaine.

Les éditions franciscaines

https://i1.wp.com/www.editions-franciscaines.com/373-642-large/manifeste-interculturel.jpgSur le stand des Éditions franciscaines, la famille du sociologue Gilles Verbunt (décédé il y a deux ans) présentait son ouvrage posthume le Manifeste interculturel. L’auteur de « Penser et vivre l’interculturel » et du « Manuel d’initiation à l’interculturel » utilisé notamment par les travailleurs sociaux, a toujours défendu  la construction d’une société interculturelle par le développement d’une culture civique du bien commun.

Les éditions Lux

La réflexion sur l’interculturalité était aussi présente sur le stand du Québec avec la mise en avant des ouvrages de la maison d’édition Lux, spécialisée notamment dans la réflexion politique libertaire d’inspiration « chomskyene » :Livre Franchir la mer

Dans « Franchir la mer : récit d’une traversée de la Méditerranée avec des réfugiés syriens » (à paraître en avril 2016) un journaliste allemand infiltré dans un groupe de syriens fuyant la guerre depuis la Syrie jusqu’en Autriche raconte « de l’intérieur » le calvaire des réfugiés.

https://i2.wp.com/www.luxediteur.com/wp-content/uploads/2015/08/negres-noirs-negres-blancs-site-259x400.jpgDans « Nègres noirs, nègres blancs : race, sexe et politique dans les années 1960 à Montréal » David Austin, enseignant au Collège John Abbott, met en perspective un événement fondateur qui se déroula en 1968 à Montréal : la tenue du premier Congrès des écrivains noirs en Amérique du Nord. Cet événement, qui a rassemblé à l’Université McGill des intellectuels et militants venus du Canada, des États-Unis, des Caraïbes et du continent africain, a lancé le mouvement d’émancipation des noirs canadiens et aidé celui du peuple québécois.

Les Presses Universitaires de Montréal

Le stand du Québec présentait également quelques nouvelles publications des PUM – Presses Universitaires de Montréal sur l’interculturalité :

Dans L’ethnicité et ses frontières Danielle Juteau, professeure au Département de sociologie de l’Université de Montréal et à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, pionnière des études ethniques et féministes, propose une analyse constructiviste et transversale de la notion d’ethnicité.

Dans L’Interculturel au Québec (ouvrage dont nous avions fait une recension) des universitaires mettent en perspective la Crise des accommodements raisonnables en redéfinissant les relations entre l’interculturel (l’analyse anthropologique des interactions entre personnes et peuples), l’interculturalité (les interactions pratiques entre personnes venant d’horizons culturels différents) et l’interculturalisme (le traitement politique de la question).

Dans La contre-culture au Québec, un collectif d’universitaires tente de cerner les conditions d’émergence des productions contre-culturelles dans les années 60-70 en croisant des analyses provenant de plusieurs disciplines et en diversifiant les objets d’étude : ainsi Robert Schwartzwald conclut l’ouvrage avec un chapitre sur le Livre de bord du Front de libération homosexuel (FLH), rédigé après la fondation de ce premier regroupement de gais et lesbiennes francophones entre 1971 et 1972.

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Une réflexion sur “De l’interculturel à Livre Paris 2016

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