Médiation numérique et bibliothèques

« Les bibliothèques et la transition numérique : les ateliers internet, entre injonctions sociales et constructions individuelles »

/ sous la direction de Pascal Plantard et Agnès Vigué-Camus

Ce livre a retenu l’attention de Légothèque car il s’intéresse à un aspect spécifique de la construction de soi : l’inclusion numérique dans un monde en perpétuelle évolution technologique. Il souligne le rôle d’accompagnement des bibliothèques dans la construction des individus via des collections, des espaces et des services, parmi lesquels se trouve la médiation numérique en bibliothèque. Cet article a pour objectif de balayer les enjeux à l’oeuvre dans ce processus.

Cet ouvrage apporte un regard croisé dynamique : analyses de sociologues et retour d’expériences de bibliothécaires en France et à l’étranger, ce qui en fait un texte vivant, ancré dans des pratiques concrètes.

Parler de « transition numérique » en 2017 renvoie à une évolution sociétale majeure dont se sont saisies les bibliothèques depuis les années 90. La palette d’activités des bibliothécaires n’a cessé de se développer et de se diversifier : collections, action culturelle, médiation numérique. Progressivement, un glissement s’est opéré des collections vers les usagers, vers la bibliothèque 3e lieu, actrice de la Cité, où échanges et interactions ont pris place. Les ateliers numériques prennent des formes diverses selon les structures et sont animés soit par les bibliothécaires eux-mêmes, des animateurs ou via des associations ; dans un cadre moins informel que le travail , la famille, ces médiateurs, médiatrices, permettent à des usagers qui se sentent isolés ou dépassés, d’acquérir des bases ou de s’initier à des techniques plus pointues. A travers les retours d’expériences présentés par plusieurs bibliothèques, il s’avère que les profils les plus représentés sont les retraités, les chercheurs d’emploi ou les actifs. Les jeunes eux sont plus intéressés par des ateliers très spécifiques de type codage ou Numok, festival numérique des bibliothèques de la Ville de Paris.

Pascal Plantard, professeur de Sciences de l’Éducation à l’université Rennes 2, constate que les lignes de fracture perdurent insidueusement : certes, le taux d’équipement, d’abonnement à un fournisseur d’accès ont augmenté, mais l’enjeu perdure : comment utiliser ces outils ? Il s’accompagne en plus des apprentissages informatiques de base des enjeux liés à la culture numérique.

L’inclusion numérique devient vite une nécessité car son versus , l’exclusion numérique, se profile très vite dès lors pour des personnes en état de précarité ; certaines fréquentent la bibliothèque et les ateliers numériques pour maintenir des liens sociaux.

« Rester connectés » permet de rester en prise avec la société. Savoir écrire un mail est une chose, mais déclarer ses impôts en ligne est une étape supplémentaire car le numérique est en perpétuelle évolution et nécessite de mettre sans arrêt à jour ses connaissances, ses pratiques, que se soit pour une recherche d’emploi, ou à titre personnel.

3 niveaux de compétences se dessinent ici : les savoir-faire de base, la recherche et l’analyse de l’information, et l’utilisation proactive de l’information.

On imagine aisément l’apport essentiel de la médiation des bibliothécaires dans ces domaines.

Un enquête menée sur les ateliers numériques à la BPI relève des attentes diverses des participants : reprendre pied dans la vie professionnelle, injonction sociale pour rester au fait des innovations technologiques, crainte de se sentir exclu.e ; les ateliers sont en tout cas un lieu d’ « empowerment » qui permet de s’exercer pour s’autonomiser.

Pour Pascal Plantard, la grande vertu des ateliers numériques en bibliothèque est d’aider à déconstruire certains préjugés liés à un environnement technologique omniprésent qui peut rebuter, voire effrayer certaines personnes : l’informatique c’est trop difficile pour moi, dépréciation de l’individu.

Les actions de médiation numérique des bibliothécaires (animateurs, facilitateurs) font œuvre de socialisation, créent du lien entre les participants qui parfois s’entraident lors des ateliers.

Et les bibliothécaires ne manquent pas d’imagination, comme le montrent les retours d’expériences présentés : le numérique entre ville et campagne, les fablabs, les partenariats avec BSF et les Voyageurs du Code, les ateliers numériques dans les bibliothèques de la Ville de Paris, un makerspace en Finlande, etc…

Mais à vous de jouer, et de lire ces retours d’expériences pour vous en inspirer !

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