Tour de veille – janvier 2021

Ce mois-ci, notre veille s’est tourné vers la BPI et les 20 ans de Wikipédia…

Féminismes à la BPI

La BPI propose, du 18 janvier au 8 mars, le cycle « Le féminisme n’a jamais tué personne »: des conférences qui offrent des pistes sur les nouvelles formes de mobilisation des femmes.

– Rencontre en ligne « Violences sexistes: quand les femmes prennent la parole« 

Les violences faites aux femmes révèlent une organisation du monde centrée sur le pouvoir des hommes. De nombreuses femmes s’élèvent, dénoncent et démontrent les mécanismes de cette organisation. Cette rencontre était animée par Elsa Dorlin, philosophe et professeure à l’université Paris 8, et a réuni Ovidie, réalisatrice, écrivaine, journaliste et actrice; Anaïs Bourdet, fondatrice du projet Paye ta schneck, co-animatrice du podcast Yesss; Valérie Rey-Robert, écrivaine, créatrice du blog Crêpe Georgette

Conférence: Treize minutes – le féminisme (22 février 2021)

Regards croisés de cinq intervenantes, qui ont chacune 13 minutes pour traiter le féminisme par le biais de son expérience: Mounia El Kotni, chercheuse en anthropologie du genre et de la santé; Iris Brey, journaliste, critique de cinéma, autrice; Geneviève Brisac, autrice; Noémie de Lattre, actrice, metteuse en scène; Camille Froidevaux-Metterie, philosophe, professeure de sciences politiques.

Conférence: Quand imaginaires et plaisirs féministes se libèrent (8 mars 2021)

La parole féministe se fait entendre sur les réseaux sociaux, en abordant des sujets jusqu’à présent tabous: règles, clitoris, masturbation… en quoi ces modes de paroles et d’actions peuvent-ils se transformer en empowerment ?

La rencontre est animée par Charlotte Bienaimé, productrice d’ Un Podcast à soi, et réunit Elvire Duvelle-Charles, journaliste, réalisatrice, activiste, et co-autrice de Clit Revolution; Fania Noël, essayiste, militante; Elise Thiébaut, autrice.

Balises, le magazine de la BPI, dans le cadre de ce cycle, propose un dossier réunissant interview, articles, videos, sélections, etc. Ce dossier aborde les thématiques du cinéma, de la musique, de l’écriture inclusive, de l’éducation, de l’intersectionnalité, de Wikipédia.

Cette dernière thématique offre d’ailleurs une belle transition…

Wikipédia

Alors que l’encyclopédie en ligne fête ses 20 ans, des initiatives, citoyennes, collectives, associatives, tentent d’y apporter plus de visibilité aux femmes.

L’association nantaise Les Affs (Ateliers Femme et Féminisme) propose des ateliers de contribution; depuis 2016, ce sont près de 860 articles qui ont été publiés.

Autre contributrice, la physicienne britannique Jess Wade a dépassé sa millième contribution: elle s’attache à visibiliser les femmes de sciences, les scientifiques racisé·es, les scientifiques LGBTQI+. L’astrophysicienne Jocelyne Bell, la vaccinologue Sarah Gilbert, la microbiologiste Allison McGeer ont dorénavant leur page dédiée, et entre dans le matrimoine.

Dans le but de combler le fossé des genres de Wikipédia, le projet les sans pagEs, créée et améliore des articles portant sur les femmes, les féminismes et sur les des sujets sous-représentés.

Petit tour d’horizon d’autres contributeurs et contributrices:

le projet Archiwiki Matrimoine, porté par les Archives Départementales de l’Hérault, propose des ateliers axés sur l’histoire des femmes du département. Ce sont près de 50 pages créées ou enrichies dans le cadre de ces ateliers.

le wikiprojet Women in Red, propose le même principe de contributions, pour la version anglophone de l’encyclopédie. Au programme: agendas de contributions et marathons d’écriture.

Un dernier tour (de veille) avant les Fêtes

Le dernier billet de cette curieuse année est arrivé… voici notre tour de veille de décembre.

Sasha, Camila, Anne,

Nous en parlions dans l’un de nos précédents billets, profitez des quelques semaines devant vous pour découvrir ce documentaire, disponible jusqu’au 31 janvier 2021 sur Arte. Le cinéaste, auteur également des Invisibles et Adolescentes, a suivi Sasha, petite fille née dans un corps de garçon, pendant un an.

Toujours question d’identité transgenre, Les Vilaines, roman de Camila Sosa Villada, paraîtra en janvier. L’autrice y dépeint l’identité transgenre, retrace le parcours d’une personne trans, honnie par ses proches. Ce titre a été récompensé à la Foire internationale du livre de Guadalajara, au Mexique, par le prestigieux prix Sor Juana Inés de la Cruz.

Masculinités

La question des masculinités a également attiré l’attention ces dernières semaines. Dans sa série Regarde les hommes changer, Télérama questionne les codes de la masculinité:

« Bouleversées par les mouvements féministes, les normes du genre masculin sont questionnées. La représentation traditionnelle de l’homme forcément viril, puissant et dominant, vacille, et la masculinité se fait plurielle. Voici notre dossier sur les contours de ces hommes d’un nouveau type.

Anne Sylvestre

Anne Sylvestre, si célèbre pour ses chansons jeunesse, notamment ses Fabulettes, était bien plus qu’une chanteuse pour enfants. Un répertoire engagée, féministe, d’un humour subtil ou abordant des thèmes graves et durs, souvent témoignage de la société.

Envolées contées

Poursuivre le féminisme et la place de l’enfant: Envolées contées est un podcast « jeunesse, féministe et écolo ». Destinés aux enfants de 3 à 10 ans, les histoires sont déclinés en courts épisodes:

Et comme nous sommes encore en période pré-Noël, il est encore temps de buller devant des films de Noël, LGBTQ friendly !

Légothèque vous souhaite de Joyeuses Fêtes et vous donne rendez-vous pour son prochain billet mardi 5 janvier 2021 !

Etats Généraux de l’Egalité en littérature jeunesse

Le 5 octobre, se sont tenus les Etats généraux de l’Egalité en littérature jeunesse, organisés par la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse.

En 2018, la Charte avait décidé de lancer un plan d’action Égalité, dont l’objectif était d’interroger les questions d’égalité au sein de la littérature jeunesse. Après la création d’une commission Egalité & Diversité, d’un prix Egalité Jeunesse, l’importance de l’enjeu à amener à l’organisation d’une véritable journée d’études, où chaque acteur et chaque actrice du secteur est invité à la réflexion.

Une introduction : des chiffres édifiants

Hélène Vignal, co-présidente de la Charte, a introduit la journée avec, notamment, les chiffres de l’ Observatoire de l’égalité du ministère de la Culture.

En matière de revenus, on observe une différence de moins 22% à moins 26% entre les auteurs et les autrices.

Dans un secteur fortement féminisé (70% des chartistes sont des femmes), la nécessité à viser l’exemplarité en matière d’égalité est d’autant plus forte. L’ensemble des acteurs et actrices est convaincu de la validité de l’objectif d’égalité; où sont les freins ?

Etude sur la réception des stéréotypes par les enfants, étude sur les inégalités dans le milieu de la littérature jeunesse et considération des autrices

La matinée de cette journée d’études s’est décomposée en trois temps.

1- La littérature jeunesse, porte d’entrée sur la construction inégalitaire systémique des enfants ?: Dorianne Montmasson, maîtresse de conférences en sociologie de l’éducation à l’INSPE

Dorianne Montmasson a proposé ses résultats d’étude sur la réception de la littérature de jeunesse par les enfants.

2- Premiers retours de l’étude du CNL portant sur l’économie de la filière du livre de jeunesse: Anne-Sophie Métais, chargée des études d’évaluation CNL.

L’objectif de l’étude, dont les résultats ne sont pas encore finalisée, est d’établir une photographie de la situation des auteurs et autrices, des illustrateurs et illustratrices ou des traducteurs et traductrices publié·es, en jeunesse, entre 2014 et 2018, chez des éditeurs spécialisés ou non. Les résultats sont bruts mais montrent déjà les inégalités et les tensions vécues par les auteurs et autrices.

3- La considération des autrices est-elle la seule clé de l’égalité en littérature jeunesse?: Roxane Edouard (agente littéraire), Martin Page (auteur, éditeur), Coline Pierré (autrice, éditrice), Hélène Rajcak (autrice-illustratrice)

Témoignages d’expérience et d’initiatives sur les questions de traitement, de rémunération et de visibilité : la considération des autrices est-elle la seule clé de l’égalité en littérature jeunesse ?

« La littérature #jeunesse est aussi la sphère où on compte le plus grand nombre d’#autrices, militantes et politisées. À la clé : des avancées qui profitent aussi à la littérature générale. »


Outils concrets en faveur de l’égalité pour les professionnel•les du livre, réactions et propositions des partenaires (SLF, Fill, et Légothèque/ABF)

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Le meilleur de notre veille #60

Notre 60e veille, dernier billet avant de se retrouver à la rentrée !

Bonne lecture et bel été à toutes et à tous !

Global Pride 2020

Le contexte sanitaire a bouleversé la tenue des diverses Gay Pride; 2020 une marche des Fiertés mondiale et virtuelle s’est tenue le samedi 27 juin: la Global Pride. Un petit tour d’horizon en complément d’un précédent billet :

A cette occasion, la BU de l’Université de Picardie a proposé une sélection bibliographique, non exhaustive mais couvrant un maximum de domaines : littérature jeunesse, psychologie, science, droit, etc.

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Les bibliothèques de la Ville de Paris ont opté pour une sélection cinématographique 

L’Association des Journalistes LGBT a proposé OUT : une émission traitant des luttes des minorités et leur traitement médiatique.

Stéréotypes de genre: parentalité, éducation, monde du travail

Dans son numéro de juin, le magazine Parents propose un article « Peut-on élever des enfants sans stéréotypes de genre ? ».  A écouter dans le podcast Galère sa mère, l’interview d’Amandine Berton-Schmidt, chargée de mission Education au Centre Hubertine Auclert, le centre francilien pour l’Egalité femmes-hommes.

Un peu plus tôt dans l’année, France Culture a présenté Genre: les arènes de l’inégalitéQuatre épisodes à réécouter en podcast: la place des femmes en politique, la déconstruction des stéréotypes dès l’école, la place de la maternité dans le monde du travail, la ville comme espace public inégalitaire.

« Les hommes sont plus brillants que les femmes« : l’ancrage des stéréotypes dans le monde du travail. Pour enquêter sur les stéréotypes de genre, des scientifiques des universités de New York, de Denver et de Harvard ont mené une série de cinq études auprès d’Américain·es (femmes, hommes et enfants âgés de 9 à 10 ans) et des hommes et des femmes provenant de 78 autres pays du monde. Ces tests visaient à mesurer les stéréotypes implicites entre certains traits de caractère et certains groupes de personnes ou genres. Les résultats de l’enquête sont repris dans le Journal of Experimental Social Psychology,

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Enfin, focus sur deux femmes récemment entrées dans l’Histoire:

Mary Jackson: la première ingénieure afro-américaine de l’histoire de la NASA. Le siège de la NASA porte désormais son nom.

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Accueillir les publics sans discrimination: retour sur la journée d’étude co-organisée par Médiadix (CRFCB) et l’URFIST de Paris – Pôle Métiers du livre

Le 13 mars dernier s’est tenue la journée d’étude « Évolutions sociétales et bibliothèques: quelles responsabilités sociales, éthiques, citoyennes dans la cité ? ». Co-organisée par Médiadix et l’Université de Paris Nanterre, cette journée, qui a réuni une centaine de participant•es, a mis en avant les responsabilités sociales, citoyennes, voire éthiques, pour les bibliothèques, vis-à-vis de la communauté des publics, de tous les publics, habitués, occasionnels, et ceux potentiels.

Invitée à participer, la commission Légothèque est intervenue sur les questions de responsabilités sociales, plus précisément sur l’accueil des publics sans discrimination.

Accueillir les publics sans discrimination

La discrimination est la distinction, l’exclusion, d’une personne ou d’un groupe de personnes, par rapport aux autres citoyen•es.

Si l’on s’accorde aisément sur le fait que discriminer est mal, comment alors développer un accueil et des services inclusifs si l’on ne prend pas la mesure de la diversité des publics, leurs particularités, sans stigmatiser ? Accueillir les publics sans discrimination doit-il être synonyme de neutralité, d’homogénéité (du service public, des offres – culturelle, documentaire, de services) ? Ou, au contraire, développer l’inclusion s’accompagne-t-il d’un engagement plus marqué de la part des professionnel•les ?

Les questionnements en bibliothèque? On connaît.

L’adaptabilité ? On connaît.

Les évolutions sociétales en bibliothèque? On connaît (on subit?).

La considération de ces évolutions a pris de l’ampleur avec la vague « 3e lieu »: les postures d’accueil, les collections, les publics, les services, ec, on sait. Mais, disons-le, ça a tout de même fâché: des tensions entre l’ensemble des acteurs et actrices de nos lieux-bibliothèques: ces fâcheries réunissent tout le monde ! Les équipes (comment manager?), les publics (comment gérer les conflits?), les tutelles (comment appliquer / résister, comment remonter les difficultés, comment visibiliser les actions et les missions ?).

Pour un positionnement de nos équipements dans leur vocation sociale, on peut s’appuyer sur des documents-cadres et s’inspirer d’actions aussi diverses que l’hétérogénéité des publics.

Documents-cadres: des références toujours utiles

Ces textes généraux sont un référentiel et posent de solides bases sur les questions de pluralité, de libertés, de droits et d’inclusion:

  • les libertés: parler, écrire, imprimer, penser; liberté de conscience, liberté de religion
  • des notions, sous une première forme: l’exercice de la citoyenneté, le droit de participer, la diversité, le vivre-ensemble, les droits culturels
  • des considérations naissantes: les identités au cœur de la cohésion sociale; l’identité « maternelle », l’égalité d’accès, les droits culturels, la diversité culturelle

D’autres documents, spécifiques aux bibliothèques, viennent souligner les responsabilités sociales de nos équipements:

Ces textes nous offrent, de façon plus précise et évolutive, les ingrédients nécessaires à la valorisation du rôle social des bibliothèques:

  • de nouvelles notions apparaissent: la formation tout au long de la vie; la censure (de la part des professionnel•les ou « extérieure »); l’interculturalité; l’autonomie des publics; l’inclusion numérique; les savoirs communs
  • de nouvelles considérations: les « publics empêchés »; l’âge des publics; les minorités linguistiques; l’alphabétisation; le pluralisme; l’accessibilité; les services;
  • de nouvelles pratiques professionnelles: la gratuité, garante d’une fréquentation élargie; aller au-devant des publics; un engagement du bibliothécaire, entre  prescription et participation active à la modernisation de l’image des lieux; l’environnement social et citoyen

Le rôle social des bibliothèques entre dans les publications et échanges professionnels; on reconsidère les bibliothèques – lieux d’accès à des ressources plurielles – comme lieux de fréquentation, comme « agora ».

Et en pratique ?

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Dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la Ville de Lille et ses partenaires proposent plusieurs temps d’échange

La Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes a été quelque peu effacée au profit d’une actualité sociale brûlante. Pourtant, 30 000 personnes se sont mobilisées à Paris et d’autres grandes villes de France ont également massivement manifesté.

La Ville de Lille proposent, du 9 novembre au 6 décembre, des rendez-vous pour sensibiliser, informer, les victimes, mais aussi le grand public, les professionnel.les, les politiques.

Journées d’information et conférences

L’association Osez le féminisme 59 a organisé une rencontre intitulée « Les violences faites aux femmes, une mécanique à enrayer ». Après une présentation de l’association, cette rencontre a mis en évidence les différents mécanismes des violences faites aux femmes. Loin d’être des faits divers imprévisibles, elles répondent, au contraire, à un processus précis.

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Organisé par le Mouvement du Nid, un autre rendez-vous a abordé le consentement: comment peut-on l’exprimer ? A quelle occasion ? Sous quelle forme ? S’applique-t-il même en matière de prostitution ? L’avocat Vincent Potié et Grégoire Théry, secrétaire général du Mouvement du Nid et directeur exécutif de CAP international (Coalition pour l’Abolition de la Prostitution) ont co-animé ce débat.

Enfin, la Maison des Femmes a proposé la conférence « Le coût des coups », soulignant le coût économique et social que les violences physiques et psychologiques engendrent.

Des projections

Le court-métrage Femmes en prise, réalisé par le CAFFES (Centre national d’Accompagnement Familial Face à l’Emprise Sectaire) a permis d’ouvrir le débat sur les violences, visibles et invisibles, les humiliations, l’esclavage moderne que peuvent subir les femmes sous l’emprise d’un mouvement à caractère sectaire.

Côté long métrage, c’est le film Mustang, de Deniz Gamze Ergüven, qui a été choisi en préambule au débat « Un mariage forcé, c’est quoi ? ». Pour débattre, trois femmes: Soad Baba Aissa, militante féministe et membre de Femmes Solidaires; l’avocate Anne Policella et Eliane Aissi, présidente de RIFEN (Rencontre Internationale des FEmmes Noires)

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Pour la dernière date de ce programme, c’est le film Les conquérantes, qui sera projeté au Métropole (une partie des entrées sera reversée à une association). Organisé par les Clubs du Soroptimist, cette projection-débat s’attache, elle, aux luttes féministes passées.

En médiathèques…

L’exposition « A deux, c’est merveilleux » , proposée à la médiathèque de Lille Sud, questionne l’amour et le couple, l’image de soi, celle du couple et la notion d’égalité filles-garçons. Ce projet artistique a été mené par Carl Cordonnier et Anne Bruneau, respectivement photographe et écrivaine, auprès d’une classe de lycéen.nes. L’ensemble de ce travail a été réalisé par le CORIF, le Planning Familial et l’agence Daylife.

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Atelier d’écriture oulipien, organisé par Zazie mode d’emploi, s’est tenu à la médiathèque du Vieux Lille, ainsi qu’une heure du conte spéciale « stéréotypes filles/garçons »

 

Ces temps d’échanges sont l’occasion de mobiliser et sensibiliser le grand public à la lutte contre les violences faites aux femmes, et de rappeler qu’une femme sur trois est victime de violences.

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