Le meilleur de notre veille #41

Au programme de ce meilleur de notre veille pour le mois de mai : bande-dessinée, Eurovision, urbanité, Cannes.

Lisa Mandel 

Lisa Mandel est une autrice de bandes-dessinées, qui a couvert plusieurs sujets d’actualité tels que la jungle de Calais (Les nouvelles de la jungle … de Calais), l’hôpital psychiatrique sur un blog (HP, hors service). Elle a également écrit des bandes-dessinées pour la jeunesse, avec son héroïne trop forte Nini Patalo (5 tomes, publiés chez Glénat).

Si nous vous parlons de Lisa Mandel aujourd’hui, c’est parce qu’elle a participé à une exposition il y a peu, à Nantes, intitulée « Une BD si je veux, quand je veux ». Avec 25 artistes féministes (dont un homme), cette exposition est dans la continuité du travail qu’elle mène depuis 2015 pour réfléchir au sexisme dans l’univers du neuvième art. Cette interview sur le blog du Goethe Institut, ainsi que le blog du Collectif des créatrices de bandes-dessinées contre le sexisme, sont à lire ! En bonus, le podcast Auriculaire donnera certainement des idées d’acquisitions pour les étagères de vos bibliothèques !

 

En finir avec la ville sexiste

Ce dossier de la Gazette des Communes regroupe une dizaine d’articles interrogeant la ville à travers le prisme du genre, et particulièrement la place des femmes dans l’espace urbain. Où l’on peut voir que la ville n’est pas toujours aussi accueillante pour les hommes que pour les femmes ; et que les données, quand elles existent, sont des outils précieux pour améliorer l’accessibilité et la sécurité au quotidien. En s’attachant à faire de la ville un espace sûr, en favorisant la mixité, en développant des programmes, la société et les collectivités contribuent au bien vivre ensemble. Les bibliothèques ont également un rôle à jouer à ce sujet. Le dossier est régulièrement enrichi de nouvelles contributions.

Eurovision

Nous ne résistons pas à l’idée de montrer la vidéo du clip de Netta Barzilai, qui vient tout juste de remporter l’Eurovision édition 2018. Avec sa chanson Toy, Netta Barzilai, qui représentait l’Israël, dénonce le harcèlement de rue, appelle à l’émancipation de la femme et fait écho au mouvement #metoo.

Une montée des marches inédite

Le Festival de Cannes bat son plein en ce moment, quelques mois après les Oscars et après l’émergence du mouvement #metoo, le cinéma mondial cherche à retrouver une relative sérénité post-scandale Weinstein. Pour cette édition, la présidente du jury, Cate Blanchett, a souhaité une montée des marches exclusivement féminine le samedi 12 mai. 82 femmes du monde du cinéma ont donc pris place sur ces escaliers mythiques pour appeler à l’égalité salariale. Cette initiative symbolique, en continuité avec l’orientation générale de cette 71e édition du festival, a pu rappeler que depuis la création du festival, seules 82 réalisatrices ont été en compétition, contre 1 688 hommes.

 

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S’émanciper par la lecture : une question de genre – la suite !

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En 2013, nous avions déjà abordé sur ce blog les questions que Viviane Albenga traite dans son livre, paru en 2017 aux Presses Universitaires de Rennes. Cette publication de son travail de thèse est l’occasion pour nous d’approfondir ce qui avait été présenté par Viviane Albenga lors d’une conférence à la bibliothèque Jean-Macé de Lyon, dans le cadre du festival Ecrans Mixtes. Lire la suite

La diversité dans la littérature jeunesse : quelles réponses des bibliothèques ?

En mai 2017, la commission a été sollicitée par le ministère de la culture pour modérer une rencontre au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, lors de la journée pour les professionnel.le.s du livre.

Cette rencontre a eu lieu le lundi 4 décembre, et si vous n’avez pas pu y assister, nous vous proposons aujourd’hui les grandes lignes de la préparation de l’intervention, ainsi qu’un retour sur les échanges qui ont occupé un public très nombreux, curieux de ce sujet.

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Des bibliothèques gay friendly ?

En septembre 2016, la commission a été sollicitée par Muriel Amar, directrice de la collection « La numérique » aux presses de l’ENSSIB, pour proposer un travail d’éditorialisation de conférences données dans les congrès internationaux, et abordant le public LGBT dans les bibliothèques.

Quelques mois plus tard, et après de longs échanges, travaux de traduction, corrections et relectures, nous vous présentons (non sans une pointe de fierté), le livre numérique « Des bibliothèques gay friendly ? », tout juste mis en ligne !

Téléchargeable gratuitement, diffusable à tous et toutes, ce livre se divise en plusieurs parties complémentaires : problématiques identifiées, outils, contexte géopolitique des pays abordés. Cet ouvrage, dont le sous-titre est « Conférences sur les questions de genre en bibliothèque » met en avant le travail de collègues ayant déjà réfléchi sur le sujet et se veut un outil pour tout.e bibliothécaire s’intéressant à ces publics.

Pour l’intitulé du livre, nous avons souhaité nous appuyer sur l’une des conférences du livre, de Bharat Mehra et Laverne Gray, intitulée « “Dont Say Gay” in the State of Tennessee: Libraries as Virtual Spaces of Resistance and Protectors of Human Rights of Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, and Queer (LGBTQ) People. Nous sommes conscient.e.s que ce choix de vocabulaire peut être réducteur.

Le lien pour le télécharger : http://www.enssib.fr/presses/catalogue/des-bibliotheques-gay-friendly

Et si vous souhaitez rencontrer des personnes de la commission, nous vous donnons rendez-vous ce jeudi 7 décembre, à la Fondation Gulbenkian, pour une présentation conjointe des deux derniers titres parus dans la collection La Numérique. Vous pourrez trouver la captation de cette rencontre en vous rendant sur la page Soundcloud de la Fondation.

Nous profitons de cet article pour remercier toutes les personnes qui sont intervenu.e.s de près ou de loin dans la réalisation de ce projet. Nous remercions particulièrement Michèle Petit, pour sa réponse enthousiaste sur le livre et sa préface éclairante. Son regard et son travail orientent nos réflexions à la commission depuis plusieurs années. Nous remercions également très chaleureusement Muriel Amar qui a été présente tout au long du travail de création du livre et qui nous a soutenu au long de cette année et demi de réalisation du projet.

Retour sur le congrès ABF 2017

Le congrès s’est achevé il y a un petit peu plus d’un mois, et ce billet est l’occasion pour la commission de revenir sur les actions menées pendant ces trois jours de rencontres. Pour rappel le congrès avait pour thème, Bibliothèques : Inégalités territoriales et égalité des chances.

A cette occasion, nous avons souhaité travailler sur une thématique autour de la construction de soi et de l’identité. Ainsi, la rencontre, intitulée « Littérature et périphérie » regroupait trois intervenant.e.s afin de croiser leurs regards sur le sujet : à la fois au prisme de l’écriture et celui de la sociologie, tout en s’interrogeant sur la place donnée à cette littérature dans les bibliothèques. Lire la suite

Littérature et banlieue #4 – Les anges s’habillent en caillera de Rachid Santaki

Nouveau volet pour notre cycle d’articles en vue de la rencontre « Littérature et périphéries », avec Rachid Santaki.

Rachid Santaki est un auteur de polars, mais pas seulement. Fondateur d’un magazine gratuit sur le hip-hop (5Styles), il mène depuis quelques années le projet « La dictée des Cités » avec Abdellah Boudour. Viscéralement attaché à la Seine-Saint-Denis, il en offre dans ses publications un portrait incisif et sans concessions, avec des personnages dont la violence n’a d’égale que l’attachement (à soi, aux autres, au biz …). Ses titres de polars, aux accents de culture populaire remixée version 9-3, montrent l’inscription de ses histoires dans notre société d’aujourd’hui.

Difficile de choisir un titre en particulier, mais c’est finalement avec « les anges s’habillent en caillera » que nous allons voyager aujourd’hui.

« Les anges s’habillent en caillera » est paru en 2011 aux éditions Moisson Rouge – et nous dresse un portrait pas flatteur du tout d’Illyes, dit Le Marseillais. 18 mois de prison pour vol avec violence n’ont pas du tout apaisé ce jeune voleur, qui n’a que deux idées en tête (pas incompatibles d’ailleurs) : reprendre le business d’avant la prison, ET se venger de celui qui l’y a amené. Et parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, Ilyes va croiser toute une galerie de personnages aux destins sombres, comme Stéphane, flic ripou ; les copains de la cité …

Malgré ce CV peu enviable, Rachid Santaki, avec sa verve et son style littéraire réaliste, au débit des meilleures chansons de rap, arrive à rendre Ilyes attachant. Nous plongeons la tête la première dans ses histoires avec l’envie, même le besoin, de savoir comment il se sort de ce marasme (surtout en ayant eu un aperçu de son parcours criminel d’avant …). À noter, l’auteur a intégré dans le texte des extraits d’articles de presse, qui ont été réellement publiés.

Extrait (en tout début de roman) :

« L’implantation du Stade de France à Saint-Denis en 1998 a pemirs aux plus téméraires d’entre nous de faire des thunes. À treize ans, on brisait les vitres des voitures pour arracher les téléphones et les sacs à main. Un gars de chez nous a dérobé une fois une mallette avec quarante mille euros en espèces, sûrement la recette d’un commerce. Il a claqué les sous au quartier en moins de quarante-huit heures en jouant le Robin des Bois de la cité. C’est après ce coup-là que les arrachés se sont multipliés, les voleurs espéraient tomber sur une somme équivalente. J’ai découvert l’argent facile à mon adolescence. »

Vous pourrez rencontrer Rachid Santaki lors du congrès de l’ABF le jeudi 15 juin 2017. Il sera notre invité, avec Kaoutar Harchi et Nadia Tarfaoui, pour une rencontre « Littérature et périphérie », dont nous vous parlerons très prochainement sur le blog.