Retour sur le congrès ABF 2017

Le congrès s’est achevé il y a un petit peu plus d’un mois, et ce billet est l’occasion pour la commission de revenir sur les actions menées pendant ces trois jours de rencontres. Pour rappel le congrès avait pour thème, Bibliothèques : Inégalités territoriales et égalité des chances.

 

A cette occasion, nous avons souhaité travailler sur une thématique autour de la construction de soi et de l’identité. Ainsi, la rencontre, intitulée « Littérature et périphérie » regroupait trois intervenant.e.s afin de croiser leurs regards sur le sujet : à la fois au prisme de l’écriture et celui de la sociologie, tout en s’interrogeant sur la place donnée à cette littérature dans les bibliothèques.

Cette thématique avait été abordée au cours des derniers mois sur le blog par le biais de différentes recensions d’ouvrages, que nous vous invitons à lire ou relire.

Une trentaine de personnes a assisté aux échanges entre Nadia Tarfaoui, Rachid Santaki et Kaoutar Harchi. Le trio bibliothécaire/auteur/sociologue a été très intéressant, les échanges avec la salle ont montré que cette thématique, peu abordée lors des formations et peu documentée dans la littérature professionnelle, suscitait des questionnements.

Lors du déjeuner du vendredi, nous avons pu bénéficier sur le stand de l’ABF d’un espace pour présenter la commission et rencontrer les congressistes intéressés par nos thématiques de travail. Cet espace, que nous avions aménagé par des affiches, flyers et notre exposition sur le genre, était propice aux échanges.

Vous êtes plus d’une vingtaine à être venu.e.s discuter de nos actions, nous faire des retours positifs sur le blog, nous interroger sur les questions femmes/hommes en bibliothèque ou encore nous demander comment rejoindre la commission.

 

Enfin, comme nous l’annoncions le 13 juin dans un article sur le blog, nous avons pu installer pour le congrès les toilettes mixtes. Nous vous invitons à relire l’article pour avoir l’ensemble de la démarche qui nous a mené.e.s à cette proposition.

Ce travail, mené en collaboration avec le groupe ABF Ile-de-France, s’est matérialisé sous deux formes conjointes :

  • Des grands panneaux imprimés, permettant de recouvrir les symboles homme/femme des toilettes
  • Des affichettes explicitant notre démarche, apposées sur les portes des toilettes.

Nous avons pu observer différents comportements des congressistes, avec parfois une mixité totale, parfois une non-mixité et parfois un entre-deux. L’habitude de la non-mixité a pu inciter les personnes à ne pas tenir compte de la mixité proposée (consciemment ou non).

Nous avons eu beaucoup de retours positifs de congressistes, de l’organisation de l’ABF, qui ont salué l’initiative, à la fois lors du congrès, mais aussi sur les réseaux sociaux. Nous avons également bénéficié d’un article sur le site Actualitté. Cette action a permis une visibilité de la commission et a pu constituer une bonne visibilisation des personnes trans et gender fluid. Nous espérons pouvoir réitérer cette opération lors des prochains congrès (et ainsi améliorer notre démarche).

Nous avons également profité du congrès pour faire notre assemblée générale autour d’un bon repas : préparer le changement de responsabilité au sein de la commission, réfléchir à de nouvelles pistes de travail et, déjà, préparer le congrès 2018 !

Cet article nous permet également d’annoncer la pause estivale des publications sur le blog. Nous reviendrons en septembre avec de nouveaux projets à suivre … Bel été à tous et toutes !

Camille, Isabelle, Sophie, Fabienne, Philippe, Thomas, Gérald, Stéphane, ThomaS

Littérature et banlieue #4 – Les anges s’habillent en caillera de Rachid Santaki

Nouveau volet pour notre cycle d’articles en vue de la rencontre « Littérature et périphéries », avec Rachid Santaki.

Rachid Santaki est un auteur de polars, mais pas seulement. Fondateur d’un magazine gratuit sur le hip-hop (5Styles), il mène depuis quelques années le projet « La dictée des Cités » avec Abdellah Boudour. Viscéralement attaché à la Seine-Saint-Denis, il en offre dans ses publications un portrait incisif et sans concessions, avec des personnages dont la violence n’a d’égale que l’attachement (à soi, aux autres, au biz …). Ses titres de polars, aux accents de culture populaire remixée version 9-3, montrent l’inscription de ses histoires dans notre société d’aujourd’hui.

Difficile de choisir un titre en particulier, mais c’est finalement avec « les anges s’habillent en caillera » que nous allons voyager aujourd’hui.

« Les anges s’habillent en caillera » est paru en 2011 aux éditions Moisson Rouge – et nous dresse un portrait pas flatteur du tout d’Illyes, dit Le Marseillais. 18 mois de prison pour vol avec violence n’ont pas du tout apaisé ce jeune voleur, qui n’a que deux idées en tête (pas incompatibles d’ailleurs) : reprendre le business d’avant la prison, ET se venger de celui qui l’y a amené. Et parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, Ilyes va croiser toute une galerie de personnages aux destins sombres, comme Stéphane, flic ripou ; les copains de la cité …

Malgré ce CV peu enviable, Rachid Santaki, avec sa verve et son style littéraire réaliste, au débit des meilleures chansons de rap, arrive à rendre Ilyes attachant. Nous plongeons la tête la première dans ses histoires avec l’envie, même le besoin, de savoir comment il se sort de ce marasme (surtout en ayant eu un aperçu de son parcours criminel d’avant …). À noter, l’auteur a intégré dans le texte des extraits d’articles de presse, qui ont été réellement publiés.

Extrait (en tout début de roman) :

« L’implantation du Stade de France à Saint-Denis en 1998 a pemirs aux plus téméraires d’entre nous de faire des thunes. À treize ans, on brisait les vitres des voitures pour arracher les téléphones et les sacs à main. Un gars de chez nous a dérobé une fois une mallette avec quarante mille euros en espèces, sûrement la recette d’un commerce. Il a claqué les sous au quartier en moins de quarante-huit heures en jouant le Robin des Bois de la cité. C’est après ce coup-là que les arrachés se sont multipliés, les voleurs espéraient tomber sur une somme équivalente. J’ai découvert l’argent facile à mon adolescence. »

Vous pourrez rencontrer Rachid Santaki lors du congrès de l’ABF le jeudi 15 juin 2017. Il sera notre invité, avec Kaoutar Harchi et Nadia Tarfaoui, pour une rencontre « Littérature et périphérie », dont nous vous parlerons très prochainement sur le blog.

George – Alex Gino

9782211227452

Aujourd’hui sur le blog, nous vous proposons de découvrir un roman de l’Ecole des Loisirs, pour les 9-12 ans, qui aborde un sujet dont nous avons déjà pu parler sur le blog et qui fait partie des thématiques qui nous sont chères.

George, dont la quatrième de couverture porte la mention « BE WHO YOU ARE « , sous-titrée « Parfois, les gens ne voient pas les choses comme elles sont, mais comme ils croient qu’elles sont ». Lire la suite

Cybersexisme et cyberharcèlement : comment aborder la question en médiathèque aujourd’hui ?

Aujourd’hui sur le blog, nous vous proposons de revenir sur une conférence qui a eu lieu en février dans les médiathèques de Cergy, autour du cybersexisme et du numérique.

Les conférences « Nos vies 2.0 » des médiathèques de Cergy

Le numérique peut recouvrir un grand nombre de services au sein des bibliothèques et médiathèques aujourd’hui : Lire la suite

Littérature et banlieue #1 – Kiffe Kiffe Demain de Faïza Guène

Jusqu’au mois de juin, nous avons décidé de vous présenter chaque mois un.e auteur.e qui aborde dans son œuvre la banlieue. Cette littérature, qui peine à trouver sa place dans nos rayonnages de bibliothèques, a pourtant toute sa place, au même titre que les romans du terroir ou encore les polars.

La banlieue est souvent l’objet de gros titres, avec des histoires plus ou moins glauques, très souvent négatives et avec un jugement hâtif dans lequel les habitants ont du mal à s’y retrouver. Avec un style d’écriture qui confère parfois plus à l’oralité, les auteur.e.s que nous vous présenterons dans ce cycle d’articles « littérature et banlieue » vous donneront à voir la banlieue différemment, avec ses codes et ses valeurs, au-delà des clichés.

Premier article de cette série: Kiffe Kiffe Demain, de Faïza Guène (Publié chez Fayard, 2010)

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Dans la hotte de Légothèque

En cette période de fêtes de fin d’année, les conseils d’achats sont plus que jamais d’actualité, et Légothèque n’échappe pas à cet indispensable moment. Voici une sélection de romans, documentaires, romans graphiques et albums, qui ont constitué certaines de nos lectures en 2016.

Nous profitons de cet article pour vous souhaiter à toutes et tous de belles fêtes de fin d’année. Le blog se met en mini-pause et nous vous retrouverons le mardi 10 janvier 2017.

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