Les 30 féministes que personne n’a vus venir ; nous sommes tous des féministes

Bibliothécaires, voulez-vous doper vos stats de prêt avec un livre en bichromie taupe/orange fluo préfacé par Beth Ditto (Beth Ditto –> le groupe Gossip) ? Chiche ! Vous nous en direz des nouvelles.

La promesse : un ouvrage de moins de cent pages à la mise en pages soignée (Enora Denis). Trente portraits numérotés et présentés en doubles-pages.

Le verdict : l’accueil est généreux, les portraits décalés, souvent drôles, toujours pertinents. Ce palmarès parlera donc autant aux connaisseurs.euses de la cause qu’aux néophytes, et on gagnera surtout à en rire d’abord et en discuter ensuite.

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Le moment politique de l’homosexualité

Nous avions signalé Adieu les rebelles dans lequel Marie-Jo Bonnet, dont le parcours de militante a débuté au moment de la fondation du MLF*, interpelle ses lectrices et lecteurs sur ce qu’il reste aujourd’hui de l’héritage des mouvements militants féministes et homosexuel.les à l’heure du mariage pour toutes et tous.

Le paysage militant et associatif actuel est en effet sensiblement différent de celui de la période charnière et fondatrice que furent les années 1970. L’affirmation identitaire émerge à la fin des années 1970 dans la continuité des expressions militantes homophiles** d’abord (dont l’archétype est la revue Arcadie), révolutionnaire ensuite (avec le FHAR, né dans la mouvance du MLF).

Dans Le moment politique de l’homosexualité, Massimo Prearo cherche comment Lire la suite

Roms en (bidon)villes

Martin OLIVERA. Roms en (bidon)villes. Éditions Rue d’Ulm, 2011.

Martin Olivera est ethnologue. Ne comptez donc pas sur lui pour faire des généralités et mettre les gens dans des cases. Il a enquêté entre 1999 et 2007 sur le terrain, en Roumanie, chez les Roms Gabori. Depuis 2002, il s’intéresse aux squats et bidonvilles roms en région parisienne.

Ce livre, court et tout en nuances, donne une information de base et présente les problématiques qui se cachent derrière les faits divers (destructions de bidonvilles…) et discours tous faits sur les Roms. Comme beaucoup de faits sociaux, la condition de la quinzaine de milliers de Roms migrants en France obéit à des mécanismes économiques. On est loin de la vision essentialiste et folkloriste de l’éternel voyageur. Les Roms sont paysans (sédentaires) en Roumanie, et fuient la discrimination et la pauvreté.

Martin Olivera détaille ensuite quelques données sur les populations tsiganes/roms, et déconstruit nombre de stéréotypes sur le niveau d’éducation, la structure supposée clanique des bidonvilles, etc. Il permet ainsi de comprendre la nécessité de la volonté politique pour mener des politiques d’insertion, sans pour autant « valider, une fois de plus, l’image d’une population univoque, posant des problèmes particuliers auxquels doivent être apportées des réponses spécifiques… » Autour du maillon communal, meilleur niveau pour coordonner un projet d’accompagnement social et de relogement, ont tout intérêt à s’associer autorités publiques et partenaires socio-culturels.

Ce petit livre (qui entre vraiment dans une poche) fait partie d’une collection, « la rue ? Parlons-en ! », qui aborde d’autres sujets de société sur lesquels les professionnel-le-s des bibliothèques s’interrogent souvent, en cherchant à desservir tous les publics : Le Squat : problème social ou lieu d’émancipation ?, De la précarité à l’auto-exclusion, Hébergement d’urgence : quelle politique ? etc.

Thierry Fouillet

La collection « La rue ? Parlons-en ! »

La collection « La rue ? Parlons-en ! »

Adieu les rebelles !

Marie-Josèphe Bonnet. Adieu les rebelles ! Flammarion, 2014 (collection Café Voltaire), 130 p.

Dans son essai, Marie-Jo Bonnet évoque le militant homosexuel Guy Hocquenghem, qu’elle a connu. La voix de ce dernier manque en ces temps de débat ou post-débat sur le mariage, la loi famille, la PMA et la GPA. En ces temps de réaction aussi… et il est tout à fait rafraîchissant de ré-entendre ces voix en 2014. M.-J. Bonnet réunit en effet dans une même problématique l’histoire du mouvement de libération – homosexuelle, féminine – et les questions actuelles sur la PMA et la GPA.

Docteure en histoire, Marie-Jo Bonnet expose clairement et avec le recul nécessaire l’histoire qu’elle a contribué à écrire, en actes, dans les années 1970. Les liens entre les mouvements de libération sont à cette époque fondamentaux : MLF, FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire), Gouines Rouges (1971). Tout au long de son essai, l’auteure ne peut croire que les combats de l’époque, en rupture avec la société dans ce qu’elle a de plus traditionnel, l’ordre moral sexiste et matrimonial, aient abouti aujourd’hui à des revendications à ce point conformistes comme le mariage pour les homosexuels. C’est le sens qu’elle donne à son titre : “S’il en est ainsi, alors vraiment, je peux dire adieu les rebelles !”

Pour autant, aucune résignation ou facilité n’envahit sa réflexion. Dans une partie détaillée, M.-J. B. expose les raisons qui la poussent à émettre les plus grandes réserves au sujet de la PMA et de la GPA, tout en regrettant la confiscation de vrais débats sur ces sujets, par la polarisation entre pro-GPA et PMA versus “homophobes”. M.-J. B. donne un avis qui va vers la nuance, au nom de ses convictions et par son positionnement. C’est donc avec infiniment d’intérêt que nous avons lu cet essai lesbien militant, qui fait place à toute une part de l’histoire sociale récente, et situe les débats actuels dans leur filiation militante.

Nous conseillons également cet ouvrage pour vos exercices d’indexation (ô question : dans quelle classe Dewey le situer ? Histoire, féminisme, droit de la famille ?… Tout l’intérêt du livre est là !) 😉

Thierry Fouillet

Immigration et politiques culturelles

Angéline Escafré-Dublet. Immigration et politiques culturelles. La documentation française, 2014.

« Les politiques culturelles en direction des publics immigrés ont la particularité de ne pas toujours avoir été mises en oeuvre par le ministère de la Culture mais plutôt par l’administration des Affaires sociales, ce qui explique pourquoi la question des cultures immigrées est apparue d’abord comme une question sociale. »

Ainsi débute cet ouvrage de poche (70 p.) dont l’apport est considérable.

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« Vous avez dit mauvais genre ? »

Pour sa 5ème édition, le Festival Science et Manga (BU de l’Université Claude Bernard Lyon 1) explore la question du genre dans les mangas. Un festival préparé de longue date car le manga est une forme d’expression qui joue énormément avec le genre, aussi bien dans l’outrance que dans l’ambiguïté.

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