L’accueil des personnes trans- en bibliothèque

Le 18 juin dernier, constatant que les discriminations envers les personnes transgenres sont encore bien trop nombreuses, le Défenseur des droits a publié une décision-cadre 2020-136 relative au respect de l’identité de genre de ces personnes, adressant 10 recommandations aux pouvoirs publics.

Les recommandations portent sur les domaines de l’état civil, de l’éducation, de l’emploi, de l’accès aux biens et aux services, de la santé, des droits sexuels ou encore de la privation de liberté. L’ensemble de ces recommandations vise à instaurer un climat inclusif, mieux faire connaître et respecter les droits des personnes transgenre. Des éléments avaient déjà été pris, en France, au niveau de l’Enseignement supérieur pour les étudiants transgenre en 2019, et de la Culture signataire en 2018 de la Charte de l’Autre Cercle. Transgender_(Trans)Pride_Library_Logo.png

 

Dans la même optique, l’association américaine ALA vient de publier une déclaration affirmant les droits des personnes transgenre [en], en bibliothèque plus précisément.

Traduction :

CHICAGO – L’American Library Association (ALA), et en particulier son groupe de travail Rainbow RoundTable, est solidaire, sans équivoque et avec force, de son personnel et de ses membres transgenres, des bibliothécaires transgenres, des usagers et usagères transgenres des bibliothèques, des auteurs et autrices transgenres et des membres transgenres des communautés qu’elle sert. En tant qu’organisation engagée dans la justice sociale, l’ALA cherche à soutenir toutes les personnes transgenres, et en particulier celles qui sont vulnérables ou exposées à la discrimination, notamment en accompagnant les besoins et les perspectives spécifiques des personnes transgenres noires, autochtones et de couleur, des personnes transgenres travaillant dans l’industrie du sexe, des migrants et migrantes ainsi que des demandeurs d’asile transgenres, des personnes intersexuées (qui peuvent ou non s’identifier comme trans), des enfants et des jeunes transgenres, des personnes transgenres âgées et des personnes transgenres handicapées.

L’ALA célèbre la récente décision de la Cour suprême reconnaissant l’égalité de toutes et tous sur leur lieu de travail et rejette catégoriquement toute déclaration et action visant à invalider, nuire, effacer et opprimer l’identité et la vie des personnes transgenres.

L’équité, la diversité et l’inclusion font partie intégrante du travail de l’ALA. La discrimination fondée sur l’identité ou l’expression du genre est néfaste pour le bien-être des enfants, des familles et de la société. Les bibliothèques doivent affirmer et soutenir activement la sécurité et les droits des personnes transgenres.

L’ALA condamne la violence contre les transgenres et rend hommage à la vie des personnes transgenres assassinées en raison de leur identité. L’ALA déplore les récentes morts de Jayne Thompson, Riah Milton, Dominique « Rem’mie » Fells, Tony McDade, Nina Pop, Penélope Díaz Ramírez, Layla Pelaez Sánchez, Serena Angelique Velázquez Ramos, Johanna Metzger, Lexi, Monika Diamond, Yampi Méndez Arocho, Neulisa Luciano Ruiz et Dustin Parker.

L’ALA affirme que les diverses expressions de genre, quelle que soit l’identité de genre, et les diverses identités de genre, y compris l’identité non binaires, sont des variations normales et positives de l’expérience humaine.

L’ALA demande à l’ensemble des bibliothécaires et du personnel des bibliothèques ainsi qu’à toutes les parties prenantes des bibliothèques de désigner les personnes transgenres par leurs pronoms et noms déclarés.

L’ALA encourage les responsables et le personnel des bibliothèques à créer des environnements accueillants pour les personnes transgenres, intersexes et de divers genres qui fréquentent nos bibliothèques, en permettant à chacun d’accéder à des équipements, des activités et des programmes qui sont conformes à son identité sexuelle et en offrant, si possible, des options de toilettes neutres pour les personnes qui préfèrent les utiliser ; ainsi que des espaces de dialogue sûrs permettant la libre expression intellectuelle ainsi que la sécurité de tous les membres de la communauté, y compris les personnes transgenres, non binaires et de divers genres.

L’ALA encourage également le personnel des bibliothèques à agir comme allié et défenseur des enfants et des adolescent·e·s de tous les genres et de toutes les orientations sexuelles dans les écoles, notamment en plaidant pour l’inclusion de l’identité de genre, de l’expression de genre et de l’orientation sexuelle dans toutes les politiques pertinentes des commissions scolaires, en particulier les politiques contre le harcèlement et contre les discriminations.

L’ALA invite tous ses membres et organisations membres, de la communauté en bibliothéconomie et des sciences de l’information au sens large comme les institutions de bibliothèques du monde entier à intégrer les droits des personnes transgenres dans leur politiques de travail en faveur d’une justice sociale intersectionnelle et à rechercher activement à travailler avec d’autres parties prenantes ayant un intérêt direct dans la protection des droits des personnes transgenres.

Le texte a été traduit en espagnol et a été repris à son compte par l’Association des bibliothécaires argentin, ABGRA.

Légothèque reprend également ces lignes à son compte et espère mener prochainement un travail plus important autour de l’accueil des personnes trans- dans nos établissements.

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Un mois des fiertés LGBT en ligne

Mise à jour du 29/06 : sur son blog, la section de l’IFLA « Continuing Professional Development and Workplace Learning » propose des témoignages et des ressources de bibliothécaires leaders sur les questions LGBT : https://blogs.ifla.org/cpdwl/2020/06/29/pride-month-resources-by-loida-garcia-febo/

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En raison du confinement, les animations proposées habituellement en juin à l’occasion des différentes Marches des Fiertés n’ont pas pu se tenir comme prévu, les établissements encore pour beaucoup fermés. C’est encore plus le cas outre-Atlantique qui subit encore de plein fouet la première vague de CoViD-19. Mais ces fermetures n’ont pas empêché les collègues de s’organiser et de proposer ressources et animations en ligne afin de mettre en valeur l’histoire et les cultures des publics LGBT.

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En premier lieu, et comme tous les ans, les collègues recensent des collections à thématiques LGBT. Alors qu’on avait auparavant des présentoirs avec titres LGBT, les bibliothécaires vont regrouper et signaler les collections de l’établissement sur une page internet dédiée. Vous retrouvez ainsi des bibliographies en ligne (par exemple à Boston, ou à Chicago) souvent classées en fonction de l’âge des publics, des ressources sonores (Los Angeles propose une discographie ainsi que des podcasts de conférences), voire des vidéos de conférences issues ou non des collections mêmes de la bibliothèque. Les bibliothèques universitaires présentent aussi des ressources dédiées.

Plus largement, c’est l’occasion d’élargir le spectre de ressources en mettant en avant des documents d’archives et d’histoire : ce « pride month » commémore entre autres les émeutes de Stonewall (1969) et les premières Marches se sont donc tenues en 1970, soit il y a tout juste 50 ans. Difficile de passer à côté de cet anniversaire symbolique. C’est ce que tente de valoriser notamment Bibliothèque du Congrès. Au-delà, les bibliothèques américaines et plus largement anglo-saxonnes, en profitent pour rappeler l’histoire des Marches des fiertés et de l’égalité des droits (ici la British Library au Royaume-Uni (dont un article intéressant sur les identités transgenres). Même la célèbre association ALA s’y met qui propose un article sur le sujet dans sa revue mensuelle.

Ces ressources sont alors rassemblées au sein de pages spécifiques qui mettent en avant collections, services et animations spécifiques sur des thématiques LGBT (ici au Canada, là aux États Unis).

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N’allez pas croire, ensuite, que la fermeture des établissements risque de décourager les collègues de proposer des activités. Vous retrouverez ainsi des ateliers manuels à réaliser chez soi (une couronne aux couleurs de l’arc-en-ciel, un dessert de bonbons arc-en-ciel…) et surtout tout un ensemble d’événements en ligne :

les bibliothèques outre-atlantique proposent ainsi une programmation événementielle sur tout le mois :

La mission de ces Marches demeure, en dépit de restriction liées aux mesures sanitaires : rappeler aux membres des communautés LGBTQI+ et leurs alliés qu’ils ne sont pas seuls, qu’ils font partie d’un mouvement plus large en faveur de l’égalité des droits, et que leurs voix comme celle d’autres groupes marginalisés comptent, cette année particulièrement avec les soulèvements qui ont suivi la mort de George Floyd et d’autres Noirs par la police. Dans les programmes apparaissent ainsi des propositions justement pour rendre plus visibles les personnes noires LGBT et plus largement s’opposer aux persécutions policières, que ces événements soient proposés par les bibliothèques ou par les communautés LGBTQ elles-mêmes, les bibliothèques s’en faisant alors le relai (ici à PIMA ou dans le NY Times), voire comme ici, d’insister sur la situation des indigènes au Canada.

Et puisque la Marche, c’est aussi la fête, plusieurs établissements ont proposé également des moments festifs, des Zoom Dance Parties et des performances en ligne. Les bibliothécaires eux-mêmes ne sont pas en restent qui ont proposé le 06 juin dernier un webinaire festif intitulé « Librarians in QUEERantine » avec au programme :

 

  • Des performances musicales (d’une bibliothécaire lesbienne DJ, si si)
  • Des Performances d’heures du conte narrée par une Drag Queen (Electra Young)
  • Une présentation du travail d’archives Queeriodicals par Meg Metcalfe
  • Un jeu d’enquête
  • Des présentations des groupes LGBT de l’ALA et de l’IFLA.

 

Et vous, qu’avez-vous prévu pour fêter ce mois des fiertés ?

« Le racisme n’a pas sa place dans la société que les bibliothèques s’efforcent de construire » G. Leitner

Le 5 juin dernier, dans une déclaration conjointe, la Présidente de l’IFLA, Christine Mackenzie, et son Secrétaire général, Gerald Leitner, réaffirment la lutte contre le racisme et plus largement le respect des droits humains, comme l’une des valeurs fondamentales de notre profession.

Vous trouverez ci-après la traduction de ce texte.

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En réponse au décès de George Floyd et d’autres personnes dans le monde, la présidente de l’IFLA, Christine Mackenzie, et le secrétaire général, Gerald Leitner, ont fait la déclaration suivante.

L’IFLA condamne toutes les formes de racisme comme fondamentalement contraires à la fois aux droits de l’homme et aux valeurs de notre profession.

Les bibliothèques sont des institutions dont la mission est d’améliorer la vie des individus et des communautés qu’elles desservent. Elles le font non seulement en rejetant toute forme de discrimination, mais également en promouvant activement l’inclusion, en donnant à chacun une opportunité significative de faire valoir ses droits à l’information, la culture, l’information et la science. La discrimination raciale et la violence raciale – plus récemment dans le cas de George Floyd, mais aussi dans le monde entier – n’ont pas leur place dans la société que nous souhaitons construire.

En tant qu’organisation internationale, l’IFLA est déterminée à permettre à tous de s’engager et de bénéficier de nos activités, quels que soient leur nationalité, leur handicap, leur origine ethnique, leur genre, leur localisation géographique, leur langue, leur philosophie politique, leur race ou leur religion.

À travers les Manifestes IFLA-UNESCO sur les bibliothèques publiques et scolaires, ainsi que la Déclaration sur les bibliothèques et la liberté intellectuelle, ces mêmes valeurs s’appliquent au travail de nos institutions. Comme souligné dans le Manifeste sur la bibliothèque multiculturelle, cela nécessite un effort conscient et significatif pour solliciter, comprendre et refléter les besoins de tous les membres des communautés que nous servons dans nos collections, nos pratiques et notre personnel. De plus, nous avons le devoir d’être des acteurs proactifs de l’inclusion dans une société plus large.

Aux côtés de nos collègues de l’American Library Association, de l’Australian Library and Information Association et d’ailleurs, nous sommes donc solidaires de ceux qui sont victimes de discrimination raciale à l’intérieur et à l’extérieur de notre domaine. Ce faisant, nous continuerons à promouvoir une bibliothèque et des services d’information œuvrant en faveur d’une société meilleure pour tous.

Christine Mackenzie
Présidente de l’IFLA 2019-2021

Gerald Leitner
Secrétaire général de l’IFLA

5 June 2020

 

Égalité de genres et bibliothèque scientifique : l’exemple du SCD de Aix-Marseille Université

L’an dernier, au dernier congrès de l’IFLA, le SCD de l’Université Aix-Marseille présentait un poster intitulé : « Thank you Hypatia: how a Science library can highlight the work of female scientists and promote gender equality in science ? ». Le poster, présenté par les bibliothécaires Laure Papon-Vidal et Caroline Péron,  revenait sur le rôle des bibliothèques scientifiques autour de l’égalité femmes/hommes.

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poster du SCD AMU

Dans la bibliothèque numérique de l’IFLA, où la plupart des interventions et posters sont déposés, les collègues posent le constat d’activités genrées au regard de la répartition des femmes et hommes dans certaines activités professionnelles et privées, notamment scientifiques, et se demandent pourquoi il y a si peu de femmes qui font des études dites STEM (science, technologies, engineering, mathematics) ? De fait, précisent-elles, « hormis Marie Curie, peu de modèles sont proposés aux jeunes étudiants en sciences et en génie, et peu d’étudiantes suivent des études scientifiques. Par exemple, il n’y a que 12% d’étudiantes en Licence des Sciences de l’Ingénieur à Aix Marseille Université (France). »

Alors, pour attirer plus de femmes dans ces matières scientifiques à l’université, la Bibliothèque scientifique de Saint-Jérôme a entamé depuis cinq ans un travail travail autour de ces questions en étroite collaboration avec la Vice-présidence pour l’égalité des genres et la lutte contre les discriminations de l’Université d’Aix-Marseille (France), par ailleurs très active (cf l’adoption en 2018 d’une charte d’engagement LGBTI à l’Université, ou la mise en place d’un dispositif autorisant l’utilisation d’un prénom et une civilité d’usage a été mis en place à la rentrée 2018-2019 pour assurer aux étudiant.es transgenres et intersexes, en particulier, de meilleures conditions de vie à l’université).

Et cela passe par une réflexion et une prise en compte des femmes scientifiques dans l’ensemble des activités de la bibliothèque, depuis l’espace même de la bibliothèque, aux sessions de formation, la constitution des collection ou l’organisation d’événements, afin de mieux mettre en évidence le rôle des femmes dans les sciences et l’ingénierie.

Renommer les espaces

Pour les espace, il s’est agi par exemple de renommer les différentes salles de la bibliothèque d’après des femmes célèbres. Ainsi, en 2017, un concours de graphisme a également été ouvert à l’ensemble de la communauté AMU sur le thème ‘Femmes scientifiques’. Ce concours avait pour but de créer une œuvre originale mettant en valeur le travail de femmes scientifiques, qu’elles soient mortes ou encore vivantes. L’œuvre sélectionnée devait servir de signalétique sur les portes de certaines salles des BU sciences (Saint-Charles et Saint-Jérôme), espaces renommés en l’honneur de ces femmes.

Développer les collections

Bien sûr, le SCD propose un certain nombre de collections et de collections spécifiques, qu’elles soient physiques ou numériques permettant de mieux faire connaître et mettre en valeur d’autres femmes scientifiques comme Ada Lovelace, Lise Meitner, Rosalind Franklin, Hypatie d’Alexandrie…, femmes moins connues que Marie Curie

Il s’agit aussi d’aller plus loin en organisant des ateliers Wikipédia à la bibliothèque pour créer des articles sur des femmes scientifiques avec notamment l’association  « Les sans pagEs/ Méditerranée » visant à combler combler le fossé et le biais de genre sur Wikipedia comme ce fut le cas le 8 mars 2019.

Eurêkatrice, le jeu de cartes

Pour aller encore plus loin, le SCD s’est associé à une enseignante-chercheuse, Gabrielle REGULA (enseignante-chercheuse et lauréate du prix Diderot-Curien 2018) pour créer un jeu de cartes sur les femmes inventrices, Eurêkatrice, dont le but est de faire deviner des inventions par le dessin ou le mime. L’ensemble des cartes est disponible sur Zenodo.

Devant le faible nombre d’étudiantes en sciences de l’ingénieur (12% en L1 à AMU), l’idée est de mettre en avant des femmes (pour la plupart inconnues ou méconnues) qui ont inventé et breveté des objets techniques servant dans notre vie quotidienne moderne : ces femmes inventrices peuvent servir de modèles, et montrer aux jeunes filles que le monde des technologies, de l’ingénierie, de l’invention, n’est pas masculin.

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boîte du jeu Eurekatrice

Les dessins, réalisés par Karine Mariani, sont sous licence CC-BY-NC-ND.

Déconstruire les stéréotypes

Plus largement, le SCD propose d’autres événements à destination de ses publics, non plus spécifiquement autour de la représentation des femmes scientifiques, mais travaillant à la déconstruction des stéréotypes de genre.

Il développe ses collections y compris en SHS comme tout récemment avec l’abonnement aux bases History of Feminism et Women Social movements in Modern Empires since 1820 regroupant des sources relatives à l’histoire des femmes et des mouvements féministes durant la période contemporaine.

Il a également organisé régulièrement des ateliers d’autodéfense physique et intellectuelle avec l’association Wendo Provence, financés par la mission Égalité Femmes Hommes de l’université.

À l’approche du 8 mars, l’ensemble du SCD prévoit cette année encore une programmation sur le sujet :

 

Et vous, qu’avez-vous prévu ce mois de mars ?

Bonne année 2020 !

L’ensemble des membres de la commission Légothèque de l’AbF adresse à chacune et à chacun ses meilleurs vœux pour 2020.

Nous souhaitons que cette année s’avère fructueuse tant d’un point de vue personnel que professionnel, qu’elle voit la généralisation d’une écriture plus inclusive, mais surtout qu’elle apporte plus d’ouverture et favorise le vivre-ensemble dans nos espaces, et plus largement dans la société. Il apparaît hélas que l’actualité dessine des clivages de plus en plus prononcés, au contraire, l’occasion de réaffirmer le rôle politique de nos établissements et nos propres résolutions de continuer cette année encore à construire, valoriser, promouvoir, accompagner, faciliter, combattre la violence par l’information et la compréhension, tout ce qui fait la raison d’être de notre commission. Les prochaines élections pourront être l’occasion justement de rappeler ces engagements aux décideurs.

En attendant, les activités de la commission promettent déjà d’être denses. En plus des articles publiés dans la revue Bibliothèque(s), de notre activité de veille sur les réseaux sociaux et ce même blog, en tant que commission de l’AbF, Légothèque s’investit à plus d’un titre dans le congrès de l’association prévu en juin prochain à Dunkerque autour du thème de l’inclusion et de la solidarité. Nous participerons à une table-ronde sur les espaces inclusifs, animerons un atelier de co-développement qui s’appuiera sur vos exemples et problématiques concrets, ainsi que, suite au succès rencontré cette année à Paris, organiserons de nouveau une bibliothèque vivante en collaboration avec la commission AccessibilitéS.

La commission aimerait également voir s’étoffer sa carte des ressources sur le genre, quitte à signaler quelques établissements étrangers et développer également son recensement autour des formations, formateurs et formatrices, autour de ses thématiques de prédilections comme vous avez pu le lire dans les lettres de l’association ces derniers mois. Une question qui semble de plus en plus importante de nos jours pour se donner et nous donner à tous, professionnels de l’information, les moyens d’atteindre les résolutions que nous avons plus haut énoncées. Nous vous remercions d’ailleurs pour les ressources que vous nous avez envoyées.

Il se passe beaucoup de choses dans le milieu des bibliothèques autour des thématiques de Légothèque, et encore plus au sein de l’AbF, ce qui augure nombre de partenariats qu’il s’agisse des travaux de Livr’Exil, de l’évolution de la commission jeux vidéo, et développer les partenariats déjà entretenus avec les commissions Jeunesse, International, Numérique, AccessibilitéS… en fait avece pratiquement toutes les autres commissions.

Une année 2020 qui s’annonce bien dense, donc, mais que nous abordons avec enthousiasme et détermination, et que nous espérons fructueuse avec votre concours. Alors à très bientôt dans ces colonnes, via notre mail ou directement sur le lieu du Congrès.

QueerSearch, un projet de portail sur les archives LGBTQ+

Lors de la dernière conférence ALMS fut présenté le projet QueerSearch, un projet de portail regroupant des services d’archives et de collections LGBTI de pays germanophones (Autriche, Allemagne, Suisse, Pays-Bas). L’objectif de ce portail est de proposer une plate-forme commune reliant les catalogues de multiples institutions pour rendre aussi visibles et accessibles que possible documents et objets conservés de manière éparses dans ces pays.

Les institutions partenaires sont : les archives féministes de Berlin, le forum sur l’homosexualité de Munich, Le centre d’archives queers autrichiennes QWIEN, le centre d’histoire LGTB de Cologne, le musée gay de Berlin, l’IHLIA d’Amsterdam, Le centre d’archive et bibliothèque lesbien de Berlin, les archives gaies Suisses, la bibliothèque sur le genre de l’université Humboldt de Berlin, la société Magnus Hirschfeld de Berlin, les archives de l’autre mémorial de la Fondation fédérale Magnus Hirschfeld et le Centre d’histoire culturelle de la sexualité à la Humboldt Berlin, ainsi que des représentants de l’Initiative Queer Nations et des Archives numériques allemandes des femmes.

Du coup, ça fait pleins de contacts dans ces pays si vous en cherchiez. Je vous renvoie par la même occasion au billet « faire des études de genre en Allemagne » sur le blog Germano-fil, hébergé par Hypothèse.

La plupart de ces établissements sont informels et associatifs, ils montent des projets indépendants, y compris du coup dans la façon de classer leurs documents et leurs objets, ce qui complique d’autant la façon de les signaler pour proposer un méta-catalogue pertinent. Sans parler du fait que les personnels impliqués sont bien souvent des bénévoles qui s’investissent sur leur temps libre et fragilisent d’autant les ressources humaines disponibles.

Pourtant, une tentative similaire a déjà été couronnée de succès puisque le réseau IDA (un réseau de bibliothèques universitaires, des fonds d’archives et centres de ressources spécialisées sur les femmes, les lesbiennes et le genre, des associations d’archives ou centres d’archives associatifs ainsi que des bibliothèques régionales) propose déjà un catalogue commun META permettant d’interroger les catalogues de toutes les bibliothèques partenaires.

Quoiqu’il en soit, les objectifs du projet QueerSearch demeurent clairs : développer une base de données de référence en langue allemande, partager les ressources, créer un réseau de centre d’archives et de bibliothèques LGBT, rendre plus accessible et visibles les collections de chacuns des partenaires. Au-delà, il s’agit de penser un thésaurus queer en langue allemande.

Cet objectif de produire un thésaurus partagé fait partie intégrante du projet et a déjà nécessité de nombreuses réunions (cf ce compte-rendu en allemand de l’atelier de lancement du projet) entre les partenaires qui, chacun, utilisait des pratiques d’indexation et de description différentes. Bien sûr, un rapprochement avec l’homosaurus développé par l’IHLIA (et maintenant maintenu par un groupe international basé en Califormie) a été opéré mais ce dernier n’a pas été jugé complètement satisfaisant pour le moment.Quant à l’utilisation des thésaurii utilisés dans les bibliothèques institutionnelles, « Integrated authority files », la classification employée pour les LGBT a été considérée comme problematique et biaisée. Par exemple, le mot « gay » n’y existe pas (il faut chercher « male homosexuality », le mot « lesbian » non plus mais « female love », ce qui n’est neutre).

L’ensemble des institutions espèrent donc créer une association parapluie prochainement et obtenir des subventions pour mener à bien ce projet. Souhaitons-le pleins de réussites !