Le meilleur de notre veille #57

Voici le meilleur de notre veille de ce mois de mars marqué, malgré l’épidémie, par la Journée internationale des droits des femmes (8 mars) et la Journée internationale de la visibilité transgenre (31 mars). De quoi alimenter nos confinements !

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Les parleuses

C’est qui ?

L’association Littérature, etc., créée en 2013, organise chaque année un festival aux thématiques originales autour des littératures. Leur objectif est de décloisonner les littératures et de mettre en valeur les invisibles…

C’est quoi ?

D’abord, c’est le titre d’un très beau recueil de Marguerite Duras et Xavière Gauthier dans lequel cette dernière interviewe la première, le temps d’un été.

Surtout, c’est le nom d’une animation qui propose, autour d’autrices historiques et contemporaines, un atelier d’arpentage, un atelier d’écriture et une conférence.

Une autrice contemporaine marraine l’événement et le suit tout au long de l’année. Pour 2019, c’est Chloé Delaume qui fait confiance à l’association.

Ça se passe comment ?

L’animation est découpée en plusieurs ateliers qui peuvent être réalisés tous ensemble ou séparément. On choisit tout d’abord une autrice « historique » qui peut être française ou étrangère, contemporaine ou ayant écrit il y a plusieurs siècles. Elle est souvent choisie en fonction du lieu où se déroulera la séance.

L’atelier d’arpentage permet d’appréhender un livre de l’autrice choisie, grâce à chaque participant.e qui lit un extrait. Une fois la lecture individuelle terminée, avec la modératrice, chacun.e partage avec le groupe son ressenti. Cette séance permet de découvrir et partager le texte et de mettre en lumière les spécificités de son autrice.

L’atelier d’écriture, chapeauté par la marraine de l’événement, va permettre d’écrire à la manière de l’autrice historique choisie pour la séance.

La rencontre, enregistrée pour la création d’un podcast, va mettre en scène une autrice contemporaine, souvent locale, qui va présenter la vie et l’œuvre d’une autrice historique choisie. Cette présentation est souvent multiple : lecture, performance, conférence… Elle permet de laisser libre cours aux envies de la présentatrice.

Ces différents ateliers peuvent se dérouler sur une journée, une soirée, avoir lieu dans un ou plusieurs établissements partenaires et géographiquement proches… On peut également choisir de ne faire qu’un atelier, bien qu’une expérience complète soit préférable pour embrasser dans son ensemble la carrière de l’autrice choisie. Pourquoi ne pas imaginer un atelier d’écriture dans une bibliothèque, l’atelier d’arpentage dans une autre et conclure par la rencontre dans une 3eme ?

Une partie des coûts est prise en charge grâce aux partenaires (comme la DRAC par exemple).

Mais pourquoi ?

L’intérêt principal de cette action est de rendre aux autrices la place qu’elles devraient naturellement occuper.

Historiquement, les hommes occupent une place imposante dans la littérature, au détriment des femmes qui sont plus facilement oubliées. A tel point que certaines ont publié sous un pseudonyme masculin pour être diffusées. C’est le cas par exemple de James Tiptree, Jr (Alice Bradley Sheldon), Daniel Lesueur (Jeanne Loiseau) ou encore George Sand (Aurore Dupin).

D’autres ont bien un nom féminin, mais ne sont pas perçues comme telles (Andrée Chedid). Parfois, les informations diffusées sont non genrées pour préserver l’identité de l’auteur/autrice, comme ce fut le cas pour Riley Sager qui s’est avérée être un homme (Todd Ritter). Et, rarement, certains hommes prennent un pseudo féminin pour toucher le public avec des livres « dédiés » (entendez par là des « livres destinés aux femmes », catégorisation plus que discutable…).

Bref, l’intérêt est ici de situer les femmes dans le paysage littéraire, de faire connaitre des autrices peu connues et redécouvrir des autrices déjà célèbres. L’action permet également de mettre en avant une autrice locale et de rattacher le matrimoine littéraire à la localité. Et de rendre enfin aux autrices la place qu’elles méritent : ni devant les hommes, ni, surtout, cachées derrière eux. Simplement à leurs côtés, mais tout autant visibles.

Un beau projet qui a déjà connu 6 séances en 2019 et dont la prochaine se tiendra le 20 juillet, à Paris. Si vous voulez plus d’infos, visitez le site https://litterature-etc.com/

Inspirant…

Zoom sur le Laboratoire de l’égalité

Le laboratoire de l’égalité est une association 1901 créée  en 2010 pour obtenir enfin une réelle égalité entre les femmes et les hommes  dans le monde du travail.  Il rassemble désormais plus de 1300 membres, en provenance de tous les secteurs  de la vie politique, économique, universitaire, syndicaliste, associative, médiatique.

Le Conseil d’administration reflète la mixité et la diversité des membres de l’association; le Comité d’orientation également, mais compte une majorité de chercheuses et de chercheurs.

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Le laboratoire poursuit trois objectifs

Rassembler les acteurs de l’égalité professionnelle pour échanger des informations, monter des programmes, des groupes de travail (retraites, précarité, intelligence artificielle…. ), rédiger des analyses, des propositions, des chartes, des brochures, des guides.

Influencer les décideurs de la vie économique et politique grâce à des interventions et des rencontres, publiques ou privées, dans les ministères et dans les entreprises; grâce à des études, des articles, des interventions dans les médias, et à la signature de pactes d’engagement à l’égalité. Emmanuel Macron a signé le Pacte pour l’égalité 2017 qui portait sur l’articulation des temps de vie / Stéréotypes et mixité des métiers / Parité et représentativité /  Précarité et inégalités économiques.

Sensibiliser l’opinion publique à travers des campagnes de communication – « Les femmes on continue à s’asseoir dessus ou on change pour de bon » – , des  rendez-vous de l’égalité, la collection Egale à égal.

 

Le Labo se bat quotidiennement contre les stéréotypes de sexe qui légitiment les inégalités et génèrent les discriminations.

Pour aller plus loin : les chiffres-clés 2017

La collection Egale à égal

L’objet de la collection Egale à égal, au fil d’une série de petits  ouvrages grand public,  est de pointer factuellement les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes : leur origine, leur reproduction, les liens entre elles et leurs effets pervers. De faire le ménage des idées qui encombrent nos têtes depuis qu’on nous a raconté qu’Eve sortait de la côte d’Adam… et qu’on véhicule l’idée d’un sexe qui serait  fort…et de l’autre qui serait faible ! Chaque ouvrage est plus spécifiquement consacré à un aspect de l’inégalité  (qui interagit sur les autres dans un système social globalement inégalitaire), il propose des solutions et souligne les bénéfices individuels et collectifs d’une culture de l’égalité.

La collection est publiée en partenariat avec Belin éditions.

Les  auteur.e.s sont des expert.e.s du domaine concerné; Annie Battle et Catherine Vidal en sont les directrices de collection.

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Légothèque se fait l’écho de cette collection et vous proposera prochainement une recension de titres de cette collection : affaire à suivre donc !

Article rédigé par Annie Battle

 

 

L’ABF, signataire de la convention d’engagement pour une communication sans stéréotypes de sexe

Fin de la trêve hivernale et reprise des publications, aujourd’hui, avec une bonne nouvelle !

Créé en 2013, le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, s’attache notamment à promouvoir la parité et lutter contre les stéréotypes. Il élabore un rapport annuel sur l’état du sexisme en France.

Edité en novembre 2015, le Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe est un outil pratique, qui accompagne la lutte contre les stéréotypes. Le HCE invite ainsi les institutions publiques à l’utilisation d’une écriture inclusive.

Depuis, ministères, collectivités, écoles supérieures et associations ont signé la convention d’engagement pour une communication non sexiste.

L’ABF est, à son tour, devenue signataire : bravo pour cet engagement !

 

A relire : un billet sur l’écriture inclusive à relire sur notre blog

A noter: le HCE est partenaire du premier hackathon dédiée à l’écriture inclusive

Recommandations pour une écriture inclusive et accessible

La parution chez Hatier d’un manuel scolaire adoptant une écriture inclusive, veillant à une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes dans la langue, déclenche depuis plusieurs semaines de vives polémiques, au point que l’Académie française y voit un « péril mortel » pour la langue française. Légothèque vous propose de faire le point sur les modalités d’une écriture inclusive et accessible au plus grand nombre.

Sommaire du manuel adoptant une écriture inclusive – issu du site Actualitté

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LibTechGender : s’interroger quotidiennement sur les questions d’inclusion

En décembre 2012, des collègues américainEs souhaitant créer un espace féministe sur le web anglophone, où il serait possible de parler librement de problématiques autour du genre, des bibliothèques et du numérique créent le groupe LibTechWomen, que l’on pourrait traduire par Bib’Techno’Femmes. Tout l’enjeu de ce groupe est de souligner les discriminations dont peuvent être victimes les femmes dans les facettes plus techniques et technologiques de notre métier. Au cours de l’année 2013, il est devenu au fur et à mesure des discussionsLibTechGender, sans renier LibTechWomen, et sans empêcher les deux termes de coexister : à la manière de Légothèque qui s’interroge sur l’égalité, les questions de genre, de multiculturalisme, de féminisme, et de tout ce qui a trait à l’inclusion, il s’agit d’interroger dans le cadre de l’intersectionnalité.

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