Ensemble pour lutter contre les stéréotypes de genres dans l’édition

Je m’appelle Julia Pietri,  je me considère comme une Féministe Pop’, c’est à dire que j’utilise dans mon travail la “Pop’ Culture” pour déconstruire les stéréotypes de genres, et rendre mon travail le plus accessible pour toutes et tous.

Photo d'une femme blanche aux cheveux châtains décolorés qui porte un manteau noir. Elle se tient devant une devanture de magasin et tient une affiche avec une représentation d'un clitoris rose, avec la mention "it's not an emoji".

Je ne m’adresse pas aux convaincu.e.s. J’essaie de créer de petites “portes ouvertes” vers le féminisme,  des portes d’éveil pour que de nouvelles personnes y entrent, et par la suite, commence à détricoter la pelote de laine du patriarcat par elles-mêmes.  

C’est pour cette raison que j’ai crée ma maison d’édition BETTER CALL JULIA, une maison d’édition indépendante, qui a pour but de faire avancer la réflexion sur les questions des droits des femmes et des questions de genres, en explorant de thématiques et des approches novatrices. 

J’ai lancé une rubrique Jeunesse pour écrire les livres que j’aurais adoré lire quand j’étais petite. Des livres où l’on trouve des réponses simples et sans tabous sur les sujets d’éducation et de santé sexuelle. Les enfants doivent avoir conscience de ce qu’ils ont entre les jambes. Sinon, comment peuvent-ils avoir conscience du consentement et se protéger? Si rien n’existe, il n’y a rien à protéger… »

Visuels de deux livres : le petit guide de la foufoune sexuelle et son second tome.

Inclusive et bienveillante, je parle à la première personne dans mes livres, un lien direct afin de créer un lien de confiance avec les jeunes lectrices et lecteurs. 

Dans Le petit guide de la foufoune sexuelle – Tome 1, je parle de consentement et de corps aux petites filles et aux petits garçons de 4 à 12 ans.

Sans précéder les attentes de l’enfant, ce livre permet de poser des questions aux enfants qui pourront y répondre en fonction de leur âge et de leur maturité. Dans ce livre on parle du sexe comme on parle de l’estomac et j’invite les enfants à exprimer leurs émotions, à poser leurs questions pour les inciter à prendre la parole sans tabou.

Sommaire d'un livre avec quatre parties : découverte du corps, notre corps nous-mêmes, tu grandis ton corps aussi et le monde des grandes et des grands.

On y parle de corps, de pipi, de caca, de l’intimité, de la nudité, de la découverte de l’anatomie, de l’image de soi,  de nos émotions, des câlins, de l’amour, des bébés, mais aussi de la sororité, des frères et des soeurs, à l’importance du respect mutuel ou encore des interdits. Le livre se termine sur les âges de la vie… Grandir c’est quoi ? Et dévoile un peu le monde de la puberté. 

Ensuite, j’ai écrit le Tome 2 pour les ados. 

Le petit guide de la foufoune sexuelle – Tome 2, pour les filles et les garçons. Dans ce livre, on parle aux filles et aux garçons c’est important.

Je parle avec bienveillance et inclusivité de la puberté. J’y explique les émotions, les pics d’hormones, le consentement, les premières fois, les règles, les poils, l’égalité HF et aussi comment mettre un préservatif par exemple …

L’illustratrice Pauline Deshayes accompagne ce guide de magnifiques planches anatomiques, où l’on découvre la véritable anatomie de la vulve, du clitoris, du vagin et aussi du pénis bien sûr.

Planches anatomiques dessinées du pénis, interne et externe et du complexe utéro-clito-vaginal, interne.

Parler d’éducation sexuelle est d’utilité publique car c’est une question de santé sexuelle pour toutes et tous. Ce petit guide prône l’égalité des sexes, aborde les notions d’identité, de liberté, sans oublier de parler des droits fondamentaux et de la prévention.

Tout ce que l’on a besoin d’entendre pour grandir dans une atmosphère heureuse et bienveillante est à l’intérieur !

Dessin de quatre personnages, deux ayant une vulve et deux ayant un pénis. Les différentes évolutions à la puberté sont notées selon le type d'organe génital possédé.

L’éducation à la sexualité est un droit. Toute personne doit recevoir une information de qualité, non discriminatoire et adaptée à sa maturité puisque la sexualité est présente à tous les âges, elle joue un rôle important dans notre développement personnel et nos rapports sociaux. 

Mes références:

Vous pouvez retrouvez mes livres sur le site: https://gangduclito.com/

Le site de la maison d’édition:  http://bettercalljulia.com/

Mon site personnel: https://www.juliapietri.com/

Mon insta : @gangduclito

Les éditions Double ponctuation : l’indépendance au cœur

Entretien avec Étienne Galliand, éditeur

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’exercer votre métier d’éditeur ?
C’est forcément l’histoire d’un parcours personnel… Mais je dirais que comme beaucoup de gens, le livre a été un espace-temps charnière dans ma construction – que ce soit en tant qu’individu ou en tant que citoyen. J’ai donc grandi avec ces livres-mondes, férocement intimes mais ouverts sur l’universel – de ceux qui comptent autant, parfois, que certaines expériences vécues… Je sais ce que je dois aux livres.
Après des études d’Histoire, je me retrouve « tout naturellement » au Festival du premier roman de Chambéry, où j’assurais la relation aux éditeurs – il fallait convaincre d’envoyer gracieusement au Festival plusieurs services de presse pour que les Comités de lecture puissent lire les livres parus dans l’année ! Le Festival était hébergé par la Médiathèque de Chambéry – j’ai pu approcher alors de près le fonctionnement d’un « navire amiral » de lecture publique comme l’était la Médiathèque. J’ai compris à ce moment-là toute l’importance que ces lieux pouvaient avoir, comme espaces de contact au livre évidemment, mais bien plus largement comme lieux de sociabilisation, d’acceptation, de bienveillance – où les conventions sociales reposant sur la hiérarchisation, sur la compétition, sur la justification permanente n’ont plus vraiment la même importance… Passer la porte d’une bibliothèque ou d’une librairie reste encore pour moi, y compris au niveau sensoriel (ne trouver là que de petits bruits enveloppés de silence), une expérience unique, pacificatrice.
Après être passé par l’École de la Paix à Grenoble, j’ai cofondé l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, que j’ai dirigée pendant 10 ans. Ce fut une formidable aventure, d’une intensité humaine incroyable. Mais je ressentais le besoin depuis quelques temps de « passer de l’autre côté », de me rapprocher du texte – et c’est ainsi que sont nées les éditions Double ponctuation. Même si mon histoire avec le livre et l’édition est déjà longue, mon activité proprement éditoriale est assez récente, puisque le premier ouvrage commercialisé professionnellement (par le biais d’un diffuseur et d’un distributeur, CEDIF et POLLEN) est Interdiction de publier de Jean-Yves Mollier, sorti en 2020. Depuis, le catalogue compte une vingtaine de titres et ne va pas cesser de s’enrichir, vu le programme de publication prévu !
En tant qu’éditeur indépendant, je me considère vraiment comme un artisan – en opposition à la fois aux logiques quasi industrielles et fortement capitalistiques des grands groupes éditoriaux mais aussi en matière de savoir-faire : là où la division des tâches est la règle dans une grande structure, la polyvalence, une ligne hiérarchique quasi inexistante, des processus de codécision et la possibilité d’avoir toujours une vision d’ensemble me semblent être intrinsèquement attachés à la figure de l’éditeur et de l’éditrice indépendant·e. Il y a par ailleurs dans ce métier, tel que j’essaie de le pratiquer, un geste, une esthétique… Je crois aussi que les éditeurs et éditrices indépendant·es sont porteurs/porteuses d’une responsabilité, celle de lutter contre la surproduction des livres, contre leur clonage aussi (où toutes les publications finissent par se ressembler, traitent des mêmes sujets, de la même façon). L’éditeur et l’éditrice indépendant·e doit porter d’autres regards sur le monde ; dans tous les domaines, la diversité est vitale. Les grands groupes éditoriaux ont une logique et il serait bien caricatural de dénigrer systématiquement leurs productions (dont certaines sont de très grande qualité). Mais il nous est autorisé aussi de marquer notre différence, en tant qu’éditeurs et éditrices indépendant·es ; et de s’inquiéter, en tant que citoyen·nes, des phénomènes de concentration éditoriale toujours plus importants… Tous ces excès ne sont pas bons, ni pour la bibliodiversité, ni pour la démocratie… Par ailleurs, très concrètement, je déplore les logiques de censure (et d’auto-censure) de plus en plus présentes dans nos métiers – et la judiciarisation croissante de nos pratiques ; il est difficile de publier un livre critique, aujourd’hui, sans devoir le faire relire par un avocat !


Si on considère votre catalogue, pouvez-vous nous expliquer ce qui guide votre travail, quels sont vos sujets de prédilection ?
J’ai essayé d’organiser les éditions selon quelques axes de travail et en montant dès le début des collections. J’ai aussi fait le choix de bâtir un catalogue essentiellement axé sur les sciences humaines et sociales (en attendant peut-être, un jour, de m’aventurer en littérature).
Les axes thématiques couvrent d’un côté tout ce qui se rattache au genre (le féminisme, les mouvements LGBTQ+, etc.), de l’autre tout ce qui concerne les problématiques environnementales (lutte contre les logiques extractivistes et de prédation en particulier) et enfin, tout ce qui tourne autour des notions d’altermondialisme et de décolonialisme (même si ce dernier terme doit être utilisé avec précaution, car il peut recouvrir des réalités très différentes).
Pour chacun de ces axes thématiques, les ouvrages peuvent prendre la forme de témoignages (collection « Deux points »), des essais écrits par des « lanceurs d’alerte » (collection « Point d’exclamation »), des études et analyses plus académiques (collection « Point d’interrogation »). Nous publions par ailleurs des ouvrages sur les mutations du monde du livre et de l’écrit (collection « Bibliodiversité », dont fait partie la revue du même nom), qui rencontrent d’ailleurs une vraie reconnaissance aujourd’hui (voir https://www.double-ponctuation.com/categorie-produit/bibliodiversite/).
En dehors des axes thématiques, de la forme des écrits et des collections, je trouve très important aussi de parler des méthodes de travail que nous essayons de suivre. Ainsi, dans chaque exemplaire sont présentés les engagements des éditions : respect de toutes les formes de droits d’auteur, défense de la librairie indépendante, lutte contre la surproduction des livres – qui nourrit essentiellement, au final, le pilon –, contre le clonage des livres, engagements environnementaux… Les livres sont pensés pour être le plus accessibles possibles tout en restant de très bon niveau ; ils laissent – y compris en maquettage – de la place au lecteur et à la lectrice ; certaines collections utilisent aussi les codes QR pour lier le texte aux références bibliographiques qui sont présentes en ligne… Il est important à ce sujet que le livre intègre des passerelles avec les outils numériques d’aujourd’hui, quand cela a un sens et à la condition de ne pas se perdre…

Pouvez-vous nous présenter brièvement quelques titres de votre catalogue ?

Pour illustrer un peu notre travail, je pense qu’on peut mettre en avant 3 publications qui font partie du programme éditorial de 2022. Difficile de ne pas parler tout d’abord de Inclusi(f‧v‧e‧s) – Le monde du livre et de l’écrit : quelles diversités ? qui vient de sortir et qui présente une analyse plurielle de l’inclusion dans le monde du livre. Quelle est la place qu’on offre réellement aux femmes, aux personnes LGBTQ+, aux groupes socio-économiques traditionnellement exclus (personnes immigrées ou issues de l’immigration, aux personnes précaires, handicapées…), dans nos maisons d’édition, dans nos rédactions, dans nos bibliothèques, dans nos librairies ? Quelles sont les initiatives positives qui essayent de répondre à cette problématique – je suis d’ailleurs ravi que le travail de la Légothèque soit présenté dans cet ouvrage, c’est typiquement ce genre d’initiatives que nous voulons mettre en avant… Voir https://www.double-ponctuation.com/produit/inclusif%c2%b7v%c2%b7e%c2%b7s/

Dans Terre brisée – Pour une philosophie de l’environnement (à paraître), Amaeana Guéniot explore, avec l’aide des plus grands philosophes, notre responsabilité environnementale. C’est important de s’appuyer sur des savoirs philosophiques pour penser une catastrophe environnementale si importante que celle que nous commençons à vivre – pour la première fois due aux activités humaines… Cette responsabilité fondamentale doit être analysée, comprise, acceptée pour pouvoir en faire un levier d’action et non pas une charge culpabilisante handicapante…

Enfin, je suis ravi de publier Vivre sa transidentité à l’école – Parcours et point de vue d’une transeignante, de Mika Alison, qui nous propose son témoignage « de l’intérieur » sur la façon dont se vit un parcours personnel de transition dans un contexte scolaire, mais aussi une analyse sur les points qui pourraient sans doute être améliorés pour permettre une meilleure inclusion des personnes LGBTQ+ dans nos écoles. Ce parcours de vie, ces réflexions pourront sans doute être précieux à la fois pour toutes celles et ceux qui souhaitent continuer à faire des écoles des lieux d’inclusion, mais aussi pour les personnes directement concernées, qui peuvent parfois se sentir bien seul·es…

Il y aurait tant d’autres titres à présenter !… Et tant d’envies, en particulier celle de renforcer les liens interprofessionnels au sein de la chaîne du livre, de la création à la lecture… Je trouve d’ailleurs qu’il faudrait créer plus d’occasion de se parler, tout particulièrement entre éditeurs/éditrices et bibliothécaires… C’est pour cela que je trouve cette occasion que vous m’offrez de présenter notre travail si importante. Merci encore !

http://www.double-ponctuation.com

contact@double-ponctuation.com

Mise en place et valorisation du fonds « All Genders » de la Bibliothèque Publique de Berchem-Sainte-Agathe

par Florence Cochin. Après un Master d’Historienne-Archiviste et 5 années passées à accompagner des adolescent-es autour des thématiques LGBTQIAP+ et de genre, Florence Cochin a repris un Bachelier de Bibliothécaire-Documentaliste à l’HE2B (IESSID) à Bruxelles en 2016. Elle a obtenu le titre de Bibliothécaire-Documentaliste en 2019, après avoir défendu son Travail de Fin d’Etudes « Somewhere Over the Rainbow. Mise en place d’un fonds LGBTQIAP+ en bibliothèque publique : le cas de la Bibliothèque Publique de Berchem-Sainte-Agathe ». Elle a depuis rejoint le LGBTQ Users SIG de l’IFLA et collabore avec la Légothèque à la mise en place d’une boîte à outils pour aider à l’accueil des personnes transgenres en bibliothèque.

Contact : florencecochin [at] hotmail.com

Résumé

Cet article présente la mise en place en 2019 du fonds « All Genders » de la Bibliothèque Publique de Berchem-Sainte-Agathe (Bruxelles), à destination des publics LGBTQIAP+ à partir de 12 ans et de leurs proches, ainsi que les activités de valorisation menées en 2020 et 2021, d’abord sous la direction de Laurence Duhin, puis sous celle de Kevin Aguilar San Feliz. Le soutien sans faille de la direction a permis qu’un budget de 2000 € soit attribué pour lancer ce projet. Projet qui a suscité de nombreuses questions en termes d’indexation, de classement, de sélection des ouvrages, de formation du personnel, d’inscription des usagers auxquelles nous avons répondu de notre mieux tout en respectant la législation des bibliothèques de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) et les règles en vigueur au sein du Catalogue Collectif Bruxellois Informatisé (CCBI).

1. Contexte

Berchem-Sainte-Agathe est une des 19 communes de la Région Bruxelloise. Bien que la commune a rejoint la campagne « All Genders Welcome », il n’y avait rien concernant les thématiques LGBTQIAP+ à destination du grand public sur le long terme. Cela nous posait question étant donné le caractère plutôt conservateur de la commune sur ces questions1.

La bibliothèque publique de Berchem-Sainte-Agathe est une bibliothèque bruxelloise francophone. Cela signifie que son fonctionnement est régi par le Décret de 2009 de la Fédération Wallonie-Bruxelles concernant les bibliothèques publiques. Celui-ci stipule entre autres que les bibliothèques publiques sont des opérateurs culturels devant permettre une émancipation individuelle et collective de l’individu, oblige les bibliothèques à travailler dans une logique de projet et de développement de partenariats (les plans quinquennaux de développement de la lecture). Il fixe également les outils d’indexation (RAMEAU et CDU/Dewey).

Elle fait également partie du catalogue collectif bruxellois informatisé. Afin de garantir la cohérence du catalogue, il y a donc certaines règles à respecter :

– on ne peut pas indexer la fiction, sauf cas exceptionnel. Si la fiction est indexée, cela ne doit pas être trop poussé : pas de subdivision de date ou de lieu. Le nombre de vedettes matières est limité à un ou deux.

– on ne peut pas utiliser le champ 610 d’indexation libre d’UNIMARC

2. Le projet

L’adolescence étant souvent considérée comme une période critique et les moins de 26 ans constituant 51 % des 3298 lecteurs inscrits 2en 2019 (ils constituent maintenant 60 % des inscrits), nous avons décidé, Laurence Duhin et moi-même, que ce fonds serait destiné prioritairement aux 12-26 ans (les adolescents et jeunes adultes) et à leurs proches. Comme le volet de lecture numérique est encore peu développé et dépend du service Lirtuel de la FWB, le fonds est composé uniquement de documents au format papier.

3. La méthodologie

Pour réaliser ce travail, j’ai d’abord réalisé un état des lieux de la situation dans le catalogue collectif bruxellois. Cet état des lieux s’est fait dans le catalogue collectif sur base des termes du sigle « LGBTQIAP+ » et de leur équivalent dans RAMEAU.

En 2019, il y avait 14 résultats à la bibliothèque de Berchem-Sainte-Agathe (puisque la fiction n’était pas indexée). Fin 2021, il y avait près de 300 documents dans le fonds.

Suite aux résultats obtenus, j’ai conçu une politique d’acquisition sur base d’un budget de 2000 €. Il a également fallu analyser RAMEAU pour savoir quelles vedettes existent, quels termes manquent et comment pallier ce manque. Se sont également posées les questions du classement des documents, de la pérennisation du projet (notamment la formation des bibliothécaires) et de la valorisation du fonds. Pour réaliser ce travail, j’ai pu compter sur le soutien total de Mme Laurence Duhin ainsi que sur l’aide de plusieurs associations aux différentes étapes du projet : Genres Pluriels ASBL, Merhaba VZW, Tels Quels ASBL, et à partir de 2021 Alter Visio ASBL.

3.1. Élaboration de la politique d’acquisition

Il a d’abord fallu repérer les fictions traitant des thématiques LGBTQIAP+ qui étaient déjà à la bibliothèque afin de les verser dans le fonds et de les rétro-indexer.

Ensuite, j’ai construit une politique d’acquisition avec l’aide de Genres Pluriels ASBL, Merhaba VZW et Tels Quels ASBL qui m’ont guidée sur les thèmes importants pour les documentaires et m’ont fourni leurs publications.

Les critères furent les suivants :

Avoir principalement de la fiction pour être cohérent avec le reste des collections

Privilégier les bandes dessinées et les mangas, car ce sont de puissants produits d’appel

Représenter autant que l’offre éditoriale le permette les différentes identités de LGBTQIAP+.

Une attention particulière a été apportée à la date de publication.

Il ne devait s’agir que de documents au format papier et en français.

Sur base de ces critères, il a fallu sélectionner des outils permettant de repérer les documents. J’ai principalement travaillé avec la Rainbowthèque, PlanèteDiversité et les chroniques de la chaîne YouTube Cordélia Aime.

3.2. L’indexation

À la bibliothèque de Berchem-Sainte-Agathe, on se sert de RAMEAU, la CDU étant utilisée principalement pour le plan de classement. C’est donc uniquement cet outil que j’ai analysé.

En 2019, mes constats furent les suivants :

Concernant l’homosexualité masculine, il y a une très grande diversité de termes et une mise à jour régulière. Concernant le lesbianisme également, mais les vedettes matières sont subordonnées à celles relatives à l’homosexualité masculine. À l’époque où j’avais rédigé mon travail de fin d’études, il n’y avait pas encore cette richesse de vocabulaire pour la bisexualité et la transidentité. Le terme hermaphrodisme — considéré comme insultant par les publics LGBTQIAP+ — était le descripteur en vigueur pour désigner l’intersexuation. Les termes d’asexualité, aromantisme, polyamour, pansexualité, non-binarité étaient absents. J’ai vu en 2021que les termes polyamour, intersexué ont été ajoutés dans RAMEAU. Les documents que nous possédions sur ces sujets ont donc été rétro-indexés.

Concernant les documents sur la pansexualité, décision a été prise de les indexer avec le terme « bisexualité » (qui peut être considéré comme un terme générique), les documents sur la non-binarité ont été indexés avec le terme générique « transidentité ». Pour les documents désignant l’asexualité et l’aromantisme, comme aucun descripteur ne pouvait être lié à ces concepts, nous avions initialement décidé forger des résumés contenant les mots-clés en question. En 2021, les termes étant dans repris dans le CCBI, nous avons pu les utiliser pour l’indexation.

Ce point nous semblait fondamental, car la recherche dans le catalogue se fait sur base de ces mots-clés. Si on veut qu’un usager puisse accéder à l’information, il est important que ceux-ci soient adéquats.

3.3. Le plan de classement et la signalétique

À la bibliothèque de Berchem-Sainte-Agathe, une signalétique sur le dos du livre signifie qu’on doit regrouper ensemble tous les livres avec cette signalétique.

Or regrouper les livres LGBTQIAP+ est quelque chose que nous voulions éviter. En effet, c’était selon nous une forme de stigmatisation. Cela aurait pu éloigner des lecteurs qui pourraient se dire « je ne suis pas LGBTQIAP+ donc cela ne me concerne pas » ou empêcher les personnes encore dans le placard de s’approcher de l’étagère. En effet, la bibliothèque est configurée de telle sorte qu’on voit qui va dans les différentes sections et il n’y a pas d’automate de prêt. Or les personnes dans le placard constituent 35 % de notre public cible1.

C’est également une approche qui nous avait été déconseillée par les trois associations avec lesquelles je travaillais.

Nous avons donc opté pour disséminer les livres dans la bibliothèque, ceci afin de respecter la vie privée des usagers et de faire de la médiation douce. Mais ils sont identifiés par un cachet « All Genders » sur la première page pour signifier leur appartenance au fonds.

Dessin du bas d'un téléphone avec des  breloques. Le texte "all genders" a été tamponné.

3.4 La pérennisation

Les bibliothécaires étaient très ouvertes sur la question, mais m’avaient très vite dit qu’elles ne connaissaient pas le vocabulaire et donc ne se sentaient pas forcément à l’aise pour continuer le projet après mon départ. C’est pour cette raison que j’ai organisé une formation théorique, qui a été donnée par Genres Pluriels. Celle-ci présentait les principaux concepts de manière théorique. J’ai ensuite complété cela par deux séances qui en tout ont duré 10 heures de tête-à-tête avec la bibliothécaire chargée de cataloguer et indexer les romans, BD, mangas et documentaires. Nous avons donc discuté ensemble de l’indexation la plus adéquate en fonction de ce que proposait RAMEAU et de ce qui avait été expliqué à la formation. De nouvelles formations sont prévues en 2022 avec Genres Pluriels et avec Alter Visio. En effet, il y aura à ce moment-là un recul de 3 ans sur le travail accompli, ce qui permettra d’affiner les questionnements.

J’ai également conçu une boîte à outils à destination des bibliothécaires qui reprend un lexique, un calendrier des principales dates du calendrier LGBTQIAP+ en Belgique (festivals, etc.) afin de leur permettre de mettre des livres en avant, une liste des termes retenus pour l’indexation, des pistes d’animation.

3.5 La valorisation

Plusieurs initiatives ont été lancées afin de faire connaître le fonds :

– en référence au projet « All Genders Welcome », il a reçu le nom « All Genders », ceci afin de le rendre clairement identifiable.

– un album dédié a été créé sur la page Facebook de la bibliothèque.

– un club de lecture a été organisé en collaboration avec Genres Pluriels pour le Pride Festival.

Cela a été un moment d’échange qui nous a permis de présenter le fonds, mais aussi d’aboutir à une procédure d’inscription permettant aux personnes transgenres qui le souhaitaient de s’inscrire avec leur prénom d’usage, même s’il était différent du prénom présent sur leur carte d’identité. Cela nous a démontré l’importance des activités en safe space

– la deuxième a été une soirée d’inauguration du fonds All Genders en présence de Mr Sébastien Ministru. À cette occasion, une interview avec la revue LGBTQIAP+ Rédac CHEFF a eu lieu.

– la troisième a été la création d’un folder présentant un résumé des BD et mangas présents dans le fonds.

– une page spécifique présentant le fonds a été créée dans le catalogue collectif.

Capture d'écran d'un site web "fonds all genders" avec les définition du sigle LGBTQIAP+ et les raisons de l'existence du fonds.

Grâce à un subside de l’équalité des chances de la Région bruxelloise octroyé en 2020, la bibliothèque a pu organiser :

– 4 animations en safe space LGBTQIAP+ en 2020 et 2021 (un atelier d’oralité, un partage de textes, des capsules créatives, un atelier d’écriture). Ces activités ont permis de renforcer les partenariats existants, notamment avec Genres Pluriels, et d’en créer de nouveau avec Alter Visio ASBL, Bicoli, Aline La Sardine.

– 1 spectacle de contes suivi d’une discussion modérée avec Alter Visio ASBL à destination des adolescents en partenariat avec la Maison des Jeunes de Berchem-Sainte-Agathe

Affiche du spectacle "Forzameta, récits et musiques d'un autre genre". Une femme blanche habillée d'une robe frappe un tambour.

– et réaliser une bibliographie exhaustive disponible au format PDF auprès de la bibliothèque à l’adresse allgendersbsa [at] gmail.com

– mise en place d’un présentoir de livres dédiés à la transidentité à l’occasion de la journée du souvenir trans le 20 novembre 2021. Cela nous a semblé une bonne idée d’avoir un présentoir pour quelques dates clés du calendrier LGBTQIAP+, car cela nous permet de visibiliser cette thématique sans risquer de compromettre les usagers qui auraient besoin de discrétion. Les retours ont été positifs.

Présentoirs de livres au sujet de la journée du souvenir trans : le Prince et la Couturière, Appelez-moi Nathan, Vernon Subutex, Justin, etc.

Conclusion

Ce projet a soulevé et continue de soulever beaucoup de questions auxquelles nous tâchons de répondre de notre mieux en fonction de nos moyens et de notre contexte de travail. Il nous a aussi appris que, lorsqu’on se positionne comme une bibliothèque inclusive, réfléchir aux collections ne suffit pas. Il importe au moins autant de réfléchir aux bâtiments, à l’accueil, aux procédures, à la sécurité… Bref il y a de quoi s’occuper pendant plusieurs carrières ! D’où l’intérêt de s’entourer de partenaires et de ménager des temps en safe space pour les publics visés qui peuvent ainsi nous accompagner, nous guider, enrichir notre réflexion avec leur ressenti et leurs idées. Car, in fine, n’est-ce pas pour eux que nous travaillons ?

1 Le drapeau arc-en-ciel hissé par le centre culturel néerlandophone De Kroon à l’occasion du 17 mai 2021 a été brûlé, par exemple. Source : https://bx1.be/communes/berchem-sainte-agathe/berchem-sainte-agathe-un-drapeau-lgbt-incendie-ce-week-end/

2 Entretien avec L. DUHIN, bibliothécaire responsable de la bibliothèque de Berchem-Sainte-Agathe, 20 mai 2019.

Des espaces inclusifs : quels signaux de bienvenue ?

Cette semaine, nous vous proposons un zoom sur cette table ronde organisée par la commission Légothèque lors du Congrès 2021 de l’ABF qui s’est tenu en ligne en juin.


Des espaces inclusifs : quels signaux de bienvenue ?

Intervenant·es :
-Aénor Carbain, responsable de la médiathèque de Pontarlier, membre de la commission Légothèque (ABF)

-Alicia Selles Carrot, présidente de la FESABID, l’association des Bibliothécaires espagnoles.

-Traductrice : Julie Calmus, responsable du service développement des publics, bibliothèque de Bordeaux, membre de la commission International (ABF)

-Modératrice : Fabienne Le Hein, responsable de la bibliothèque François Villon, Ville de Paris, membre de la commission Légothèque (ABF)

Cette rencontre portait sur les espaces inclusifs, et les signaux de bienvenue qu’ils véhiculent ou sont censés véhiculer. Un sujet qui fait partie des centres d’intérêt et de réflexion de la commission Légothèque.
Certes, les publics qui fréquentent nos bibliothèques les associent volontiers à des lieux accueillants, chaleureux, inclusifs, mais il est néanmoins légitime de s’interroger sur cette vision des choses, ou du moins de la questionner. En effet, ce critère de fréquentation de nos établissements est une focale très large, qui regroupe des réalités de nature très diverse : on dispose certes d’indicateurs quantifiables, à savoir le nombre de personnes inscrites dans les bibliothèques, mais ce n’est pas, ce ne peut pas être le seul baromètre. Il y a aussi des personnes qui viennent, mais sans être inscrites (ces données sont elles non quantifiables), et il y a aussi des personnes qui ne viennent pas, ou ne viennent plus, pour des raisons qui leur appartiennent.
L’accueil et l’inclusion dans nos établissements se jouent en fait à différents niveaux qu’il est crucial d’interroger à travers le prisme des espaces, des collections, et des services, c’est dans ce cadre que se situaient l’intervention d’Alicia et d’Aenor. Dans leurs interventions, Aenor et Alicia ont donc apporté leur vision personnelle, leur regard critique à travers des éléments théoriques et pratiques, et interrogé les marqueurs de l’inclusion (sociale et numérique), les notions d’aménagement de l’espace, et les enjeux matériels ou symboliques, implicites ou explicites qui peuvent en découler, comme ce peut être le cas autour des toilettes dont on a également parlé dans ce Congrès et à travers les prix décernés à l’occasion de la 1ère édition du concours « Chouettes Toilettes » !

-L’intervention d’Aenor s’est déroulée en deux temps
Un retour d’expérience pratique sur un stage collectif qui concerne l’aménagement urbain non genré. Vous trouverez un article détaillé sur ce sujet sur notre blog : « La Budgétisation sensible au genre : d’un outil budgétaire pour la réduction des inégalités de genre à un outil pour une politique documentaire inclusive ? »
Une réflexion plus théorique sur les espaces (« safe spaces » = espaces où on se sent en sécurité) en bibliothèque.

Alicia quant à elle a présenté une étude théorique menée par la FESABID et le ministère de la Culture dont l’objectif est d’aider les bibliothèques à mettre en œuvre des projets d’inclusion sociale et numérique. L’inclusion sociale est devenue un enjeu à part entière en Espagne, en raison de la crise économique ces dernières années. Cette étude s’inscrit dans une stratégie nationale en lien avec l’agenda 2030.
A suivi une présentation pratique : il existe un prix qui récompense les bibliothèques qui ont œuvré dans le domaine de l’inclusion sociale ; à l’aide d’une carte, Alicia a fait un focus sur des projets qui se sont distingués dans ces domaines.
La FESABID a diligenté le 1er rapport mesurant l’impact socio-économique des bibliothèques (2015).
https://www.ccbiblio.es/mapa-sello-ccb/
Fundació Biblioteca Social
Mapa de proyectos de bibliotecas públicas para la inclusión social

Retrouvez l’intégralité de cette table ronde en vidéo

Les captations vidéo des autres sessions en ligne du Congrès 2021 sont également disponibles gratuitement.

La commission ABF Livr’exil

En 2019, à l’initiative de collègues impliqué·es dans l’accueil des migrant·es en bibliothèque, l’ABF lance un appel à volontaires pour former un groupe de travail pour réfléchir à l’accompagnement professionnel des personnes migrantes qui souhaitent travailler en bibliothèques. Ce groupe de travail deviendra la commission Livr’exil. Plus d’un an après, la commission accompagne sa première bénéficiaire dans ses stages et vers la fin de sa formation d’auxiliaire dispensée par l’ABF Ile-de-France et le début de son insertion dans l’emploi. 

Le coeur du travail de la commission est de comprendre les besoins du ou de la bénéficiaire et de l’accompagner dans les différentes options qu’on peut lui proposer:

  • inscription dans la formation initiale de l’ABF 
  • accompagnement par un·e tuteur·rice bibliothécaire (rendez-vous réguliers, visites de structures)
  • stages (long sur toute l’année et de 35h en une semaine) dans le cadre de la formation ABF
  • préparation aux examens
  • accompagnement dans la recherche d’emploi

Mariam Sadat, notre première bénéficiaire vous le racontera mieux que nous:

  1. Comment as-tu rencontré Livr’exil ?

Par internet, à cette époque-là j’avais une assistante sociale et j’avais envie de travailler dans un lieu culturel. Je lui ai demandé si elle pouvait trouver un travail comme ça, comme par exemple dans une bibliothèque. Elle a trouvé sur internet Livr’exil et m’a expliqué que c’est un projet pour les gens qui travaillaient comme libraires, journalistes, documentalistes, écrivains dans leurs pays. Je lui ai dit que ça m’intéressait et de m’inscrire. A cette époque là je ne savais pas que cette formation était aussi difficile, si j’avais su peut-être que je ne me serais pas inscrite. Mais bon maintenant je suis là et je suis contente !

  1. Qu’est ce qui t’a convaincue de t’inscrire à la formation auxiliaire de l’ABF ?

Les livres. Quand j’étais très petite je me souviens que je lisais beaucoup, même des livres qui ne sont pas pour les enfants mais pour les adultes. J’avais tout le temps un livre entre les mains, c’est peut-être pour cela que je voulais travailler dans une bibliothèque. Et aussi j’adore feuilleter un vrai livre, sentir le papier, c’est naturel, ça vient de la nature.

  1. Tu fréquentais des bibliothèques en Afghanistan ? Tu t’attendais aux mêmes bibliothèques qu’on trouve en France ?

Non, on a des bibliothèques mais pas comme en France. Les rôles des bibliothèques en France c’est très différent de chez nous. Quand j’étais en Afghanistan je ne savais pas beaucoup ce qu’étaient les rôles des bibliothèques. Chez nous c’est plus simple qu’ici. On donne des livres, on prend des livres, c’est tout. On a beaucoup de grandes bibliothèques mais pas exactement comme ici.

Bibliothèque publique de Kaboul
  1. Tu as commencé ta formation de bibliothécaire en septembre pendant la pandémie, quelles sont les deux choses que tu as découvertes avec ta formation d’auxiliaire sur le métier de bibliothécaire ?

En tant que bibliothécaire on doit trouver des solutions pour tout le monde parce que la bibliothèque s’adresse à tout le monde. Ça me fait penser à un lieu magique pour trouver tout ce qu’on veut, et le bibliothécaire est le génie qui exauce les vœux. 

La deuxième chose que j’ai apprise c’est la tolérance et ça me touche. Toutes les formatrices veulent adapter cette formation à tout le monde, même moi qui ne maîtrise pas la langue française. Je ne suis pas française, je parle peut-être bien français, je comprends bien le français mais j’ai du mal à apprendre tout et je trouve qu’il y a beaucoup de tolérance avec moi dans cette formation.

  1. Quelles sont les deux choses que tu as découvertes avec ton stage à la bibliothèque Vaugirard de la Ville de Paris ?

J’ai appris beaucoup de choses. Ce que j’apprends en théorie dans la formation, je le pratique chaque mercredi à la bibliothèque Vaugirard. La première chose c’est tout simplement d’accueillir les différents usagers : souriants, énervés, curieux, les personnes âgées, les jeunes, les enfants même tout petits. La bibliothèque c’est un paradis, mais un paradis des mots. 

La deuxième chose c’est ranger des livres par cotes. Et aussi aimer les livres plus qu’avant !

Bibliothèque Vaugirard, Paris
  1. Comment se passe ton tutorat par la commission Livr’exil ?

Je voudrais répondre par une seule phrase : sans mon tutorat je ne serais pas arrivée jusque maintenant.

Thomas Santer – Commission Livr’exil – tuteur de Mariam : Très rapidement nous nous sommes rendu compte qu’il était nécessaire de débriefer les cours de la formation d’auxiliaire afin que Mariam puisse se les réapproprier. D’une part, il y avait la barrière de la langue avec des mots et des notions bibliothéconomiques difficiles à comprendre. Mais il s’agissait aussi de rassurer Mariam quant aux compétences qu’elle a à apporter à ce métier. Nous avons donc mis en place un tutorat dans lequel nous essayons de nous voir une fois par semaine, ce qui demande un investissement supplémentaire important. Ces échanges sont très enrichissants pour moi car ils me forcent à expliquer les grands débats actuels au sein des bibliothèques mais aussi parce qu’ils questionnent l’ethnocentrisme et la place des cultures orientales dans nos collections. Et puis c’est avant tout une belle rencontre avec une personne admirable et motivée qui partage les mêmes valeurs d’accueil et de service public que l’on attend d’un.e bibliothécaire.
  1. Qu’est ce qu’il se passe pour toi dans les prochains mois ?

Ahhhh ! (soupir) Je commence un autre stage dans une autre bibliothèque, à St Ouen, pendant une semaine. Et en avril j’ai un examen blanc. Et pour tout ça je dois travailler et pour moi c’est une obligation pour arriver à la fin. Mais pas avec n’importe quel résultat. Je voudrais un bon résultat à la fin de cette formation, pas juste la moyenne. Je vais essayer d’obtenir mon diplôme avec de bonnes notes. Je ne sais pas si je vais y arriver mais je vais essayer, ça c’est promis !

Médiathèque Persepolis, St Ouen

Aujourd’hui, la commission recherche de nouveaux bénéficiaires pour la rentrée 2021, des tuteurs et des structures prêtes à accueillir sur un stage longue durée.

Contact : livrexil@abf.asso.fr

Bibliothèque(s) et inclusion

2021 sera une année blanche pour la revue de l’ABF Bibliothèque(s). Pour bien commencer l’année quand même, voici un récapitulatif des articles publiés dans la rubrique Bibliothèques et inclusion. Tous les numéros à partir de l’année passée se trouvent dans la bibliothèque numérique de l’Enssib.

Bibliothèques n° 102-103

Un répertoire de formations sur les thèmes de l’inclusion, de la construction de soi et de la lutte contre les stéréotypes (p. 12)

La médiathèque Valentin Haüy : la médiathèque inclusive (p. 15)

Bibliothèques n° 100-101

L’album jeunesse dans la construction de soi : compte-rendu d’une table-ronde au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil

Les livres ont la parole : regards croisés sur une bibliothèque vivante au congrès de l’ABF

Bibliothèques n° 98-99

Rencontre avec Juda la Vidange, drag king qui propose des heures du conte en bibliothèque

Initiative : une formation « Pour des bibliothèques non-sexistes »

Bibliothèques n° 96-97

Atelier EFiGiES Archives, mémoire, transmission du féminisme et LGBTQ+

L’Encyclopédie des migrants : de l’intime au politique

Bibliothèques n°94-95

La semaine des discriminations à Montreuil

Une bibliothèque au Point éphémère !

Bibliothèques n°92-93

Une carte pour signaler les centres de ressources sur le genre

L’ABF s’engage pour une communication sans stéréotype de sexe

Bibliothèques n°90-91

Des bibliothèques gay-friendly ?

Bibliothèques n°88-89

Rendre visible les femmes invisibles

Bibliothèques n°87

Bibliothèques et migrant-es, comment faire ? L’exemple suédois

Et bien sûr le numéro 80, qui a pour thème Bibliothèque(s) et inclusion !

Bonne lecture !