Le congrès IFLA 2017

Cette année, le congrès international de l’IFLA 2017 se déroulait à Wroclaw, en Pologne, une ville particulièrement dynamique puisqu’après avoir été nommée capitale européenne de la culture en 2016, elle accueillait en juillet dernier les World Games, une compétition sportive rassemblant des disciplines non inscrites aux jeux olympiques et donc, l’IFLA du 19 au 25 août.

Outre qu’il permet de rencontrer et de partager avec des collègues du monde entier, ce congrès est l’occasion également de construire et participer aux groupes de travail sur nos thèmes de prédilection. Parmi ces derniers, ceux qui suivent ce blog savent que nous nous impliquons notamment dans les travaux de la section autour du Multiculturalisme, suivons le SIG Women, Information and Libraries et participons au SIG LGBTQ Users.

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Le SIG LGBTQ Users organisait le lundi 25 août une conférence autour de la notion de l’intersectionnalité et du rapprochement des luttes : « Intersectionality: Libraries at the intersection of community identities« . Nous avons donc eu le plaisir d’écouter une intervention vraiment passionnante autour des modalités de renseignements sur la santé sexuelle que les centres de documentation et bibliothèques peuvent apporter aux publics sourds : Intersectional and intermodal: Making sexual health information accessible to LGBTQ+ Deaf people. Je vous en recommande la lecture. Ensuite, il s’est agi d’explorer la façon dont nos établissements pouvaient reconnaître et travailler avec le public trans à partir de deux interventions, la première sur l’importance de la mise en place de toilettes mixtes aux États-Unis (Libraries and Gender Neutral / Inclusive Bathrooms: Case Studies on Promoting Information, Inclusivity and Access in Open Spaces), la seconde sur le travail mené au Canada autour des archives trans et des liens que des bibliothèques universitaires mènent avec ces communautés (Becoming a Trans Ally: Social Justice Work through Libraries and Archives).  Enfin, la conférence s’est intéressée à la question des archives LGBTQ à travers des exemples américains (Education, GIS Mapping and Portals of Knowledge: Archival Strategies and Perspectives from ONE Archives), russe, est-européens (Contemporary Art and Alternative Queer Archival Strategies in Central and Eastern Europe) avec un focus hongrois (The efforts and plans of Hungarian LGBTQ archives). La soirée conviviale organisée dans un bar de la ville le mercredi 23 fut également un succès puisqu’elle a rassemblée pas moins d’une vingtaine de collègues.

De nombreuses interventions ont porté sur les questions de multiculturalisme avec un focus dès le premier jour du Congrès autour du rôle des bibliothèques en période de crise : « Libraries in Times of Crisis: Historical Perspectives » (Library History Special Interest Group). La question des populations indigènes a été largement débattues, que ce soit via la signalisation des ressources, le soutien que les bibliothèques peuvent apporter aux communautés indigènes (Indigenous Continuity: how do you show your solidarity? – Indigenous Matters) ou immigrées avec la volonté de mettre en place une boîte à outils élaborée à partir d’exemples issus de plusieurs pays dans le monde (Multicultural Library Manifesto Toolkit – Case Studies and Illustrations from a Global Perspective – Library Services for Multicultural Populations ; la liste des interventions est disponible sur le planning en ligne en date du mardi 22 matin).

L’inclusion d’ailleurs fut à l’honneur d’un article de la revue American Libraries, qui est heureusement revenu sur le traitement de cette question, en restituant avec justesse les propos des interventions aux différentes sessions.

Le SIG Women, Information and libraries, quant à lui, a été particulièrement actif en proposant une non-conférence sur le thème de la solidarité, « Solidarity in action: how we answer the call« . La non-conférence ne prévoit pas de thème en amont, mais laisse les participants choisir eux-mêmes les thématiques sur lesquelles ils souhaiteraient discuter puis organise les échanges et les réflexions.
Auparavant, le groupe a animé une rencontre-satellite sur la situation des femmes en situation de conflit et la façon dont les établissements pouvaient identifier leurs besoins informationnels et conserver ensuite leurs histoires.

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D’autres conférences portaient sur la redéfinition du rôle, notamment social, des bibliothèques, sur la question de l’inclusion, des bibliothèques vivantes. Plus largement, le congrès a abordé nombres de thématiques autour de l’Agenda 2030 de l’ONU, du mouvement de l’Open Access et de la question des Fake News, ou la gestion du changement.

Pour rappel, l’ensemble des interventions est destiné à alimenter la bibliothèque numérique de l’IFLA à l’adresse : http://library.ifla.org/. Le congrès était livetwitté avec le hashtag #WLIC2017 et accessible sur une page Facebook dédiée vous permettant de retrouver les principaux événements et informations de ce congrès.

Cliquez sur le logo pour voir une vidéo de résumé du congrès de cette année.

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Laïcité et égalité : pour une posture professionnelle non discriminatoire

Le rapport « Laïcité et fait religieux dans les bibliothèques publiques » réalisé en septembre 2016 par l’Inspection générale des bibliothèques (IGB) rappelle le rôle fondamental des bibliothèques en terme d’accès à l’information, de construction de l’esprit critique, d’éducation aux médias, de lieu de débat.

Riche d’enseignements à de mutiples niveaux, l’étude mentionne les actions réalisées par différentes bibliothèques autour des thématiques de la laïcité et des valeurs républicaines à la suite des attentats de 2015 en France. Nécessaires et répondant à une attente, les nombreuses conférences ou expositions existants sur ces thématiques touchent cependant essentiellement un public acquis, et aborder la question de manière frontale peut même être contreproductif dans certains contextes, souligne le rapport.

Issue d’une formation-action conduite par plusieurs centres de ressources Politique de la ville (Profession Banlieue à Saint-Denis, Trajectoire Ressources à Montbéliard, Résovilles à Nantes), la synthèse « Laïcité et égalité : pour une posture professionnelle non discriminatoire », menée par Dounia et Lydia Bouzar, aborde la laïcité sous un angle pragmatique. Destinée d’abord au secteur socio-éducatif, les constats de cette synthèse peuvent également être éclairants pour la pratique professionelle des bibliothécaires. Lire la suite

Littératures et « francophonie » #1 – Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne / Kaoutar Harchi

« Suffit-il d’écrire dans la langue de Molière pour êre reconnu comme un « écrivain français » ? Ou la littérature entretient-elle, en France, un rapport trop étroit avec la nation pour que ce soit si simple ? »i

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Publics empêchés et (re)construction de soi

Le 25 janvier dernier, la Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC) rendait public les résultats d’une étude du Crédoc intitulée « Lecture publique et publics empêchés ».

Cette publication a également donné lieu à une journée d’étude en association avec l’Abf et la médiathèque Françoise Sagan à Paris.

Si au cours de cette journée l’accent a principalement été mis sur l’accès à l’information, il nous semble également intéressant de revenir ici sur certaines des interventions présentées en s’interrogeant sur les questions liées à construction ou à la reconstruction de soi qu’elles pouvaient présenter.

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Bibliothèques et citoyenneté au programme de la journée d’étude ABF Nord-Pas de Calais

Comment la Bibliothèque remplit ses missions de lieu-ressource pour le citoyen de demain ? telle était la question posée lors de la journée d’étude du groupe régional Nord Pas-de-Calais de l’ABF.

Plusieurs interventions et retours d’expérience ont illustré cette large thématique de la citoyenneté.

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Journée d’étude à la nouvelle médiathèque de Carvin

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Ne suis-je pas une femme ? Femmes noires et féminisme / bell hooks

« « Ne suis-je pas une femme ?« , telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, lança en 1851 lors d’un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppression de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, bell hooks décrit dans ce livre paru en 1981 aux Etats-Unis les processus de marginalisation des femmes noires. Elle livre une critique sans concession des féminismes blancs, des mouvements noirs de libération, et de leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées. Un livre majeur du « Black feminism », un outil nécessaire à tou-te-s à l’heure où, en France, une nouvelle génération d’Afroféministes prend la parole. »

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