« Esprit critique, es-tu là ? »

C’est l’intitulé d’une journée d’étude qui a eu lieu le 19/04/2018 à Tours.

Cette journée a été organisée par Bibdoc 37, un réseau départemental ouvert à tous les professionnels des bibliothèques et des centres de documentation, qui organise une manifestation professionnelle annuelle. Les présentations des intervenant.e.s sont désormais toutes en ligne.

Pendant la journée, les personnes  présentes ont participé à 2 ateliers au choix par les 4 suivants : l’éducation aux médias, c’est l’affaire de tous ; neutralité ou prises de position : les bibliothécaires dans le débat ; comment se positionner en tant que bibliothécaire par rapport à la surveillance de masse ? Présentation de l’ EPJT : le projet « FactoScope ».

La conférence inaugurale de Sylvain Delouvée, maître de conférences à l’Université de Rennes portait sur les notions de « raison(s) et déraison(s) » et la table ronde en fin de journée interrogeait le positionnement des bibliothèques dans la « fabrique de l’information ».

La commission Légothèque était présente avec une intervention intitulée : « neutralité ou prises de position: les bibliothécaires dans le débat », nourrie d’exemples issus d’articles du blog afin d’illustrer des prises de positions sur différents sujets comme par exemple : préjugés sexistes, de genre, écriture inclusive…

La commission de l’Association des bibliothécaires de France (ABF) Légothèque travaille sur « le rôle d’accompagnement des bibliothèques dans la construction des individus ». Elle privilégie 3 angles de réflexion: interculturalité et multiculturalisme, genre, orientation sexuelle et sentimentale. Loin d’encourager une prétendue neutralité des bibliothèques, Légothèque vise à provoquer la réflexion sur la lutte contre les stéréotypes et les exclusions. Considérant les bibliothèques comme des lieux privilégiés d’échanges et de débats, Légothèque participe à la valorisation de leur rôle social et politique. Comment les bibliothécaires français.e.s peuvent-ils prendre position sur ces sujets dans leurs institutions ? Quels sont les outils concrets dont les professionnels peuvent se saisir pour faire évoluer leurs collections et leurs services vers plus d’inclusivité ? 

 

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Retour sur la rencontre « littérature et périphérie »

Le congrès ABF 2017 est terminé depuis quelques mois, mais nous profitons de la publication des captations du congrès pour revenir sur la rencontre que nous avions animée le jeudi après-midi.
Pour préparer cette rencontre, nous avons publié sur le site des recensions d’ouvrages, que vous pouvez retrouver avec ce mot-clé : « littérature urbaine », ainsi qu’une liste de pistes à interroger lors de la rencontre. Nous vous proposons donc de passer dans les coulisses et voir notre préparation.
Nous vous proposerons ensuite quelques notes prises sur le vif.

Les ouvrages abordés
Littérature et banlieue #1 – Kiffe Kiffe Demain de Faïza Guène
Littérature et banlieue #2 – Boumkoeur de Rachid Djaïdani
Littérature et banlieue #3 – Tabou, confession d’un jeune de banlieue de Zahwa Djennad
Littérature et banlieue #4 – Les anges s’habillent en caillera de Rachid Santaki
Littératures et « francophonie » #1 – Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne / Kaoutar Harchi

La préparation
Nous avons eu l’idée de cette rencontre lors de notre séminaire de travail à Epinal en 2016. Le thème du congrès ABF 2017 venait d’être annoncé et nous étions enthousiastes par rapport à celui-ci : Bibliothèques : Inégalités territoriales et égalité des chances.

Après discussions, nous avons choisi de proposer cette rencontre, et commencé à chercher des intervenant.e.s potentiel.le.s – cette partie est toujours un peu longue à réaliser car après nous être arrêté.e.s sur des invité.e.s, il faut pouvoir les contacter et les inviter formellement. Ceci dit, nous avons pu rapidement boucler notre rencontre tout en travaillant sur les contenus.
Nous avons souhaité faire intervenir des profils variés et complémentaires, sur la thématique « littérature et périphérie », à la fois à travers le prisme de l’écriture et celui de la sociologie, tout en s’interrogeant sur la place donnée à cette littérature dans les bibliothèques.
En préparant la rencontre, nous avons pu mesurer les questionnements sur cette littérature, qui peut être définie de façon multiple, sans que ces définitions soient universelles. Nous avons donc pris le parti de montrer cette multiplicité et ne pas chercher à apporter nous-mêmes une définition. L’objectif était de discuter justement autour de ces questionnements et de mettre en rapport ceux-ci avec le lieu bibliothèque.
Enfin, pour lancer la rencontre, présenter nos intervenant.e.s et alimenter la discussion, nous avons préparé pour chacun.e une liste de questions plutôt ouvertes, liées à leurs activités professionnelles (bibliothèque, écriture, sociologie, recherche …).

Quelques notes pendant la table ronde

Voici en substrat quelques éléments intéressants qui ressortent de cette rencontre.

Modératrice Sophie Agié, membre de la commission Légothèque de l’ABF

Intervenant.es : Kaoutar Harchi, sociologue, Rachid Santaki, journaliste, romancier et scénariste, Nadia Tarfaoui, conservatrice des bibliothèques

Nadia Tarfaoui a rédigé son mémoire ENSSIB sur la place de l’écrivain de banlieue.

« Sous chape de plomb et plafond de verre : la place des écrivains « de banlieue » dans les bibliothèques publiques » / Nadia Tarfaoui

Elle a défini un corpus de 13 auteurs dont Rachid S et a lancé ses recherches sur les catalogues de 69 villes. Plusieurs titres sont présents dans un certain nombre de bibliothèques, mais leur classement varie : documentaires, anthropologie. La représentativité sur le territoire est équilibrée, mais ces livres sont plus présents dans les annexes que dans les centrales.

Il apparaît que les auteurs sont peu invités dans les bibliothèques, c’est différent pour Rachid S, bien identifié sur le territoire de Seine-Saint-Denis (93), qui est souvent invité par des bibliothécaires conscients de leur rôle de médiateurs et de passseurs de toutes formes de culture. Les éditeurs doivent aussi jouer leur rôle de défricheurs de nouveaux talents (1 des auteurs du corpus est auto-édité).

Il faut réfléchir à la dénomination de ces auteurs, car on parle souvent d’auteur de banlieue, de cité, mais ce sont des auteurs à part entière !

Kaoutar Harchi retrace dans son ouvrage « Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne. Des écrivains à l’épreuve » les carrières de cinq écrivains algériens de langue française : Kateb Yacine, Assia Djebar, Rachid Boudjedra, Kamel Daoud et Boualem Sansal.

Elle y étudie les modalités de leur réception littéraire et il apparaît clairement que des critères extra littéraires interviennent. Ils sont encore trop souvent considérés comme des écrivains étrangers de la ngue française.

Autre fait marquant : peu de femmes auteures présentes dans les catalogues des éditeurs, qui privilégient les titresou les auteurs qui marchent.

Les bibliothécaires doivent s’approprier plus qu’ils ne le font cette veine littéraire et concourir à lui donner une visibilité accrue. La question de la formation se pose pour que les bibliothécaires prennent conscience des pépites qui sommeillent chez ces auteur.e.s !

Retrouvez ci-dessous la vidéo de la rencontre

Dialogue entre la recherche, les militant.e.s, les archivistes et bibliothécaires ou quand un atelier universitaire et une brochure nous interrogent sur nos pratiques professionnelles

Par Marine Gilis, doctorante : année préparatoire à la thèse, diplômée du master Genre, Politique et sexualité de l’EHESS

Un atelier universitaire intitulé « Archives, mémoire, transmission du féminisme et LGBTQ+ » , soutenu par l’association EFiGiES (réseau de jeunes chercheur.e.s en étude de genre), a débuté le 6 octobre à Paris. Cet atelier vise non seulement à interroger les archives en tant qu’objet, à travers un regard pluridisciplinaire, mais il vise aussi plus largement à questionner la construction des identités, des mémoires, à explorer et comprendre le processus de transmission. Animé par des jeunes chercheur.e.s, mais ouvert aux chercheur.e.s plus expérimenté.e.s, aux professionnels de l’archivage, de la documentation, de la conservation et aux militant.e.s, cet atelier s’organise en quatre séances sur l’année, à Paris et à Toulouse. Il s’adresse à tous les publics : étudiant.e.s, chercheur.e.s, professionnel.le.s et usager.e.s.
Interroger le métier, les transformations technologiques, les savoirs, l’égalité.
Alors que le féminisme et les questions LGBT sont souvent envisagées du point de vue des politiques d’égalité et des discriminations, l’atelier se propose ici d’interroger cette mémoire collective d’un autre point de vue, celui des professionnel.le.s, chercheur.e.s et militant.e.s, qui ont la responsabilité de sa sauvegarde. Quel sens donner aujourd’hui aux études féministes et de genre ? Par qui, comment et pourquoi une mémoire « minoritaire » doit-est-elle être construite, écrite, racontée ? Comment mettre à disposition les ressources, archives et documentation, à tous les publics ? Comment inclure cette diversité des mémoires féministes et LGBT et assurer la pérennité et la visibilité des associations et institutions qui la transmettent ? Que faire en contexte autoritaire, répressif, face à la censure ou encore la globalisation et les transformations technologiques ?

Un nouvel outil : la brochure « Faire des études féministes et de genre en France »

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Le congrès IFLA 2017

Cette année, le congrès international de l’IFLA 2017 se déroulait à Wroclaw, en Pologne, une ville particulièrement dynamique puisqu’après avoir été nommée capitale européenne de la culture en 2016, elle accueillait en juillet dernier les World Games, une compétition sportive rassemblant des disciplines non inscrites aux jeux olympiques et donc, l’IFLA du 19 au 25 août.

Outre qu’il permet de rencontrer et de partager avec des collègues du monde entier, ce congrès est l’occasion également de construire et participer aux groupes de travail sur nos thèmes de prédilection. Parmi ces derniers, ceux qui suivent ce blog savent que nous nous impliquons notamment dans les travaux de la section autour du Multiculturalisme, suivons le SIG Women, Information and Libraries et participons au SIG LGBTQ Users.

35006824856_44bbaedba9_z Lire la suite

Publics empêchés et (re)construction de soi

Le 25 janvier dernier, la Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC) rendait public les résultats d’une étude du Crédoc intitulée « Lecture publique et publics empêchés ».

Cette publication a également donné lieu à une journée d’étude en association avec l’Abf et la médiathèque Françoise Sagan à Paris.

Si au cours de cette journée l’accent a principalement été mis sur l’accès à l’information, il nous semble également intéressant de revenir ici sur certaines des interventions présentées en s’interrogeant sur les questions liées à construction ou à la reconstruction de soi qu’elles pouvaient présenter.

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Bibliothèques et citoyenneté au programme de la journée d’étude ABF Nord-Pas de Calais

Comment la Bibliothèque remplit ses missions de lieu-ressource pour le citoyen de demain ? telle était la question posée lors de la journée d’étude du groupe régional Nord Pas-de-Calais de l’ABF.

Plusieurs interventions et retours d’expérience ont illustré cette large thématique de la citoyenneté.

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Journée d’étude à la nouvelle médiathèque de Carvin

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