Accueillir les publics sans discrimination: retour sur la journée d’étude co-organisée par Médiadix (CRFCB) et l’URFIST de Paris – Pôle Métiers du livre

Le 13 mars dernier s’est tenue la journée d’étude « Évolutions sociétales et bibliothèques: quelles responsabilités sociales, éthiques, citoyennes dans la cité ? ». Co-organisée par Médiadix et l’Université de Paris Nanterre, cette journée, qui a réuni une centaine de participant•es, a mis en avant les responsabilités sociales, citoyennes, voire éthiques, pour les bibliothèques, vis-à-vis de la communauté des publics, de tous les publics, habitués, occasionnels, et ceux potentiels.

Invitée à participer, la commission Légothèque est intervenue sur les questions de responsabilités sociales, plus précisément sur l’accueil des publics sans discrimination.

Accueillir les publics sans discrimination

La discrimination est la distinction, l’exclusion, d’une personne ou d’un groupe de personnes, par rapport aux autres citoyen•es.

Si l’on s’accorde aisément sur le fait que discriminer est mal, comment alors développer un accueil et des services inclusifs si l’on ne prend pas la mesure de la diversité des publics, leurs particularités, sans stigmatiser ? Accueillir les publics sans discrimination doit-il être synonyme de neutralité, d’homogénéité (du service public, des offres – culturelle, documentaire, de services) ? Ou, au contraire, développer l’inclusion s’accompagne-t-il d’un engagement plus marqué de la part des professionnel•les ?

Les questionnements en bibliothèque? On connaît.

L’adaptabilité ? On connaît.

Les évolutions sociétales en bibliothèque? On connaît (on subit?).

La considération de ces évolutions a pris de l’ampleur avec la vague « 3e lieu »: les postures d’accueil, les collections, les publics, les services, ec, on sait. Mais, disons-le, ça a tout de même fâché: des tensions entre l’ensemble des acteurs et actrices de nos lieux-bibliothèques: ces fâcheries réunissent tout le monde ! Les équipes (comment manager?), les publics (comment gérer les conflits?), les tutelles (comment appliquer / résister, comment remonter les difficultés, comment visibiliser les actions et les missions ?).

Pour un positionnement de nos équipements dans leur vocation sociale, on peut s’appuyer sur des documents-cadres et s’inspirer d’actions aussi diverses que l’hétérogénéité des publics.

Documents-cadres: des références toujours utiles

Ces textes généraux sont un référentiel et posent de solides bases sur les questions de pluralité, de libertés, de droits et d’inclusion:

  • les libertés: parler, écrire, imprimer, penser; liberté de conscience, liberté de religion
  • des notions, sous une première forme: l’exercice de la citoyenneté, le droit de participer, la diversité, le vivre-ensemble, les droits culturels
  • des considérations naissantes: les identités au cœur de la cohésion sociale; l’identité « maternelle », l’égalité d’accès, les droits culturels, la diversité culturelle

D’autres documents, spécifiques aux bibliothèques, viennent souligner les responsabilités sociales de nos équipements:

Ces textes nous offrent, de façon plus précise et évolutive, les ingrédients nécessaires à la valorisation du rôle social des bibliothèques:

  • de nouvelles notions apparaissent: la formation tout au long de la vie; la censure (de la part des professionnel•les ou « extérieure »); l’interculturalité; l’autonomie des publics; l’inclusion numérique; les savoirs communs
  • de nouvelles considérations: les « publics empêchés »; l’âge des publics; les minorités linguistiques; l’alphabétisation; le pluralisme; l’accessibilité; les services;
  • de nouvelles pratiques professionnelles: la gratuité, garante d’une fréquentation élargie; aller au-devant des publics; un engagement du bibliothécaire, entre  prescription et participation active à la modernisation de l’image des lieux; l’environnement social et citoyen

Le rôle social des bibliothèques entre dans les publications et échanges professionnels; on reconsidère les bibliothèques – lieux d’accès à des ressources plurielles – comme lieux de fréquentation, comme « agora ».

Et en pratique ?

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L’album jeunesse dans la construction de soi

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Affiche du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, 2019. Jeunesse Montreuil. Crédit : Dessin extrait de « Cap ! » de Loren Capelli, paru aux Éditions courtes et longues en 2019. © Belleville 2019

 

Retour sur une table ronde du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil : L’album de jeunesse dans la construction de soi. Compte-rendu par Mathilde Ollivier.

Avec Marie Adrian, chargée des projets intergénérationnels à la médiathèque de Tourcoing, Claire Maffeo, responsable du secteur livre et lecture petite enfance au département du Val-de-Marne, et Dominique Rateau, Agence Quand les livres relient. Avec pour modératrice Hélène Legendre, bibliothécaire et membre de la commission Légothèque de l’ABF.

Hélène Legendre ouvre la table ronde en rappelant qu’unanimement, la rencontre entre la jeunesse et les albums est reconnue comme importante et positive. On trouve des albums dans chaque structure qui les accueille : crèches, écoles, services de protection maternelle et infantile, assistantes maternelles… Dans cette rencontre, on pense spontanément aux bienfaits de la lecture dans le processus d’acquisition du langage. Mais ils sont beaucoup plus nombreux : construction de soi, découverte des autres, développement de  l’imagination… Les enfants ne sont pas les seuls concernés par la lecture d’albums, mais aussi les adultes, les adolescents, et les personnes âgées.

Hélène Legendre : Qu’est ce que l’album peut apporter au-delà de l’apprentissage du langage et de la lecture ?



Claire Maffeo : L’album représente le cœur de la transmission. C’est un objet singulier, un support de curiosité, d’émancipation, d’ouverture au monde et aux autres. Il participe bien sûr à la construction du langage, mais c’est aussi un support d’hospitalité extraordinaire. C’est un objet symbolique, à travers un héritage culturel, en même temps que l’œuvre unique de la vision singulière d’un auteur.

Le département Val-de-Marne pour le livre, la lecture est la petite enfance lance chaque année un appel à projet pour la création d’un album et va ensuite l’offrir aux bébés du département. C’est une façon d’accueillir l’enfant dans la société, de l’accueillir comme un sujet et un futur sujet-lecteur. L’album va être un support de lien entre l’enfant, ses parents, les proches de la famille, pour transmettre toute une histoire et un héritage culturels, en même tant qu’une expérience artistique. La suite de cette politique culturelle est l’accompagnement à la rencontre avec l’album, par exemple avec des projets-lectures dans les crèches. Les parents sont les premiers passeurs du livre. Il s’agit de laisser la place à l’accueil parental, et de mettre en place les conditions pour inviter, et non pas inciter. C’est un espace de socialisation, d’accueil, de partage et d’hospitalité. Enfin, l’album permet de développer un relation plus intime au livre et encourage l’enfant à devenir un sujet-lecteur. C’est un lien entre le monde et lui-même, un champ de liberté qui l’aide à construire ses émotions.

Marie Adrian : Les médiathèques ne sont plus que des lieux de prêts et d’étude.  Elles se sont adaptées aux nouvelles pratiques des publics, avec de nouveaux espaces selon les différentes tranches d’âges, un programme d’animations pour se retrouver, se former, s’instruire et  se divertir. L’album est un outil qui aide à l’éducation, et aussi au vivre-ensemble. Les parents demandent des livres qui donnent des clés pour comprendre le monde de l’enfant, et aider celui-ci à se construire en accord avec les autres. Ces parents sont les enfants d’hier à qui l’on a lu des histoires. Pour répondre à ces besoins, des  fonds « parentalité » ont été créés dans les médiathèques. L’album aide les plus jeunes à maîtriser leurs peurs, gérer leurs émotions, grandir, c’est-à-dire être soi au milieu des autres, de faire de sa différence une force, tout en s’adaptant au monde qui les entoure. Bien sûr, l’album structure l’activité intellectuelle de l’enfant. Pour cela, nous avons énormément de chance car les éditeurs d’albums jeunesse proposent un grand choix, de grande qualité. Il y en a pour tous les goûts et toutes les tranches d’âges. Le public s’est agrandi : parents, grands-parents, adultes, qui viennent autant emprunter dans la section jeunesse que chez les adultes. Les albums rassurent les enfants, alimentent les curiosités, les initient à l’autonomie, donnent des réponses à leurs questions, répondent à leurs besoins de rêver, de rire, de se faire peur… Pour les lecteurs autonomes, les albums aident au développement du sens critique, à la diversification de l’imaginaire, à l’identification à des héros et à des héroïnes. Les albums aident à acquérir une confiance en soi, à vivre avec les autres, à appartenir à un groupe.

H.L. : De vos deux réponses, on retient l’idée que l’album est une fenêtre sur le monde.

Dominique Rateau demande à l’unanimité du public : Pourquoi lisons-nous ? Nous sommes dans un pays où l’on veut que tous les enfants lisent, mais les adultes lisent-ils ? Il n’y a qu’un seul verbe pour dire « lire » en français. Mais derrière ce mot, il y a plein de significations différentes. De la même façon, qu’est-ce qu’un album ? Déjà, c’est un objet littéraire. Le champ de création de l’album offre aux artistes différents cadres. Un album, ce sont des mots, des images, des artistes qui racontent quelque chose de leur regard sur le monde. Les tout-petits naissent lecteurs. Ils deviendront des lecteurs d’albums quand ils rencontreront des albums et des lecteurs d’albums. Ce qui est important c’est que chacun de nous puisse développer son imaginaire, le nourrir, cultiver le lien à nous-mêmes et le lien aux autres. C’est à cela que servent les arts et la culture. Il faut se méfier des albums qui pourraient devenir des médicaments, des objets thérapeutiques, car on quitte le champ de la littérature. Les albums aident à jouer avec le cadre et le hors-cadre, le dedans et le dehors. Ils inventent des vies, ils nous disent ce qui est bien et ce qui est mal. Dans notre période très inquiète, nous avons besoin d’être rassurés, de gens qui nous montrent le chemin, même quand ce chemin est complètement fou. Le lecteur n’a pas d’âge biologique, ce qui est important c’est de rencontrer l’œuvre de quelqu’un qui va nous dire quelque chose de nous-même, mieux que nous n’étions en capacité de nous le dire nous-même. Les tout-petits ont besoin d’accompagnement pour trouver ce qui leur parle intimement et c’est cet accompagnement-là qui est important.

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Rouge de Michel Galvin. ©  Rouergue

 

H.L. : Nous avons beaucoup parlé des tout-petits, nous allons maintenant élargir le champ avec d’autres publics. Est-ce que cela fait sens de lire des albums à des publics qui savent lire : adolescents, enfants qui savent lire, adultes, personnes âgées ?

M.A. : Bien sûr. Déjà, la littérature jeunesse prendra de l’importance aux yeux de l’enfant   par une présentation de l’adulte. La lecture à voix haute, par exemple le soir avec son enfant, est le lieu privilégié de la séparation avec l’adulte sans angoisse. Il y a l’album que l’on va relire vingt, trente fois car le thème parle particulièrement à l’enfant. Le plaisir est décuplé, l’enfant s’amuse à anticiper ce qui va se passer. Cela lui permet de garder ses propres peurs à distance. Aussi bien pour les enfants que pour les adultes, l’album a un rôle de tiers, il permet d’évoquer ce que l’on a trop de pudeur pour dire.

Pour parler des actions intergénérationelles, il s’agit simplement de la transmission du savoir-faire du bibliothécaire :  former un public à la lecture à voix haute. Quand j’ai commencé cette activité, je ne m’attendais pas du tout à recevoir une telle satisfaction avec les publics. Le rôle de l’adulte en tant qu’intervenant est de bien définir ses points forts et ses limites. Un accord moral est passé entre les partenaires, l’enseignant, les enfants. Ce partenariat permet de mutualiser les moyens, de valoriser les élèves qui vont se dépasser et s’épanouir dans cette activité avec les autres. La formation de lecture à voix haute démarre d’abord par une découverte des possibilités dans notre voix, la voix interne, la respiration. Je présente ensuite les livres, et je donne ensuite des conseils personnalisés. Chaque initiative de l’enfant est encouragée. Ces enfants vont ensuite lire des albums à des maternelles. Les enfants plus âgés se rendent dans les maisons de retraites, après une intervention préalable des bibliothécaires. Les rencontres se passent très bien, car les personnes âgées se rendent rapidement compte que les albums ne sont pas seulement pour les enfants. Ils ont également envie de lire des albums aux enfants. Dans le cadre scolaire, il est très important de ne jamais se substituer au rôle de l’enseignant. Il y a plein d’autres possibilités pour enrichir ces expériences de lecture, avec d’autres partenaires, comme les musées, les conservatoires. Avec ces derniers, les lectures étaient accompagnées d’instruments légers, pour créer un spectacle. Avec les musées, nous avons créé des ateliers de dessins avec une plasticienne, suivis d’une exposition. Un autre moment fort a été des ateliers d’écriture avec une compagnie de théâtre. La lecture à voix haute permet de responsabiliser l’enfant, de lui donner confiance en soi. car ils deviennent acteurs et actrices. Cela leur permet bien sûr de découvrir la littérature jeunesse, mais leur regard sur la vieillesse change également, avec plus de respect et de tolérance. L’expression orale s’améliore, ces moments créent une entraide au sein de la classe. Pour les lectures aux maternelles, on retrouve des fratries, et la lecture se retrouve dans le cadre familial. Les retraités sont fiers de pouvoir mettre en avant leur expérience, ils sont très patients avec les jeunes, et ils sont valorisés car ils jouent encore un rôle auprès de la jeunesse.

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© Oskar

 

H.L. : Vous avez témoigné d’une approche globale de la lecture, une expérience physique, d’échange, dans l’instant présent, une expérience artistique aussi. Comment faire pour valoriser cette expérience auprès des partenaires et des publics ? Comment valoriser ces éléments bénéfiques, qui vont au-delà de la lecture ?

C.M. : On peut en effet dire que la lecture pour les tout-petits est une expérience corporelle, sensitive, motrice. Les auteurs et les éditeurs l’ont bien compris, il existent des livres avec lesquels l’enfant peut jouer avec la perception du dedans et du dehors. Dans le cadre de nos projets en crèches, auprès des assistantes-maternelles, nous insistons beaucoup sur cette lecture qui tient compte du développement de l’enfant, qui accompagne le tout-petit dans son développement. Ce n’est en aucun cas une lecture-outil où l’on va cibler un objectif bien précis. C’est un cheminement commun, avec des temps de rencontres et de bilan qui accompagnent le projet, un accompagnement d’une approche de la lecture globale, qui prend en compte les émotions et le rapport de l’enfant au livre. Les temps de lecture individuelle sont extrêmement importants, avant l’entrée à l’école, pour que le tout-petit construise sa relation au livre, par la manipulation, en le laissant intervenir dans sa propre lecture, en n’étant pas intrusif, en laissant se créer cette appétence pour le livre. Il faut voir une distance raisonnable, toujours en accompagnant.

Nous sommes là aussi pour évaluer, faire des bilans de l’avancée de nos projets. Nous allons rencontrer les équipes, travailler à la pérennisation du projet pour installer la lecture au quotidien. Nous ne sommes pas dans un projet de temps de lecture défini mais vraiment dans l’accompagnement des pratiques, avec une ouverture vers les familles, par des temps d’invitation libre. Nous prenons en compte l’envie de l’enfant, son ressenti du moment. En relation avec le thème du Salon cette année, c’est aussi un éloge de la lenteur, il s’agit de faire germer tranquillement les choses.

H.L. : La temporalité est très importante, l’inscription des projets dans le temps, ainsi que la régularité des projets.

D.R. : Ce qui caractérise l’album, ce qu’il raconte quelque chose avec des mots articulés et avec des images. Dans notre vie, les mots articulés n’arrivent qu’à un certain moment, mais dès que nous venons au monde, nous sommes lecteurs. Nous sommes lecteurs de tous les signes car il est vital de les interpréter : un sourire, un courant d’air, ou mouvement. Cette lecture est un art et elle cultive le vivant en nous. En tant que bébé, nous sommes dépendant de l’autre. La question de donner sens est profondément inscrite en chacun de nous. Je fais l’hypothèse que la lecture d’album est particulièrement importante pour cultiver cet art de lire que nous avons tous en nous. Nous ne formons pas les bébés à être lecteur, les bébés sont lecteurs et nous les accompagnons dans le développement de leur être. Notre époque est très folle, nous avons besoin de nous unir et de toujours donner sens à ce que nous faisons, et c’est très important de réclamer du temps pour penser dans notre vie quotidienne, du temps pour partager, se rencontrer, pour faire des bilans. La lecture d’album nous inscrit dans ce temps où nous étions sans mots, mais pas sans langage. Les bébés sont dépendants des adultes, mais ils sont acteurs de cette mise en lien. Les albums nous apportent de la complexité, et nous avons un combat à mener par rapport à la question de l’image. Nous en sommes encore, à notre époque, à dire à des enfants qui entrent au CP : « Maintenant tu vas apprendre à lire, les choses sérieuses commencent ! » Ce type de lecture particulier parle à tous les âges de la vie. L’album est un genre littéraire à part entière que nous ne devons jamais arrêter de lire.

H.L. : Pour terminer cette table ronde, pouvez-vous partager des albums ?



D. R. : Quand papa était loin de Maurice Sendak, car c’est un album qui continue de m’échapper, que j’aime, qui me parle profondément. Et Trois chats d’Anne Brouillard, un album tout en image, et non pas sans texte. Car la lecture ce n’est pas seulement lire le code.

C.M. : Mon grand album de bébé, d’Anne Galland et Christian Bruel, le premier livre offert il y a trente ans par le département du Val-de-Marne, dont nous entendons parler  par de jeunes parents émerveillés qui l’ont reçu étant enfant. Les choses qui s’en vont, de Beatrice Alemagna chez Hélium, et Rouge de Michel Galvin, qui raconte l’arrivée d’un tout-petit qui n’a pas encore de nom, qui est symbolisé par un petit caillou rouge. Ce livre est comme une boîte à jouet, une mise en abyme du livre en train de se faire, c’est une belle métaphore de l’album comme construction de soi, d’ouverture, de l’acceptation de soi et des autres.

M.A. : Petit Tom et la tata qui pique de Didier Lévy, aux éditions Oskar : c’est un livre intergénérationnel, que je présente beaucoup avec les collèges et les primaires, qui parle aussi bien à l’enfant qu’à l’adulte. L’enfant va apprendre à gérer ses peurs, les différences. Il aide l’enfant à grandir, et ramène l’adulte à des émotions qu’il a pu ressentir dans l’enfance.

H.L. : Ma recommandation est Comme un million de papillons noirs, de Laura Nsafou chez Cambourakis. Il raconte l’histoire d’une petite fille noire aux cheveux crépus qui reçoit des remarques extrêmement désobligeantes sur ses cheveux à l’école, et sa maman va l’aider petit à petit dans son parcours pour apprendre à s’aimer telle qu’elle est. L’autrice a reçu énormément de retours de parents qui lui ont dit que c’était le livre qui leur a manqué quand ils étaient petits, et que le livre avait comblé quelque chose chez eux, même à l’âge adulte.

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©  Cambourakis

 

À consulter également :  Premières pages, un site du Ministère de la Culture qui recense et labellise des actions autour des livres et la lecture pour les tout-petits.

Conférences estivales

Cet été se sont tenus deux congrès internationaux qui nous intéressent au plus haut point.

 

Le premier est le congrès ALMS, pour « Archives, Libraries, Museums and Special collections » qui fut organisé du 27 au 29 juin à Berlin sur le thème « Queering Memory. Archives – Arts – Audiences ». Le congrès n’est pas annuel. Le dernier de ce genre avait eu lieu en 2016 à Londres, et avait fait l’objet de compte-rendus détaillés sur ce même blog (partie 1 et partie 2). Mais il demeure important en ce qu’il rassemble des professionnels et des militants, conférenciers et participants, de tous les continents pour échanger autour de la mémoire LGBT.

L’objectif de cette conférence qui fêtait cette année les cent ans de la création de l’Institut des Sciences sexuelles par Magnus Hirschfeld à Berlin (1919-1938) au lieu même de la conférence, était d’interroger la question de la mémoire LGBT d’un point de vue politique, institutionnel ou associatif, artistique et de la confronter les projets et les initiatives aux publics et à la numérisation des collections.

Le programme est accessible en ligne qui propose également l’enregistrement audio des interventions et tables-rondes. Le live tweet est notamment accessible sur le compte twitter du congrès (avec pleins de contacts à suivre en prime).

Peu de conférences concernaient directement les bibliothèques, il s’agissait plutôt de réflexions et de retours dans des contextes archivistiques et muséaux, avec un souci d’inclusion le plus large possible évoquant les archives lesbiennes, de migrants LGBT, de séniors trans et queer, de la conservation de l’art Queer noir en train de se créer, la constitution de réseaux notamment sur Wikipédia, la question des partenariats avec le public, avec le privé, celle des thésaurii et de la façon dont les outils donnent à voir les identités plurielles…

Lors de ces conférences, il s’agissait à la fois de proposer un bilan de ces quarante dernières années d’existence et d’entamer un démarche plus proactive pour collecter déjà les traces existantes, rendre visibles les histoires LGBT dans les institutions (archives, bibliothèques, musées), faire connaître l’existant et créer des réseaux de solidarité (par exemple le projet Queersearch prévoit la création d’un portail en ligne pour les archives LGBTIQ+ de Autriche, Allemagne, Suisse et des Pays-bas), et s’emparer des outils et des possibilités naissantes liées à la numérisation, au web de données afin de définir des stratégies de développement pour l’avenir.

 

À Athènes, cet été, se tenait le 85e congrès de l’IFLA sur le thème « Libraries : dialogue for change ». Plusieurs sessions étaient enregistrées en direct (https://2019.ifla.org/live-streaming/) dont les 20 ans de FAIFE sur la liberté d’expression, la mise en œuvre de la nouvelle stratégie de l’IFLA ou encore la session du groupe des nouveaux professionnels : « Library loves stories » sur l’amour et les bibliothèques.

Plusieurs sessions intéressaient Légothèque proposées par les sections et groupes travaillant sur des thématiques proches de la commission :

Légothèque a d’ailleurs fait l’objet d’une présentation de la commission de travail à l’occasion de la session du groupe LGBTQ+ Users. Ce groupe avait cette année proposé de coller des rubans sous son badge précisant les pronoms auxquels on s’identifiaient, en plus de toilettes mixtes.

Malheureusement, toutes les interventions ne sont pas encore dans la bibliothèque numérique de l’IFLA.

D’une manière générale, trois thèmes ressortaient des discussions selon moi : La question de l’inclusion, celle de l’IA et de la réalité augmentée, et le développement durable. On retrouve notamment ces éléments dans les posters présentés à l’instar de ceux présentés ci-après :

Quelles approches et quels dispositifs pour l’accueil des migrant-es à l’étranger?

Nous vous proposons un retour sur la rencontre animée samedi 8 juin par Légothèque au Congrès 2019 de l’ABF intitulée « Quelles approches et quels dispositifs pour l’accueil des migrant-es à l’étranger? »

MODÉRATRICE : Eleonora Le Bohec, élève conservatrice territoriale des bibliothèques et membre de Légothèque

3 intervenant-es ont fait part de leur approche sur ce sujet :

Britta Schmedemann, responsable de la commission interculturalité de l’association des bibliothèques allemandes

Britta situe sa présentation à Brême, une ville située dans le Nord de l’Allemagne, où le % de migrants (34%) est supérieur à la moyenne fédérale (24%), ce qui donne d’emblée le ton de la difficulté à mettre en oeuvre des actions sur ce terrain, dans un pays et une ville où la société est aujourd’hui divisée sur les actions à mener ou non dans ce domaine.

Le réseau des Bibliothèques Municipales (BM) de Brême a mis en oeuvre tout un programme dédié à l’accueil des migrants en intégrant des réfugiés comme apprentis ; un cursus de formations professionnelles adaptées les accompagne tout au long de leur apprentissage. L’accent est mis plutôt sur l’attitude que sur les connaissances. Les personnels de la BM bénéficient également de formations à la diversité afin d’assurer la cohérence et la réussite du dispositif. Toucher ces publics est une chose, les conserver en est une autre.

La présentation de Britta est ICI

Vous trouverez également dans le numéro 94-95 de la revue Bibliothèque (s) un article détaillé traduit en français sur le cursus de formations mis en oeuvre par Britta à la BM de Brême : « Des réfugiées comme collègues » / Britta Schmedemann

 

Hasmig Chahinian, responsable d’IBBY France, BnF, l’Union Internationale pour les livres jeunesse.

Hasmig a mis l’accent sur la nécessité de favoriser en tout lieu l’accès des enfants à des lectures de réelle qualité littéraire et artistique, le devoir de protéger et défendre les droits de l’enfant conformément à la Convention des Nations Unies.

Une des difficultés majeures rencontrées est que par exemple en Italie les intervenants n’ont pas le droit d’entrer dans les camps de réfugiés. Beaucoup d’actions sont menées à travers le jeu, des ateliers où les enfants dessinent et mettent en scène des situations parfois traumatisantes.

Comment en tant que professionnel-le trouver des livres de qualité quand on ne parle pas la langue ? Le site IBBY Europe propose des sélections constituées par des professionnels des pays concernés comme Takam Tikou à la BnF. 

La présentation de Hasmig est ICI

Yannis Youlountas, philosophe, écrivain et réalisateur

Dans le quartier d’Exarcheia à Athènes où il oeuvre au sein d’associations, Yannis met l’accent sur le livre qui représente un enjeu important pour les lieux souvent auto-gérés. Souvent ces lieux rassemblent autant d’enfants que d’adultes. L’idée est de les rendre acteurs, notamment les enfants de migrant-es qui vont plus facilement vers les écrans. Donc le travail des associations vise à désacraliser les écrans, qui représentent souvent aussi le lien avec les familles éloignées. Les intervenant-es l’utilisent comme moyen de médiation et d’interaction. Le son et l’oralité lorsqu’on déclame des poèmes dans différentes langues sont également des éléments importants. Des goûters philo sont souvent organisés, car les enfants sont souvent très spontanés et livrent des réflexions qui peuvent les aider à surmonter leurs traumatismes ou à s’exprimer tout simplement..

Le blog engagé de Yannis est ICI. Son militantisme associatif lui a valu récemment en juin une agression de la part de fascistes opposés à son action en faveur de ces populations défavorisées et démunies que sont les réfugié-es. Nous lui faisons part de notre sympathie.

Enfin, le live tweet @legotheque vous permettra de saisir quelques instantanés de cette table ronde très enrichissante grâce à nos 3 intervenant-es et aux questions du public. A l’année prochaine à Dunkerque pour le Congrès ABF 2020!

Retour sur la journée d’étude Littérature jeunesse, Genre et Discriminations de vendredi 5 avril

Retour sur cette journée d’étude qui s’est tenue à l’ESPE de Paris, site Molitor

Le compte-rendu nous a été proposé par Nassira Hedjerassi, Espe de l’Académie de Paris, référente Égalité et Josée Rodrigo, Atelier Canopé de Paris

Nassira Hedjerassi est professeure des universités en sciences de l’éducation. Josée Rodrigo est professeure documentaliste, médiatrice pour l’Atelier Canopé de Paris, autrice du calendrier perpétuel des artistes en ligne, coordinatrice/contributrice des Journées du Matrimoine organisées par l’association HF Île-de-France(Égalité Femmes/Hommes dans les arts et la culture)

L’atelier CANOPÉ de Paris, la mission Égalité de l’ESPE de l’Académie de Paris et la médiathèque ont organisé une journée d’études sur la littérature de jeunesse, au prisme du genre, avec l’objectif d’accompagner la réflexion des formateurs-trices de personnels enseignants et éducatifs, des personnels enseignants et éducatifs, des bibliothécaires, des documentalistes, des personnes en charge de la Petite Enfance, à la prise en compte des discriminations (notamment de genre) dans les choix (d’acquisition) d’albums jeunesse, et dans leur utilisation dans le cadre de l’enseignement ou de l’intervention socioéducative et culturelle (notamment auprès des tout-petits), en vue du développement d’une culture de l’égalité, de la réalisation d’une école et d’une société inclusive.

La matinée s’est ouverte sur une réflexion plus générale sur les pédagogies égalitaires (proposée par Isabelle Collet), suivie de la présentation de deux recherches récentes sur la littérature de jeunesse. Elles ont bien montré comment les albums participent à la (re)production des stéréotypes dans le choix des métiers pour les filles et les garçons (Anne Schneider), et dans la perception des publics handicapés (Laurence Joselin).

L’après-midi a été consacré à trois ateliers.

Ceux encadrés par Laurence Jonard et Martine Bigot, de la médiathèque de l’Espé, ont permis aux participant -es de se confronter directement à un ensemble d’albums, à analyser du point de vue de la thématique de la représentation des filles et des garçons.

Les albums ont été choisis dans le fonds des bibliothèques de la ville de Paris, ou bien faisaient partie de la boîte à outils, réalisée par l’association Adéquation, empruntable au centre Hubertine Auclert.

Les ateliers se sont déroulés en deux temps : un temps de lecture individuelle, et d’utilisation de la grille d’analyse de la littérature jeunesse proposée par Canopé sur la rubrique dédiée de son site : « Outils pour l’égalité entre les filles et les garçons » suivi d’un temps d’échange.

Le troisième, animé par Josée Rodrigo de l’Atelier Canopé, a accueilli des participantes qui ont formé 3 groupes pour réfléchir au CDI idéal. L’objectif étant de concevoir un CDI, ouvert à tous les élèves, y compris handicapés, de créer une situation quotidienne qui favorise l’égalité filles –garçons : emplacement du CDI, configuration et décoration des lieux ; choix réfléchi du fonds de documentaires et de fiction ; activités proposées par la professeure-documentaliste aux classes et aux élèves qui fréquentent les lieux régulièrement.

Chaque groupe a partagé ses idées puis Josée Rodrigo a présenté ses actions en faveur de l’égalité filles-garçons, en tant que professeure-documentaliste durant 17 ans : posters d’œuvres picturales et photographiques de femmes sur les murs ; réalisation d’exposition par les élèves de 6e -fruit de leurs propres recherches documentaires-, sur des artistes femmes, sur des militantes, des reines, des scientifiques pour rendre leur visibilité aux femmes remarquables du passé ; travail d’analyses des dictionnaires des noms propres –absence de femmes célèbres, différences de formulation selon qu’on est homme ou femme, définitions sexistes…- ; proposer un choix large de livres d’autrices et d’auteurs ; être attentive à donner la parole à tous et toutes les élèves ; veiller à ce que les garçons n’accaparent pas les ordinateurs…

Femmes, informations et bibliothèques au Congrès de l’IFLA 2018

Le Groupe d’intérêt spécial Femmes, informations et bibliothèques de l’IFLA s’intéresse aux femmes en tant que productrices d’information, usagères des bibliothèques et professionnelles donnant accès à l’information. Le congrès annuel de l’IFLA est un moment fort de l’année pour nos activités. Cette année, il a été accueilli à Kuala Lumpur du 23 au 30 août.

 

Femmes, informations et bibliothèques au Congrès mondial des bibliothèques et de l’information

 

« Collections, éthique, perspectives et parole »

Le groupe Femmes, informations et bibliothèques y organisait, avec le groupe Usagèr.e.s LGBTQ, deux temps d’échange et de réflexion autour du thème «  Collections, éthique, perspectives et parole ».

Nous avons d’abord abordé le thème sous une forme classique, avec la présentation de 5 communications dans une session dont le sous-titre était « L’importance du contexte » :

Programme et liens vers les articles publiés, les vidéos et les diaporamas : https://www.ifla.org/node/91653?og=93

  • Introduction : Clare O’Hanlon, La Trobe University, Bundoora, Australia : A continuum of LGBTIQA+ community engagement in libraries: From collections and cataloguing to book displays, bathrooms and beyond. Video (Unabridged version)
  • LaVerne Gray, University of Tennessee, Knoxville, United States: Uncovering Collective Voice: Using archives to explore community-based information environments of African-American Activist-Mothers in Chicago Public Housing, 1955-1970
  • Reiko Aoki, National Women’s Education Center, Japan: Collection Development on Women’s Earthquake Disaster Experiences and Support Activities in Japan. Paper.
  • Hollie White, Curtin University, Australia: Decolonizing the Way We Organize. Paper
  • Bernard Dione, Université Cheikh Anta Diop, Senegal: Collection development and cultural context: The accommodation of professional to cultural values among Senegalese Academic Librarians Paper. Slides.

Après une introduction en vidéo par Clare O’Hanlon, pleine d’informations et d’idées simples et concrètes pour changer nos pratiques et nos bibliothèques, LaVerne Gray a ouvert la session avec une présentation de sa recherche doctorale sur les logements sociaux de Chicago entre 1955 et 1970. Son travail met en lumière le rôle des femmes Afro-Américaines dans la construction d’une communauté par l’information (autour de l’accès à la culture et à l’éducation, en particulier). Au cours de sa recherche, LaVerne Gray a découvert le rôle que sa propre grand-mère a joué dans cette communauté, à travers des archives et des journaux relatant la mobilisation pour la construction d’une bibliothèque publique.

Reiko Aoki a rendu vivante pour tou.te.s l’expérience des survivantes du séisme et du raz-de-marée de 2011 au Japon dans une présentation qui donnait à voir les modes d’expression choisis par ces femmes : broderie, photographie, écriture fournissaient des illustrations puissantes à un article qui plaçait dans une perspective historique les enjeux de la prise en compte des besoins spécifiques et des voix des femmes dans des situations de catastrophe naturelle.

Hollie White nous a ouvert les coulisses de son travail de recherche : les observations et expériences personnelles qui peuvent pousser à étudier un sujet comme celui du colonialisme culturel, et les premières observations qu’elle a faites sur le terrain en Thaïlande. Nous attendons avec impatience les résultats des études plus poussées qu’elle compte mener dans les années à venir sur les systèmes d’organisation du savoir d’origine occidentale dans le reste du monde et la manière de s’en libérer lorsqu’ils ne sont pas appropriés au contexte local.

Bien qu’il n’ait finalement pas vu faire le voyage jusqu’à Kuala Lumpur, Bernard Dione nous a donné une présentation de son travail d’enquête sur les bibliothécaires universitaires sénégalais.e.s qui nous a permis de mesurer concrètement les difficultés qu’il peut y avoir à appliquer de grands principes fondamentaux de la profession (liberté intellectuelle, accès à l’information, etc.), auxquels on adhère en théorie, lorsqu’ils se trouvent en contradiction avec les valeurs culturelles, sociales ou religieuses des individus. Un sujet qui a trouvé des échos dans la discussion du lendemain.

 

Des initiatives de terrains

Le lendemain, nous nous sommes retrouvé.e.s, avec d’autres intervenant.e.s, pour une discussion plus ouverte sur des initiatives de terrain. À partir de la présentation de Muy-Chen Peich (Bibliothèques Sans Frontières) sur le déploiement des célèbres Ideas Box dans différents contextes, nous avons pu parler des manières de co-construire les services avec les usagèr.e.s, en particulier lorsqu’il s’agit de groupes « minoritaires ». À partir des présentations de Brittany Jacobs sur les livres d’images pour la jeunesse et de Christer Edeholt sur l’Étagère Arc-en-ciel de la bibliothèque municipale d’Umeå (Suède), nous avons pu aborder les questions de représentation des identités  queer et des manières de montrer la diversité et de lutter ouvertement contre les discriminations.  Enfin, la présentation de Katherine S. Donaldson sur les programmes de bibliothécaires résident.e.s au États-Unis nous a permis de discuter des barrières au recrutement de bibliothécaires issu.e.s de groupes sous-représentés, et les solutions pour lever ces obstacles.

Programme et liens vers les articles publiés, les vidéos et les diaporamas :

  • Jérémy Lachal, Muy-Cheng Peich, Bibliothèques Sans Frontières, France: Libraries as empowerment levers: defining the collections and the contents with the users – The example of the Ideas Box. Slides.
  • Brittany Jacobs, University of Illinois at Urbana-Champaign, United States: I Read you Loud & Queer. Paper. Video.
  • Christer Edeholt, Umeå public library, Umeå, Sweden, The Rainbow Library
  • Katherine S. Donaldson, University of Oregon: Recruiting diverse librarians: Residency programs as an entry point to the academic librarian profession in the United States. Paper. Slides.

 

Nous avons trouvé l’inspiration dans les travaux de la section Indigenous matters, en particulier la session « Diverse indigenous voices: decolonizing, transforming and centering practices », et espérons faire aboutir un projet commun avec cette section et celle des Populations multiculturelles dans les années à venir.

 

Un lieu de rencontres et d’échanges

Comme toujours, le congrès est un lieu de rencontres et d’échanges extraordinaire. Les collègues malaisien.ne.s nous ont réservé un excellent accueil et ont été nombreux/ses à participer à nos travaux et discussions.

Nous avons conçu cette réflexion comme un travail sur plusieurs années, nous envisageons quelque chose de plus pratique, avec production de contenus, l’année prochaine, avec plusieurs partenaires potentiels.

2019 sera une année d’élections au sein de l’IFLA. Pas besoin d’attendre jusque-là si vous souhaitez participer à nos activités, partager des idées ou des questionnements avec nos membres !

Toutes nos adresses (liste de diffusion, twitter, facebook) sont sur le site de l’IFLA : https://www.ifla.org/women-information-and-libraries.

 

Mathilde Koskas,
responsable du groupe Women, information and Libraries, IFLA