Wear it purple !

Vous ne le saviez probablement pas, mais le 31 août dernier était le Wear it purple day, une initiative internationale, certes majoritairement anglo-saxonne, créée en 2010 en réaction à une recrudescence de suicides parmi les adolescents LGBT victimes de harcèlement. De manière globale, il s’agit de mettre en place des environnements inclusifs et ouverts, où chaque adolescent quelque soit son orientation sexuelle ou son identité de genre pourrait se construire et s’épanouir librement.

Plusieurs institutions et bibliothèques se sont inscrites dans le mouvement. Ce fut le cas, par exemple, de la bibliothèque de l’État du Queensland, en Australie qui, comme d’autres alors, a appelé sur son blog ses usagers adolescents à venir habillés de violet.

Help us celebrate Wear It Purple Day!
We want to build a better world for LGBTQIA+ young people. That’s why State Library is supporting Wear It Purple Day on Friday 31 August 2018. Wear It Purple Day aims to empower rainbow young people and to ensure their health and wellbeing is respected. It is an international movement calling for an end to bullying of LGBTQIA+ teens. By wearing purple we encourage them to be proud of who they are. We support and stand by our LGBTQIA+ youth.

La bibliothèque continue et rappelle qu’en tant qu’espace public, elle accueille tous les usagers quels que soient leur genre, leur identité ou leur préférence sexuelle et continue en mettant en avant ses collections ado sur les thématiques LGBTQIA+ par le biais de présentations, le renvoi vers les mots-dièze #lgbtqia+ et #rainbow reads à utiliser dans le catalogue et le renvoi vers une longue bibliographie de titre australiens sur la thématique :

Best Australian LGBTQIA YA Fiction on Goodreads – https://www.goodreads.com/list/show/87987.Best_Australian_LGBTQIA_YA

Ces bibliothécaires sont supers, non ?

 

Publicités

Le meilleur de notre veille #43

L’été et cette rentrée ont été riche en actualités, en voici une sélection.

En bibliothèque

De nombreuses bibliothèques mettent en place des actions que nous trouvons très intéressantes. Nous nous avions par exemple parlé de l’heure du conte par une drag queen et un drag king lors de la semaine LGBT de lutte contre les discriminations à la bibliothèque de Montreuil. Une journaliste du média Komitid y était, et nous raconte :

cliquez ici pour lire l’article

Autocensure

Les représentations LGBTQ+ continuent à poser problème dans les bibliothèques de nos pays occidentaux, on le voit particulièrement ces derniers temps aux Etats-Unis : ici, un-e directeur-trice de bibliothèques qui refusent les présentations sur ce thème suite à des plaintes (lire l’article en anglais en cliquant ici ).

Ce fait divers est l’occasion pour une Karen Jensen, bibliothécaire, de s’interroger : une table thématique sur ces questions est-elle vraiment souhaitable ? Ne vaut-il pas mieux prendre garde à représenter les LGBT dans toutes les présentations ? Si vous lisez l’anglais, nous vous recommandons la lecture de cet article en cliquant ici.

Discrimination sur le lieu de travail

Le Défenseur des droits a publié la onzième édition du baromètre sur La perception des discriminations dans l’emploi. On y apprend qu’une personne sur 4 dit avoir souffert de discrimination sur le lieu de travail. D’après les personnes interrogées, les cas qui se produisent le plus sont le racisme et les LGBTphobies. Le constat est encore plus sévère dans le public, davantage touché que le privé.

Cliquez-ci pour retrouver l’article de France Bleu sur le sujet.

On pourra trouver de l’espoir en regardant cette vidéo d’une conférence TED par Janet Stovall intitulée : Comment prendre au sérieux les questions de diversité et d’inclusion sur le lieu de travail ? Un vidéo en anglais disponible avec des sous-titres français en cliquant ici.

Ecriture non sexiste

L’écriture dite inclusive est un sujet qui continue à faire débat. Pour rappel, Légothèque a choisi de suivre des recommandations qui ont conduit l’ABF à signer la convention pour une écriture non sexiste, ce dont nous nous félicitons. Ailleurs, on voit que le sujet est aussi suivi avec intérêt et nous saluons l’article écrit sur le blog de Framasoft, réseau dédié à la promotion du « Libre » dont nous utilisons certains services. Découvrez-le en cliquant sur ce lien.

 

Aux marges de l’archivage : les questions LGBTQI, comment archiver une culture underground?

La commission Légothèque propose dans ce billet à Camille Briquet, étudiante en Métiers du livre spécialité Bibliothèque-Médiathèque-Patrimoine à l’IUT Bordeaux Montaigne, de présenter son travail autour de son mémoire de DUT intitulé « Aux marges de l’archivage : les questions LGBTQI, comment archiver une culture underground ? » soutenu en juin 2018.
Théoriquement la France n’a pas de problèmes avec ses archives. Contrairement à certains pays du Sud, la France a une vraie politique d’archivage depuis le XIIe siècle. Le principal problème aujourd’hui n’est pas d’archiver à proprement parler, mais plutôt d’archiver mieux, en tout cas moins, pour soulager les institutions saturées. Pourtant, malgré une véritable politique d’archivage, et des administrations pour la soutenir, certaines archives manquent à l’appel. Si l’on peut admettre que la communauté LGBTQI (Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Queer, Intersexe) a obtenu en France de nombreux acquis sociaux, une question reste pourtant en suspens, et ce depuis au moins les années 80 : celle de l’archivage de ses mémoires.
Les textes réglementaires qui encadrent les archives nous montrent que la collecte et la conservation des archives sont une obligation légale. Et sont concernés par le terme « archives » « […] l’ensemble des documents, y compris les données, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé dans l’exercice de leur activité. » Et pourtant malgré cette réglementation les archives dites LGBTQI ne sont pas, ou très peu et dans des conditions particulières, conservées par les institutions françaises. Si la question des archives LGBTQI est depuis longtemps en suspens c’est notamment parce qu’elle est sous-tendue par deux questions distinctes : déjà, pourquoi archiver les ressources LGBTQI et ensuite comment archiver ces ressources ?

Lire la suite

Légothèque recrute !

We need you !

Cette rentrée, la commission Légothèque vous ouvre les bras et accueillera avec plaisir de nouveaux et nouvelles membres.

L’occasion de revenir sur qui nous sommes, nos actions, notre philosophie, la manière dont nous travaillons au sein de cette commission dynamique, joyeuse et engagée.

En espérant que cela vous donnera envie de nous rejoindre !

Historique et thématiques abordées

Légothèque est une commission de l’Association de bibliothécaires de France (ABF) créée en 2012. Nous nous intéressons au rôle des bibliothèques dans la construction de soi et la lutte contre les stéréotypes.

Nous travaillons sur 3 thématiques : Interculturalité et multiculturalisme ; Questions de genre ; Orientation sexuelle et sentimentale. De manière générale, nous nous intéressons aux questions d’inclusion en bibliothèque et comment elles questionnent missions, services, espaces et accès aux collections.

Le nom “Légothèque” est un mot-valise bien sûr. Il renvoie d’abord au célèbre jeu de construction Lego qui symbolise la construction active de soi, brique à brique, identité par identité. Au delà, le mot renvoie également à l’ego, c’est-à-dire à soi, au moi, mais nous évoquons aussi le verbe lire en latin (lego, legis, legere) et donc au monde de la lecture tout en faisant référence aux bibliothèques (-”thèque”).

Lire la suite

Bilan du congrès et trêve de l’été

Nous y sommes, Légothèque vous propose ce dernier billet estival, avant de vous retrouver à la rentrée !

Lors du dernier congrès ABF, Légothèque a animé une table-ronde « Sexisme et harcèlement à la bibliothèque: comment réagir ? » Une heure pour échanger et proposer des actions.Après de brèves définitions du sexisme et du harcèlement, la première partie proposait un éventail d’actions possibles en bibliothèque. Les bibliothèques étant des lieux de collections,  il a d’abord été question de présenter quelques ressources : la maison d’édition Talents Hauts, quelques titres jeunesse, la collection Egale à égal dont vous trouverez plusieurs recensions sous ce tag sur notre blog.

Lire la suite

Egale à égal #6 : le sexisme au travail, fin de la loi du silence ?

Thématique de notre carte blanche lors du congrès ABF, le sexisme et travail  sont au centre de ce billet. Si le sexisme est indéniablement un obstacle à l’égalité entre les femmes et les hommes, cette notion est récente.

Utilisé pour la première fois à la fin des années 1960 par Pauline Leet, il n’émerge en France qu’à la fin des années 2000.

« Lorsque vous affirmez que, puisque moins de femmes écrivent de la bonne poésie, cela justifie leur totale exclusion, vous adoptez une position analogue à celle d’une personne raciste et je vous appellerai, dans ce cas, un « sexiste »  »               Pauline Leet

Le sexisme ordinaire revêt de multiples visages. Hostile: l’incapacité des femmes a endosser d’autres rôles que ceux auxquelles elles sont assignées; masqué: la dévalorisation; ambivalent: en apparence bienveillant, il cache en fait un paternalisme et une infantilisation des femmes. A ces facettes, s’ajoutent d’autres formes de sexisme dissimulées : l’humour (qui plus est gaulois), la condescendance et l’incivilité, l’injonction à se conformer aux stéréotypes et aux rôles sociaux de sexe, le vocabulaire familier, etc.

Du côté des victimes de sexisme, la menace est donc multiple : discriminant, auto-dévalorisant, facteur de stress et de souffrance au travail. Les victimes multiplient les réponses aux attaques subies: le déni, l’évitement, la diversion, la banalisation, l’absence de confrontation (les femmes ne parlent que peu des actes subis, puisqu’elles estiment qu’on ne les croira pas).

L’individualisation des actes sexistes favorise l’invisibilisation des victimes : la vigilance doit être collective.

Lire la suite