Le meilleur de notre veille #47

Du côté de l’ABF, du nouveau au bureau national en janvier :

Le bureau national exécute les décisions du conseil national et assure la direction permanente de l’association. Ses membres sont désignés par le conseil national. Le renouvellement du bureau national a lieu tous les trois ans. Re-découvrez la composition du bureau national, suite à la réunion du conseil national qui a eu lieu le 27 janvier 2019 à Dijon, dans le cadre du séminaire annuel des groupes régionaux. Bienvenue à la nouvelle équipe! Présidente : Alice BERNARD

LGBT+

  • Plus de 200 plaintes déposées en même temps pour des propos homophobes sur Internet. L’objectif des avocats est notamment d’« instaurer la peur du gendarme » et que « cesse l’impunité » des auteurs de propos homophobes sur Internet, rarement condamnés.
  • La semaine des discriminations à Montreuil. Retour sur la semaine d’activités organisée par la bibliothèque de Montreuil, d’après une interview avec son directeur, Fabrice Chambon. Cet article de Sophie Agié-Carré a été initialement publié dans le numéro 94/95 de la revue Bibliothèque(s).
  • Quand la littérature jeunesse met en scène les personnes LGBT+ . Au Salon du livre jeunesse de Montreuil, les éditions Talents Hauts s’engagent pour une littérature jeunesse plus représentative des personnes LGBT+.

Multiculturalisme

  • Le CSA pointe du doigt le manque de diversité à la télévision. Par exemple, trop peu de place est accordée aux banlieues et à l’outre-mer. La diversité géographique des personnes « vues à la télé » ne reflète pas non plus la composition de la société : seules 3% des personnes étudiées habitent des grands ensembles de banlieues populaires, et 0,3% l’outre-mer (si l’on exclut les programmes de France Ô).
  • Comment aborder le thème des migrations dans toute leur complexité avec un public jeunesse ? Après un passage au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil 2018, Légothèque a sélectionné quelques nouveautés sur le thème des migrations

Inclusion et handicap

  • Dans le cadre de son événement « Tu joues ou tu joues pas » organisé du 1er décembre 2018 au 16 mars 2019, la Bibliothèque de Lyon a organisé une journée professionnelle autour du jeu et de l’accessibilité le jeudi 7 février 2019 à la bibliothèque de la Lyon Part-Dieu intitulée « Quand le jeu est inclusif ».

Féminisme

  • BBF / tour d’horizon : « SEXISTE ? PAS NOTRE GENRE ! Comment agir en bibliothèque contre les stéréotypes et discriminations de genre ». Le 20 juin 2018, les élèves conservatrices et conservateurs de l’Enssib – promotion Benoîte Groult – organisaient une journée professionnelle à la Bibliothèque municipale de Lyon.
  • La représentation des genres et des stéréotypes sexistes dans la littérature jeunesse vue par les collégiens. Un chouette projet mené récemment à la bibliothèque Italie avec quatre classes de 6ème du collège Moulin des Prés dans le 13ème arrondissement à Paris
  • 7 livres à offrir aux enfants pour déconstruire les stéréotypes de genre en 2019 !

 

Et pour terminer ce petit tour d’horizon, nous vous proposons un panorama de toilettes non genrées dans des bibliothèques, des musées comme nous le faisons désormais au congrès annuel de l’ABF sur ce compte Instagram

 

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Une bibliographie sur le genre et l’homosexualité dans le théâtre jeune public

Cette semaine, nous vous présentons une bibliographie de pièces de théâtre jeune public, sur les thématiques du genre et de l’homosexualité, d’après les travaux du département des arts vivants de la Médiathèque de Vaise. Via L’Influx, le webmagazine de la Bilbiothèque municipale de Lyon.
Sur le thème de l’homosexualité

Pour enfants

La cantine de l’amour / Kristian Hallberg / 2013
Roland, tout en servant des boulettes de viande à la cantine, imagine la façon de reconquérir Bart, son amoureux qui vient de le quitter. D’autres parmi les élèves comme Elmer, Anjou, Hedda ou Lawen, s’aiment, se mentent et enchaînent les malentendus.
Pré-adolescents 11-14 ans.

Pierre est un panda / Christophe Pellet / 2014
Pierre est un garçon très délicat. Il a deux mamans et un papa. Et il a aussi son amie Maria. On dirait que la famille de Pierre dérange beaucoup les parents de Maria…
Tendre et cruelle, cette pièce aborde la question de la famille, celle que l’on a et celle que l’on voudrait avoir. Elle offre, à hauteur d’enfants, un regard sur l’homoparentalité et sur la difficulté à surmonter la peur de la différence.

Le journal de Grosse Patate / Dominique Richard / 2001
Grosse patate essaie de comprendre le monde à travers des exercices de maths, en regardant Rémi qui a une ombre de petite fille. Dans ses rêves elle rencontre l’homme en noir qui l’aide aussi à mieux comprendre.
Une pièce drôle et cruelle comme l’enfance. Aborde les thèmes de : l’amitié, l’amour, le deuil et la différence.

Hubert au miroir / Dominique Richard / 2008
Hubert aime se regarder des heures dans le miroir et adore que les autres le contemplent. Sa mère est morte et il vit avec son père et son petit frère. Il discute de football avec son entraîneur, se heurte à son père et, en rêve, aide son professeur à démêler des énigmes.
Une pièce jeune public qui ose aborder des sentiments mitigés, le narcissisme, la méfiance, l’attirance entre petits garçons. Un texte sans concession et original !
Distribution : 3 hommes + 2 femmes + 1 enfant

Sur la question du genre

Plutôt pour enfants

Sous l’armure / Catherine Anne / 2013
Conte
« Sous l’armure, il y a quoi ? Un chevalier. Et pourquoi pas une chevalière ? Ah, ça ne se dit pas ? Au temps des châteaux-forts, Monseigneur veut partir au combat, embarquer son fils et mener sa fille au couvent. Et pendant ce temps, la châtelaine pleure en brodant ? Ça ne va pas se passer comme ça. Christine, vive et intrépide, préfère mourir sur son cheval plutôt qu’étouffée sous un voile. » (Extrait)
À partir de 10 ans.

Stroboscopie / Sébastien Joanniez  / 2015
Raconte l’histoire d’un garçon et d’une fille qui sont sous un réverbère qui s’allume et qui s’éteint. Ils parlent de ce que c’est que d’être une fille ou un garçon.

Elle pas princesse, lui pas héros / Magali Mougel / 2016
Trois enfants se confient tour à tour et dévoilent leur personnalité. Leïli aime les jeux de garçons et refuse de porter du rose. Nils est timide et cache un cœur sensible. Cédric veut jouer à l’homme parfait. Trois textes sur les stéréotypes de genre et qui invitent à la tolérance.
Enfants 6-10 ans.

Mon frère, ma princesse / Catherine Zambon / 2012
Un petit garçon préférerait être une princesse ou une fée, avoir des cheveux longs et porter des vêtements roses. Chahuté et moqué à l’école, il peut compter sur sa grande sœur pour le défendre.
Distribution : 7 personnages

Plutôt pour adolescents

Fille de / Leïla Anis / 2013 [Livre]
Un monologue évoquant l’expérience de l’exil. Cette adolescente pose la question de l’exil au féminin et des stéréotypes de genre.
Pour grands ados.
distribution : 1 femme
Lilli-Heiner Intra muros / Lucie Depauw / 2014
L’histoire d’une jeune fille Lilli qui n’aura pas le temps de devenir une femme, victime du dopage aux hormones masculines pratiqué en ex-RDA. C’est l’histoire des déchirures de l’Allemagne, de Berlin par un mur, les déchirures des corps par les muscles, les frontières, les désirs et les genres.
Pour grands ados.

En délicatesse / Christophe Pellet / 2001
Une sorte de dissolution a eu lieu. Les contours des hommes et des femmes sont plus flous. Ils vacillent entre hétérosexualité et homosexualité. Le sexe fort est devenu le sexe faible et la psychologie traditionnelle qui déterminait leurs comportements a disparu.

Ces filles-là / Evan Placey / 2017
Drame
Histoire de Scarlett, jeune lycéenne dont la vie bascule le jour où une photo d’elle nue fait le tour de l’école. Elle est victime de harcèlement. Au milieu du chœur des filles, surgissent les voix des femmes des générations passées qui se sont battues pour leurs droits et leur liberté, afin de ne plus être surveillées et jugées. Scarlett découvre que les filles se montrent aujourd’hui plus cruelles encore que les hommes de l’époque.

Désertion / Pauline Sales / 2005
Texte jouant habilement sur le devenir femme qui habite le corps masculin et surtout celui des acteurs. Un homme en robe est-il toujours tout à fait un homme ?
Pour grands ados.

Groenland / Pauline Sales / 2003
La pièce parle de la difficulté d’être une femme. La pièce évoque aussi la place de la femme dans la société, ce qu’est être mère et la transmission de mère à fille. Le personnage principal laisse des recommandations à sa fille : ne pas se faire piéger par les codes sociaux, par les hommes, par le sexe, par la maternité…
Pour grands ados.

Fantaisies / Carole Thibaut / 2010
Aborde les questions de la construction des genres et de l’identité des femmes et donc des hommes, en s’amusant avec les différents codes de la représentation sexuée et théâtrale. L’auteur démonte la mécanique d’oppression qui se cache derrière la notion d’idéal féminin. Elle s’attaque aux représentations de l’instinct maternel, du phallocentrisme, des canons esthétiques, des traditions…
Pour grands ados.

Sources :

http://www.linflux.com/arts-vivants/pieces-pour-enfants-et-ados-sur-la-question-du-genre/ 

http://www.linflux.com/arts-vivants/pieces-sur-lhomesexualite-pour-enfants-et-adolescents/

La semaine des discriminations à Montreuil

Retour sur la semaine d’activités organisée par la bibliothèque de
Montreuil, d’après une interview avec son directeur, Fabrice Chambon. Cet article de Sophie Agié-Carré a été initialement publié dans le numéro 94/95 de la revue Bibliothèque(s).

Contexte

 

Depuis 2017, la bibliothèque ferme pendant trois mois chaque été, pour réaliser des travaux. Cette fermeture est nécessaire pour la bonne tenue du chantier et les bibliothécaires souhaitent rendre la dernière journée d’ouverture festive tout en s’inscrivant dans une programmation globale. En 2017, s’est tenu toute la nuit un bal électro dans la bibliothèque ; conclusion d’un cycle d’un mois de conférences et action autour de ce genre musical. En 2018, la fermeture avait lieu quelques jours après la marche des fiertés, la bibliothèque a donc décidé de s’appuyer sur cette thématique pour ses festivités pré-fermeture !

Le montage du projet

Le projet a été réfléchi collectivement avec pour envie de proposer une programmation variée et dynamique, qui puisse rassembler à la fois les usagers de la bibliothèque et le monde LGBT. L’objectif était que tout le monde puisse se trouver dans les actions proposées et d’aborder la question des discriminations sous différents prismes : culturel, politique, social… Les logiques de partenariat (associations, conférenciers…) ont fonctionné à la fois pour des prises de contact avec des personnes-ressources, mais aussi pour inscrire la semaine dans la vie culturelle montreuilloise.

La communication du projet a fait sortir les bibliothécaires des murs de la bibliothèque, en empruntant certaines formes de communication au militantisme, avec le collage d’affiches dans la ville ou encore la distribution de flyers pendant la marche des fiertés et dans le Marais. Ce pas de côté, cet appel au streetmarketing, a été l’occasion aussi de pouvoir échanger avec des personnes ne fréquentant pas la bibliothèque et s’interrogeant sur le projet. Bien évidemment, la communication institutionnelle était présente avec un programme papier et de nombreux relais en ligne.

Le programme

L’une des premières idées, qui reste dans une logique festive, était la soirée drag- queen. Ce spectacle, qui se déroule plutôt dans des bars parisiens, pouvait constituer une conclusion joyeuse à la semaine des discriminations. Par son côté culturel et créatif, le spectacle avait donc toute sa place à la bibliothèque. Un set DJ a permis de terminer la soirée en dansant tou-tes ensemble.

Le monde associatif LGBT était aussi partie prenante de la semaine, avec différentes associations présentes, notamment par le biais de projections. SOS Homophobie a ainsi animé un débat suite à la projection de Homos, la haine et a pu présenter l’édition 2018 du rapport annuel sur l’homophobie. Le Refuge était également au programme avec la projection de films sur l’association, suivi d’un temps d’échanges.

Côté conférences, Samuel Boursier a présenté une histoire des luttes LGBT, d’hier à aujourd’hui. Et Didier Lestrade s’est quant à lui intéressé à l’influence de la communauté LGBT dans les musiques modernes. Ces deux conférences ont permis d’intégrer deux temps plus posés que les autres éléments de la programmation.

Le public jeunesse était aussi concerné par les animations, avec des lectures autour des questions de genre, animées par deux drag-queens : Enza Fragola et Jésus La Vidange. Un atelier plein de paillettes et de maquillage était au programme en before de la soirée festive.

Le RESET2, hackerspace féministe et inclusif, a proposé des initiations au

code et des jeux indépendants abordant les thématiques LGBT. Cette incursion du numérique dans la programmation s’appuyait aussi sur les ateliers informatiques proposés chaque premier samedi du mois à la bibliothèque, avec pour idée de croiser les publics.

Sur le terrain

L’ensemble de la semaine s’est très bien déroulé, le public a répondu présent aux activités, et certaines d’entre elles ont été un grand succès. Par exemple, la soirée a rassemblé 200 personnes, avec un équilibre dans le public entre les usagers de la bibliothèque et des personnes qui avaient déjà pu assister à des spectacles de drag-queen dans leur lieu « habituel ». Fabrice Chambon, directeur des bibliothèques de Montreuil, nous a confié qu’il n’avait pas eu de retour négatif sur les événements de la semaine. Au contraire, le public de la bibliothèque était enthousiaste et ravi de pouvoir découvrir ce monde.

Et après ?

Cette semaine a été une expérience très positive !
La semaine des discriminations peut être considérée comme le volet évènementiel d’une programmation autour de cette thématique, mais ces dernières sont abordées toute l’année par l’équipe des bibliothèques. En effet, la bibliothèque, dans son rôle culturel et citoyen, construit toute l’année pour inciter les usagers à s’interroger ensemble sur les grandes questions de notre société. Ainsi, ces thématiques autour des discriminations ou des inégalités sociales sont présentes toute l’année à l’agenda de la bibliothèque, particulièrement avec le public adolescent. Un film sur l’homophobie a d’ailleurs été réalisé par une classe de 3e d’un collège de la ville et l’opération va être réalisée de nouveau l’an prochain.

 

Nouveautés jeunesse sur le thème des migrations

Comment aborder le thème des migrations dans toute leur complexité avec un public jeunesse ? Après un passage au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil 2018, Légothèque a sélectionné quelques nouveautés sur le thème des migrations : 2 albums pour les petits, 3 albums pour les grands, 2 documentaires, 2 romans, 2 bandes dessinées et 1 conte. Les voici.

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Le meilleur de notre veille #46

Le mois dernier, Actualitté évoquait plusieurs études autour des bienfaits de la lecture, comme barrage contre l’exclusion, la solitude et la dépression ou pour renforcer nos interactions sociales : penser autrui, interagir et ressentir le monde. Une fonction dont nous sommes persuadés à Légothèque et que nous rapprochons des travaux de plusieurs chercheurs déjà cités ici.

Ressentir le monde, c’est aussi le rencontrer et le parcourir. C’est valoriser ces initiatives, difficultés rencontrées, événements organisés pour y répondre… petit tour du monde des bibliothèques autour de nos thématiques.

Savitribai Phule a écrit deux livres de poésie mettant en avant les droits des femmes

Féminismes

Pour ressentir le monde, lisons les autrices féministes indiennes qui se battent dans une société encore dominée par le patriarcat, et secouons les stéréotypes sexistes à grands éclats de rire, ensuite, en regardant la chaîne YouTube du Meufisme.

 

LGBT+

Découvrons à la suite de nos amis canadiens des publication Queers (en anglais) alors même que, de l’autre côté de la frontière, des groupes anti-LGBT intentent des procès contre des bibliothèques pour empêcher l’organisation d’heures du contes lues par des drag-queens, comme à Lafayette en Louisiane, ou à Cookeville dans le Tennessee.

Notons à contrario que la célèbre Bibliothèque du Congrès vient de choisir de préserver le film d’Ang Lee, Brokeback Mountain, au milieu d’une sélection de trente titres, comme étant particulièrement signifiant d’un point de vue historique états-unien. « These cinematic treasures must be protected because they document our history, culture, hopes and dreams » précise-t-elle.

 

Migrants, réfugiés, multiculturalisme

La lecture devient vitale aussi parfois pour les migrants et les travailleurs immigrés comme le montre le tout récent festival qui s’est tenu début décembre à Singapour. Ce dernier essayait justement de créer des liens entre travail, migration et art (en anglais) dans le monde. On a pu y rencontrer une écrivaine indonésienne qui a monté une bibliothèque de rue à partir de rien ou écouter le poète Syrien Mwaffaq Al-Hajjar, réfugié à Kuala Lumpur en Malaysie, qui a gagné un prix de poésie sur les migrants et les réfugiés l’an dernier.

La poésie en faveur du multiculturalisme, ce fut aussi le cas fin novembre lors de la Nuit de la poésie à la bibliothèque nationale du Quatar où des poètes arabes, espagnols et français ont échangé et lu des textes dans leurs propres langues.

Une bibliothèque au Point éphémère

Cet été, le Point éphémère, un lieu emblématique de Paris, a accueilli une bibliothèque LGBT+. Retour sur le projet avec sa créatrice, Albane Linyer.

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Le Point éphémère (crédits : Office de tourisme Paris)

Emergence du projet

Albane n’est pas du tout bibliothécaire, elle est auteure et scénariste. Et elle aime les livres, mais elle constate régulièrement que la littérature LGBT+ est peu présente dans les lieux du livre que sont les librairies ou les bibliothèques, en dehors des lieux identifiés LGBT+.

Créer une bibliothèque LGBT+, la Bibliothequeer, avait pour objectifs de faire du tri dans sa propre bibliothèque, partager des lectures qui l’avaient marquée et surtout, proposer un lieu où trouver de la littérature LGBT+.

« Il y a un côté ouverture de cette culture au monde ; l’envie de sensibiliser et d’ouvrir en la posant dans un espace public. L’autre idée est bien sûr de donner aux LGBT+ leur littérature à disposition, parce que ce n’est pas toujours évident de trouver des livres qui nous ressemblent, ou qui répondent à nos questions. » Cette citation d’Albane résume tout à fait le projet.

Une première base de livres était déjà prête, il fallait donc l’enrichir pour pouvoir proposer un nombre de titres suffisant en termes de genres de livres, d’histoires, de représentations. Pour cela, Albane a fait appel à des partenaires tels que la libraire Violette & co, les éditions Des ailes pour un tracteur, des auteur-es… et a lancé une campagne de financement participatif sur le site Ulule ! Cette campagne, qui s’est terminée par un succès, a pu permettre d’acquérir un grand nombre de livres et construire la bibliothèque qui allait s’installer une dizaine de jours au Point éphémère.

La bibliothequeer : une bibliothèque pour tous et toutes

Du 1er au 13 juillet, la Bibliothequeer a posé ses palettes colorées au Point Ephémère. Ce lieu emblématique de la vie parisienne propose toute l’année des rendez-vous réguliers, entre concerts, projections, bar, expositions, rendez-vous artistiques, festivals, résidences d’artistes… et ne s’arrête pas pendant l’été ! Situé en bordure du canal St-Martin, le Point Ephémère fait les beaux jours (et nuits) de ses usagers et usagères.
Le premier jour, la Bibliothequeer s’est installée à l’intérieur du lieu, ce qui, en ce début juillet, n’a pas été opportun en termes de lectorat. Tout de suite, l’équipe a décidé de déménager sur la terrasse, et cette nouvelle localisation a permis de lancer la machine ! Des livres étaient proposés lors des temps d’ouverture du lieu et jusqu’en début de soirée.
La Bibliothequeer a été un succès pendant toute son ouverture : la plupart du temps, les personnes qui fréquentaient la terrasse du Point Ephémère avaient toutes un livre de la Bibliothequeer en main ! Albane nous a rapporté qu’il n’y a eu aucune réaction négative quant à présence des livres. Les personnes présentes sur le lieu se sont laissées tenter par les propositions éclectiques de lectures et ont eu l’air, à chaque livre consulté, de passer un bon moment. Le libre-service a permis aussi aux per-sonnes de prendre leur temps pour sélectionner leur lecture et de profiter de l’installation de la terrasse. Il y a eu un certain nombre de remerciements et de félicitations, et une belle fréquentation sur toute la durée de la mise à disposition des livres.
En plus des livres, l’équipe de la Bibliothequeer a pu proposer deux événements avec une DJette, Agnès Aokky, pour l’ouverture le dimanche ; et une projection de courts-métrages et de séries à l’intérieur du Point Ephémère.

Et maintenant ?

La Bibliothequeer première édition a fermé ses portes le 13 juillet, mais ce n’est que le début d’une aventure ! L’équipe autour du projet continue à acheter des livres pour enrichir les rayonnages et cherche d’autres lieux pour s’implanter ! Pour suivre la Bibliothequeer, découvrir d’autres photos et les encourager, rendez-vous sur Instagram et sur Facebook ! Le succès de la Bibliothequeer a pu rendre visible des auteur-es de littérature LGBT+ sur un lieu aux propositions culturelles variées. Cette bibliothèque inclusive, ouverte à tous et toutes, a montré le rôle important de la lecture dans la construction de soi, une thématique que la commission Légothèque aborde toute l’année dans ses travaux.

Cet article de Sophie Agié a été initialement publié dans la rubrique Bibliothèques et inclusion de la revue Bibliothèque(s) de l’ABF.