Le meilleur de notre veille #42

Au programme de ce meilleur de notre veille pour le mois de juin : Pride Month et Genre

Pride Month

Avec l’organisation des Marches des Fiertés, le mois de Juin est traditionnellement le « Mois des Fiertés », ou Pride Month, outre-alantique. Les bibliothèques en profitent pour mettre en avant leurs collections en direction de ces publics et proposer des animations ciblées depuis les recommandations quotidiennes à la NYPL aux rencontres avec des auteurs à la Bibliothèque du Congrès, la mise en avant de bibliographies thématiques à la construction participative de témoignages à l’Université de Floride Speak Your Truth: A Queer History of UCF  et la valorisation des fonds comme à l’Université de Washington à Saint-Louis. De quoi vous donner des idées pour les jours restants.

Et vous en France, vous avez fait quoi ?

En Espagne, les élèves conservateurs territoriaux, partis en voyage d’étude, nous apprennent que la législation de la communauté autonome de Madrid rend obligatoire la présence de fonds dédiés aux questions de genre et d’identité sexuelle dans les bibliothèques des villes de plus de 20000 habitants.

Si vous voulez faire de même, vous pouvez suivre ce que propose la Mairie de Paris par exemple qui met en avant une bibliographie thématique sur le sujet, ou utiliser des sites ressources comme l’américain Gayya qui liste des ressources par identités et orientations sentimentales.

Fille d’Album, dans un billet de blog revient sur sa dernière participation à une table-ronde sur la représentation des LGBT dans la littérature jeunesse. Son billet propose nombre de réflexions et de titres à récupérer pour vos établissements.

Féminisme

Une fierté qu’on peut retrouver, en cherchant bien, sur d’autres sujets comme celui du genre, à commencer par cette belle surprise créée par la place grandissante accordée aux personnages féminins dans les grosses productions de jeux vidéo, comme l’a démontré le récent E3.

L’industrie vidéoludique nous renvoie plus souvent l’image d’un environnement machiste ( cf l’affaire du GamerGate, mouvement masculiniste sorti d’Internet qui est allé jusqu’à cyber-harceler des développeuses reconnues et respectées.) et c’est plutôt une bonne nouvelle. Ce serait bien que YouTube s’en inspire au lieu de blacklister des femmes, démonétiser des vidéos avec des corps de femmes, pour faire plaisir à des annonceurs comme le dénonce Télérama.

Côté bibliothèque, ce 20 juin, les élèves conservateurs promus de l’Enssib organisent une journée d’étude intitulée « Sexiste ? Pas notre genre ! Comment agir en bibliothèque contre les stéréotypes et discriminations de genre » http://www.enssib.fr/JE-Sexiste-pas-notre-genre  revenant sur la question des métiers, des collections et des actions que les établissements peuvent proposer. Vous pouvez la retrouver sur Twitter via le hashtag #sexistepasnotregenre

La journée a été annoncée dans la revue de presse du Ministère (Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes) qui propose une veille d’actualité réalisée à partir des informations et documents de la presse quotidienne et hebdomadaire nationale, de la veille des sites institutionnels (ministères, Parlement, organismes partenaires…) et de la surveillance des sites associatifs francophones et de certains blogs.

Interculturalité

Mercredi 20 juin était la Journée mondiale des réfugiés, l’occasion pour des bibliothèques de rappeler leur engagement et les actions mises en place : un rôle rappelé par l’IFLA dans un document accessible en ligne .

Les bibliothèques jouent depuis longtemps un rôle de soutien aux groupes marginalisés, les réfugié.es et autres nouveaux et nouvelles arrivant.es n’étant qu’un exemple de celles et ceux qui bénéficient de l’accès à l’information qu’elles fournissent. Les bibliothèques remplissent divers rôles pour ces nouveaux et nouvelles arrivant.es, comme des espaces sûrs (sanctuaires), des entrepôts (lieux où enregistrer leurs expériences), des passerelles (vers de nouvelles vies dans les communautés hôtes) et des ponts (vers de nouveaux voisins). Pourtant, ce travail n’est pas nécessairement facile. Les sections de l’IFLA ont produit des directives utiles qui aident à comprendre ce qui peut être nécessaire.

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« Esprit critique, es-tu là ? »

C’est l’intitulé d’une journée d’étude qui a eu lieu le 19/04/2018 à Tours.

Cette journée a été organisée par Bibdoc 37, un réseau départemental ouvert à tous les professionnels des bibliothèques et des centres de documentation, qui organise une manifestation professionnelle annuelle. Les présentations des intervenant.e.s sont désormais toutes en ligne.

Pendant la journée, les personnes  présentes ont participé à 2 ateliers au choix par les 4 suivants : l’éducation aux médias, c’est l’affaire de tous ; neutralité ou prises de position : les bibliothécaires dans le débat ; comment se positionner en tant que bibliothécaire par rapport à la surveillance de masse ? Présentation de l’ EPJT : le projet « FactoScope ».

La conférence inaugurale de Sylvain Delouvée, maître de conférences à l’Université de Rennes portait sur les notions de « raison(s) et déraison(s) » et la table ronde en fin de journée interrogeait le positionnement des bibliothèques dans la « fabrique de l’information ».

La commission Légothèque était présente avec une intervention intitulée : « neutralité ou prises de position: les bibliothécaires dans le débat », nourrie d’exemples issus d’articles du blog afin d’illustrer des prises de positions sur différents sujets comme par exemple : préjugés sexistes, de genre, écriture inclusive…

La commission de l’Association des bibliothécaires de France (ABF) Légothèque travaille sur « le rôle d’accompagnement des bibliothèques dans la construction des individus ». Elle privilégie 3 angles de réflexion: interculturalité et multiculturalisme, genre, orientation sexuelle et sentimentale. Loin d’encourager une prétendue neutralité des bibliothèques, Légothèque vise à provoquer la réflexion sur la lutte contre les stéréotypes et les exclusions. Considérant les bibliothèques comme des lieux privilégiés d’échanges et de débats, Légothèque participe à la valorisation de leur rôle social et politique. Comment les bibliothécaires français.e.s peuvent-ils prendre position sur ces sujets dans leurs institutions ? Quels sont les outils concrets dont les professionnels peuvent se saisir pour faire évoluer leurs collections et leurs services vers plus d’inclusivité ? 

 

Egale à égal #5 : le sexe des mots, un chemin vers l’égalité

« Le sexe des mots, un chemin vers l’égalité / Claudie Baudinot : c’est le nouveau titre de la collection égale à égal que nous vous proposons d’explorer.

Truffé d’exemples pertinents, ce livre nous apprend que le langage n’est pas neutre, il est sexiste. Ainsi, souvenons-nous que l’école nous apprend très tôt que le genre masculin l’emporte sur le féminin ; souvent la féminisation d’un mot le dévalorise : la préfète fait plutôt penser à la femme du préfet, plutôt qu’à la fonction que peut exercer une femme etc…

“Emanciper le langage pour construire une culture de l’égalité” : le sous-titre de ce livre nous indique le chemin pour faire évoluer les mentalités et lutter contre les stéréotypes sexistes.

La langue est sexiste

Elle reflète les stéréotypes, autant féminins que masculins. Les exemples sont légion qui nous montrent que l’élément féminin dans la langue est souvent dévalorisé. Ainsi, la “philosophe et essayiste Simone de Beauvoir” a longtemps été présentée dans les dictionnaires comme “disciple et compagne de Jean-Paul Sartre”. Un homme savant, c’est formidable, mais les femmes savantes de Molière renvoient elles à des femmes pédantes, cherchez l’erreur! Même si les femmes ont fait reconnaître leurs droits et leurs capacités à accéder à certains métiers et à certaines fonctions, elles s’auto-censurent parfois face aux connotations péjoratives associées à certaines formulations comme « maîtresses de conférences”. Ce sexisme de la langue est plus universel qu’il n’y paraît et des langues comme l’anglais ou l’italien n’y échappent pas non plus.

La langue façonnée par et pour les hommes

L’accord au masculin reflète une indéniable hiérarchie entre les sexes. Cependant, cette règle du masculin qui l’emporte sur le féminin a été érigée “récemment” en principe au 17e siècle : auparavant prévalait l’accord de proximité, comme en témoignent ces vers de Racine / Athalie :

“Surtout j’ai cru devoir aux larmes, aux prières,

Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières.”

Mettre les mots au service de l’égalité

Il y a encore du chemin à faire mais des progrès ont été faits. La “Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne” d’Olympe de Gouges en 1789 n’était pas un exercice de style mais reflétait sa conscience aiguë que la Révolution avait exclu les femmes à tous les niveaux. 

Conserver son nom pour une femme mariée, pouvoir donner aux enfants le nom du père et/ou de la mère sont des évolutions récentes.

Les Nouvelles NEWS, l’autre genre d’info :  ce journal d’information indépendant a vocation à traiter l’actualité tout en respectant la parité. Il veut donner autant de visibilité aux femmes qu’aux hommes dans le contenu de l’info et gommer les stéréotypes sexués.

En 2015, le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes a édité le Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe via une une écriture inclusive : ce billet sur notre blog vous donnera une idée des enjeux liés à ces questions.

La violence des résistances

Aujourd’hui encore, les académiciens sont toujours opposés à la féminisation des noms de métiers et à toute forme d’écriture inclusive. Les passions se sont déchaînées autour de l’usage du terme “Mademoiselle”.

Les chemins vers l’égalité

Ils sont pluriels et il faut continuer à faire évoluer la langue afin qu’elle reflète également tous les visages de la société et inclut les personnes transgenres, de sexe indéterminé ou en cours de définition. En effet, les seules catégories homme / femme, masculin / féminin sont limitatives et en suédois le pronom neutre “hen”, qui englobe “han” il et “hon” elle permet d’élargir cette notion de catégories.

Un texte qui se lit d’une traite et vous fera réfléchir sur le sens et… le sexe des mots!

 

Légothèque au congrès de l’ABF

Comme chaque année depuis sa création, Légothèque sera présente au congrès de l’ABF qui se déroulera cette année du 7 au 9 juin à La Rochelle et dont le thème est « A quoi servent les bibliothèques ? »

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Affiche du congrès 2018 représentant un blender.

La commission Légothèque propose une table-ronde sur le thème du sexisme et du harcèlement en bibliothèque. En présence d’Olga Trostiansky, présidente du laboratoire de légalité et conseillère au CESE, et d’Isabelle de Souza, responsable de la commission, il s’agira de s’interroger sur les réponses que nous, bibliothécaires, pouvons apporter aux situations que nous rencontrons en bibliothèque. Cette table-ronde se déroulera le jeudi 7 juin à 16h45. Afin de préparer cette rencontre, découvrez nos recensions d’ouvrages de la collection Egale à égal du laboratoire de l’égalité..

Nous serons également présent-e-s pour présenter la commissions et nos actualités, l’occasion idéale de venir nous voir si vous souhaitez en savoir plus sur nos actions et, pourquoi pas, nous rejoindre. Cette rencontre aura lieu le vendredi 8 juin de 14h à 15h.

Retrouvez l’ensemble du programme sur le site de l’ABF en cliquant ici.

 

Egale à égal #4 : la santé, autre territoire d’inégalités

Femmes et santé, encore une affaire d’hommes ?, de Muriel Salle et Catherine Vidal,  rejoint aujourd’hui notre feuilleton Egale à égal.

L’espérance de vie des femmes est plus grande que celles des hommes, c’est un fait. Pourtant, les femmes passent plus d’années en mauvaise santé, à différents stades de la vie et pour de nombreuses pathologies.

Quelles pistes pour réduire les inégalités femmes / hommes dans le domaine de la santé ?

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La santé n’est plus seulement un bien-être physique. C’est un épanouissement du corps et de l’esprit et elle inclut également les conditions de vie. Elle est donc appréhendée en 3 perspectives:

  • biologique
  • psychologique
  • sociale

Il est alors nécessaire de considérer l’articulation entre les différences anatomiques, biologiques et les autres (environnement économique, socio-culturel, etc.).

Maladies féminines, maladies masculines ?

Si la mortalité maternelle est quasi-nulle, les femmes sont de plus en plus victimes de maladies ou addictions jusqu’alors cantonnées à la sphère masculine. Avant les années 1960, le corps médical ne fait cas ni du tabagisme, ni de l’alcoolisme féminins. Aujourd’hui, les comportements à risque ne sont plus uniquement masculins, et l’écart femmes / hommes tend à la diminution.

Les normes sociales sont donc un obstacle à une prise en charge efficace, tout comme les stéréotypes liés au genre.

Monde du travail

Les études portant sur la pénibilité au travail concernent les secteurs professionnels masculins:  un salarié du bâtiment (port de charges lourdes) sera légitime dans la reconnaissance du préjudice subi, alors qu’une hôtesse de caisse atteinte de troubles musculo-squelettiques (TMS) aura plus de difficultés à faire reconnaître ce préjudice.

Autre point noir du monde du travail : le sexisme et le harcèlement. Au contact du public, 1 femme sur 4 (mais 1 homme dur 10) déclare avoir été agressée. Par ailleurs, les hommes sont agressés physiquement par leurs collègues alors que les femmes sont harcelées (moralement ou sexuellement), intimidées. A cela s’ajoute, la violence du monde du travail, le plafond de verre et la charge mentale.

Enfin, la précarité touche majoritairement les femmes. A titre d’exemple, 70% des travailleurs pauvres sont des femmes. Lire la suite

Le meilleur de notre veille #41

Au programme de ce meilleur de notre veille pour le mois de mai : bande-dessinée, Eurovision, urbanité, Cannes.

Lisa Mandel 

Lisa Mandel est une autrice de bandes-dessinées, qui a couvert plusieurs sujets d’actualité tels que la jungle de Calais (Les nouvelles de la jungle … de Calais), l’hôpital psychiatrique sur un blog (HP, hors service). Elle a également écrit des bandes-dessinées pour la jeunesse, avec son héroïne trop forte Nini Patalo (5 tomes, publiés chez Glénat).

Si nous vous parlons de Lisa Mandel aujourd’hui, c’est parce qu’elle a participé à une exposition il y a peu, à Nantes, intitulée « Une BD si je veux, quand je veux ». Avec 25 artistes féministes (dont un homme), cette exposition est dans la continuité du travail qu’elle mène depuis 2015 pour réfléchir au sexisme dans l’univers du neuvième art. Cette interview sur le blog du Goethe Institut, ainsi que le blog du Collectif des créatrices de bandes-dessinées contre le sexisme, sont à lire ! En bonus, le podcast Auriculaire donnera certainement des idées d’acquisitions pour les étagères de vos bibliothèques !

 

En finir avec la ville sexiste

Ce dossier de la Gazette des Communes regroupe une dizaine d’articles interrogeant la ville à travers le prisme du genre, et particulièrement la place des femmes dans l’espace urbain. Où l’on peut voir que la ville n’est pas toujours aussi accueillante pour les hommes que pour les femmes ; et que les données, quand elles existent, sont des outils précieux pour améliorer l’accessibilité et la sécurité au quotidien. En s’attachant à faire de la ville un espace sûr, en favorisant la mixité, en développant des programmes, la société et les collectivités contribuent au bien vivre ensemble. Les bibliothèques ont également un rôle à jouer à ce sujet. Le dossier est régulièrement enrichi de nouvelles contributions.

Eurovision

Nous ne résistons pas à l’idée de montrer la vidéo du clip de Netta Barzilai, qui vient tout juste de remporter l’Eurovision édition 2018. Avec sa chanson Toy, Netta Barzilai, qui représentait l’Israël, dénonce le harcèlement de rue, appelle à l’émancipation de la femme et fait écho au mouvement #metoo.

Une montée des marches inédite

Le Festival de Cannes bat son plein en ce moment, quelques mois après les Oscars et après l’émergence du mouvement #metoo, le cinéma mondial cherche à retrouver une relative sérénité post-scandale Weinstein. Pour cette édition, la présidente du jury, Cate Blanchett, a souhaité une montée des marches exclusivement féminine le samedi 12 mai. 82 femmes du monde du cinéma ont donc pris place sur ces escaliers mythiques pour appeler à l’égalité salariale. Cette initiative symbolique, en continuité avec l’orientation générale de cette 71e édition du festival, a pu rappeler que depuis la création du festival, seules 82 réalisatrices ont été en compétition, contre 1 688 hommes.