Circulations migratoires en France

Julie Duprat, chargée de médiation à la Bpi, nous propose le billet de blog de cette semaine.

La question des communautés immigrées ou de la cohabitation de plusieurs cultures sur le territoire français fait souvent l’objet de débats vifs, basée sur une affirmation fausse et biaisée considérant que toutes ces problématiques seraient récentes, mettant en péril une certaine vision de la France éternelle.

Il suffit pourtant de s’intéresser un peu à l’histoire pour comprendre très rapidement que le territoire français a été depuis plusieurs siècles un espace de circulations migratoires importantes, parfois plus inattendues que ce que notre inconscient collectif voudrait bien nous faire croire. L’arrivée de populations Afro-descendantes en Europe est par exemple un fait attesté dès l’Antiquité ; en France, ces migrations deviennent un phénomène récurrent dès le début du 18e siècle. De très nombreux esclaves, plus rarement des libres de couleur, arrivent alors des Antilles ou du continent africain pour résider dans l’Hexagone plus ou moins longtemps. Domestiques, artisans, voire marchands … ces populations participent pleinement au développement économique de la France avant de s’impliquer dans son devenir politique lors de la Révolution de 1789 autour des débats sur la citoyenneté des gens de couleur et l’abolition de l’esclavage.

Même si cette immigration est restée relativement marginale au 18e siècle si on la considère d’un point de vue purement numérique, son étude s’avère essentielle aujourd’hui pour proposer une mémoire de cette histoire plus complexe et apaisée. Appréhender cette histoire permet en effet d’offrir un discours différent, qui légitime pleinement – si certains en doutaient – la présence dans l’Hexagone de nos concitoyens Afro-descendants mais aussi de comprendre l’ancienneté et la validité de leurs luttes. Il y a donc un vrai enjeu mémoriel autour de la transmission de cette histoire dont se sont déjà emparées bon nombre de bibliothèques outre-atlantiques afin d’être plus inclusives. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, cette histoire est officialisée grâce au “Black History Month”, un mois dédié à l’histoire des populations noires et se tenant soit au mois de février (USA), soit au mois d’octobre (UK). Ce mois est suivi par de nombreuses institutions culturelles, dont des bibliothèques : la New York Public Library ou la London Library (Canada) proposent par exemple un cycle ambitieux de médiation culturelle autour de cette question avec des sélections d’archives et de livres par les bibliothécaires, des conférences ou encore des ateliers pour enfants. On aurait cependant tort de croire que ces événements ne peuvent être rendus possibles que grâce à l’histoire afro-américaine. En Europe, ces célébrations sont également suivies, notamment au Royaume-Uni : la British Library propose chaque année de nombreuses conférences sur l’histoire des populations noires et caribéennes au Royaume-Uni, rediffusées depuis 2018 sur le web.

Comme on l’a vu, cette histoire est également un fait français : à défaut d’avoir un mois dédié à l’histoire des populations noires, plusieurs initiatives sont déjà en cours afin de revaloriser cette histoire. En 2019, la bibliothèque Mériadeck de Bordeaux a ainsi inauguré des Cafés-Patrimoine visant à rapprocher les lecteurs de la bibliothèque du patrimoine de celle-ci : la première session de ce cycle portait justement sur une présentation des manuscrits et livres anciens de la bibliothèque en lien avec l’histoire des populations noires à Bordeaux au 18e siècle et début du 19e siècle. Plus souvent, c’est la commémoration de l’abolition de l’esclavage qui est propice à la mise en place de médiations en bibliothèque comme en 2020 à la BnF : cette date avait été l’occasion de faire un point en ligne sur ses collections en lien avec l’esclavage. Ce type d’initiatives pourraient tout à fait être reprises plus largement, tant les fonds patrimoniaux des bibliothèques sont riches autour de cette question (discours pro et anti-abolitionnistes, gravures, récits locaux …) mais encore largement inexploités. La Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage est notamment un relais indispensable autour de ces questions afin de développer des actions pédagogiques et culturelles. Cette volonté s’est ainsi concrétisée en 2019 par la création d’un réseau de professionnels de la culture, Patrimoines déchaînés, ayant vocation à se rassembler chaque année.

Légende : “Atelier-patrimoine” à la Bibliothèque municipale de Bordeaux (site Mériadeck) en 2019. L’atelier avait été organisé dans la cafétéria de l’établissement en partenariat avec l’association “Tout Art Faire” ; les documents sélectionnés avaient été sortis des magasins pour être présentés sur place.

A défaut de posséder un fonds patrimonial exploitable en ce sens, de nombreuses initiatives demeurent cependant à la portée des bibliothèques de lecture publique afin de revaloriser l’histoire et les voix des populations noires. Il demeure ainsi tout à fait possible de réfléchir à la politique documentaire de son établissement pour mieux y inclure des auteurs d’origine africaine ou antillaise. C’est notamment dans cette optique qu’en avril 2021, la Bibliothèque publique d’information accueille une installation temporaire proposée par le collectif Chimurenga. Durant un mois, l’objectif de cette installation est de rendre visible dans l’espace de la Bpi l’importance des Blacks Studies, soit en valorisant des oeuvres déjà présentes, soit en matérialisant des potentiels manques dans les collections de la bibliothèque. Pour faire ce travail de réflexion sur ces collections, d’autres partenariats peuvent être envisagés : en 2018, la bibliothèque Filigrane de Genève, spécialisée dans les questions de genre et d’égalité, avait ainsi produit une première bibliographie indicative ; on peut aussi se tourner vers des libraires spécialisés, comme la librairie Calypso, dont le fonds de commerce est dédié à la littérature et à la culture ultramarine (essais, ouvrages de fiction, ouvrages documentaire). Les collègues ultra-marins, enfin, sont des interlocuteurs privilégiés : connaisseurs de la littérature contemporaine Afro-descendante, ils sont également en première ligne dans la conservation de cet héritage. Ces dialogues avec différents acteurs pourraient ainsi permettre de diversifier les voix, contemporaines et passées, présentes sur nos étagères.

Légende : installation Chimurenga à la Bibliothèque publique d’information (avril 2021). On y aperçoit les cartes mentales dessinées par le collectif d’artistes, ainsi que les faux livres matérialisant des collections manquantes au sein de la bibliothèque.

Tour de veille – mars 2021

Mars, un mois riche en événements et commémorations diverses!

8 mars : journée internationale des droits des femmes

Retour sur un cycle féminisme à la Bpi qui s’est achevé le 8 mars : « Le féminisme n’a jamais tué personne! »

Une lettre d’information tonique de la bibliothèque Marguerite Durand

La 9ème édition des Rendez-Vous de l’Image aura lieu les 31 mars et 1er avril 2021 : au programme « Images des luttes : antiracistes, féministes et pour l’égalité »

Côté genre

Masculin – féminin : 50 nuances de genre?

Berlinale 2021 : l’Allemande Maren Eggert remporte le prix de la meilleure interprétation « non genré », une première.

31 mars : Journée internationale de la visibilité transgenre

Pour l’occasion, L’Université de Picardie Jules Verne (UPJV) propose deux jours de rencontres, d’ateliers et de débats pour s’informer, pour se former. Et pour lutter contre les clichés. C’est le fruit d’un partenariat fort avec l’association Divergenre, l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) et l’Université d’Artois.

LGBTQ

L’IFLA et le groupe LGBTQ Users : plusieurs instances de l’IFLA nous intéressent particulièrement, à commencer par les sections et les groupes qui résonnent avec les préoccupations de notre commission.

Le premier Captain America gay va arriver sur nos écrans! « Marvel announces first gay Captain America
Aaron Fischer, a gay teenager, will take on the mantle in The United States of Captain America, marking the character’s 80th anniversary »

Multiculturalisme

La commission ABF Livr’exil. Plus d’un an après, la commission accompagne sa première bénéficiaire dans ses stages et vers la fin de sa formation d’auxiliaire dispensée par l’ABF Ile-de-France et le début de son insertion dans l’emploi.

«Nos Daron·ne·s» : une web-série pour parler autrement de l’immigration
Avec ce documentaire participatif qui met en scène des parents et leurs enfants, l’association Ghett’Up invite toutes les générations issues de l’immigration à se questionner et à se réapproprier leur histoire.

Migrants et langue du pays d’accueil. Depuis les années 2005, les adultes migrants en France (hors-Union européenne) doivent signer un contrat d’intégration lors du passage à l’[Office Français de l’Immigration et de l’Intégration

-Sidaction

TraceS : Où se cache notre histoire. A l’occasion du Sidaction, la Fabric’Art-thérapie présente le premier épisode de son premier jeu vidéo.
Ca se passe dans une bibliothèque et le jeu vidéo vous conduira à rechercher les traces et les archives de la lutte contre le sida, à mener l’enquête et à continuer la lutte avec les personnes et groupes rencontrés. Une aventure rythmée par une série d’épisodes qui vous fera voyager des années 80 aux années 2050.

La commission ABF Livr’exil

En 2019, à l’initiative de collègues impliqué·es dans l’accueil des migrant·es en bibliothèque, l’ABF lance un appel à volontaires pour former un groupe de travail pour réfléchir à l’accompagnement professionnel des personnes migrantes qui souhaitent travailler en bibliothèques. Ce groupe de travail deviendra la commission Livr’exil. Plus d’un an après, la commission accompagne sa première bénéficiaire dans ses stages et vers la fin de sa formation d’auxiliaire dispensée par l’ABF Ile-de-France et le début de son insertion dans l’emploi. 

Le coeur du travail de la commission est de comprendre les besoins du ou de la bénéficiaire et de l’accompagner dans les différentes options qu’on peut lui proposer:

  • inscription dans la formation initiale de l’ABF 
  • accompagnement par un·e tuteur·rice bibliothécaire (rendez-vous réguliers, visites de structures)
  • stages (long sur toute l’année et de 35h en une semaine) dans le cadre de la formation ABF
  • préparation aux examens
  • accompagnement dans la recherche d’emploi

Mariam Sadat, notre première bénéficiaire vous le racontera mieux que nous:

  1. Comment as-tu rencontré Livr’exil ?

Par internet, à cette époque-là j’avais une assistante sociale et j’avais envie de travailler dans un lieu culturel. Je lui ai demandé si elle pouvait trouver un travail comme ça, comme par exemple dans une bibliothèque. Elle a trouvé sur internet Livr’exil et m’a expliqué que c’est un projet pour les gens qui travaillaient comme libraires, journalistes, documentalistes, écrivains dans leurs pays. Je lui ai dit que ça m’intéressait et de m’inscrire. A cette époque là je ne savais pas que cette formation était aussi difficile, si j’avais su peut-être que je ne me serais pas inscrite. Mais bon maintenant je suis là et je suis contente !

  1. Qu’est ce qui t’a convaincue de t’inscrire à la formation auxiliaire de l’ABF ?

Les livres. Quand j’étais très petite je me souviens que je lisais beaucoup, même des livres qui ne sont pas pour les enfants mais pour les adultes. J’avais tout le temps un livre entre les mains, c’est peut-être pour cela que je voulais travailler dans une bibliothèque. Et aussi j’adore feuilleter un vrai livre, sentir le papier, c’est naturel, ça vient de la nature.

  1. Tu fréquentais des bibliothèques en Afghanistan ? Tu t’attendais aux mêmes bibliothèques qu’on trouve en France ?

Non, on a des bibliothèques mais pas comme en France. Les rôles des bibliothèques en France c’est très différent de chez nous. Quand j’étais en Afghanistan je ne savais pas beaucoup ce qu’étaient les rôles des bibliothèques. Chez nous c’est plus simple qu’ici. On donne des livres, on prend des livres, c’est tout. On a beaucoup de grandes bibliothèques mais pas exactement comme ici.

Bibliothèque publique de Kaboul
  1. Tu as commencé ta formation de bibliothécaire en septembre pendant la pandémie, quelles sont les deux choses que tu as découvertes avec ta formation d’auxiliaire sur le métier de bibliothécaire ?

En tant que bibliothécaire on doit trouver des solutions pour tout le monde parce que la bibliothèque s’adresse à tout le monde. Ça me fait penser à un lieu magique pour trouver tout ce qu’on veut, et le bibliothécaire est le génie qui exauce les vœux. 

La deuxième chose que j’ai apprise c’est la tolérance et ça me touche. Toutes les formatrices veulent adapter cette formation à tout le monde, même moi qui ne maîtrise pas la langue française. Je ne suis pas française, je parle peut-être bien français, je comprends bien le français mais j’ai du mal à apprendre tout et je trouve qu’il y a beaucoup de tolérance avec moi dans cette formation.

  1. Quelles sont les deux choses que tu as découvertes avec ton stage à la bibliothèque Vaugirard de la Ville de Paris ?

J’ai appris beaucoup de choses. Ce que j’apprends en théorie dans la formation, je le pratique chaque mercredi à la bibliothèque Vaugirard. La première chose c’est tout simplement d’accueillir les différents usagers : souriants, énervés, curieux, les personnes âgées, les jeunes, les enfants même tout petits. La bibliothèque c’est un paradis, mais un paradis des mots. 

La deuxième chose c’est ranger des livres par cotes. Et aussi aimer les livres plus qu’avant !

Bibliothèque Vaugirard, Paris
  1. Comment se passe ton tutorat par la commission Livr’exil ?

Je voudrais répondre par une seule phrase : sans mon tutorat je ne serais pas arrivée jusque maintenant.

Thomas Santer – Commission Livr’exil – tuteur de Mariam : Très rapidement nous nous sommes rendu compte qu’il était nécessaire de débriefer les cours de la formation d’auxiliaire afin que Mariam puisse se les réapproprier. D’une part, il y avait la barrière de la langue avec des mots et des notions bibliothéconomiques difficiles à comprendre. Mais il s’agissait aussi de rassurer Mariam quant aux compétences qu’elle a à apporter à ce métier. Nous avons donc mis en place un tutorat dans lequel nous essayons de nous voir une fois par semaine, ce qui demande un investissement supplémentaire important. Ces échanges sont très enrichissants pour moi car ils me forcent à expliquer les grands débats actuels au sein des bibliothèques mais aussi parce qu’ils questionnent l’ethnocentrisme et la place des cultures orientales dans nos collections. Et puis c’est avant tout une belle rencontre avec une personne admirable et motivée qui partage les mêmes valeurs d’accueil et de service public que l’on attend d’un.e bibliothécaire.
  1. Qu’est ce qu’il se passe pour toi dans les prochains mois ?

Ahhhh ! (soupir) Je commence un autre stage dans une autre bibliothèque, à St Ouen, pendant une semaine. Et en avril j’ai un examen blanc. Et pour tout ça je dois travailler et pour moi c’est une obligation pour arriver à la fin. Mais pas avec n’importe quel résultat. Je voudrais un bon résultat à la fin de cette formation, pas juste la moyenne. Je vais essayer d’obtenir mon diplôme avec de bonnes notes. Je ne sais pas si je vais y arriver mais je vais essayer, ça c’est promis !

Médiathèque Persepolis, St Ouen

Aujourd’hui, la commission recherche de nouveaux bénéficiaires pour la rentrée 2021, des tuteurs et des structures prêtes à accueillir sur un stage longue durée.

Contact : livrexil@abf.asso.fr

Bibliothèque(s) et inclusion

2021 sera une année blanche pour la revue de l’ABF Bibliothèque(s). Pour bien commencer l’année quand même, voici un récapitulatif des articles publiés dans la rubrique Bibliothèques et inclusion. Tous les numéros à partir de l’année passée se trouvent dans la bibliothèque numérique de l’Enssib.

Bibliothèques n° 102-103

Un répertoire de formations sur les thèmes de l’inclusion, de la construction de soi et de la lutte contre les stéréotypes (p. 12)

La médiathèque Valentin Haüy : la médiathèque inclusive (p. 15)

Bibliothèques n° 100-101

L’album jeunesse dans la construction de soi : compte-rendu d’une table-ronde au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil

Les livres ont la parole : regards croisés sur une bibliothèque vivante au congrès de l’ABF

Bibliothèques n° 98-99

Rencontre avec Juda la Vidange, drag king qui propose des heures du conte en bibliothèque

Initiative : une formation « Pour des bibliothèques non-sexistes »

Bibliothèques n° 96-97

Atelier EFiGiES Archives, mémoire, transmission du féminisme et LGBTQ+

L’Encyclopédie des migrants : de l’intime au politique

Bibliothèques n°94-95

La semaine des discriminations à Montreuil

Une bibliothèque au Point éphémère !

Bibliothèques n°92-93

Une carte pour signaler les centres de ressources sur le genre

L’ABF s’engage pour une communication sans stéréotype de sexe

Bibliothèques n°90-91

Des bibliothèques gay-friendly ?

Bibliothèques n°88-89

Rendre visible les femmes invisibles

Bibliothèques n°87

Bibliothèques et migrant-es, comment faire ? L’exemple suédois

Et bien sûr le numéro 80, qui a pour thème Bibliothèque(s) et inclusion !

Bonne lecture !

 

Tour de veille – novembre 2020

Comme tous les mois, tour d’horizon de notre veille!

-Portraits

En ces temps difficiles de pandémie sanitaire avec ce deuxième confinement, nous pensons aux librairies qui sont fermées. Voici le portrait d’Adrienne Monnier, libraire, à qui la Ville de Paris va rendre hommage en apposant une plaque à son nom.

-Construction de soi

Samuel Paty, enseignant : ce que nous devons à l’Ecole dans notre construction comme individu-s éclairé-e-s.

Journée mondiale des toilettes / 19 novembre

Les toilettes : un lieu de discriminations sociales et de genre de par le monde.

« 4,2 milliards de personnes vivent encore sans accès à des installations sanitaires gérées en toute sécurité. Il devient de plus en plus crucial de lutter contre la crise mondiale de l’assainissement et d’atteindre l’objectif de développement durable 6 : eau et assainissement pour tous d’ici à 2030. »

-Multiculturalisme

Où il est question de diversité : en littérature, avec une sélection d’écrivains afro-américains (Toni Morrison, James Baldwin, Iceberg Slim…), et en politique en Nouvelle-Zélande, où la Première Ministre oeuvre à la réconciliation post-coloniale de son pays : le nouveau gouvernement compte désormais 25 % de Maoris, 40% de femmes et des membres de la communauté LGBT.

Identités transgenres

Transgender Day of Remembrance (TDoR) : sélection bibliographique en mémoire aux 34 personnes transgenres assassinées en 2020 aux USA.

Documentaire / « Transidentité : la fin d’un tabou? » Encore trop souvent les personnes transgenres doivent faire à une existence particulièrement difficile dans notre société et leur parcours personnel est semé d’embûches.

L’Argentine impose un quota de personnes trans dans le secteur public : « l’insertion professionnelle relève d’une demande historique des associations. Début septembre, le gouvernement argentin a publié un décret imposant au moins 1 % de personnes travesties, transsexuelles et transgenres parmi ses travailleuses et travailleurs. »

-LGBT+

Cette année, la Marche des Fiertés a eu lieu en ligne, ce qui n’empêche pas de rappeler haut et fort les difficultés d’accès à la santé et aux soins de nombreuses personnes LGBT +, difficultés accentuées par la crise sanitaire.

Présentation par la ministre chargée de la Diversité, Elisabeth Moreno, du plan pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT (2020-2023). Comprenant 42 objectifs, il vise à «faire des personnes LGBT+ des citoyennes et des citoyens à part entière» selon ses mots.

Zines, contre-culture et débat public : la commission légothèque s’intéresse aux productions issues de la communauté LGBTQIA+ et aux productions relatives au genre. Or les zines ont été largement investis par des communautés qui n’arrivaient pas à publier ailleurs leurs idées.

 

Tour de veille – octobre 2020

Pour commencer, une étude nécessaire en ces temps troublés : les bibliothèques universitaires sont des alliées du bien-être mental des étudiants et des étudiantes, selon une étude anglo-saxonne. L’enquête entière (et en anglais) se trouve ici.

A propos du mouvement Black Lives Matter, on peut lire un article écrit par la Fédération des Ecomusées et des Musées de société, et regarder le documentaire Stupéfiant : Modèles noirs, regards blancs, qui s’interroge sur la représentation des personnes de couleur dans la culture populaire française.

Dans l’actualité sur les questions de genre, on peut écouter le podcast « Egalité Femmes- Hommes VS stéréotypes de genres : où en est on ? » et le philosophe Paul B. Preciado parler de Simone de Beauvoir dans L’heure bleue de Laure Adler : Simone de Beauvoir, un certain genre. Un article de Challenges relate que « Le genre des jouets n’a plus la cote », un autre décrit la vague MeToo dans le monde dans la musique.

Pour finir, on peut lire cet article sur Ce que font les lesbiennes à la littérature et parcourir le hashtag #choisirlesfemmes sur Twitter pour enrichir notre bibliothèque.