Le mois des fiertés dans les bibliothèques

Les bibliothèques et le mois des fiertés en juin : et vous dans vos bibliothèques, vous faîtes quelque chose ? Voici un panorama d’actions menées dans différentes bibliothèques. Merci aux collègues qui ont pris le temps de répondre!

L’inclusion de tous les publics est au coeur de nos missions en bibliothèque et de Légothèque. Le mois des fiertés est l’occasion de mettre en valeur espaces, collections, et animations variées.

  • Les médiathèques d’Epernay ont mis en place tout un cycle d’animations.

-Exposition photo « J’existe » (collaboration avec l’association FACE A TOI MEME de Liège et EX Aequo Reims). Cette exposition présente des portraits photographiques qui dépeignent l’être humain dans toute sa diversité.

-Stop motion « Le coeur Arc-en-ciel ». Réalisation d’un film en stop motion. Une autre manière d’aborder les différences et de parler de ses émotions.

C’est cliché ! (jeux Mémo de l’égalité + C’est cliché Canopé). Jeux qui questionnent les stéréotypes et les questions de genre, points communs et différences filles/garcons

-Iel était une fois… avec le collectif Paillettes ! Lectures de contes par le collectif paillettes (Drag queens)

-Stand d’information et de prévention. Information auprès du grand public. Groupe LGBT Sparnacien + SOS Homophobie

-Projection « Lola vers la mer » + discussion

Discussion avec association Ex-aequo à l’issue de la projection du film. Association Ex-aequo Reims.

  • Médiathèque de Floirac située en Gironde. Médiathèque Jean Darriet M270

Les cafés de Roland : spécial mois des fiertés. Présentation d’une sélection de textes sur les thématiques LGBTQIA+ de façon théâtralisée avec un comédien.

  • Médiathèque Andrée Chedid (Andernos)

Table documentaire ado / young adult / jeunesse

Mise en valeur des fonds documentaires, fiction et non fiction avec une guirlande « mois des fiertés »

  • bibliothèque Claude Lévi-Strauss (Paris)

Le nouveau fonds LGBTQI+ de la bibliothèque Claude Lévi-Strauss (Paris) : en plus du fonds Féminismes, déjà présenté sur ce blog, les bibliothécaires font coïncider l’inauguration de ce mini fonds LGBTQI+ avec le mois des fiertés, en l’illustrant avec une table thématique et une bibliographie sélective.

  • Bibliothèque François Villon (Paris)

Rencontre BD live avec l’illustratrice Soizick Jaffre

A l’occasion du mois des fiertés : réalisation de dessins en direct et en musique sur la thématique LGBT+

Le mois des fiertés sera aussi l’occasion de mettre en avant des titres LGBTQ et d’étoffer les sélections en ligne préparées en 2021.

  • Bibliothèque de l’INSA à Rennes :

Exit Lyon, l’association LGBTQ de l’INSA Lyon, a sélectionné un corpus de livres LGBT à destination de la Bibliothèque de l’INSA à Rennes. Ils seront exposés lors de la semaine des arts et sciences Queer et également mis à l’honneur en juin.

  • Médiathèque George Sand :

table thématique « mois des fiertés » avec documentaires, albums, films, jeunesse et adultes Lgbt+.

  • Bibliothèque Publique d’Information (BPI) : chroniques sur des romans et BD aux thématiques LGBT

La cerise sur le gâteau : l’inclusion n’est pas une variable d’ajustement

La Légothèque a participé aux journées d’étude du 10 mars 2022, organisée par le Département Documentation, Archives, Médiathèques et Edition de l’’UFR Histoire, Arts et Archéologie de l’Université Toulouse – Jean Jaurès. Ces journées d’étude avaient pour thème « L’inclusion dans les métiers du livre et du patrimoine : enjeux et perspectives », et la Légothèque a proposé l’intervention suivante :

La cerise sur le gâteau

J’aimerais tout d’abord préciser quelque chose : je ne suis pas là pour juger ou critiquer ce qui se fait – ni ce que vous pourriez faire. Ma présentation, qui est une sensibilisation à l’inclusion dans la lecture publique, a pour postulat que vous avez le temps et l’argent nécessaires pour tout faire dans les règles de l’art. J’ai bien conscience que ce n’est pas toujours possible, et qu’on fait alors de son mieux. Et c’est déjà pas mal. 

Le titre de mon intervention est « l’inclusion n’est pas une variable d’ajustement », mais il aurait été plus juste de dire « ne devrait pas être » : il existe une grande différence entre théorie et pratique. 

Mais qu’est-ce que l’inclusivité ? Au vu de la thématique de ces deux journées d’étude, j’imagine que vous avez déjà une petite idée : c’est le fait qu’un lieu – ici des établissements de lecture publique – soient accueillants pour tous types de publics, en particulier les minorités. Le volet le plus évident de l’inclusivité est l’accessibilité pour les personnes handicapées, mais ce n’est pas le seul : comment faire en sorte que les personnes racisées, que les minorités de genre, les personnes LGBTI+, les personnes précaires se sentent également les bienvenues dans nos bibliothèques et médiathèques ? 

Le cadre légal

En termes d’inclusivité, légalement, les choses sont assez sommaires. Évidemment, il y a toutes les lois sur l’accessibilité aux personnes handicapées dans les espaces recevant publics qui s’appliquent… Notamment la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, avec une échéance au 31 décembre 2014 (sauf exceptions : impossibilité technique avérée, préservation du patrimoine architectural extérieur, disproportion entre les améliorations apportées et le coût ou ERP situés dans un bâtiment à usage principal d’habitation).

Mais jusqu’à il y a peu, il n’y avait rien de concret pour les bibliothèques spécifiquement. Avec la loi Robert, récemment votée en décembre 2021 – mais qui ne concerne que les établissements territoriaux – , on trouve cependant dans le premier article des mentions concernant l’inclusivité : les bibliothèques « facilitent [leur] accès aux personnes en situation de handicap. Elles contribuent à la réduction de l’illettrisme et de l’illectronisme. Par leur action de médiation, elles garantissent la participation et la diversification des publics et l’exercice de leurs droits culturels. » 

Déjà dans le manifeste de l’IFLA et de l’UNESCO de 1994 – qui n’avait pas de valeur légale cependant – , il était précisé que « les services qu’elle assure sont […] accessibles à tous, sans distinction d’âge, de race, de sexe, de religion, de nationalité, de langue ou de condition sociale. Des prestations et des équipements spéciaux doivent y être prévus à l’intention de ceux qui ne peuvent, pour une raison ou une autre, utiliser les services et le matériel normalement fournis, par exemple les minorités linguistiques, les handicapés, les personnes hospitalisées ou incarcérées. » 

L’idée de l’inclusivité est donc au cœur des préoccupations des bibliothécaires depuis longtemps… Notamment à travers les obligations légales et autres adaptations pour l’accès physique aux bâtiments : rampes d’accès, ascenseurs, attention à la largeur des couloirs et des espaces de circulation, hauteur des rayonnages, présence de bandes podotactiles, de toilettes spécifiques, indications en braille, etc. qui sont souvent intégrées aux nouveaux bâtiments – mais qu’il est plus difficile à mettre en place sur de l’ancien.

L’inclusivité n’est pas un absolu

Laissez-moi mettre les pieds dans le plat tout de suite : l’inclusivité parfaite, universelle, n’existe pas. Et je ne parle pas là de moyens et de temps, mais vraiment en règle générale. Un exemple très simple : imaginez que vous fassiez une animation – n’importe laquelle, ça n’est pas très important. Si vous voulez la rendre accessible à des personnes malvoyantes, il faut que la lumière soit forte, mais pas trop vive pour autant. Mais s’il y a une personne photosensible – autiste par exemple – qui vient pour cette animation, à l’inverse il faudrait une lumière tamisée, voire une pénombre. Difficile de concilier les deux, donc. 

C’est valable pour d’autres aménagements, en termes de calme, de sons, mais aussi d’activités proposées. Par exemple, l’absence des ados en bibliothèque est souvent mise en avant : on aimerait qu’ils viennent, qu’ils lisent… Mais quand ils sont là, ils viennent en groupe, ils sont bruyants, ils gênent

Aussi, toutes les mesures d’accessibilité ne sont pas utilisables par toutes les personnes handicapées, même concernées par celles-ci. Le braille par exemple, n’est lu que par 10 à 15% des personnes aveugles, et la langue des signes françaises n’est pratiquée couramment que par ⅓ des personnes sourdes environ. Cela ne veut pas dire qu’il faut laisser ces solutions de côté, évidemment ! Mais qu’il faut aller au-delà et ne pas les prendre pour acquises. 

Dans tous les cas, pour une animation, l’organisation d’un espace : il faut voir l’inclusivité non comme la touche finale, mais comme une question à se poser dès le début du projet : pour qui, pour quoi ?

Communiquer sur l’accessibilité

Dans cette idée, il ne suffit pas de préciser dans votre communication « lieu et/ou événement accessible » – d’autant que souvent, quand c’est écrit de cette façon là, c’est l’accessibilité aux fauteuils à laquelle on pense. Et même quand c’est écrit, souvent, les gens n’ont pas conscience des conditions réelles d’accessibilité. Par exemple, s’il y a un petit écart de hauteur entre deux pièces, une personne avec une poussette, un rollator, ou un fauteuil manuel pourrait passer… Mais les fauteuils électriques ne passent pas les marches plus hautes de 3 à 6 cm, selon les modèles !

 Il est donc important de communiquer ce qui est accessible en des termes clairs : y a-t-il une marche, même petite ? S’il y a une rampe, est-elle amovible ? Faut-il sonner pour accéder à une porte à l’arrière ? (Ce qui, soit dit en passant, n’est pas vraiment accessible) Et les toilettes ? Même si ça parait superflu, n’hésitez pas à préciser et décrire ce qui existe. Et malgré tout, on risque de vous contacter pour vous poser des questions : comme je l’évoquais un peu plus tôt, l’accessibilité n’est pas universelle, et beaucoup de personnes handicapées ont l’habitude d’avoir des renseignements incomplets ou incorrects. Et je vais peut-être enfoncer une porte ouverte – mais ça va mieux en le disant : faire venir quelqu’un pour aider, pour porter un fauteuil par exemple, ça n’est pas rendre un lieu accessible. Lors de la création d’un événement, un lieu que nous avions démarché avec mon association nous avait précisé qu’ils avaient une mezzanine, mais qu’un système de treuille pouvait être installé pour attacher les fauteuils et les monter à l’étage… 

Premiers pas dans la bibliothèque

Outre l’accessibilité physique du bâtiment pour les personnes en situation de handicap, souvent, le premier contact qu’un·e usager·e fait avec une bibliothèque passe par le formulaire d’inscription. Plusieurs choses peuvent être mises en place pour être le plus inclusif possible lors de cette étape : 

  • la mise à disposition de formulaires en plusieurs langues – si la structure reste la même d’une fiche à l’autre, il n’est pas nécessaire que le ou la personne qui transcrit les informations maîtrise la langue en question ;
  • de manière globale, il peut être intéressant d’indiquer les langues parlées par les agent·es sur leur badge s’ielles en disposent, ou bien de créer un document les recensant – y compris la LSF !
  • ne pas demander de justificatif de domicile, et ne pas différencier les tarifs selon la domiciliation. Idéalement, même, un tarif gratuit pour tout·es ;
  • ne pas demander le sexe ni le genre des usager·es. Après tout, à quoi sert-il concrètement ? On parle souvent des statistiques, mais une fois celles-ci faites et différenciées entre hommes et femmes, est-ce que cette donnée est vraiment utilisée ? A part pour constater une situation, y a-t-il des mesures prises pour plus de parité chez les abonné·es ?
  • permettre aux usager·es d’utiliser un prénom d’usage, notamment pour la carte de bibliothèque ou les lettres de rappel. Un prénom « légal » peut toujours être renseigné dans le logiciel, pour toute démarche administrative plus importante (en cas de long retard, pour transmission au trésor public par exemple).

Dans tous les cas, les données d’inscription devraient pouvoir être reçues ou rectifiées sans questions de la part des bibliothécaires. 

L’autre point qui est primordial pour un accueil inclusif en bibliothèque, ce sont les locaux, notamment les toilettes. Parmi les points de vigilance dans ces lieux, il y a ;

  • la présence de toilettes non genrées (par exemple, faire des panneaux « toilettes assis » / « urinoirs » plutôt qu’hommes et femmes) ;
  • la présence de tables à langer dans tous les toilettes, même côté hommes s’ils sont genrées ;
  • la lutte contre la précarité menstruelle en mettant des protections périodiques diverses en accès libre, dans toutes les toilettes, encore une fois même côté hommes s’ils sont genrés, ainsi que des poubelles.

Pour des exemples de toilettes inclusives, écolos, n’hésitez pas à aller voir le travail du concours Chouettes toilettes, organisé par l’ABF. Certaines bibliothèques ont ainsi mis des sélections de documents dans leurs sanitaires, des QR code vers des coups de cœur,  mais aussi des vêtements de rechange, des chauffe-biberons, des réducteurs de toilettes pour les enfants, voire même des pots pour les tout·es- petit·es ! On peut également citer la présence de lavabos dans les cabines, pour favoriser l’utilisation de cups menstruelles.  

Les collections : classification et indexation

Je vais vous parler d’un autre volet de l’inclusion, qui ne soit pas l’accessibilité des lieux et événements eux-mêmes. Être inclusif, ce n’est pas qu’une question d’accès physique : comment les collections et leur agencement montrent aux gens qu’ils sont les bienvenus dans votre établissement ? Vous avez sûrement entendu de nombreuses critiques de la dewey, ou des différentes indexations qui existent : 

  • en ce qui concerne la dewey, parmi les multiples critiques qui lui sont adressées, une des plus flagrantes est celle du traitement de la religion, les 200. L’immense majorité de cette classe concerne le christianisme, et il faut attendre les 290 pour que les « autres religions » soient évoquées : par exemple 296 pour le Judaïsme et le 297 pour l’Islam… 
  • pour l’indexation, dans rameau on peut citer par exemple le terme « hermaphrodisme » qui est toujours utilisé pour désigner l’intersexuation – même si une mise à jour a été faite en 2020, pour ajouter le terme « intersexué », qui désigne les personnes intersexes. 

Pour l’indexation, utiliser une indexation interne peut être une possibilité notamment dans les établissements territoriaux. Pour la classification des documents, un fonctionnement par pôle thématique est possible, ou alors un éclatement de certains indices en redistribuant les documents dans d’autres, comme l’a fait la bibliothèque Claude Lévi-Strauss de Paris pour les documents initialement dans l’indice 305.8  (« groupes ethniques et nationaux ») par exemple. 

Pour un exemple concret, la Légothèque a proposé cette année un questionnaire pour les personnes trans, qu’elles viennent ou non en bibliothèque. Parmi celles qui en fréquentent (que ce soit des établissements territoriaux, scolaires ou universitaires) et qui font des recherches sur le catalogue, on voit vraiment un décalage entre les termes utilisés pour l’indexation et les mots utilisés spontanés par les usagers. Ainsi, dans la seconde catégorie, les mots qui reviennent le plus souvent sont : transidentité, transitude (qui se développe pour sortir des questions identitaires ou de sexualité) et trans (mais qui a le désavantage de créer beaucoup de bruit lors des recherches)… Mais les usagers doivent souvent retourner sur les terme pathologisants et psychiatrisants de « transsexuel » et « transsexualité ». 

La médiation et l’inclusion passe aussi par la possibilité de rendre les usagers indépendants, même s’iels ne savent pas utiliser le catalogue en ligne : par exemple, afficher les côtes dewey des sujets « sensibles » sur une affiche bien visible, à l’entrée des différents espaces. On peut citer les addictions, les dettes, l’infertilité, le cancer, l’inceste, etc. 

Les collections : mise en valeur de fonds spécifiques

Pour certains thèmes, il peut être intéressant de mettre en valeur des fonds spécifiques. Par exemple, la Médiathèque Olympe de Gouges de Strasbourg possède un espace « égalité de genre » : tous les documents traitant du féminisme y sont rangés, et d’autres en lien avec la thématique sont rangés dans le fonds classique et présentent des macarons sur la couverture pour les identifier. Ce fonds est né en 2012 suite à une volonté municipale après la signature de la charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale deux ans plus tôt : l’équipe de la médiathèque était déjà investie sur le sujet, et la situation géographique de la médiathèque, au centre-ville, facilitait le lien avec les associations féministes locales. En 2021, l’espace comportait 970 documents, plus 1 300 documents disséminés dans les différents secteurs de la médiathèque. En 2021, le taux de rotation des documents de l’espace était de 1,14 en moyenne. Le livre le plus emprunté était Le Génie lesbien d’Alice Coffin, avec 9 prêts dans l’année. Des sacs thématiques empruntables sont aussi mis à disposition, et les associations sont libres de déposer des brochures.

D’autres établissements ont fait un choix similaire pour mettre en valeur un fonds LGBTI+ par exemple. 

C’est une possibilité parmi d’autres, qui ont chacunes leurs forces et leurs faiblesses, notamment dans le cas de fonds « sensibles » : 

  • le choix de créer un espace particulier, avec une signalétique dédiée, fait passer un message fort, clairement visible ; les documents sont facilement accessibles. Cela peut cependant être intimidant, et les usager·es pourraient ne pas oser s’y rendre ; 
  • il est également possible de ranger les documents que l’on veut mettre en valeur avec le reste du fonds, mais en les signalant avec des autocollants. C’est plus discret, mais brise tout de même une certaine « confidentialité » : un·e ado qui prendrait un roman estampillé LGBTI+ chez lui par exemple, risque de se voir poser des questions par ses parents.

Pour ces deux façons de faire, il est possible d’avoir quelques documents en deux exemplaires : l’un qui soit clairement identifié comme faisant partie du fonds, et l’autre non. Bien évidemment, selon la taille du fonds, on atteint vite les limites (notamment financières et physiques) de ce système.

  • Une autre possibilité est de ne pas signaler physiquement les documents, mais de les mettre en valeur sur le portail : avec une sélection bibliographique, une indexation particulière, etc. Cela laisse les usager·es libres de tomber sur ces documents « par hasard » (notamment en ce qui concerne la fiction), mais les rend beaucoup moins visibles pour la majorité des lecteurs qui soit n’utilisent pas le portail, soit n’auront pas la curiosité de chercher ce fonds.

Il n’y a donc pas de solution idéale, mais pour une approche un peu différente de ce que j’ai évoqué, je laisse Max Junqua vous parler du fonds de Médiathèque José Cabanis.

Dans tous les cas, j’aimerais mettre en garde sur la sélection en elle-même. Si avoir des documents qui traitent tous les points de vue est tout à fait normal et souhaitable, il faut créer une politique documentaire spécifique aux documents mis en avant dans ces fonds. Est-il pertinent par exemple d’y intégrer l’essai La question trans, de Claude Habib, qui fait une comparaison entre l’affaire Matzneff et la prise en charge des enfants trans !? Ce qui ne veut pas dire qu’il faut bannir cet ouvrage des bibliothèques, bien évidemment ; mais de la même façon qu’on ne traite pas un ouvrage platiste de la même façon qu’un ouvrage scientifiquement rigoureux. 

De la même manière, on peut éviter de mettre en avant des documents venant d’auteur·ices accusé·es de violences sur des présentoirs ou des sélections thématiques : Woody Allen, Polanski,… Encore une fois, sans bannir les documents : pensez par exemple à Disney, qui a intégré des messages dans leurs films les plus anciens pour prévenir que telle ou telle représentation est datée et caricaturale. L’œuvre est toujours disponible, mais disponible avec une explication, un  contexte. A l’inverse, il peut être intéressant de créer des tables thématiques plus inclusives, avec des auteur·ices moins mis·es en avant d’ordinaire : des femmes, des personnes racisées, handicapées, LGBTI+, etc. 

Outre les fonds thématiques, il est aussi intéressant de créer des fonds spécifiques dans leur forme comme par exemple le fonds Facile à Lire et à Comprendre (souvent abrégé FALC), qui peut regrouper des documents adaptés aux personnes handicapées, ayant des troubles dys et/ou aux personnes apprenant le français. Souvent les sections jeunesse possèdent un tel fonds, mais des collections pour adolescents et adultes se développent également, comme la collection Livres faciles à lire et à comprendre d’Yveline Editions, Planète Falc de Mes Mains en Or, ou encore l’initiative Osez lire de l’Esat de Périgueux. 

Les livres audio sont aussi souvent mis en avant pour une démarche d’inclusivité pour les personnes aveugles ou malvoyantes. Malheureusement le format MP3 n’est pas vraiment adapté, surtout dans le cas des documentaires : la navigation est difficilement possible dans le livre à cause de l’absence de sommaire, les découpages ne sont pas toujours logiques… Il existe un format spécifique, le format daisy (Digital Accessible Information SYstem), conçu spécifiquement pour faciliter la lecture par des personnes handicapées : se déplacer dans le livre est plus simple, il y a la possibilité de placer des marque-pages, de contrôler vitesse de lecture et hauteur de la voix. Certains livres en daisy donnent également la possibilité de suivre le texte en braille en parallèle. Le format daisy demande cependant un lecteur spécifique pour être utilisé. A savoir, la Médiathèque Valentin Haüy de Paris, qui produit certains des livres de ce format grâce à des bénévoles, peut fournir le matériel pour les médiathèques, et vendre leurs documents. Seules les personnes en situation de handicap peuvent les emprunter cependant, car les documents ne sont pas soumis au droit d’auteur, grâce à l’exception handicap : les personnes aveugles ou malvoyantes, mais également les personnes dys. 

Enfin, il est également intéressant de mettre les DVDs qui proposent de l’audio-description en valeur, par exemple en imprimant des étiquettes en braille à poser sur les jaquettes, ou en mettant un logo rapidement repérable dessus.

Bibliothécaires et usager·es

Les différentes initiatives ou aménagements proposés pour rendre les bibliothèques plus inclusives sont plus ou moins visibles des autres usager·es – et plus ou moins acceptés. A l’époque des débats sur la loi mariage pour tout·es en 2012, dans la bibliothèque où je travaillais, des usager·es cachaient les albums jeunesse sur l’homoparentalité par exemple – et ils n’étaient particulièrement mis en valeur ! Plus récemment, en 2019, la bibliothèque Louise Michel de Paris avait organisé des lectures de contes non-genrés par des drag-queens, entre autres activités pour la Queer Week, semaine de réflexion sur les genres, les corps et les sexualités (qui avait déjà eu lieu sans problème l’année précédente). L’événement avait été repris sur des sites d’extrême-droite et une vague de harcèlement sur les réseaux sociaux s’en était suivie. L’ABF avait réagi avec les textes suivants : « [N]ous tenons à réaffirmer que c’est le rôle même des bibliothèques et des bibliothécaires que de proposer au public des services, des animations et des collections pour tou·te·s, et sur tous les sujets pour favoriser les débats, lutter contre les prescriptions idéologiques et donner aux enfants comme aux adultes les clés pour comprendre le monde dans lequel ils et elles vivent ». « En donnant à voir les identités plurielles qui nous composent, en favorisant le vivre-ensemble, en créant des espaces de dialogue où peuvent s’exprimer les questions et le débat d’idées, en permettant à chacun·e de construire et de se construire, les bibliothèques investissent pleinement le rôle qui est le leur de remettre les citoyen·ne·s en capacité d’agir ».

A noter cependant que dans ce cas, il s’agissait majoritairement de réactions extérieures : lors de cette édition, de la précédente ou des suivantes, le public avait été plus que ravi. 

Les réactions négatives des usager·es ne se limitent pas à ce qui est proposé par la bibliothèque. Certains publics peuvent aussi être mal perçus par les autres : adolescent·es, personnes handicapées, racisées, mais aussi personnes précaires notamment sans domicile. 

A la fois pour sensibiliser les collègues et pour permettre d’avoir les armes pour répondre aux potentiels commentaires négatifs – surtout avec les usager·es en face à face, sur les réseaux sociaux, bloquer les messages agressifs me semble être une meilleure stratégie, il est possible de faire des formations. Beaucoup sont axées sur la littérature jeunesse, mais ce ne sont pas les seules. Différents organismes en proposent : 

  • le CNFPT pour les bibliothécaires territoriaux : par exemple, le CNFPT de Lille a proposé en 2019 une formation « Les stéréotypes en littérature de jeunesse : des savoirs aux actions » ;
  • des mooc (cours en ligne), parfois en partenariat avec des acteurs publics comme le CNFPT avec « Les discriminations : comprendre pour agir » ; 
  • des bibliothèques départementales, comme celle d’Ille-et-Vilaine, qui avait proposé en 2019 également « Bibliothèques non-sexistes » ;
  • des bibliothèques municipales, comme celles de Brest qui avait proposé en 2018 une formation « Autodéfense verbale » ;
  • des associations comme Diveka ( « Comment raconter l’esclavage aux enfants »), Citoyenneté Possible ( « Renforcer sa posture professionnelle face à la parole raciste, antisémite et/ou extrémiste » ), ou EthnoArt et l’association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis avec « Stéréotypes racistes en situation d’accueil ».

Les bibliothèques peuvent également jouer un rôle dans l’aide aux démarches numériques – et essayer de réduire la « fracture numérique » (même si l’expression couvre une variété de situations très différentes). Que ce soit le manque de matériel ou l’illectronisme, elles peuvent apporter du soutien à celles et ceux qui en ont besoin, soit en partenariat avec des associations, soit en formant les bibliothécaires (pour faire des ateliers numériques par exemple). Certains établissements ont fait le choix de devenir des Maisons des Services au Public, ou de s’intégrer dans de telles structures, comme celui de  Lorrez-le-Bocage-Préaux en Seine-et-Marne.

Conclusion

De manière plus globale, outre l’accessibilité et la médiation pour rendre les bibliothèques plus inclusives, on peut revenir à la base de notre métier et du développement de la lecture publique. Comment inclure les gens qui ne se reconnaissent pas dans la définition élitiste de la culture, et qui s’en détournent suite aux rejets qu’ils peuvent percevoir ? On a vu il y a quelques mois naître les polémiques autour de la carte culture pour les jeunes, qui osaient dépenser cet argent dans des mangas plutôt que Proust ou Balzac. Rendre la bibliothèque inclusive, ce n’est pas seulement donner une place à toutes les identités, mais également à tous les usages.

En tant que bibliothécaire, nous devons donc prendre ces sujets à bras le corps, et ne pas en faire la cerise sur le gâteau de nos actions : ils doivent être pensées dès le départ. Pour qui, pour quoi, faisons-nous notre travail ?

Des espaces inclusifs : quels signaux de bienvenue ?

Cette semaine, nous vous proposons un zoom sur cette table ronde organisée par la commission Légothèque lors du Congrès 2021 de l’ABF qui s’est tenu en ligne en juin.


Des espaces inclusifs : quels signaux de bienvenue ?

Intervenant·es :
-Aénor Carbain, responsable de la médiathèque de Pontarlier, membre de la commission Légothèque (ABF)

-Alicia Selles Carrot, présidente de la FESABID, l’association des Bibliothécaires espagnoles.

-Traductrice : Julie Calmus, responsable du service développement des publics, bibliothèque de Bordeaux, membre de la commission International (ABF)

-Modératrice : Fabienne Le Hein, responsable de la bibliothèque François Villon, Ville de Paris, membre de la commission Légothèque (ABF)

Cette rencontre portait sur les espaces inclusifs, et les signaux de bienvenue qu’ils véhiculent ou sont censés véhiculer. Un sujet qui fait partie des centres d’intérêt et de réflexion de la commission Légothèque.
Certes, les publics qui fréquentent nos bibliothèques les associent volontiers à des lieux accueillants, chaleureux, inclusifs, mais il est néanmoins légitime de s’interroger sur cette vision des choses, ou du moins de la questionner. En effet, ce critère de fréquentation de nos établissements est une focale très large, qui regroupe des réalités de nature très diverse : on dispose certes d’indicateurs quantifiables, à savoir le nombre de personnes inscrites dans les bibliothèques, mais ce n’est pas, ce ne peut pas être le seul baromètre. Il y a aussi des personnes qui viennent, mais sans être inscrites (ces données sont elles non quantifiables), et il y a aussi des personnes qui ne viennent pas, ou ne viennent plus, pour des raisons qui leur appartiennent.
L’accueil et l’inclusion dans nos établissements se jouent en fait à différents niveaux qu’il est crucial d’interroger à travers le prisme des espaces, des collections, et des services, c’est dans ce cadre que se situaient l’intervention d’Alicia et d’Aenor. Dans leurs interventions, Aenor et Alicia ont donc apporté leur vision personnelle, leur regard critique à travers des éléments théoriques et pratiques, et interrogé les marqueurs de l’inclusion (sociale et numérique), les notions d’aménagement de l’espace, et les enjeux matériels ou symboliques, implicites ou explicites qui peuvent en découler, comme ce peut être le cas autour des toilettes dont on a également parlé dans ce Congrès et à travers les prix décernés à l’occasion de la 1ère édition du concours « Chouettes Toilettes » !

-L’intervention d’Aenor s’est déroulée en deux temps
Un retour d’expérience pratique sur un stage collectif qui concerne l’aménagement urbain non genré. Vous trouverez un article détaillé sur ce sujet sur notre blog : « La Budgétisation sensible au genre : d’un outil budgétaire pour la réduction des inégalités de genre à un outil pour une politique documentaire inclusive ? »
Une réflexion plus théorique sur les espaces (« safe spaces » = espaces où on se sent en sécurité) en bibliothèque.

Alicia quant à elle a présenté une étude théorique menée par la FESABID et le ministère de la Culture dont l’objectif est d’aider les bibliothèques à mettre en œuvre des projets d’inclusion sociale et numérique. L’inclusion sociale est devenue un enjeu à part entière en Espagne, en raison de la crise économique ces dernières années. Cette étude s’inscrit dans une stratégie nationale en lien avec l’agenda 2030.
A suivi une présentation pratique : il existe un prix qui récompense les bibliothèques qui ont œuvré dans le domaine de l’inclusion sociale ; à l’aide d’une carte, Alicia a fait un focus sur des projets qui se sont distingués dans ces domaines.
La FESABID a diligenté le 1er rapport mesurant l’impact socio-économique des bibliothèques (2015).
https://www.ccbiblio.es/mapa-sello-ccb/
Fundació Biblioteca Social
Mapa de proyectos de bibliotecas públicas para la inclusión social

Retrouvez l’intégralité de cette table ronde en vidéo

Les captations vidéo des autres sessions en ligne du Congrès 2021 sont également disponibles gratuitement.

Tour de veille – mars 2021

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Retour sur un cycle féminisme à la Bpi qui s’est achevé le 8 mars : « Le féminisme n’a jamais tué personne! »

Une lettre d’information tonique de la bibliothèque Marguerite Durand

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31 mars : Journée internationale de la visibilité transgenre

Pour l’occasion, L’Université de Picardie Jules Verne (UPJV) propose deux jours de rencontres, d’ateliers et de débats pour s’informer, pour se former. Et pour lutter contre les clichés. C’est le fruit d’un partenariat fort avec l’association Divergenre, l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) et l’Université d’Artois.

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L’IFLA et le groupe LGBTQ Users : plusieurs instances de l’IFLA nous intéressent particulièrement, à commencer par les sections et les groupes qui résonnent avec les préoccupations de notre commission.

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Aaron Fischer, a gay teenager, will take on the mantle in The United States of Captain America, marking the character’s 80th anniversary »

Multiculturalisme

La commission ABF Livr’exil. Plus d’un an après, la commission accompagne sa première bénéficiaire dans ses stages et vers la fin de sa formation d’auxiliaire dispensée par l’ABF Ile-de-France et le début de son insertion dans l’emploi.

«Nos Daron·ne·s» : une web-série pour parler autrement de l’immigration
Avec ce documentaire participatif qui met en scène des parents et leurs enfants, l’association Ghett’Up invite toutes les générations issues de l’immigration à se questionner et à se réapproprier leur histoire.

Migrants et langue du pays d’accueil. Depuis les années 2005, les adultes migrants en France (hors-Union européenne) doivent signer un contrat d’intégration lors du passage à l’[Office Français de l’Immigration et de l’Intégration

-Sidaction

TraceS : Où se cache notre histoire. A l’occasion du Sidaction, la Fabric’Art-thérapie présente le premier épisode de son premier jeu vidéo.
Ca se passe dans une bibliothèque et le jeu vidéo vous conduira à rechercher les traces et les archives de la lutte contre le sida, à mener l’enquête et à continuer la lutte avec les personnes et groupes rencontrés. Une aventure rythmée par une série d’épisodes qui vous fera voyager des années 80 aux années 2050.

L’association Divers’ISIT

Dans ce billet, des étudiant·e·s membres de cette association nous présentent les thématiques qui les animent et leurs actions.

Divers’ISIT est l’association LGBTQIA+, féministe et diversité de l’ISIT, une école de management interculturel. Nous avons décidé de la créer en 2019, car il n’existait pas de telle association à l’ISIT, bien que la grande majorité des étudiant.e.s isitistes soit des femmes, des personnes de couleur, que beaucoup fassent partie de la communauté LGBTQ+, etc. Après un an de préparation, l’association a vu le jour en août 2020 et a fait ses débuts à la rentrée en septembre. La bibliothèque de l’école pourra aussi être un partenaire intéressant par la suite pour développer des projets communs.

Nous touchons à tous les sujets qui concernent des minorités et des luttes sociales : par exemple, nous avons consacré le mois de février à des sujets tels que le mouvement Black Lives Matter et son équivalent français ou le racisme contre les personnes asiatiques. Nous parlons également de santé mentale, de neuroatypie, de validisme, et bien sûr de questions LGBTQIA+.

Notre tout premier projet concret a été l’installation de toilettes neutres à l’ISIT. Celles-ci ont été mises en place en octobre et inaugurées le 11 mars 2021. Nous sommes très fier.e.x.s d’avoir pu mener ce projet à bien.

Notre premier événement a été organisé en l’honneur de la journée internationale de la bisexualité le 23 septembre : nous avons invité un·e membre de l’association Bi’cause à l’ISIT pour parler de tout ce qui est bisexualité et pansexualité. Le 8 octobre, nous avons aussi célébré la journée de visibilité lesbienne avec une table-ronde, où les membres lesbiennes de l’association se sont exprimé·e·x·s sur tout ce qui touche au lesbianisme, comme le rapport au genre, le militantisme lesbien, etc.

Des membres de Divers’ISIT à la Journée de la Bisexualité (pronoms de gauche à droite: al, il, iel, elle)

Depuis le confinement, nos actions sont surtout menées sur les réseaux sociaux à travers des posts réguliers qui s’inscrivent dans la thématique du mois proposée par les autres associations de l’ISIT. En mars, notre thème est “Se jouer des différences”, donc nous avons choisi de parler de neuroatypie : la dyspraxie, la dyscalculie, l’autisme, les troubles de l’attention ou les troubles obsessifs-compulsifs pour n’en nommer que quelques-uns.

Nous mettons un point d’honneur à informer et éduquer de la façon la plus optimale possible : de cette façon, nos posts sont soit rédigés, soit relus par des concerné·e·x·s, soit écrits avec des sources produites par des concerné·e·x·s.

Nous avons pour projet d’organiser des conférences sur des sujets plus précis et relativement d’actualité : pour l’un d’entre eux en particulier (que nous n’allons pas révéler, c’est une surprise !), nous sommes en contact avec l’association des droits de l’Homme de la Sorbonne.

Notre dernier projet récurrent est l’atelier TRANScender le genre. Il a pour but de sensibiliser et d’éduquer sur la transidentité, un sujet qui reste méconnu par beaucoup et tabou pour la société. Nous parlons des bases de la transidentité, telles que la définition de cis et transgenre, des faux pas et bonnes attitudes à avoir avec les personnes trans. Nous espérons, par le biais de cet atelier, pouvoir à notre échelle faire avancer les choses et briser les tabous qui entourent le sujet. Dans le même esprit que pour nos posts, l’atelier est présenté par trois personnes membres de Divers’ISIT transgenres. Notre prochain atelier est prévu pour le 25 mars à 15h.

Suivez l’actualité de l’association sur les réseaux sociaux dont Twitter

Bibliothèque(s) et inclusion

2021 sera une année blanche pour la revue de l’ABF Bibliothèque(s). Pour bien commencer l’année quand même, voici un récapitulatif des articles publiés dans la rubrique Bibliothèques et inclusion. Tous les numéros à partir de l’année passée se trouvent dans la bibliothèque numérique de l’Enssib.

Bibliothèques n° 102-103

Un répertoire de formations sur les thèmes de l’inclusion, de la construction de soi et de la lutte contre les stéréotypes (p. 12)

La médiathèque Valentin Haüy : la médiathèque inclusive (p. 15)

Bibliothèques n° 100-101

L’album jeunesse dans la construction de soi : compte-rendu d’une table-ronde au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil

Les livres ont la parole : regards croisés sur une bibliothèque vivante au congrès de l’ABF

Bibliothèques n° 98-99

Rencontre avec Juda la Vidange, drag king qui propose des heures du conte en bibliothèque

Initiative : une formation « Pour des bibliothèques non-sexistes »

Bibliothèques n° 96-97

Atelier EFiGiES Archives, mémoire, transmission du féminisme et LGBTQ+

L’Encyclopédie des migrants : de l’intime au politique

Bibliothèques n°94-95

La semaine des discriminations à Montreuil

Une bibliothèque au Point éphémère !

Bibliothèques n°92-93

Une carte pour signaler les centres de ressources sur le genre

L’ABF s’engage pour une communication sans stéréotype de sexe

Bibliothèques n°90-91

Des bibliothèques gay-friendly ?

Bibliothèques n°88-89

Rendre visible les femmes invisibles

Bibliothèques n°87

Bibliothèques et migrant-es, comment faire ? L’exemple suédois

Et bien sûr le numéro 80, qui a pour thème Bibliothèque(s) et inclusion !

Bonne lecture !