La NYPL commémore les émeutes de Stonewall

Cette année sont célébrés les 50 ans des émeutes de Stonewall aux États-Unis, l’occasion pour la New York Public Library de plonger dans l’histoire et la culture LGBT.

Fin juin 1969, en effet, le soulèvement de gays et surtout de trans à l’occasion d’une énième descente de police dans le bar Stonewall Inn, sur Christopher Street à New York, passe pour être l’un des événements à l’origine du mouvement pour la reconnaissance des droits civiques des personnes LGBT outre-atlantique. C’est cet événement notamment que rappellent chaque année en juin les marches de fierté LGBT, appelées aussi Lesbian and Gay Pride ou encore Christopher Street Liberation Day dans certains pays. En 2016, le président américain Barack Obama a nommé le Stonewall Inn, « monument national », pour rendre hommage au mouvement de lutte pour l’égalité des droits des personnes LGBT.

Le bar Stonewall Inn, à New York

En dépit d’inévitables discussions (ce ne furent pas les premières, ni les plus importantes), les émeutes de Stonewall revêtent un symbolique importante et non négligeable dans la communauté et auprès de la société américaine.

La New York Public Library ne pouvait donc passer à côté d’un tel anniversaire et ce semestre, elle consacre donc tout un cycle d’événements pour commémorer l’événement. Appelé Stonewall50 : Love and Resistance, il propose aux usagers de découvrir une importante exposition, un cycle de conférences, des recommandations bibliographiques et des conférences autour de l’émergence du mouvement LGBTQ, ses cultures, les enjeux auxquels il est confronté ou ce que cela signifie de militer aujourd’hui. Heures du contes par des Drag queens, découvertes des archives Queer, échanges autour de l’histoire et de a prévention du HIV, discussions autour des lieux LGBTQ dans la ville, la bibliothèque va jusqu’à proposer des ateliers prospectifs autour des formes d’activismes queer et trans dans les 50 prochaines années.

C’est qu’elle a de quoi faire : ses collections regorgent de trésors. Parmi les milliers de ressources qu’elle propose, quatre collections en particuliers conservent des fragments d’histoire LGBT :

Il s’agit bien de comprendre l’histoire des mouvements LGBT. Parmi les bibliographies présentées, la bibliothèque est allée jusqu’à rassembler des ouvrages où des autrices et des auteurs évoquaient leurs propres vécus, avec leurs mots. Elle a également mis en avant une facette spécifiques pour rechercher des ressources numériques sur ces thématiques et développé un libguide, un outil de recherche spécifique pour l’occasion.

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Des contes de Reines…

Au mois de mars dernier, la Bibliothèque Louise Michel subissait une campagne de harcèlement transphobe et homophobe alors qu’elle programmait des histoires contées par des Drag Queens, dans le cadre de la Queer Week. Cette initiative avait déjà eu lieu l’année précédente sans éveiller de réactions négatives.

Quelques jours auparavant, un podcast proposé par le site Book Riot, revenait justement sur les origines des Drag Queen Stories, aux États-Unis.

C’est ainsi que commence l’histoire : Bix Warden est une bibliothécaire jeunesse à la bibliothèque Eureka Valley/Harvey Milk Mermorial Branch de San Francisco. En 2015, elle est sollicitée par une association promouvant les productions artistiques queer, pour accueillir à la bibliothèque une heure du conte animée par des Drag Queens.

La première Drag Queen Story Hour à San Francisco est alors programmée le 12 décembre 2015. Malgré la nervosité de la conteuse, Persia, et de la bibliothécaire, cette première est un succès. Les enfants sont enthousiastes et ces heures du conte en viennent à être programmées régulièrement. Le public se diversifie, se multiplie et vient de plus en plus loin : le bouche-à-oreille a fonctionné.

L’idée se répand, et bientôt l’association Drag Queen Story Hour est fondée. Jonathan Hamlit, son président, apporte alors le concept à New York, d’abord dans une librairie puis dans une bibliothèque de Brooklyn, s’attirant les regards de la presse new-yorkaise et nationale.

Jonathan Hamlit souligne dans le podcast que les mises en scène théâtrales et colorées proposées par les Drag Queens captivent les enfants. Et sur le fond comme dans la forme, ces initiatives promeuvent le respect, permettent de poser des bases pour combattre le harcèlement des personnes LGBTQ+ et d’ouvrir les perspectives sur les normes de genre, s’inscrivant ainsi dans la continuité du rôle que jouent les Drag Queens pour les luttes LGBTQ+.

Persia

Persia pendant une heure du conte. Crédits photo : KQED Arts

Depuis, l’association Drag Queen Story Hour s’est développée, avec une trentaine d’antennes aux États-Unis, et s’est internationalisée : on la retrouve au Japon, en Grande-Bretagne en Suède ou encore au Canada, et son président invite toute personne souhaitant créer une antenne à le contacter. L’association a également élargi son champ d’action, en développant des heures du conte bilingues et des actions en direction d’enfants éloignés de la lecture. Enfin, elle propose des conseils pour faire de la bibliothèque un lieu sûr à l’occasion de ces Drag Queen Story Hours.

En effet, le podcast ne fait pas l’impasse sur les résistances auxquelles font face les initiatrices et initiateurs de ces lectures : des manifestations sont souvent organisées devant les bibliothèques proposant ces lectures, par exemple en mars dernier, à Bradwood en Californie, ou encore le week-end dernier, à Louisville, Kentucky.

Si ces réactions sont rendues très visibles par ces mouvements, Bix Warden nuance toutefois leur ampleur en pointant qu’autant de personnes, voire plus, viennent assister à ces heures du conte, ou les réclament.

Mais, comme Jonathan Hamlit le précise, il est nécessaire que les bibliothèques qui programment ces événements soient préparées à faire face à des pressions. Or, dans un contexte américain où les bibliothèques dépendent largement de subventions, certaines ont peur de perdre des financements, voire d’être menacées de fermeture.

En France, la bibliothèque Louise Michel a subi d’autres types d’intimidation. Profitons donc de ce billet pour saluer à nouveau le courage et l’engagement des conteur.euse.s. et des bibliothécaires. La violence de certaines réactions révèle ce que certaines personnes subissent au quotidien, et démontre qu’il est d’autant plus important que de telles initiatives continuent à être menées.

Vous pouvez également suivre les activités de l’association Drag Queen Story Hour sur son compte Instagram ou Facebook.

Aborder les LGBTphobies avec le cinéma: le kit pédagogique du Blackmaria

Un kit pédagogique cinéma pour aborder les LGBTphobies dans le Grand Est

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Une bibliographie sur le genre et l’homosexualité dans le théâtre jeune public

Cette semaine, nous vous présentons une bibliographie de pièces de théâtre jeune public, sur les thématiques du genre et de l’homosexualité, d’après les travaux du département des arts vivants de la Médiathèque de Vaise. Via L’Influx, le webmagazine de la Bilbiothèque municipale de Lyon.
Sur le thème de l’homosexualité

Pour enfants

La cantine de l’amour / Kristian Hallberg / 2013
Roland, tout en servant des boulettes de viande à la cantine, imagine la façon de reconquérir Bart, son amoureux qui vient de le quitter. D’autres parmi les élèves comme Elmer, Anjou, Hedda ou Lawen, s’aiment, se mentent et enchaînent les malentendus.
Pré-adolescents 11-14 ans.

Pierre est un panda / Christophe Pellet / 2014
Pierre est un garçon très délicat. Il a deux mamans et un papa. Et il a aussi son amie Maria. On dirait que la famille de Pierre dérange beaucoup les parents de Maria…
Tendre et cruelle, cette pièce aborde la question de la famille, celle que l’on a et celle que l’on voudrait avoir. Elle offre, à hauteur d’enfants, un regard sur l’homoparentalité et sur la difficulté à surmonter la peur de la différence.

Le journal de Grosse Patate / Dominique Richard / 2001
Grosse patate essaie de comprendre le monde à travers des exercices de maths, en regardant Rémi qui a une ombre de petite fille. Dans ses rêves elle rencontre l’homme en noir qui l’aide aussi à mieux comprendre.
Une pièce drôle et cruelle comme l’enfance. Aborde les thèmes de : l’amitié, l’amour, le deuil et la différence.

Hubert au miroir / Dominique Richard / 2008
Hubert aime se regarder des heures dans le miroir et adore que les autres le contemplent. Sa mère est morte et il vit avec son père et son petit frère. Il discute de football avec son entraîneur, se heurte à son père et, en rêve, aide son professeur à démêler des énigmes.
Une pièce jeune public qui ose aborder des sentiments mitigés, le narcissisme, la méfiance, l’attirance entre petits garçons. Un texte sans concession et original !
Distribution : 3 hommes + 2 femmes + 1 enfant

Sur la question du genre

Plutôt pour enfants

Sous l’armure / Catherine Anne / 2013
Conte
« Sous l’armure, il y a quoi ? Un chevalier. Et pourquoi pas une chevalière ? Ah, ça ne se dit pas ? Au temps des châteaux-forts, Monseigneur veut partir au combat, embarquer son fils et mener sa fille au couvent. Et pendant ce temps, la châtelaine pleure en brodant ? Ça ne va pas se passer comme ça. Christine, vive et intrépide, préfère mourir sur son cheval plutôt qu’étouffée sous un voile. » (Extrait)
À partir de 10 ans.

Stroboscopie / Sébastien Joanniez  / 2015
Raconte l’histoire d’un garçon et d’une fille qui sont sous un réverbère qui s’allume et qui s’éteint. Ils parlent de ce que c’est que d’être une fille ou un garçon.

Elle pas princesse, lui pas héros / Magali Mougel / 2016
Trois enfants se confient tour à tour et dévoilent leur personnalité. Leïli aime les jeux de garçons et refuse de porter du rose. Nils est timide et cache un cœur sensible. Cédric veut jouer à l’homme parfait. Trois textes sur les stéréotypes de genre et qui invitent à la tolérance.
Enfants 6-10 ans.

Mon frère, ma princesse / Catherine Zambon / 2012
Un petit garçon préférerait être une princesse ou une fée, avoir des cheveux longs et porter des vêtements roses. Chahuté et moqué à l’école, il peut compter sur sa grande sœur pour le défendre.
Distribution : 7 personnages

Plutôt pour adolescents

Fille de / Leïla Anis / 2013 [Livre]
Un monologue évoquant l’expérience de l’exil. Cette adolescente pose la question de l’exil au féminin et des stéréotypes de genre.
Pour grands ados.
distribution : 1 femme
Lilli-Heiner Intra muros / Lucie Depauw / 2014
L’histoire d’une jeune fille Lilli qui n’aura pas le temps de devenir une femme, victime du dopage aux hormones masculines pratiqué en ex-RDA. C’est l’histoire des déchirures de l’Allemagne, de Berlin par un mur, les déchirures des corps par les muscles, les frontières, les désirs et les genres.
Pour grands ados.

En délicatesse / Christophe Pellet / 2001
Une sorte de dissolution a eu lieu. Les contours des hommes et des femmes sont plus flous. Ils vacillent entre hétérosexualité et homosexualité. Le sexe fort est devenu le sexe faible et la psychologie traditionnelle qui déterminait leurs comportements a disparu.

Ces filles-là / Evan Placey / 2017
Drame
Histoire de Scarlett, jeune lycéenne dont la vie bascule le jour où une photo d’elle nue fait le tour de l’école. Elle est victime de harcèlement. Au milieu du chœur des filles, surgissent les voix des femmes des générations passées qui se sont battues pour leurs droits et leur liberté, afin de ne plus être surveillées et jugées. Scarlett découvre que les filles se montrent aujourd’hui plus cruelles encore que les hommes de l’époque.

Désertion / Pauline Sales / 2005
Texte jouant habilement sur le devenir femme qui habite le corps masculin et surtout celui des acteurs. Un homme en robe est-il toujours tout à fait un homme ?
Pour grands ados.

Groenland / Pauline Sales / 2003
La pièce parle de la difficulté d’être une femme. La pièce évoque aussi la place de la femme dans la société, ce qu’est être mère et la transmission de mère à fille. Le personnage principal laisse des recommandations à sa fille : ne pas se faire piéger par les codes sociaux, par les hommes, par le sexe, par la maternité…
Pour grands ados.

Fantaisies / Carole Thibaut / 2010
Aborde les questions de la construction des genres et de l’identité des femmes et donc des hommes, en s’amusant avec les différents codes de la représentation sexuée et théâtrale. L’auteur démonte la mécanique d’oppression qui se cache derrière la notion d’idéal féminin. Elle s’attaque aux représentations de l’instinct maternel, du phallocentrisme, des canons esthétiques, des traditions…
Pour grands ados.

Sources :

http://www.linflux.com/arts-vivants/pieces-pour-enfants-et-ados-sur-la-question-du-genre/ 

http://www.linflux.com/arts-vivants/pieces-sur-lhomesexualite-pour-enfants-et-adolescents/

Rainbowthèque

Genèse du projet la Rainbowthèque

Cordélia est vidéaste et autrice. Elle étudie notamment les représentations LGBT+ dans la littérature jeunesse et nous présente dans cet article la genèse du projet Rainbowthèque.

Si vous prenez au hasard un roman dans une bibliothèque ou dans une librairie francophone, il est très probable que le héros ou l’héroïne soit cisgenre et hétérosexuel⋅le. Faites l’expérience chez vous : il est difficile de trouver “par hasard” un roman, une bande-dessinée ou un album qui proposent des héros et héroïnes LGBT+ (lesbienne, gay, bi, trans, non-binaire, intersexe, asexuels, etc).

Partant de ce constat, j’ai réfléchi à une façon de permettre aux lecteurs et lectrices d’accéder à ce qu’on pourrait appeler grossièrement “la littérature LGBT+” sans forcément avoir besoin de demander à un⋅e bibliothécaire ou un⋅e libraire (au risque qu’il ou elle n’ait pas non plus de moyens d’identifier ces ouvrages). Lorsque le projet “Rainbowthèque” a été lancé, il existait déjà plusieurs répertoires consacrés à la diversité dans la littérature sur l’internet anglophone : We Need Diverse Books étant sans doute le plus connu sur Tumblr.

La délimitation du champ d’action de la Rainbowthèque était importante. Quels livres accepter ? Quels livres refuser ? Nous avons choisi de nous concentrer sur le recensement des livres disponibles en française (écrits en français ou traduits en français), pour la simple et bonne raison que si vous cherchez des livres en anglais, vous trouverez très facilement d’autres répertoires. Dans un premier temps, nous répertorions les fictions et biographies, en excluant les ouvrages universitaires, les essais, les livres d’histoire, etc. Les fanfictions sont elles aussi exclues du répertoire. Par contre, la Rainbowthèque ne se limite pas aux livres publiés à compte d’éditeur, on trouve ainsi des livres auto-publiés et des webcomics.

Le mode collaboratif s’est imposé très vite. Il était impossible de monter une équipe de lecteurs et lectrices chargé⋅e⋅s de lire tous les livres avec des personnages LGBT+, en plus de les dénicher (ce qui est déjà une lourde tâche). Un répertoire collaboratif était sans doute le meilleur moyen de référencer facilement de nombreux livres, sans surcharger de travail les bénévoles. Chaque internaute a donc la possibilité de proposer un ouvrage à la Rainbowthèque, en remplissant un formulaire. Les suggestions sont ensuite relues, mises en forme et publiées par des modérateurs et modératrices. Ces dernier⋅e⋅s sont également chargé⋅e⋅s de classer les livres avec des tags, pour faciliter la recherche. 80% des usager⋅e⋅s de la Rainbowthèque savent qu’il leur est possible de proposer des livres, mais seulement 28% l’ont déjà fait*.

La Rainbowthèque aujourd’hui

Née en novembre 2016, la Rainbowthèque est un répertoire participatif de livres en français ayant des personnages LGBT+. En septembre 2018, plus de 400 livres étaient déjà référencés sur la Rainbowthèque. Le but est de donner de la visibilité à ces ouvrages et de permettre aux lecteurs⋅trices recherchant ce type de lecture de les trouver facilement. C’est également un outil qui peut être utilisé par les professionnel⋅le⋅s du livre : les bibliothécaires souhaitant diversifier leur collection, mais aussi les libraires, professeurs⋅e⋅s, éducateurs⋅trices, etc.

La lecture est pour nous un vecteur essentiel dans la lutte pour l’égalité, la sensibilisation, l’éducation, la prévention et la tolérance. Les personnes LGBT+/MOGAI ont besoin de personnages qui leur ressemblent auxquels s’identifier, à prendre pour modèles ou à admirer, mais les personnes a priori non-concernées ont également beaucoup à gagner et à apprendre en lisant des récits reflétant la diversité et la pluralité des identités.

Sur la Rainbowthèque, chaque livre possède une fiche où sont rassemblées les informations de base : titre, auteur⋅trice, maison d’édition, nombre de pages, résumé. Compte tenu que l’utilisateur⋅trice recherche des lectures LGBT+, il était essentiel d’ajouter des informations sur ce sujet. Nous proposons ainsi un listing des identités représentées dans l’histoire (exemple : personnage principal gay, personnage secondaire lesbienne et racisée), en plus des mots-clés résumant les thématiques abordées. Les TW (trigger warning) ont également une place importante, pour prévenir les lecteurs⋅trices de certains sujets sensibles. Chaque fiche est – en théorie – conclue par un ou plusieurs avis de lecteurs⋅trices ; 93% des utilisateurs⋅trices consultent ces avis, 45% en prennent compte et 83% pensent qu’il est important d’avoir des avis*.

La Rainbowthèque est animée par un collectif informel de bénévoles, chargé⋅e⋅s de la modération des livres, ainsi que de l’animation des réseaux sociaux (Twitter et Facebook). Il est possible de rejoindre l’équipe (et de la quitter) à n’importe quel moment, pour cela il vous suffit de nous contacter via les réseaux sociaux.

Zoom sur les usager⋅e⋅s de la Rainbowthèque

L’usager⋅e type de la Rainbowthèque est un⋅e lecteur⋅trice ayant entre 18 et 25 ans, utilisant la Rainbowthèque à titre personnel.

  • Les 18-25 ans constituent 47% du public, avec 29% de 26-35 ans, 18% de 13-18 ans et 5.5% de 36-45 ans.
  • 91% déclarent être lecteur ou lectrice, 13% sont prescripteurs⋅trices (booktube, blog, etc), 12% sont auteurs⋅trices et 13% sont des professionnel⋅le⋅s du livre.
  • 85% utilisent la Rainbowthèque à titre personnel, 13% à titre personnel et professionnel et moins de 1% exclusivement à titre professionnel.
  • 72% des usager⋅e⋅s déclarent avoir déjà lu un livre suite à leur visite sur la Rainbowthèque*.

* chiffres de l’enquête de juillet 2018 réalisée auprès des usagers et usagères de la Rainbowthèque avec 110 répondant⋅e⋅s

Femmes, informations et bibliothèques au Congrès de l’IFLA 2018

Le Groupe d’intérêt spécial Femmes, informations et bibliothèques de l’IFLA s’intéresse aux femmes en tant que productrices d’information, usagères des bibliothèques et professionnelles donnant accès à l’information. Le congrès annuel de l’IFLA est un moment fort de l’année pour nos activités. Cette année, il a été accueilli à Kuala Lumpur du 23 au 30 août.

 

Femmes, informations et bibliothèques au Congrès mondial des bibliothèques et de l’information

 

« Collections, éthique, perspectives et parole »

Le groupe Femmes, informations et bibliothèques y organisait, avec le groupe Usagèr.e.s LGBTQ, deux temps d’échange et de réflexion autour du thème «  Collections, éthique, perspectives et parole ».

Nous avons d’abord abordé le thème sous une forme classique, avec la présentation de 5 communications dans une session dont le sous-titre était « L’importance du contexte » :

Programme et liens vers les articles publiés, les vidéos et les diaporamas : https://www.ifla.org/node/91653?og=93

  • Introduction : Clare O’Hanlon, La Trobe University, Bundoora, Australia : A continuum of LGBTIQA+ community engagement in libraries: From collections and cataloguing to book displays, bathrooms and beyond. Video (Unabridged version)
  • LaVerne Gray, University of Tennessee, Knoxville, United States: Uncovering Collective Voice: Using archives to explore community-based information environments of African-American Activist-Mothers in Chicago Public Housing, 1955-1970
  • Reiko Aoki, National Women’s Education Center, Japan: Collection Development on Women’s Earthquake Disaster Experiences and Support Activities in Japan. Paper.
  • Hollie White, Curtin University, Australia: Decolonizing the Way We Organize. Paper
  • Bernard Dione, Université Cheikh Anta Diop, Senegal: Collection development and cultural context: The accommodation of professional to cultural values among Senegalese Academic Librarians Paper. Slides.

Après une introduction en vidéo par Clare O’Hanlon, pleine d’informations et d’idées simples et concrètes pour changer nos pratiques et nos bibliothèques, LaVerne Gray a ouvert la session avec une présentation de sa recherche doctorale sur les logements sociaux de Chicago entre 1955 et 1970. Son travail met en lumière le rôle des femmes Afro-Américaines dans la construction d’une communauté par l’information (autour de l’accès à la culture et à l’éducation, en particulier). Au cours de sa recherche, LaVerne Gray a découvert le rôle que sa propre grand-mère a joué dans cette communauté, à travers des archives et des journaux relatant la mobilisation pour la construction d’une bibliothèque publique.

Reiko Aoki a rendu vivante pour tou.te.s l’expérience des survivantes du séisme et du raz-de-marée de 2011 au Japon dans une présentation qui donnait à voir les modes d’expression choisis par ces femmes : broderie, photographie, écriture fournissaient des illustrations puissantes à un article qui plaçait dans une perspective historique les enjeux de la prise en compte des besoins spécifiques et des voix des femmes dans des situations de catastrophe naturelle.

Hollie White nous a ouvert les coulisses de son travail de recherche : les observations et expériences personnelles qui peuvent pousser à étudier un sujet comme celui du colonialisme culturel, et les premières observations qu’elle a faites sur le terrain en Thaïlande. Nous attendons avec impatience les résultats des études plus poussées qu’elle compte mener dans les années à venir sur les systèmes d’organisation du savoir d’origine occidentale dans le reste du monde et la manière de s’en libérer lorsqu’ils ne sont pas appropriés au contexte local.

Bien qu’il n’ait finalement pas vu faire le voyage jusqu’à Kuala Lumpur, Bernard Dione nous a donné une présentation de son travail d’enquête sur les bibliothécaires universitaires sénégalais.e.s qui nous a permis de mesurer concrètement les difficultés qu’il peut y avoir à appliquer de grands principes fondamentaux de la profession (liberté intellectuelle, accès à l’information, etc.), auxquels on adhère en théorie, lorsqu’ils se trouvent en contradiction avec les valeurs culturelles, sociales ou religieuses des individus. Un sujet qui a trouvé des échos dans la discussion du lendemain.

 

Des initiatives de terrains

Le lendemain, nous nous sommes retrouvé.e.s, avec d’autres intervenant.e.s, pour une discussion plus ouverte sur des initiatives de terrain. À partir de la présentation de Muy-Chen Peich (Bibliothèques Sans Frontières) sur le déploiement des célèbres Ideas Box dans différents contextes, nous avons pu parler des manières de co-construire les services avec les usagèr.e.s, en particulier lorsqu’il s’agit de groupes « minoritaires ». À partir des présentations de Brittany Jacobs sur les livres d’images pour la jeunesse et de Christer Edeholt sur l’Étagère Arc-en-ciel de la bibliothèque municipale d’Umeå (Suède), nous avons pu aborder les questions de représentation des identités  queer et des manières de montrer la diversité et de lutter ouvertement contre les discriminations.  Enfin, la présentation de Katherine S. Donaldson sur les programmes de bibliothécaires résident.e.s au États-Unis nous a permis de discuter des barrières au recrutement de bibliothécaires issu.e.s de groupes sous-représentés, et les solutions pour lever ces obstacles.

Programme et liens vers les articles publiés, les vidéos et les diaporamas :

  • Jérémy Lachal, Muy-Cheng Peich, Bibliothèques Sans Frontières, France: Libraries as empowerment levers: defining the collections and the contents with the users – The example of the Ideas Box. Slides.
  • Brittany Jacobs, University of Illinois at Urbana-Champaign, United States: I Read you Loud & Queer. Paper. Video.
  • Christer Edeholt, Umeå public library, Umeå, Sweden, The Rainbow Library
  • Katherine S. Donaldson, University of Oregon: Recruiting diverse librarians: Residency programs as an entry point to the academic librarian profession in the United States. Paper. Slides.

 

Nous avons trouvé l’inspiration dans les travaux de la section Indigenous matters, en particulier la session « Diverse indigenous voices: decolonizing, transforming and centering practices », et espérons faire aboutir un projet commun avec cette section et celle des Populations multiculturelles dans les années à venir.

 

Un lieu de rencontres et d’échanges

Comme toujours, le congrès est un lieu de rencontres et d’échanges extraordinaire. Les collègues malaisien.ne.s nous ont réservé un excellent accueil et ont été nombreux/ses à participer à nos travaux et discussions.

Nous avons conçu cette réflexion comme un travail sur plusieurs années, nous envisageons quelque chose de plus pratique, avec production de contenus, l’année prochaine, avec plusieurs partenaires potentiels.

2019 sera une année d’élections au sein de l’IFLA. Pas besoin d’attendre jusque-là si vous souhaitez participer à nos activités, partager des idées ou des questionnements avec nos membres !

Toutes nos adresses (liste de diffusion, twitter, facebook) sont sur le site de l’IFLA : https://www.ifla.org/women-information-and-libraries.

 

Mathilde Koskas,
responsable du groupe Women, information and Libraries, IFLA