Littératures et « francophonie » #1 – Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne / Kaoutar Harchi

« Suffit-il d’écrire dans la langue de Molière pour êre reconnu comme un « écrivain français » ? Ou la littérature entretient-elle, en France, un rapport trop étroit avec la nation pour que ce soit si simple ? »i

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Le meilleur de notre veille #32

Pour cette trente-deuxième synthèse de la veille réalisée par les légothécaires sur Diigo, nous mettons l’accent sur des événements (parisiens) et des actions positives en faveur de la lutte contre les discriminations, loin d’une triste actualité nationale (cf. les chiffres alarmants du rapport 2017 sur l’homophobie) ou internationale (cf. la pétition d’Amnesty international contre les persécutions d’homosexuels en Tchétchénie).

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Une nouvelle revue : le Journal of Critical Library and Information Studies

La parution d’un nouveau titre dans le monde des publications scientifiques est souvent un événement fort. Quand un tel titre porte sur les sciences de l’information et des bibliothèques, c’est toute notre communauté qui est concernée.

Depuis 2017, c’est le cas du Journal of Critical Library and Information Studies, dont l’arrivée en dit beaucoup sur l’évolution de nos pratiques professionnelles. Les contributeurs et contributrices de cette revue en libre accès traitent des sciences de l’information et des bibliothèques en tant que Critical Librarians. Mais de quoi parle-t-on ?

Qui sont les Critical Librarians ?

Figurine de Lego soldat révolutionnaire

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Au pays des Lego et du design : tour d’horizon rafraîchissant de quelques bibliothèques danoises !

Retour sur les visites effectuées du 19 au 23 mars 2017 à l’occasion d’un voyage professionnel organisé conjointement par les groupes ABF Nord-Pas de Calais et Île de France.

Le “hygge” danois, concept qui fait écho au bien-être, au “cocooning”, n’est pas une légende ! Il n’a pas d’équivalent dans la langue française et se décline dans des lieux aussi différents que les cafés, les bibliothèques et les aéroports !

livre hygge aéroport Copenhague

Co-construction d’espaces confortables, multiculturels et ouverts, confiance réciproque dans les relations interpersonnelles et interprofessionnelles entre usagers, bibliothécaires et citoyens, bibliothécaires “facilitatrices/facilitateurs” qui proposent des services diversifiés et perçoivent les enjeux de l’inclusion numérique : voici quelques-uns des atouts des bibliothèques visitées !

Notre périple nous a menés de la bibliothèque municipale (BM) de Copenhague à Aarhus (BM Dokk1, bibliothèque universitaire), en passant par la BM d’Herning, avant de clore ce chouette séjour par la visite du Diamant Noir, la Bibliothèque Nationale et Royale de Copenhague.

En préambule, il est important de souligner la visibilité des bibliothèques municipales (BM) danoises grâce à la loi instaurée en 1920 qui garantit la création d’une BM dans chaque ville. Pour mémoire, un tel principe n’existe pas dans la législation française.

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Littérature et banlieue #4 – Les anges s’habillent en caillera de Rachid Santaki

Nouveau volet pour notre cycle d’articles en vue de la rencontre « Littérature et périphéries », avec Rachid Santaki.

Rachid Santaki est un auteur de polars, mais pas seulement. Fondateur d’un magazine gratuit sur le hip-hop (5Styles), il mène depuis quelques années le projet « La dictée des Cités » avec Abdellah Boudour. Viscéralement attaché à la Seine-Saint-Denis, il en offre dans ses publications un portrait incisif et sans concessions, avec des personnages dont la violence n’a d’égale que l’attachement (à soi, aux autres, au biz …). Ses titres de polars, aux accents de culture populaire remixée version 9-3, montrent l’inscription de ses histoires dans notre société d’aujourd’hui.

Difficile de choisir un titre en particulier, mais c’est finalement avec « les anges s’habillent en caillera » que nous allons voyager aujourd’hui.

« Les anges s’habillent en caillera » est paru en 2011 aux éditions Moisson Rouge – et nous dresse un portrait pas flatteur du tout d’Illyes, dit Le Marseillais. 18 mois de prison pour vol avec violence n’ont pas du tout apaisé ce jeune voleur, qui n’a que deux idées en tête (pas incompatibles d’ailleurs) : reprendre le business d’avant la prison, ET se venger de celui qui l’y a amené. Et parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, Ilyes va croiser toute une galerie de personnages aux destins sombres, comme Stéphane, flic ripou ; les copains de la cité …

Malgré ce CV peu enviable, Rachid Santaki, avec sa verve et son style littéraire réaliste, au débit des meilleures chansons de rap, arrive à rendre Ilyes attachant. Nous plongeons la tête la première dans ses histoires avec l’envie, même le besoin, de savoir comment il se sort de ce marasme (surtout en ayant eu un aperçu de son parcours criminel d’avant …). À noter, l’auteur a intégré dans le texte des extraits d’articles de presse, qui ont été réellement publiés.

Extrait (en tout début de roman) :

« L’implantation du Stade de France à Saint-Denis en 1998 a pemirs aux plus téméraires d’entre nous de faire des thunes. À treize ans, on brisait les vitres des voitures pour arracher les téléphones et les sacs à main. Un gars de chez nous a dérobé une fois une mallette avec quarante mille euros en espèces, sûrement la recette d’un commerce. Il a claqué les sous au quartier en moins de quarante-huit heures en jouant le Robin des Bois de la cité. C’est après ce coup-là que les arrachés se sont multipliés, les voleurs espéraient tomber sur une somme équivalente. J’ai découvert l’argent facile à mon adolescence. »

Vous pourrez rencontrer Rachid Santaki lors du congrès de l’ABF le jeudi 15 juin 2017. Il sera notre invité, avec Kaoutar Harchi et Nadia Tarfaoui, pour une rencontre « Littérature et périphérie », dont nous vous parlerons très prochainement sur le blog.

Karim Miské

Cette semaine nous invitons nos lectrices et lecteurs à découvrir l’auteur qui a reçu le grand prix de Littérature policière 2012 et le prix Meilleur polar Point : Karim Miské. Il est né en 1964 à Abidjan d’un père mauritanien et d’une mère française. Il grandit à Paris. Il étudia le journalisme à Dakar. Il réalisa des documentaires sur les néo-fondamentalismes religieux monothéistes mais aussi sur la surdité. Les religions et le langage sont présents dans ce roman, son premier roman, dont la langue précise et délicate permet des descriptions subtiles. Tantôt des phrases longues, tantôt des ellipses de mots pour accélérer le récit, Arab Jazz ressemble des fois à de longs solos déchirant de John Coltrane ou à des phrases courtes et incisives de Miles Davis.

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