Masculins/Féminins : dialogues géographiques et au-delà

Du 10 au 12 décembre prochain, les universités de Grenoble 1 et 2 organisent un colloque international sur le genre :

« Masculins/Féminins : dialogues géographiques et au-delà ».

Logo du colloque

Organisé par des chercheurs et chercheuses en géographie, ce colloque est itinérant. Conçu comme une biennale, il circulera une année à Grenoble, deux années plus tard à Bordeaux. Voici une courte présentation des enjeux du colloque :

« Il est fort à parier que les recherches interrogeant le rapport  genré à la spatialité, aux lieux, à l’action sont traversées par des controverses. Dans le champ de la géographie, les approches par genre ont été questionnées dans leur fondement épistémologique, leurs valeurs et leurs légitimités pour être aujourd’hui considérées comme un objet géographique, un « construit cognitif permettant d’appréhender un phénomène spatial » (Lévy et Lussault, 2003).  Il y a eu des moments, des lieux où cette controverse a été débattue (Lyon-Grenoble, 2004), (Bordeaux, 2010)… dévoilant ainsi les points aveugles et les effets d’occultation de la discipline dans l’analyse de la relation de genre à l’espace. « 

Pour ma part, donnant des cours sur la signalétique et donc intéressée par la dimension spatiale de nos bibliothèques, je me demande dans quelle mesure le genre prend position spatialement dans nos établissements. Michel Melot disait dans la Sagesse du Bibliothécaire avoir vu des bibliothèques à Dubaï et en Corée dans lesquelles des espaces non-mixtes étaient prévus. En d’autres termes, il y avait une salle pour les hommes et une salle pour les femmes. Il s’agit alors d’une spatialisation séparatrice, quelles qu’en soient les raisons. On reconnait le droit aux unes et aux uns d’entrer dans une salle mais pas dans l’autre. Il y a à la fois quelque chose de l’ordre de l’autorisation et de la restriction.

Qu’en est-il quand la spatialisation relève plutôt de la collection, plus que du public ? Il ne s’agit plus de dire que telle salle n’est accessible qu’à un tel public, mais que telle salle correspond à une collection qui attirera plutôt un public spécifique. Par exemple, une salle avec des fonds sur l’homosexualité ou une salle entièrement remplie d’ouvrages en espagnol sur un territoire où l’espagnol n’est pas la langue première mais est celle de la communauté immigrée la plus importante. Ces espaces générent-ils des recontres entre les genres, les cultures ? Sont-ils au contraire plutôt le lieu d’une construction de l’individu, face à l’appropriation de sa culture ? Comment devenons-nous les signaler ? Quelles y sont les règles d’usage ?

Si dans mes voyages, je croise une bibliothèque qui aura fait des espaces genré, je ne manquerais pas de leur poser ces questions et de vous trrasmettre leurs propres analyses. En attendant, nous pouvons toujours aller à Genoble pour suivre ce colloque.

Raphaëlle

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