Littératures et « francophonie » #1 – Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne / Kaoutar Harchi

« Suffit-il d’écrire dans la langue de Molière pour êre reconnu comme un « écrivain français » ? Ou la littérature entretient-elle, en France, un rapport trop étroit avec la nation pour que ce soit si simple ? »i

Lire la suite

Publicités

Littérature et banlieue #4 – Les anges s’habillent en caillera de Rachid Santaki

Nouveau volet pour notre cycle d’articles en vue de la rencontre « Littérature et périphéries », avec Rachid Santaki.

Rachid Santaki est un auteur de polars, mais pas seulement. Fondateur d’un magazine gratuit sur le hip-hop (5Styles), il mène depuis quelques années le projet « La dictée des Cités » avec Abdellah Boudour. Viscéralement attaché à la Seine-Saint-Denis, il en offre dans ses publications un portrait incisif et sans concessions, avec des personnages dont la violence n’a d’égale que l’attachement (à soi, aux autres, au biz …). Ses titres de polars, aux accents de culture populaire remixée version 9-3, montrent l’inscription de ses histoires dans notre société d’aujourd’hui.

Difficile de choisir un titre en particulier, mais c’est finalement avec « les anges s’habillent en caillera » que nous allons voyager aujourd’hui.

« Les anges s’habillent en caillera » est paru en 2011 aux éditions Moisson Rouge – et nous dresse un portrait pas flatteur du tout d’Illyes, dit Le Marseillais. 18 mois de prison pour vol avec violence n’ont pas du tout apaisé ce jeune voleur, qui n’a que deux idées en tête (pas incompatibles d’ailleurs) : reprendre le business d’avant la prison, ET se venger de celui qui l’y a amené. Et parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, Ilyes va croiser toute une galerie de personnages aux destins sombres, comme Stéphane, flic ripou ; les copains de la cité …

Malgré ce CV peu enviable, Rachid Santaki, avec sa verve et son style littéraire réaliste, au débit des meilleures chansons de rap, arrive à rendre Ilyes attachant. Nous plongeons la tête la première dans ses histoires avec l’envie, même le besoin, de savoir comment il se sort de ce marasme (surtout en ayant eu un aperçu de son parcours criminel d’avant …). À noter, l’auteur a intégré dans le texte des extraits d’articles de presse, qui ont été réellement publiés.

Extrait (en tout début de roman) :

« L’implantation du Stade de France à Saint-Denis en 1998 a pemirs aux plus téméraires d’entre nous de faire des thunes. À treize ans, on brisait les vitres des voitures pour arracher les téléphones et les sacs à main. Un gars de chez nous a dérobé une fois une mallette avec quarante mille euros en espèces, sûrement la recette d’un commerce. Il a claqué les sous au quartier en moins de quarante-huit heures en jouant le Robin des Bois de la cité. C’est après ce coup-là que les arrachés se sont multipliés, les voleurs espéraient tomber sur une somme équivalente. J’ai découvert l’argent facile à mon adolescence. »

Vous pourrez rencontrer Rachid Santaki lors du congrès de l’ABF le jeudi 15 juin 2017. Il sera notre invité, avec Kaoutar Harchi et Nadia Tarfaoui, pour une rencontre « Littérature et périphérie », dont nous vous parlerons très prochainement sur le blog.

Littérature et banlieue #3 – Tabou, confession d’un jeune de banlieue de Zahwa Djennad

Pour ce troisième épisode « Littérature et banlieue » et continuer d’exploiter les diversités littéraires, le choix s’est porté sur Tabou, confession d’un jeune de banlieue de Zahwa Djennad (publié aux éditions du Panthéon en 2003)

Dans ce premier roman, on s’attache à la personnalité de Yaniss, ce « jeune de banlieue », qui évolue dans cet univers clos. Un environnement qui tend à imposer ses normes, qui trace un fil conducteur, et entrave l’accomplissement de soi. Lire la suite

Littérature et banlieue #2 – Boumkoeur de Rachid Djaïdani

Second épisode de notre série « Littérature et banlieue ». Pour continuer à voir la banlieue autrement, au-delà des clichés : Boumkoeur, de Rachid Djaïdani (publié au Seuil en 1999, puis aux Points).

      9782020789950rachid-djaidani-1

                                  ©Points                           ©Première

Premier roman, Boumkoeur raconte la vie de Yaz, « 21 hivers ». La vie dans sa cité, entre anecdotes, affaires et petites histoires. Loin des caricatures de banlieue, des violences et des misères, il est plutôt question de nuancer les poncifs banlieusards. Lire la suite

Littérature et banlieue #1 – Kiffe Kiffe Demain de Faïza Guène

Jusqu’au mois de juin, nous avons décidé de vous présenter chaque mois un.e auteur.e qui aborde dans son œuvre la banlieue. Cette littérature, qui peine à trouver sa place dans nos rayonnages de bibliothèques, a pourtant toute sa place, au même titre que les romans du terroir ou encore les polars.

La banlieue est souvent l’objet de gros titres, avec des histoires plus ou moins glauques, très souvent négatives et avec un jugement hâtif dans lequel les habitants ont du mal à s’y retrouver. Avec un style d’écriture qui confère parfois plus à l’oralité, les auteur.e.s que nous vous présenterons dans ce cycle d’articles « littérature et banlieue » vous donneront à voir la banlieue différemment, avec ses codes et ses valeurs, au-delà des clichés.

Premier article de cette série: Kiffe Kiffe Demain, de Faïza Guène (Publié chez Fayard, 2010)

Lire la suite