+ DE 100 IDÉES POUR CHANGER TA BIB !

 – Le dossier du numéro 100 de la revue Bibliothèque(s) de l’ABF

Nous avons eu l’honneur de nous voir confier le dossier du numéro 100 de Bibliothèque(s). Intitulé “+ de 100 idées pour changer le monde ta bib !”, le dossier compte 178 idées qui témoignent du dynamisme sans cesse renouvelé des bibliothèques, et de la nécessaire adaptation de nos métiers à la société !
Nous avons essayé de relever le défi d’un non-inventaire à la Prévert, en essayant de couvrir au mieux tous les sujets, pour toutes les compétences et pour tous les budgets… Nous avons reçu pour cela l’aide de nombreux·euses bibliothécaires qui nous ont proposé des idées et envoyé des informations précieuses. Merci à elles et eux !
Nous avons aussi eu à cœur de citer des exemples illustrant les valeurs et les thèmes portés par Légothèque, tels que l’inclusion, la construction de soi, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, et l’égalité femmes-hommes.
Nous vous proposons donc ici quelques extraits de ce numéro sur ces thématiques, en guise d’ “apéritif de confinement”, en attendant d’avoir le numéro papier dans les mains… 🙂

En espérant que cela vous donne de l’inspiration et des envies de changer… votre bibliothèque… puis le monde !

Nathalie Étienne et Amandine Jacquet

Barbada de Barbades, drag queen intervenante pour l’heure du conte dans les bibliothèques de la région de Montréal, et qui a accepté de faire la couverture dont nous sommes si fières.
Crédit photo : © Matt Sirois

Voici les codes que nous avons utilisés pour mentionner les bibliothèques : Nom de la bibliothèque ou Commune (Type, (Communauté de) Communes, Département ou Pays, Nombre d’habitant·e·s).
Les types de bibliothèques ont été codés de la façon suivante :
BP : Bibliothèque publique
BN : Bibliothèque nationale
BU : Bibliothèque universitaire

Extraits choisis :

#4 Un « bibliobingo »

Bingo de la diversité à la bibliothèque Louise-Michel (BP, Ville de Paris, 2 187 500 hab.) : un «bibliobingo » en direction des adolescent·e·s : un badge maison à gagner pour celles et ceux qui remplissent une ligne en lisant les ouvrages répondant aux critères indiqués.

CC BY-SA Bibliothèque Louise-Michel (Paris)

Plus d’informations sur les bibliobingos dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).

#35 « Livres vivants »

Dans la « bibliothèque vivante », les « livres vivants » sont des personnes qui acceptent de témoigner d’une conviction ou d’une expérience qu’ils ont vécue. Celle-ci peut être d’ordre privé ou professionnel, dans le domaine culturel, associatif, religieux, politique. Elle peut également avoir trait à l’orientation sexuelle et/ou de genre, à une expérience, éducative, morale et/ou affective (enfant adopté, deuil, par exemple). Les « livres vivants » seront présentés anonymement dans le catalogue avec un titre explicite en lien avec le témoignage qu’ils acceptent de partager. L’objectif d’une « bibliothèque vivante » est de lutter contre les stéréotypes et les préjugés. On privilégiera donc les « livres » ayant des expériences en lien avec les clichés et préjugés en cours dans la société. Les publics peuvent « emprunter les livres vivants » pour une durée d’environ 30 minutes, dans l’enceinte de la bibliothèque uniquement (les bibliothécaires sont les garant·e·s d’une expérience sereine et pacifique). 
Cette action est bien souvent organisée sur une journée (en tant qu’animation) comme à La Chapelle-aux-Bois (BP, Vosges, 700 hab.), Béziers (médiathèque communautaire André Malraux, Béziers Méditerranée, Hérault, 122 500 hab.), Toulouse (José-Cabanis, BP, Haute Garonne, 479 600 hab.). Elle peut être organisée avec des « livres » fournis par une association dédiée (la commission Légothèque de l’ABF peut vous fournir une liste), mais il est également possible de créer son propre catalogue. 

Livres vivants dans les bibliothèques et médiathèques de la Communauté d’agglomération d’Épinal
Crédit photo : ©bmi-CAE

Certaines bibliothèques la proposent en rendez-vous régulier : BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BN-BP, Montréal, Québec, Canada, 4 098 900 hab.) donne rendez-vous chaque semaine avec deux « métiers hors de l’ordinaire » tels que sergent d’infanterie, charpentière-menuisière, experte en cyber-sécurité, débardeur… À Malmö (BP, Suède, 316 000 hab.), la « bibliothèque vivante » se tient tous les samedis avec un catalogue fixe, mais tous les livres ne sont pas présents à chaque fois. 

Livres vivants dans les bibliothèques et médiathèques de la Communauté d’agglomération d’Épinal
Crédit photo : ©bmi-CAE

La « bibliothèque vivante » peut également porter sur un sujet dédié, comme par exemple la santé mentale ou les migrant·e·s à Rennes Métropole (Les Champs-Libres, BP, Ille-et-Vilaine, 443 200 hab.), ou l’exil à Lyon (Part-Dieu, BP, Rhône, 516 100 hab.). Enfin, la bibliothèque vivante peut parfois être destinée à des publics spécifiques, comme par exemple l’opération « Emprunte un.e suédois·e » menée par six bibliothèques suédoises, dans le but de faciliter l’accueil et l’intégration des migrant·e·s : les personnes récemment immigrées peuvent emprunter un·e suédois·e à la bibliothèque afin d’en savoir plus sur les démarches à effectuer, apprendre et pratiquer la langue suédoise mais également découvrir la culture du pays. L’opération a connu un grand succès à la bibliothèque de Söderhamn (BP, Suède, 12 100 hab.) et a été rebaptisée «Emprunte un·e suédois·e ou un·e migrant·e».

Livres vivants dans les bibliothèques et médiathèques de la Communauté d’agglomération d’Épinal
Crédit photo : ©bmi-CAE

Découvrez les règles de la bibliothèque vivante de la Bibliothèque publique d’information (Bpi) dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).
Sur le même sujet, voir aussi : https://legothequeabf.wordpress.com/2015/12/08/bibliotheque-vivante-et-migrant-es-comment-faire-lexemple-suedois/
https://legothequeabf.wordpress.com/2015/06/30/retour-sur-la-bibliotheque-vivante-questions-de-genre/

#75 Des toilettes fonctionnelles et inclusives

Rien de moins inclusif que les toilettes réservées aux personnes en situation de handicap (parce que non, le handicap n’est pas un genre à part), ou encore les tables à langer dans les toilettes pour les femmes uniquement (parce que oui les hommes aussi peuvent souhaiter langer leurs enfants). Par ailleurs, il est important de tenir compte des publics : les femmes utilisent plus souvent les toilettes que les hommes, et le public des bibliothèques est massivement plus féminin que masculin.
Dégenrer les toilettes présente donc le double intérêt de permettre une utilisation plus rationnelle des lieux mais aussi de simplifier les choses pour les personnes non binaires ou transgenres. […] 

Exemples de signalétiques pour toilettes dégenrées : militante à Stovner (BP, Oslo, Norvège, 690 300 hab.) (1), technique mais un peu elliptique à Silkeborg (BP, Danemark, 46 200 hab.) (2), mais un simple pictogramme (3) ferait sans doute également l’affaire.

La suite de cet article et un sketchnote “Récolter et fournir des protections périodiques” (#74) à découvrir dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).

#112 Contribuer à  la dignité de chacun·e

La bibliothèque de Saint-Denis -lès-Martel (BP, Lot, 330 hab.), comprend une agence postale et un point social. Ces trois activités s’imbriquent totalement dans le paysage de cette commune ultrarurale et à la population précarisée. Tous les ans, en collaboration avec l’association des Restos du Cœur, a lieu un après-midi « coiffeurs solidaires » qui bénéficie  à une vingtaine de personnes. (voir photo ci-dessous) Des coiffeuses professionnelles viennent offrir leurs services dans ce salon de coiffure éphémère et solidaire. La bibliothèque est désacralisée et la lecture est à la portée de chacun·e et, en attendant son tour, on rit, on mange, on lit. Et quand on se sent beau, on se sent humain et peut-être plus d’envie et de légitimité pour fréquenter la bibliothèque qui est souvent perçue comme « pas pour nous ». La Riverside Library (BP, New York, État de New York, USA, 8 623 000 hab.)  prête des accessoires de mode pour les personnes les plus précaires : cravates, sacoches, pour les entretiens d’embauche, mais aussi pour un mariage, une audition, une remise de diplôme, un bal de promo ou tout autre événement officiel.

Bibliothèque de Saint-Denis -lès-Martel
Crédit photo : CC BY-SA Carine Verger

L’espace dédié aux adolescent·e·s de la Parkway Central (BP, Philadelphie, Pennsylvanie, USA, 1 581 000 hab.) propose en accès libre des produits d’hygiène de première nécessité: tampons et serviettes hygiéniques, coupes menstruelles, déodorants, préservatifs… (photos ci-dessous) Les jeunes peuvent ainsi s’approvisionner, qu’elles·ils soient dans une situation familiale et/ou financière compliquée ou qu’elles·ils soient sans foyer.

Parkway Central, Philadelphie USA
Crédit photo : CC BY-SA Amandine Jacquet

Dans un souci d’ouverture et de bien-être des jeunes, il leur est proposé de porter un badge pour que l’on puisse ainsi s’adresser à elles·eux avec le bon pronom (elle, il ou iel) :

Parkway Central, Philadelphie USA
Crédit photo : CC BY-SA Amandine Jacquet

#117 Une heure du conte inclusive

[…] Dans le cadre de la «Queer week», semaine de réflexion sur le genre et les sexualités, la bibliothèque Louise-Michel (BP, Ville de Paris, 2 187 500 hab.) a reçu en 2018 et 2019 des drag queens pour une heure du conte dédiée aux histoires qui déconstruisent les stéréotypes de genre. La lecture d’albums qui s’attaquent aux préjugés et cassent les codes, avec de superbes créatures pailletées, y rencontre un franc succès, malgré de violentes attaques sur les réseaux sociaux.

Crédit photo : CC BY-SA Bibliothèque Louise-Michel (Paris)

Vu aussi à BALO (Bibliothèque à livres ouverts, Centre de documentation spécialisé dans les questions reliées à la diversité sexuelle à Montréal, Québec, Canada), à BAnQ (BN-BP, Montréal, Québec, Canada), et dans neuf sites de la Free Library (BP, Philadelphie, Pennsylvanie, USA, 1 581 000 hab.).

À lire aussi dans le numéro 100 de Bibliothèque(s), l’heure du conte inclusive dédiée aux enfants qui ont des besoins particuliers (autisme par exemple).
Et « Des contes de Reines » ici

#119 «Mois des fiertés»

Pendant tout le mois de juin, depuis plusieurs années, la Free Library (BP, Philadelphie, Pennsylvanie, USA, 1 581 000 hab.) célèbre la diversité culturelle de la communauté LGBTQIA+ (lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, queer (ou) en questionnement, intersexuelle, asexuelle (ou) alliée et plus encore). En 2019, plus de 30 bibliothèques du réseau de la Free Library ont participé au programme du «Mois des fiertés». Il regroupe des concerts pop-up, des projections de films, des discussions sur la littérature transgenre, de la poésie, des histoires non sexistes, des ateliers de compétences culturelles LGBTQIA+, des ressources éducatives en santé, des heures du conte par des drag queens, des soirées jeux, des lectures à voix haute et même un programme pour les propriétaires d’entreprises et les entrepreneur·euse·s LGBTQIA+, et bien plus encore !

Vu aussi à New York (BP, État de New York, USA, 8 623 000 hab.), à Washington D.C.  (BP, USA, 6 216 600 hab.), à McGill (BU, Montréal, Québec, Canada) et à BAnQ (BN-BP, Montréal, Québec, Canada) :

Festival Fierté Montréal à BAnQ (Montréal, Québec)
Crédit photo : CC BY-SA Delphine Zavitnik

#137 Des ateliers de conversation

Moments d’échanges et de rencontres conviviales, les ateliers, souvent hebdomadaires, de conversation en français pour les primo-arrivant·e·s et les personnes qui maîtrisent mal le français, ou de conversation dans une langue étrangère, apparaissent de plus en plus dans les médiathèques.
Chaque mercredi, à la médiathèque communautaire de Sarreguemines Confluences (BP, Moselle, 21 200 hab.), deux ateliers Français Langue étrangère (FLE) sont organisés et animés par une bibliothécaire. L’un s’adresse aux personnes de niveau débutant/intermédiaire et est axé sur la grammaire et le vocabulaire. Dans le second, les participant·e·s, plus avancé·e·s, discutent d’un sujet de société. L’intention était d’attirer de nouveaux publics, et de dynamiser le fonds FLE et langues étrangères, les cabines et les méthodes de langue FLE. Ces ateliers font de la médiathèque un lieu de référence et de ressources pour les personnes d’origine étrangère. Lors du festival nommé «Migration», les participant·e·s ont présenté leur parcours de vie, permettant de déconstruire les clichés autour des migrant·e·s économiques qui viendraient « profiter des prestations sociales »…

Vu aussi dans les médiathèques du réseau de Plaine Commune (BP, Seine-Saint-Denis, 435 300 hab.) avec leurs ateliers Blabla, à la bibliothèque Vàclav Havel (BP, Ville de Paris, 2 187 500 hab.),  à Langres (BP, Haute-Marne, 7 800 hab.). […]

Film documentaire Atelier de conversation (2018) de Bernhard Braunstein, dont l’ABF a été partenaire

« À la Bibliothèque publique d’information, au Centre Pompidou à Paris, des personnes venant des quatre coins du monde se rencontrent chaque semaine, lors de l’Atelier de conversation pour parler français. Les réfugié·e·s de guerre côtoient les hommes et femmes d’affaire, les étudiant·e·s insouciant·e·s croisent les victimes de persécutions politiques. Malgré leurs différences, elles et ils partagent des objectifs communs : apprendre la langue et trouver des allié·e·s et des ami·e·s pour pouvoir (sur)vivre à l’étranger. C’est dans ce lieu rempli d’espoir où les frontières sociales et culturelles s’effacent, que des individus, dont les routes ne se seraient jamais croisées, se rencontrent d’égal·e à égal·e. »

#175 Une signalétique percutante et inclusive

Dans l’esprit Code de la route, cet autocollant posé sur la porte de la bibliothèque d’Entresse (BP, Helsinki, Finlande, 642 000 hab.) affirme : « Zone sans discrimination ». Il a été conçu dans le cadre d’une campagne du ministère de l’Intérieur en lien avec de nombreux acteurs sociaux. 1 200 organisations se sont déclarées « Zone sans discrimination », dont 29 bibliothèques. […]

Bibliothèque d’Entresse, Helsinki (Finlande)
Crédit photo : CC BY-SA Amandine Jacquet

La suite de cet article ainsi que d’autres exemples de communication drôles et anti-clichés sont à retrouver dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).

Vous en voulez plus ? Procurez-vous le numéro 100 de Bibliothèque(s) : c’est par ici !

Les auteures :

  • Après avoir travaillé à la bibliothèque municipale de Valence, Nathalie Étienne occupe désormais un poste d’assistante à la Médiathèque Départementale de la Drôme à CREST (site ouvert aux publics). Elle est responsable du secteur musique et de la communication.  Amateure de street art, elle y a organisé divers événements (Yarnbombing, Inside Out Project). Son compte Instagram @knittie_librarian est le reflet de cet intérêt. 
    Elle a collaboré avec Amandine Jacquet à élaborer le dossier « + de 100 idées pour changer ta bib» du numéro 100 de la revue Bibliothèque(s) (ABF, 2020).
  • Bibliothécaire et formatrice, Amandine Jacquet a travaillé en bibliothèques municipales et départementales, puis à l’Enssib, avant de devenir formatrice et consultante pour les bibliothèques.
    Elle est membre de la commission internationale de l’ABF et de la section Management des Associations de Bibliothèques (MLAS) de l’IFLA.
    Elle a coordonné l’ouvrage Bibliothèques troisième lieu (ABF, 2e édition revue et augmentée en 2017, publication en italien 2018), ainsi que l’ouvrage Concevoir une bibliothèque rurale (ABF-ABD, 2018). Elle a collaboré avec Nathalie Étienne à élaborer le dossier « + de 100 idées pour changer ta bib» du numéro 100 de la revue Bibliothèque(s) (ABF, 2020).

Retour sur la rencontre « littérature et périphérie »

Le congrès ABF 2017 est terminé depuis quelques mois, mais nous profitons de la publication des captations du congrès pour revenir sur la rencontre que nous avions animée le jeudi après-midi.
Pour préparer cette rencontre, nous avons publié sur le site des recensions d’ouvrages, que vous pouvez retrouver avec ce mot-clé : « littérature urbaine », ainsi qu’une liste de pistes à interroger lors de la rencontre. Nous vous proposons donc de passer dans les coulisses et voir notre préparation.
Nous vous proposerons ensuite quelques notes prises sur le vif.

Les ouvrages abordés
Littérature et banlieue #1 – Kiffe Kiffe Demain de Faïza Guène
Littérature et banlieue #2 – Boumkoeur de Rachid Djaïdani
Littérature et banlieue #3 – Tabou, confession d’un jeune de banlieue de Zahwa Djennad
Littérature et banlieue #4 – Les anges s’habillent en caillera de Rachid Santaki
Littératures et « francophonie » #1 – Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne / Kaoutar Harchi

La préparation
Nous avons eu l’idée de cette rencontre lors de notre séminaire de travail à Epinal en 2016. Le thème du congrès ABF 2017 venait d’être annoncé et nous étions enthousiastes par rapport à celui-ci : Bibliothèques : Inégalités territoriales et égalité des chances.

Après discussions, nous avons choisi de proposer cette rencontre, et commencé à chercher des intervenant.e.s potentiel.le.s – cette partie est toujours un peu longue à réaliser car après nous être arrêté.e.s sur des invité.e.s, il faut pouvoir les contacter et les inviter formellement. Ceci dit, nous avons pu rapidement boucler notre rencontre tout en travaillant sur les contenus.
Nous avons souhaité faire intervenir des profils variés et complémentaires, sur la thématique « littérature et périphérie », à la fois à travers le prisme de l’écriture et celui de la sociologie, tout en s’interrogeant sur la place donnée à cette littérature dans les bibliothèques.
En préparant la rencontre, nous avons pu mesurer les questionnements sur cette littérature, qui peut être définie de façon multiple, sans que ces définitions soient universelles. Nous avons donc pris le parti de montrer cette multiplicité et ne pas chercher à apporter nous-mêmes une définition. L’objectif était de discuter justement autour de ces questionnements et de mettre en rapport ceux-ci avec le lieu bibliothèque.
Enfin, pour lancer la rencontre, présenter nos intervenant.e.s et alimenter la discussion, nous avons préparé pour chacun.e une liste de questions plutôt ouvertes, liées à leurs activités professionnelles (bibliothèque, écriture, sociologie, recherche …).

Quelques notes pendant la table ronde

Voici en substrat quelques éléments intéressants qui ressortent de cette rencontre.

Modératrice Sophie Agié, membre de la commission Légothèque de l’ABF

Intervenant.es : Kaoutar Harchi, sociologue, Rachid Santaki, journaliste, romancier et scénariste, Nadia Tarfaoui, conservatrice des bibliothèques

Nadia Tarfaoui a rédigé son mémoire ENSSIB sur la place de l’écrivain de banlieue.

« Sous chape de plomb et plafond de verre : la place des écrivains « de banlieue » dans les bibliothèques publiques » / Nadia Tarfaoui

Elle a défini un corpus de 13 auteurs dont Rachid S et a lancé ses recherches sur les catalogues de 69 villes. Plusieurs titres sont présents dans un certain nombre de bibliothèques, mais leur classement varie : documentaires, anthropologie. La représentativité sur le territoire est équilibrée, mais ces livres sont plus présents dans les annexes que dans les centrales.

Il apparaît que les auteurs sont peu invités dans les bibliothèques, c’est différent pour Rachid S, bien identifié sur le territoire de Seine-Saint-Denis (93), qui est souvent invité par des bibliothécaires conscients de leur rôle de médiateurs et de passseurs de toutes formes de culture. Les éditeurs doivent aussi jouer leur rôle de défricheurs de nouveaux talents (1 des auteurs du corpus est auto-édité).

Il faut réfléchir à la dénomination de ces auteurs, car on parle souvent d’auteur de banlieue, de cité, mais ce sont des auteurs à part entière !

Kaoutar Harchi retrace dans son ouvrage « Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne. Des écrivains à l’épreuve » les carrières de cinq écrivains algériens de langue française : Kateb Yacine, Assia Djebar, Rachid Boudjedra, Kamel Daoud et Boualem Sansal.

Elle y étudie les modalités de leur réception littéraire et il apparaît clairement que des critères extra littéraires interviennent. Ils sont encore trop souvent considérés comme des écrivains étrangers de la ngue française.

Autre fait marquant : peu de femmes auteures présentes dans les catalogues des éditeurs, qui privilégient les titresou les auteurs qui marchent.

Les bibliothécaires doivent s’approprier plus qu’ils ne le font cette veine littéraire et concourir à lui donner une visibilité accrue. La question de la formation se pose pour que les bibliothécaires prennent conscience des pépites qui sommeillent chez ces auteur.e.s !

Retrouvez ci-dessous la vidéo de la rencontre

Au pays des Lego et du design : tour d’horizon rafraîchissant de quelques bibliothèques danoises !

Retour sur les visites effectuées du 19 au 23 mars 2017 à l’occasion d’un voyage professionnel organisé conjointement par les groupes ABF Nord-Pas de Calais et Île de France.

Le “hygge” danois, concept qui fait écho au bien-être, au “cocooning”, n’est pas une légende ! Il n’a pas d’équivalent dans la langue française et se décline dans des lieux aussi différents que les cafés, les bibliothèques et les aéroports !

livre hygge aéroport Copenhague

Co-construction d’espaces confortables, multiculturels et ouverts, confiance réciproque dans les relations interpersonnelles et interprofessionnelles entre usagers, bibliothécaires et citoyens, bibliothécaires “facilitatrices/facilitateurs” qui proposent des services diversifiés et perçoivent les enjeux de l’inclusion numérique : voici quelques-uns des atouts des bibliothèques visitées !

Notre périple nous a menés de la bibliothèque municipale (BM) de Copenhague à Aarhus (BM Dokk1, bibliothèque universitaire), en passant par la BM d’Herning, avant de clore ce chouette séjour par la visite du Diamant Noir, la Bibliothèque Nationale et Royale de Copenhague.

En préambule, il est important de souligner la visibilité des bibliothèques municipales (BM) danoises grâce à la loi instaurée en 1920 qui garantit la création d’une BM dans chaque ville. Pour mémoire, un tel principe n’existe pas dans la législation française.

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De l’interculturel à Livre Paris 2016

Le salon du livre vient de s’achever : c’est pour nous l’occasion de proposer deux focus, évidemment partiels tant l’offre abonde, sur les événements et propositions d’éditeurs qui entrent dans deux champs d’intérêt de Légothèque : notre premier article portera sur la présence de l’interculturel tandis qu’un prochain s’intéressera à l’édition féministe.

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L’égalité des sexes à l’aune du dialogue interculturel

PF

Nous avions sommairement abordé dans un précédent billet « L’interculturel au Québec… Et en France ? » les fondements théoriques du dialogue interculturel. Qu’en est-il concrètement, lorsque la différence des cultures questionne notre rapport à la liberté des femmes ? Peut-on affirmer que l’égalité des sexes est devenue un élément culturel et politique partagé par toutes les cultures ?

Cette interrogation était au cœur de la rencontre avec la sociologue Chahla Chafiq organisée à la bibliothèque de l’Abbaye de Grenoble par le Planning familial de l’Isère ce 13 mai. Chantal Duranton, adhérent du MFPF38 nous a permis de suivre à distance ce moment de débats passionnés, réunissant une trentaine de personnes dont une majorité de femmes.

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Le meilleur de notre veille #4

À quelques jours de l’ouverture du Congrès de l’ABF, où la commission sera présente, voici le quatrième épisode des meilleures ressources glanées ces dernières semaines via notre fil Twitter et sur notre compte Diigo. N’hésitez pas à vous abonner à ces comptes pour être tenu au courant de notre activité, notamment, des évènements liés à nos thématiques !

Dans le cadre de la 9e édition du Lyon BD Festival, l’exposition Héro(ïne)s propose d’illustrer et de faire réfléchir à la disproportion des représentations homme/femme au sein de la BD. Cette exposition s’accompagne d’un dossier mis en œuvre par le Labo Junior Sciences Dessinées qui apporte un regard universitaire.
http://labojrsd.hypotheses.org/2204

En septembre, se tiendra en France le premier congrès sur les études de genre organisé par l’Institut du Genre. Durant trois jours, les 500 participants inscrits assisteront à des conférences et rencontres sur douze thématiques (politique, territorialités, genre, arts et littératures, sexualités, hétéronormativités, LGBT, …).
http://cafaitgenre.org/2014/06/10/1er-congres-des-etudes-de-genre-en-france/

En parallèle, l’association Mnemosyne a mis en lumière un document passé inaperçu. Il s’agit d’un rapport d’orientations stratégiques sur les études de genre, remis à la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en novembre 2012. Au travers de vingt propositions, des experts donnent des pistes pour donner à la recherche sur le genre la place qu’elle devrait tenir dans l’enseignement et la recherche.
http://www.mnemosyne.asso.fr/mnemosyne/rapport-du-ministere-de-lenseignement-superieur-et-de-la-recherche-novembre-2012/

Un entretien de Christine Delphy, auteure et chercheuse au CNRS dans le domaine des études féministes et des études de genre. Dans cet entretien, elle aborde la notion de l’Autre, des Autres et de comment ils sont construit par les Uns qui parlent pour eux, renforçant leur position dominante. Son discours est à la fois anti-raciste et féministe.
http://lmsi.net/La-construction-de-l-Autre

GENRE !
Un livre édité par la maison d’édition Des ailes sur un tracteur regroupant trente auteurs de tous horizons (chercheurs, praticiens, …). Avec trente définitions et dix fiches auteurs, l’ouvrage balaye l’essentiel pour comprendre les concepts et notions autour du genre, en mettant l’accent sur son utilité sociale et politique.
http://www.desailessuruntracteur.com/GENRE–Un-livre-collectif-pour-comprendre-et-en-finir-avec-les-rumeurs_a107.html

Au moment où le genre suscite le débat, le Dictionnaire genre et science politique ne fait pas seulement l’état des savoirs dans ce domaine. L’ouvrage rappelle également que le politique implique toujours des partages sexués qui le définissent, et que l’intégration récente des questions de genre dans la sphère politique pose de nouvelles questions.
http://www.laviedesidees.fr/Le-genre-le-politique-et-les.html

Le site du Guardian nous propose une infographie sur les droits des homo, bi et trans. Elle a été réalisée à l’occasion de la journée du 17 mai, journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Elle permet d’explorer les droits et les discriminations dont ils sont victimes.
http://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2014/may/-sp-gay-rights-world-lesbian-bisexual-transgender

Nous vous donnons rendez-vous dans un mois pour le 5e épisode !