Temple Grandin interprète des animaux

Temple Grandin : interprète des animaux!

Mary Temple Grandin est née en 1947 à Boston.

Très tôt, elle est stigmatisée par sa différence, car elle ne parle pas, et ne supporte pas les contacts physiques. Sa mère consulte alors un neurologue qui déduit que Temple est enfermée et souffre d’une forme d’autisme. Elle est intelligente mais ne parvient pas à s’exprimer. Son père ne la comprend pas, seule sa mère s’efforce de trouver des solutions pour que sa fille s’épanouisse. Grâce à un orthophoniste, elle apprend à communiquer.

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Thérèse Clerc, utopiste réaliste

Thérèse Clerc (1927-2016), son nom ne vous dit peut-être rien? Et la maison des Babayagas à Montreuil? Ah là peut-être que ça vous évoque quelque chose? Non, toujours pas? Alors lisez la suite.

Que de chemin parcouru pour en arriver là.

Son éducation catholique et bourgeoise ne la prédestinait pas à s’emparer des projets qu’elles as développés. Mariée, maman de 4 enfants, un boulot à plein temps, il lui faudra du temps pour s’extraire de son carcan familial et social et comprendre les enjeux sociétaux de son époque. A l’Eglise, elle échange avec des prêtres-ouvriers qui lui parlent lutte des classes, marxisme, de la guerre d’Algérie, mais rien sur la condition des femmes…

Mai 68 lui ouvre les yeux et aiguise sa conscience politique, féministe. Elle se forge à l’insu de son mari une culture qu’elle n’a pas pu acquérir par son éducation ou par des études. Elle ouvre les yeux sur une effroyable réalité : la première cause de mortalité des femmes est imputable aux avortements clandestins; elle rejoint alors le MLAC : Mouvement Pour la Libération de l’Avortement et de la Contraception.

Elle finit par divorcer à 40 ans et s’installe à Montreuil avec ses 4 enfants.

Les avortements clandestins que doivent subir les femmes la révoltent et elle suit avec intérêt le projet de loi de Simone Veil pour dépénaliser l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse).

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Diane Arbus, photographe au carré

Pour ce second portrait de femme, Légothèque vous propose de (re)découvrir cette photographe américaine, qui a porté son regard sur la face cachée de l’Amérique des sixties.

diane arbus

De la bourgeoisie new-yorkaise…

Diane Nemerov naît en 1923, à New York. Issue d’un milieu aisé, elle fréquente la Ethical Culture Fieldston, une école dont l’objectif est de développer la capacité de ses élèves à changer le monde.

« Je suis née tout en haut de l’échelle et, toute ma vie, j’en ai dégringolé aussi vite que j’ai pu »

Elle rencontre Allan Arbus à 14 ans, dont les origines sociales déplaisent à ses parents. Après la Seconde Guerre Mondiale, le couple ouvre son propre studio photo, spécialisé dans la mode. Allan joue le rôle de photographe; Diane, celui de directrice artistique.

diane allan

 

Deux enfants et une séparation  plus tard, Diane Arbus se lance concrètement dans la photographie. Elle suit des cours, notamment auprès de son amie portraitiste Lisette Model, et obtient deux bourses de la Fondation Guggenheim.

… à l’Amérique des « freaks »

Dans cette seconde moitié du XXe siècle, la photographie quitte le simple rang de témoignage d’une époque et se hisse au rang de discipline artistique.

Diane Arbus parcourt donc les Etats-Unis, alors « phare » du monde. La photographe s’attache à capturer la face cachée de l’Amérique:  les « freaks », arpente New York et photographie tous les originaux qu’elle y croise. New York est essentielle: incarnant la démesure, la ville accueille un melting-pot fascinant pour Diane.

Elle passe au format carré, qui restera sa marque de fabrique, et capture une Amérique hors normes:  handicapé.es, travestis, nains, géants, jumelles, triplées, etc.

En 1965, le MoMA de New York expose trois de ses photos. Le public les couvre de crachats, dérangé par la réalité que Diane Arbus leur dévoile.

Deux ans plus tard, une seconde exposition, moins controversée, a lieu au MoMA.

 

Une courte carrière et un succès fulgurant

Diane Arbus se donne la mort en 1971, à 48 ans. Sa carrière de photographe fut de courte durée et sa consécration posthume.

En 1972, elle devient la première photographe américaine à être exposée à la Biennale de Venise; le MoMA lui consacre une première rétrospective cette même année.

“J’ai photographié beaucoup de gens étranges… La plupart des gens passent leur vie à redouter de vivre une expérience traumatique. Ces gens étranges sont nés avec ce traumatisme. Ils ont déjà passé cette épreuve. Ce sont des aristocrates.”

identical twins

 

Aller plus loin:

La rétrospective Diane Arbus (octobre 2011-février 2012) au Galerie Nationale du Jeu de Paume

Fur: un portrait imaginaire de Diane Arbus

Une vie à soi, roman de Laurence Tardieu

 

Joséphine Baker (1906-1975), une femme libre qui a marqué son époque

Cet article inaugure une série de portraits de femmes connues ou méconnues qui méritent qu’on s’attache à leur parcours. Vous pourrez les retrouver facilement sur le blog à travers ce tag : portrait de femme

Cette idée est née de la lecture du Culottées (1 et 2) de Pénélope Bagieu et l’article s’est nourri de différentes lectures.

 

 

 

 

 

De Joséphine Baker on connaît souvent seulement l’artiste noire américaine qui a émigré très jeune en France, où elle a mené une brillante carrière de danseuse.

Mais on connaît moins les autres aspects de cette femme libre qui a souffert de la ségrégation raciale envers les Noirs dans son pays : elle fut aussi chanteuse, actrice, résistante, femme de coeur qui adopta plusieurs enfants, et une grande amoureuse!

Elle est née en 1906 à Saint-Louis, dans le Missouri. Les émeutes raciales qui ont lieu en 1917 dans le Missouri frappent son esprit. A 19 ans seulement, elle quitte les USA pour la France en 1925. A Paris elle intègre un show avec des artistes noirs et se produit avec la “Revue Nègre” au théâtre des Champs-Elysées où le public découvre une nouvelle musique : le charleston. Elle rencontre de nombreux artistes cubistes et Calder s’intéressent à elle. Joséphine devient meneuse de revue aux Folies Bergères et crée la “danse sauvage”.

Giuseppe Abatino, dit “Pepito”, devient son imprésario et son époux en 1927.

Elle tourne au cinéma avec Jean Gabin et commence à chanter : “J’ai deux amours”. Elle se produit également dans “La Créole”, l’opérette d’Offenbach au théâtre Marigny en 1934. C’est une femme libre qui ne cache pas son amour pour les hommes comme pour les femmes. Son come-back new-yorkais aux Ziegfeld Follies se soldera par un échec.

Joséphine obtient la nationalité française et pendant le Seconde Guerre Mondiale, elle effectue des missions de renseignement pour le compte de la Résistance et rencontre le Général de Gaulle. A la Libération, elle reçoit différents honneurs militaires en remerciement des services rendus.

Elle épouse Jo Bouillon, chef d’orchestre ; c’est son 5e mariage. Une fausse couche l’empêche définitivement d’avoir des enfants et elle décide alors d’en adopter : sa tribu arc-en-ciel comme elle l’appelle comptera 12 enfants originaires de différents continents. Le respect du multiculturalisme est à l’oeuvre dans cette famille dans le superbe écrin procuré par le château des Milandes. C’est un joli pied de nez de Joséphine à son enfance malheureuse et aux maltraitances et discriminations qu’elle a subies.

Joséphine est aussi une femme engagée dans la lutte contre les discriminations raciales aux USA aux côtés de Martin Luther King par exemple.

Lorsqu’elle décède en 1975, elle est accompagnée par des milliers d’anonymes à la Madeleine, marque d’un attachement populaire à la figure de Joséphine et à ce qu’elle représente à travers sa vie. Un cratère de Vénus porte son nom : n’est pas Joséphine qui veut!

photo prise au Bal Blomet

Quelques suggestions pour découvrir Joséphine :

Ressources sur Joséphine Baker

 

 

Joséphine Baker / Catel et Bocquet

 

 

 

 

Un château sur la lune : le rêve brisé de Joséphine Baker / Jean-Claude Bouillon Baker