Un poster sur les collections LGBT en bibliothèque

Avant de vous parler de ce poster, un petit rappel sur la signification de LGBT : Lesbienne, Gay, Bi, Trans.

J’étais donc à l’IFLA cet été pour le congrès annuel. La session des posters était particulièrement riche puisque près de 200 personnes ou établissements ont présenté un poster. Parmi ceux-ci le poster d’une collègue hongroise d’une bibliothèque médicale. Noemi Somorjai a présenté dans son poster 6 points qui lui semblent importants :

1/la date à laquelle l’homosexualité a été enlevée des maladies psychiatriques listées par l’American Psychiatrist Association (1973) et d’un autre côté des théologiens catholiques qui reconnaissent à leur en tour (en 2011 !) que l’homosexualité n’a pas de raison d’être considérée comme un péché.

2/le rapport entre % d’homosexuels dans la population américaine (5-8%) et le % de collections LGBT dans les bibliothèques américains (- de1%). Ce rapport pose bien entendu la question de ce que doivent refléter nos collections. Anne-Marie Bertrand a dit dans un article du BBF de 2005 que la démocratisation est « la réduction de l’écart entre la composition de la société et la composition des publics. » Ne faut-il pas alors penser que le même rapport doit se retrouver dans la composition des collections ?

3/Le public LGBT est bien plus représenté sur le Net : 35% contre 5 à 8% dans la société. Là encore, ce sont les chiffres aux Etats-Unis. On ne sera pas bien étonnés de ce chiffre compte-tenu du relatif incognito que l’on peut avoir en consultant des pages web, par rapport au fait de rentrer dans une bibliothèque pour consulter des documents. Quoiqu’il en soit, pour un bibliothécaire, les sites web orientés LGBT peuvent être des pistes pour compléter une collection.

4/le taux de suicide, intérêt pour le suicide, tentatives…est 3 à 7 fois plus haut chez les homosexuels que chez les hétérosexuels. Ce chiffre éclairera peut-être tous ceux qui pensent que la « tolérance » (Quel mot affreux et insupportable !!!) fait bien les choses et que tout va bien depuis la révolution sexuelle.

5/Les personnes élevées par des couples homosexuels ne comptent pas plus d’homosexuels dans leurs rangs que ceux élevés par des parents hétérosexuels. Des enquêtes ont été réalisées sur ce sujet depuis longtemps. L’article cité dans le poster date de 2001. à l’heure où on parle de mariage homosexuel en France, d’adoption…les bibliothèques françaises vont avoir à cœur de compléter leurs collections et leurs animations autour de l’homoparentalité. Il n’est pas impossible qu’une partie du public s’en indigne en ressortant de vieux arguments de peur de la contamination. N’hésitez pas à nous le dire, nous vous trouverons les enquêtes et les chiffres.

6/Le dernier point est spécifique à l’action des bibliothèques autour des problématiques LGBT : avoir un comportement d’accueil convenable, développer des collections orientées, penser au multimédia et pas seulement à l’imprimé, faire un catalogue gay-friendly avec des mots clés adaptés en n’hésitant pas à s’appuyer sur des partenariats avec des associations, faire du lieu de consultation de la collection un espace confortable et enfin avoir un espace sécurisé. Autant je souscris complètement aux premières propositions, autant j’ai des doutes sur l’espace sécurisé. Que l’on veuille un espace sécurisant, soit, mais l’espace protégé porte le risque d’un espace cloisonné. La décision de la Bibliothèque Municipale de Lyon de faire de son point G une collection non pas spatiale mais disséminée dans toutes les collections de la bibliothèque me parait plus intégrante. Je serais ravie d’avoir vos avis dans les commentaires.

voilà pour la présentation de ce poster, que je vous pouvez voir ci-dessous.

Poster présenté à l’IFLA 2012 par Noemi Somorjai

Surtout n’hésitez pas à commenter les 6 points du poster de Noémi et si vous-même avez pour projet de présenter des posters sur ce thème (ou un des autres thèmes auquel notre groupe s’intéresse) dans différents congrès, prévenez-nous et nous ferons un article sur votre réalisation.

Raphaëlle