Ensemble pour lutter contre les stéréotypes de genres dans l’édition

Je m’appelle Julia Pietri,  je me considère comme une Féministe Pop’, c’est à dire que j’utilise dans mon travail la “Pop’ Culture” pour déconstruire les stéréotypes de genres, et rendre mon travail le plus accessible pour toutes et tous.

Photo d'une femme blanche aux cheveux châtains décolorés qui porte un manteau noir. Elle se tient devant une devanture de magasin et tient une affiche avec une représentation d'un clitoris rose, avec la mention "it's not an emoji".

Je ne m’adresse pas aux convaincu.e.s. J’essaie de créer de petites “portes ouvertes” vers le féminisme,  des portes d’éveil pour que de nouvelles personnes y entrent, et par la suite, commence à détricoter la pelote de laine du patriarcat par elles-mêmes.  

C’est pour cette raison que j’ai crée ma maison d’édition BETTER CALL JULIA, une maison d’édition indépendante, qui a pour but de faire avancer la réflexion sur les questions des droits des femmes et des questions de genres, en explorant de thématiques et des approches novatrices. 

J’ai lancé une rubrique Jeunesse pour écrire les livres que j’aurais adoré lire quand j’étais petite. Des livres où l’on trouve des réponses simples et sans tabous sur les sujets d’éducation et de santé sexuelle. Les enfants doivent avoir conscience de ce qu’ils ont entre les jambes. Sinon, comment peuvent-ils avoir conscience du consentement et se protéger? Si rien n’existe, il n’y a rien à protéger… »

Visuels de deux livres : le petit guide de la foufoune sexuelle et son second tome.

Inclusive et bienveillante, je parle à la première personne dans mes livres, un lien direct afin de créer un lien de confiance avec les jeunes lectrices et lecteurs. 

Dans Le petit guide de la foufoune sexuelle – Tome 1, je parle de consentement et de corps aux petites filles et aux petits garçons de 4 à 12 ans.

Sans précéder les attentes de l’enfant, ce livre permet de poser des questions aux enfants qui pourront y répondre en fonction de leur âge et de leur maturité. Dans ce livre on parle du sexe comme on parle de l’estomac et j’invite les enfants à exprimer leurs émotions, à poser leurs questions pour les inciter à prendre la parole sans tabou.

Sommaire d'un livre avec quatre parties : découverte du corps, notre corps nous-mêmes, tu grandis ton corps aussi et le monde des grandes et des grands.

On y parle de corps, de pipi, de caca, de l’intimité, de la nudité, de la découverte de l’anatomie, de l’image de soi,  de nos émotions, des câlins, de l’amour, des bébés, mais aussi de la sororité, des frères et des soeurs, à l’importance du respect mutuel ou encore des interdits. Le livre se termine sur les âges de la vie… Grandir c’est quoi ? Et dévoile un peu le monde de la puberté. 

Ensuite, j’ai écrit le Tome 2 pour les ados. 

Le petit guide de la foufoune sexuelle – Tome 2, pour les filles et les garçons. Dans ce livre, on parle aux filles et aux garçons c’est important.

Je parle avec bienveillance et inclusivité de la puberté. J’y explique les émotions, les pics d’hormones, le consentement, les premières fois, les règles, les poils, l’égalité HF et aussi comment mettre un préservatif par exemple …

L’illustratrice Pauline Deshayes accompagne ce guide de magnifiques planches anatomiques, où l’on découvre la véritable anatomie de la vulve, du clitoris, du vagin et aussi du pénis bien sûr.

Planches anatomiques dessinées du pénis, interne et externe et du complexe utéro-clito-vaginal, interne.

Parler d’éducation sexuelle est d’utilité publique car c’est une question de santé sexuelle pour toutes et tous. Ce petit guide prône l’égalité des sexes, aborde les notions d’identité, de liberté, sans oublier de parler des droits fondamentaux et de la prévention.

Tout ce que l’on a besoin d’entendre pour grandir dans une atmosphère heureuse et bienveillante est à l’intérieur !

Dessin de quatre personnages, deux ayant une vulve et deux ayant un pénis. Les différentes évolutions à la puberté sont notées selon le type d'organe génital possédé.

L’éducation à la sexualité est un droit. Toute personne doit recevoir une information de qualité, non discriminatoire et adaptée à sa maturité puisque la sexualité est présente à tous les âges, elle joue un rôle important dans notre développement personnel et nos rapports sociaux. 

Mes références:

Vous pouvez retrouvez mes livres sur le site: https://gangduclito.com/

Le site de la maison d’édition:  http://bettercalljulia.com/

Mon site personnel: https://www.juliapietri.com/

Mon insta : @gangduclito

Les éditions Double ponctuation : l’indépendance au cœur

Entretien avec Étienne Galliand, éditeur

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’exercer votre métier d’éditeur ?
C’est forcément l’histoire d’un parcours personnel… Mais je dirais que comme beaucoup de gens, le livre a été un espace-temps charnière dans ma construction – que ce soit en tant qu’individu ou en tant que citoyen. J’ai donc grandi avec ces livres-mondes, férocement intimes mais ouverts sur l’universel – de ceux qui comptent autant, parfois, que certaines expériences vécues… Je sais ce que je dois aux livres.
Après des études d’Histoire, je me retrouve « tout naturellement » au Festival du premier roman de Chambéry, où j’assurais la relation aux éditeurs – il fallait convaincre d’envoyer gracieusement au Festival plusieurs services de presse pour que les Comités de lecture puissent lire les livres parus dans l’année ! Le Festival était hébergé par la Médiathèque de Chambéry – j’ai pu approcher alors de près le fonctionnement d’un « navire amiral » de lecture publique comme l’était la Médiathèque. J’ai compris à ce moment-là toute l’importance que ces lieux pouvaient avoir, comme espaces de contact au livre évidemment, mais bien plus largement comme lieux de sociabilisation, d’acceptation, de bienveillance – où les conventions sociales reposant sur la hiérarchisation, sur la compétition, sur la justification permanente n’ont plus vraiment la même importance… Passer la porte d’une bibliothèque ou d’une librairie reste encore pour moi, y compris au niveau sensoriel (ne trouver là que de petits bruits enveloppés de silence), une expérience unique, pacificatrice.
Après être passé par l’École de la Paix à Grenoble, j’ai cofondé l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, que j’ai dirigée pendant 10 ans. Ce fut une formidable aventure, d’une intensité humaine incroyable. Mais je ressentais le besoin depuis quelques temps de « passer de l’autre côté », de me rapprocher du texte – et c’est ainsi que sont nées les éditions Double ponctuation. Même si mon histoire avec le livre et l’édition est déjà longue, mon activité proprement éditoriale est assez récente, puisque le premier ouvrage commercialisé professionnellement (par le biais d’un diffuseur et d’un distributeur, CEDIF et POLLEN) est Interdiction de publier de Jean-Yves Mollier, sorti en 2020. Depuis, le catalogue compte une vingtaine de titres et ne va pas cesser de s’enrichir, vu le programme de publication prévu !
En tant qu’éditeur indépendant, je me considère vraiment comme un artisan – en opposition à la fois aux logiques quasi industrielles et fortement capitalistiques des grands groupes éditoriaux mais aussi en matière de savoir-faire : là où la division des tâches est la règle dans une grande structure, la polyvalence, une ligne hiérarchique quasi inexistante, des processus de codécision et la possibilité d’avoir toujours une vision d’ensemble me semblent être intrinsèquement attachés à la figure de l’éditeur et de l’éditrice indépendant·e. Il y a par ailleurs dans ce métier, tel que j’essaie de le pratiquer, un geste, une esthétique… Je crois aussi que les éditeurs et éditrices indépendant·es sont porteurs/porteuses d’une responsabilité, celle de lutter contre la surproduction des livres, contre leur clonage aussi (où toutes les publications finissent par se ressembler, traitent des mêmes sujets, de la même façon). L’éditeur et l’éditrice indépendant·e doit porter d’autres regards sur le monde ; dans tous les domaines, la diversité est vitale. Les grands groupes éditoriaux ont une logique et il serait bien caricatural de dénigrer systématiquement leurs productions (dont certaines sont de très grande qualité). Mais il nous est autorisé aussi de marquer notre différence, en tant qu’éditeurs et éditrices indépendant·es ; et de s’inquiéter, en tant que citoyen·nes, des phénomènes de concentration éditoriale toujours plus importants… Tous ces excès ne sont pas bons, ni pour la bibliodiversité, ni pour la démocratie… Par ailleurs, très concrètement, je déplore les logiques de censure (et d’auto-censure) de plus en plus présentes dans nos métiers – et la judiciarisation croissante de nos pratiques ; il est difficile de publier un livre critique, aujourd’hui, sans devoir le faire relire par un avocat !


Si on considère votre catalogue, pouvez-vous nous expliquer ce qui guide votre travail, quels sont vos sujets de prédilection ?
J’ai essayé d’organiser les éditions selon quelques axes de travail et en montant dès le début des collections. J’ai aussi fait le choix de bâtir un catalogue essentiellement axé sur les sciences humaines et sociales (en attendant peut-être, un jour, de m’aventurer en littérature).
Les axes thématiques couvrent d’un côté tout ce qui se rattache au genre (le féminisme, les mouvements LGBTQ+, etc.), de l’autre tout ce qui concerne les problématiques environnementales (lutte contre les logiques extractivistes et de prédation en particulier) et enfin, tout ce qui tourne autour des notions d’altermondialisme et de décolonialisme (même si ce dernier terme doit être utilisé avec précaution, car il peut recouvrir des réalités très différentes).
Pour chacun de ces axes thématiques, les ouvrages peuvent prendre la forme de témoignages (collection « Deux points »), des essais écrits par des « lanceurs d’alerte » (collection « Point d’exclamation »), des études et analyses plus académiques (collection « Point d’interrogation »). Nous publions par ailleurs des ouvrages sur les mutations du monde du livre et de l’écrit (collection « Bibliodiversité », dont fait partie la revue du même nom), qui rencontrent d’ailleurs une vraie reconnaissance aujourd’hui (voir https://www.double-ponctuation.com/categorie-produit/bibliodiversite/).
En dehors des axes thématiques, de la forme des écrits et des collections, je trouve très important aussi de parler des méthodes de travail que nous essayons de suivre. Ainsi, dans chaque exemplaire sont présentés les engagements des éditions : respect de toutes les formes de droits d’auteur, défense de la librairie indépendante, lutte contre la surproduction des livres – qui nourrit essentiellement, au final, le pilon –, contre le clonage des livres, engagements environnementaux… Les livres sont pensés pour être le plus accessibles possibles tout en restant de très bon niveau ; ils laissent – y compris en maquettage – de la place au lecteur et à la lectrice ; certaines collections utilisent aussi les codes QR pour lier le texte aux références bibliographiques qui sont présentes en ligne… Il est important à ce sujet que le livre intègre des passerelles avec les outils numériques d’aujourd’hui, quand cela a un sens et à la condition de ne pas se perdre…

Pouvez-vous nous présenter brièvement quelques titres de votre catalogue ?

Pour illustrer un peu notre travail, je pense qu’on peut mettre en avant 3 publications qui font partie du programme éditorial de 2022. Difficile de ne pas parler tout d’abord de Inclusi(f‧v‧e‧s) – Le monde du livre et de l’écrit : quelles diversités ? qui vient de sortir et qui présente une analyse plurielle de l’inclusion dans le monde du livre. Quelle est la place qu’on offre réellement aux femmes, aux personnes LGBTQ+, aux groupes socio-économiques traditionnellement exclus (personnes immigrées ou issues de l’immigration, aux personnes précaires, handicapées…), dans nos maisons d’édition, dans nos rédactions, dans nos bibliothèques, dans nos librairies ? Quelles sont les initiatives positives qui essayent de répondre à cette problématique – je suis d’ailleurs ravi que le travail de la Légothèque soit présenté dans cet ouvrage, c’est typiquement ce genre d’initiatives que nous voulons mettre en avant… Voir https://www.double-ponctuation.com/produit/inclusif%c2%b7v%c2%b7e%c2%b7s/

Dans Terre brisée – Pour une philosophie de l’environnement (à paraître), Amaeana Guéniot explore, avec l’aide des plus grands philosophes, notre responsabilité environnementale. C’est important de s’appuyer sur des savoirs philosophiques pour penser une catastrophe environnementale si importante que celle que nous commençons à vivre – pour la première fois due aux activités humaines… Cette responsabilité fondamentale doit être analysée, comprise, acceptée pour pouvoir en faire un levier d’action et non pas une charge culpabilisante handicapante…

Enfin, je suis ravi de publier Vivre sa transidentité à l’école – Parcours et point de vue d’une transeignante, de Mika Alison, qui nous propose son témoignage « de l’intérieur » sur la façon dont se vit un parcours personnel de transition dans un contexte scolaire, mais aussi une analyse sur les points qui pourraient sans doute être améliorés pour permettre une meilleure inclusion des personnes LGBTQ+ dans nos écoles. Ce parcours de vie, ces réflexions pourront sans doute être précieux à la fois pour toutes celles et ceux qui souhaitent continuer à faire des écoles des lieux d’inclusion, mais aussi pour les personnes directement concernées, qui peuvent parfois se sentir bien seul·es…

Il y aurait tant d’autres titres à présenter !… Et tant d’envies, en particulier celle de renforcer les liens interprofessionnels au sein de la chaîne du livre, de la création à la lecture… Je trouve d’ailleurs qu’il faudrait créer plus d’occasion de se parler, tout particulièrement entre éditeurs/éditrices et bibliothécaires… C’est pour cela que je trouve cette occasion que vous m’offrez de présenter notre travail si importante. Merci encore !

http://www.double-ponctuation.com

contact@double-ponctuation.com

+ DE 100 IDÉES POUR CHANGER TA BIB !

 – Le dossier du numéro 100 de la revue Bibliothèque(s) de l’ABF

Nous avons eu l’honneur de nous voir confier le dossier du numéro 100 de Bibliothèque(s). Intitulé “+ de 100 idées pour changer le monde ta bib !”, le dossier compte 178 idées qui témoignent du dynamisme sans cesse renouvelé des bibliothèques, et de la nécessaire adaptation de nos métiers à la société !
Nous avons essayé de relever le défi d’un non-inventaire à la Prévert, en essayant de couvrir au mieux tous les sujets, pour toutes les compétences et pour tous les budgets… Nous avons reçu pour cela l’aide de nombreux·euses bibliothécaires qui nous ont proposé des idées et envoyé des informations précieuses. Merci à elles et eux !
Nous avons aussi eu à cœur de citer des exemples illustrant les valeurs et les thèmes portés par Légothèque, tels que l’inclusion, la construction de soi, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, et l’égalité femmes-hommes.
Nous vous proposons donc ici quelques extraits de ce numéro sur ces thématiques, en guise d’ “apéritif de confinement”, en attendant d’avoir le numéro papier dans les mains… 🙂

En espérant que cela vous donne de l’inspiration et des envies de changer… votre bibliothèque… puis le monde !

Nathalie Étienne et Amandine Jacquet

Barbada de Barbades, drag queen intervenante pour l’heure du conte dans les bibliothèques de la région de Montréal, et qui a accepté de faire la couverture dont nous sommes si fières.
Crédit photo : © Matt Sirois

Voici les codes que nous avons utilisés pour mentionner les bibliothèques : Nom de la bibliothèque ou Commune (Type, (Communauté de) Communes, Département ou Pays, Nombre d’habitant·e·s).
Les types de bibliothèques ont été codés de la façon suivante :
BP : Bibliothèque publique
BN : Bibliothèque nationale
BU : Bibliothèque universitaire

Extraits choisis :

#4 Un « bibliobingo »

Bingo de la diversité à la bibliothèque Louise-Michel (BP, Ville de Paris, 2 187 500 hab.) : un «bibliobingo » en direction des adolescent·e·s : un badge maison à gagner pour celles et ceux qui remplissent une ligne en lisant les ouvrages répondant aux critères indiqués.

CC BY-SA Bibliothèque Louise-Michel (Paris)

Plus d’informations sur les bibliobingos dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).

#35 « Livres vivants »

Dans la « bibliothèque vivante », les « livres vivants » sont des personnes qui acceptent de témoigner d’une conviction ou d’une expérience qu’ils ont vécue. Celle-ci peut être d’ordre privé ou professionnel, dans le domaine culturel, associatif, religieux, politique. Elle peut également avoir trait à l’orientation sexuelle et/ou de genre, à une expérience, éducative, morale et/ou affective (enfant adopté, deuil, par exemple). Les « livres vivants » seront présentés anonymement dans le catalogue avec un titre explicite en lien avec le témoignage qu’ils acceptent de partager. L’objectif d’une « bibliothèque vivante » est de lutter contre les stéréotypes et les préjugés. On privilégiera donc les « livres » ayant des expériences en lien avec les clichés et préjugés en cours dans la société. Les publics peuvent « emprunter les livres vivants » pour une durée d’environ 30 minutes, dans l’enceinte de la bibliothèque uniquement (les bibliothécaires sont les garant·e·s d’une expérience sereine et pacifique). 
Cette action est bien souvent organisée sur une journée (en tant qu’animation) comme à La Chapelle-aux-Bois (BP, Vosges, 700 hab.), Béziers (médiathèque communautaire André Malraux, Béziers Méditerranée, Hérault, 122 500 hab.), Toulouse (José-Cabanis, BP, Haute Garonne, 479 600 hab.). Elle peut être organisée avec des « livres » fournis par une association dédiée (la commission Légothèque de l’ABF peut vous fournir une liste), mais il est également possible de créer son propre catalogue. 

Livres vivants dans les bibliothèques et médiathèques de la Communauté d’agglomération d’Épinal
Crédit photo : ©bmi-CAE

Certaines bibliothèques la proposent en rendez-vous régulier : BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BN-BP, Montréal, Québec, Canada, 4 098 900 hab.) donne rendez-vous chaque semaine avec deux « métiers hors de l’ordinaire » tels que sergent d’infanterie, charpentière-menuisière, experte en cyber-sécurité, débardeur… À Malmö (BP, Suède, 316 000 hab.), la « bibliothèque vivante » se tient tous les samedis avec un catalogue fixe, mais tous les livres ne sont pas présents à chaque fois. 

Livres vivants dans les bibliothèques et médiathèques de la Communauté d’agglomération d’Épinal
Crédit photo : ©bmi-CAE

La « bibliothèque vivante » peut également porter sur un sujet dédié, comme par exemple la santé mentale ou les migrant·e·s à Rennes Métropole (Les Champs-Libres, BP, Ille-et-Vilaine, 443 200 hab.), ou l’exil à Lyon (Part-Dieu, BP, Rhône, 516 100 hab.). Enfin, la bibliothèque vivante peut parfois être destinée à des publics spécifiques, comme par exemple l’opération « Emprunte un.e suédois·e » menée par six bibliothèques suédoises, dans le but de faciliter l’accueil et l’intégration des migrant·e·s : les personnes récemment immigrées peuvent emprunter un·e suédois·e à la bibliothèque afin d’en savoir plus sur les démarches à effectuer, apprendre et pratiquer la langue suédoise mais également découvrir la culture du pays. L’opération a connu un grand succès à la bibliothèque de Söderhamn (BP, Suède, 12 100 hab.) et a été rebaptisée «Emprunte un·e suédois·e ou un·e migrant·e».

Livres vivants dans les bibliothèques et médiathèques de la Communauté d’agglomération d’Épinal
Crédit photo : ©bmi-CAE

Découvrez les règles de la bibliothèque vivante de la Bibliothèque publique d’information (Bpi) dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).
Sur le même sujet, voir aussi : https://legothequeabf.wordpress.com/2015/12/08/bibliotheque-vivante-et-migrant-es-comment-faire-lexemple-suedois/
https://legothequeabf.wordpress.com/2015/06/30/retour-sur-la-bibliotheque-vivante-questions-de-genre/

#75 Des toilettes fonctionnelles et inclusives

Rien de moins inclusif que les toilettes réservées aux personnes en situation de handicap (parce que non, le handicap n’est pas un genre à part), ou encore les tables à langer dans les toilettes pour les femmes uniquement (parce que oui les hommes aussi peuvent souhaiter langer leurs enfants). Par ailleurs, il est important de tenir compte des publics : les femmes utilisent plus souvent les toilettes que les hommes, et le public des bibliothèques est massivement plus féminin que masculin.
Dégenrer les toilettes présente donc le double intérêt de permettre une utilisation plus rationnelle des lieux mais aussi de simplifier les choses pour les personnes non binaires ou transgenres. […] 

Exemples de signalétiques pour toilettes dégenrées : militante à Stovner (BP, Oslo, Norvège, 690 300 hab.) (1), technique mais un peu elliptique à Silkeborg (BP, Danemark, 46 200 hab.) (2), mais un simple pictogramme (3) ferait sans doute également l’affaire.

La suite de cet article et un sketchnote “Récolter et fournir des protections périodiques” (#74) à découvrir dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).

#112 Contribuer à  la dignité de chacun·e

La bibliothèque de Saint-Denis -lès-Martel (BP, Lot, 330 hab.), comprend une agence postale et un point social. Ces trois activités s’imbriquent totalement dans le paysage de cette commune ultrarurale et à la population précarisée. Tous les ans, en collaboration avec l’association des Restos du Cœur, a lieu un après-midi « coiffeurs solidaires » qui bénéficie  à une vingtaine de personnes. (voir photo ci-dessous) Des coiffeuses professionnelles viennent offrir leurs services dans ce salon de coiffure éphémère et solidaire. La bibliothèque est désacralisée et la lecture est à la portée de chacun·e et, en attendant son tour, on rit, on mange, on lit. Et quand on se sent beau, on se sent humain et peut-être plus d’envie et de légitimité pour fréquenter la bibliothèque qui est souvent perçue comme « pas pour nous ». La Riverside Library (BP, New York, État de New York, USA, 8 623 000 hab.)  prête des accessoires de mode pour les personnes les plus précaires : cravates, sacoches, pour les entretiens d’embauche, mais aussi pour un mariage, une audition, une remise de diplôme, un bal de promo ou tout autre événement officiel.

Bibliothèque de Saint-Denis -lès-Martel
Crédit photo : CC BY-SA Carine Verger

L’espace dédié aux adolescent·e·s de la Parkway Central (BP, Philadelphie, Pennsylvanie, USA, 1 581 000 hab.) propose en accès libre des produits d’hygiène de première nécessité: tampons et serviettes hygiéniques, coupes menstruelles, déodorants, préservatifs… (photos ci-dessous) Les jeunes peuvent ainsi s’approvisionner, qu’elles·ils soient dans une situation familiale et/ou financière compliquée ou qu’elles·ils soient sans foyer.

Parkway Central, Philadelphie USA
Crédit photo : CC BY-SA Amandine Jacquet

Dans un souci d’ouverture et de bien-être des jeunes, il leur est proposé de porter un badge pour que l’on puisse ainsi s’adresser à elles·eux avec le bon pronom (elle, il ou iel) :

Parkway Central, Philadelphie USA
Crédit photo : CC BY-SA Amandine Jacquet

#117 Une heure du conte inclusive

[…] Dans le cadre de la «Queer week», semaine de réflexion sur le genre et les sexualités, la bibliothèque Louise-Michel (BP, Ville de Paris, 2 187 500 hab.) a reçu en 2018 et 2019 des drag queens pour une heure du conte dédiée aux histoires qui déconstruisent les stéréotypes de genre. La lecture d’albums qui s’attaquent aux préjugés et cassent les codes, avec de superbes créatures pailletées, y rencontre un franc succès, malgré de violentes attaques sur les réseaux sociaux.

Crédit photo : CC BY-SA Bibliothèque Louise-Michel (Paris)

Vu aussi à BALO (Bibliothèque à livres ouverts, Centre de documentation spécialisé dans les questions reliées à la diversité sexuelle à Montréal, Québec, Canada), à BAnQ (BN-BP, Montréal, Québec, Canada), et dans neuf sites de la Free Library (BP, Philadelphie, Pennsylvanie, USA, 1 581 000 hab.).

À lire aussi dans le numéro 100 de Bibliothèque(s), l’heure du conte inclusive dédiée aux enfants qui ont des besoins particuliers (autisme par exemple).
Et « Des contes de Reines » ici

#119 «Mois des fiertés»

Pendant tout le mois de juin, depuis plusieurs années, la Free Library (BP, Philadelphie, Pennsylvanie, USA, 1 581 000 hab.) célèbre la diversité culturelle de la communauté LGBTQIA+ (lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, queer (ou) en questionnement, intersexuelle, asexuelle (ou) alliée et plus encore). En 2019, plus de 30 bibliothèques du réseau de la Free Library ont participé au programme du «Mois des fiertés». Il regroupe des concerts pop-up, des projections de films, des discussions sur la littérature transgenre, de la poésie, des histoires non sexistes, des ateliers de compétences culturelles LGBTQIA+, des ressources éducatives en santé, des heures du conte par des drag queens, des soirées jeux, des lectures à voix haute et même un programme pour les propriétaires d’entreprises et les entrepreneur·euse·s LGBTQIA+, et bien plus encore !

Vu aussi à New York (BP, État de New York, USA, 8 623 000 hab.), à Washington D.C.  (BP, USA, 6 216 600 hab.), à McGill (BU, Montréal, Québec, Canada) et à BAnQ (BN-BP, Montréal, Québec, Canada) :

Festival Fierté Montréal à BAnQ (Montréal, Québec)
Crédit photo : CC BY-SA Delphine Zavitnik

#137 Des ateliers de conversation

Moments d’échanges et de rencontres conviviales, les ateliers, souvent hebdomadaires, de conversation en français pour les primo-arrivant·e·s et les personnes qui maîtrisent mal le français, ou de conversation dans une langue étrangère, apparaissent de plus en plus dans les médiathèques.
Chaque mercredi, à la médiathèque communautaire de Sarreguemines Confluences (BP, Moselle, 21 200 hab.), deux ateliers Français Langue étrangère (FLE) sont organisés et animés par une bibliothécaire. L’un s’adresse aux personnes de niveau débutant/intermédiaire et est axé sur la grammaire et le vocabulaire. Dans le second, les participant·e·s, plus avancé·e·s, discutent d’un sujet de société. L’intention était d’attirer de nouveaux publics, et de dynamiser le fonds FLE et langues étrangères, les cabines et les méthodes de langue FLE. Ces ateliers font de la médiathèque un lieu de référence et de ressources pour les personnes d’origine étrangère. Lors du festival nommé «Migration», les participant·e·s ont présenté leur parcours de vie, permettant de déconstruire les clichés autour des migrant·e·s économiques qui viendraient « profiter des prestations sociales »…

Vu aussi dans les médiathèques du réseau de Plaine Commune (BP, Seine-Saint-Denis, 435 300 hab.) avec leurs ateliers Blabla, à la bibliothèque Vàclav Havel (BP, Ville de Paris, 2 187 500 hab.),  à Langres (BP, Haute-Marne, 7 800 hab.). […]

Film documentaire Atelier de conversation (2018) de Bernhard Braunstein, dont l’ABF a été partenaire

« À la Bibliothèque publique d’information, au Centre Pompidou à Paris, des personnes venant des quatre coins du monde se rencontrent chaque semaine, lors de l’Atelier de conversation pour parler français. Les réfugié·e·s de guerre côtoient les hommes et femmes d’affaire, les étudiant·e·s insouciant·e·s croisent les victimes de persécutions politiques. Malgré leurs différences, elles et ils partagent des objectifs communs : apprendre la langue et trouver des allié·e·s et des ami·e·s pour pouvoir (sur)vivre à l’étranger. C’est dans ce lieu rempli d’espoir où les frontières sociales et culturelles s’effacent, que des individus, dont les routes ne se seraient jamais croisées, se rencontrent d’égal·e à égal·e. »

#175 Une signalétique percutante et inclusive

Dans l’esprit Code de la route, cet autocollant posé sur la porte de la bibliothèque d’Entresse (BP, Helsinki, Finlande, 642 000 hab.) affirme : « Zone sans discrimination ». Il a été conçu dans le cadre d’une campagne du ministère de l’Intérieur en lien avec de nombreux acteurs sociaux. 1 200 organisations se sont déclarées « Zone sans discrimination », dont 29 bibliothèques. […]

Bibliothèque d’Entresse, Helsinki (Finlande)
Crédit photo : CC BY-SA Amandine Jacquet

La suite de cet article ainsi que d’autres exemples de communication drôles et anti-clichés sont à retrouver dans le numéro 100 de Bibliothèque(s).

Vous en voulez plus ? Procurez-vous le numéro 100 de Bibliothèque(s) : c’est par ici !

Les auteures :

  • Après avoir travaillé à la bibliothèque municipale de Valence, Nathalie Étienne occupe désormais un poste d’assistante à la Médiathèque Départementale de la Drôme à CREST (site ouvert aux publics). Elle est responsable du secteur musique et de la communication.  Amateure de street art, elle y a organisé divers événements (Yarnbombing, Inside Out Project). Son compte Instagram @knittie_librarian est le reflet de cet intérêt. 
    Elle a collaboré avec Amandine Jacquet à élaborer le dossier « + de 100 idées pour changer ta bib» du numéro 100 de la revue Bibliothèque(s) (ABF, 2020).
  • Bibliothécaire et formatrice, Amandine Jacquet a travaillé en bibliothèques municipales et départementales, puis à l’Enssib, avant de devenir formatrice et consultante pour les bibliothèques.
    Elle est membre de la commission internationale de l’ABF et de la section Management des Associations de Bibliothèques (MLAS) de l’IFLA.
    Elle a coordonné l’ouvrage Bibliothèques troisième lieu (ABF, 2e édition revue et augmentée en 2017, publication en italien 2018), ainsi que l’ouvrage Concevoir une bibliothèque rurale (ABF-ABD, 2018). Elle a collaboré avec Nathalie Étienne à élaborer le dossier « + de 100 idées pour changer ta bib» du numéro 100 de la revue Bibliothèque(s) (ABF, 2020).

Un docteur qui rend pop la psy

Difficile en France d’aborder le sujet de la santé mentale sans avoir en tête certains clichés qui sont associés au monde psychiatrique. Le nom de plusieurs maladies sont devenues des expressions courantes au point de devenir au mieux l’expression un défaut passager et au pire une insulte. En résulte une grande souffrance des personnes concernées qui subissent en plus de leurs symptômes des situations de psychophobie.

Quand on pense représentation de la folie dans l’art, on pense plus facilement au cri de Munch ou à la mélancholie de Dürer qu’à Black Swan ou Melancholia.

Pourquoi parler de santé mentale?

La question se pose dans les colonnes de ce blog. En effet, dans le cadre de la légothèque, nous n’interrogeons pas habituellement cet aspect du « soi ». Pourtant, il a été montré par de nombreuses études scientifiques et sociologiques que les discriminations et la stigmatisation de personnes parfois en situation de précarité (comme les migrant.e.s ou les personnes LGBT le sont souvent) sont des facteurs de l’apparition de détresses psychologiques. Et cela devient un sujet de santé publique lorsque l’on sait que « les homosexuels/bisexuels masculins présentent de 2 à 7 fois plus de risque d’avoir fait une tentative de suicide que les hommes hétérosexuels exclusifs ; les femmes homo/bisexuelles présentent de 1,4 à 2,7 fois plus de risque par rapport aux femmes hétérosexuelles[1] ».

Au regard de ce constat glaçant, il est intéressant de se demander pourquoi il semble si difficile de traiter le la question alors que depuis plusieurs années de nombreuses figures de la pop culture prennent positions et décident de témoigner.

Et les bibliothèques?

Quand on s’intéresse au sujet des troubles mentaux, on retrouve souvent des ouvrages médicaux ou encore ce sont les collections de développement personnel que nous retrouvons le plus souvent dans les bibliothèques. Il est alors difficile de trouver des ressources permettant de déstigmatiser les personnes concernées et de leur permettre une forme d’identification. Pourtant la fiction est friande de représentations parfois hyperboliques de la « folie », à l’image du dernier film de Todd Phillips, Joker, au succès retentissant au point que Joachim Phenix obtienne récemment l’oscar du meilleur acteur. Pourtant de l’avis du psychiatre Jean Victor Blanc[2], le personnage du Joker est justement un ensemble de troubles psychiatriques qui ne sont pas propre à une maladie en particulier.

Tag représentant Heath Ledger dans la peau du Joker. Source: Wikimédia Commons

Une histoire de la folie à l’âge moderne

Le psychiatre Jean Victor Blanc souhaite dans son livre Pop & Psy (Plon, 2019) vulgariser les connaissances de la psychiatrie sur les troubles mentaux. Dans son livre, il illustre et explique les symptômes de ces troubles et les compare aux représentations que nous retrouvons dans l’imaginaire de la pop culture. L’auteur explique les troubles psychiatriques comme la bipolarité, la schizophrénie ou la dépression (plus de 300 millions de personnes touchées au monde selon l’OMS ! ) au prisme de films qui ont reçu un accueil souvent triomphal de la part du public et de la critique.

S’intéressant aux célébrités et à des figures de fictions, il souhaite démystifier des représentations désormais ancrées. C’est également l’occasion d’expliquer l’évolution des traitements psychiatriques : le traitement aux électrochocs du film Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975) existe mais il a grandement évolué et concerne un cas spécifique de traitement contre la dépression. Pour le médecin, expliquer les avancées de cette discipline, c’est faire reculer la peur des traitements encore emprunts de nombreux préjugés.

Angelina Jolie Effect

L’approche de la vulgarisation, mêlant souvenirs d’un médecin et réminiscences de filmographies ou de revue people permet de toucher un vaste public, bien plus large que celui des personnes concernées. Cela permet une meilleure connaissance de maladies de plus en plus présentes autour de nous et parfois invisibles. L’auteur organise d’ailleurs des conférences – cinéma où il prend le temps d’analyser un film en particulier.

En tant que personne concernée, j’ai également apprécié ce rapport à la fiction : si les figures identificatrices sont importantes pour se construire une identité, la lecture critique et médicale sur des exemples que nous connaissons permet de comprendre la complexité de ce type de maladies.

Jean Victor Blanc souligne que trop souvent, les figures qui évoquent la folie sont négatives : « Alors que très souvent la figure de l’artiste atteint de maladie mentale est incarnée par Camille Claudel ou Antonin Artaud, pourquoi ne pas évoquer plus souvent l’incroyable destin de Niki de Saint Phalle ? Hospitalisée à 22 ans et traitée par une cure d’électroconvulsivothérapie, elle démarre sa carrière d’artiste et elle crée jusqu’à son décès, à 71 ans. » Pourquoi dès lors ne pas regarder vers de nouvelles figures populaires ?

Quelques points négatifs : des références très marquées par la culture américaine, et peut être un manque de références littéraires. Pour autant, Jean Victor Blanc réussit à initier un travail de déstigmatisation grâce à la vulgarisation scientifique.

Et vous, quelles œuvres ont bousculé votre vision sur ce sujet ?


[1] Beck, François, et al. « Risques suicidaires et minorités sexuelles : une problématique récente », Agora débats/jeunesses, vol. 58, no. 2, 2011, pp. 33-46.

[2] Il explique son point de vue sur le film dans une interview auprès de Kombini : https://www.konbini.com/fr/cinema/joker-video-les-vrais-savent-psychiatre

Les maisons d’édition féministes à Livre Paris 2016

Lors du salon Livres Paris 2016, nous avons pu visiter les stands de quelques maisons d’édition féministes qui présentaient leur activités et leurs nouveautés, le plus important étant celui des éditions Des femmes issues du Mouvement de libération des femmes. D’autres maisons sont apparues depuis : les Editions iXe issues de «La Bibliothèque du Féminisme», Talents Hauts spécialisée dans la littérature jeunesse, Remue-ménage, québecoise et internationale.

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« Roms et riverains » : pour en découdre avec les stéréotypes

« Pour éviter race, mot par trop malsonnant, on admet plutôt que la «question rom » est une affaire de culture. De fait, la culture rom, sorte d’errance sans but dans un paysage d’ordures, de boue et de rats, est difficilement compatible avec « la nôtre ». (…)» L’entrée en matière de la quatrième de couverture donne le ton. Dans leur ouvrage collectif Roms et Riverains. Une politique municipale de la race (éditions La Fabrique, 2014), Eric Fassin, Carine Fouteau, Serge Guichard et Aurélie Windels propose une analyse politique de « la question rom ».

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Couverture du livre

Des Roms à la « question rom »

La première partie propose un rapide éclairage sur l’emploi du terme générique Roms, désignant au départ une « minorité transnationale » originaire de Roumanie et de Bulgarie (selon les termes de l’Union européenne). La généralisation du mot relève d’une double dynamique militante et institutionnelle positive, à l’œuvre par exemple dans la Décennie de l’inclusion des Roms, lancée en 2005 dans plusieurs pays européens.

Mais dans le discours médiatique, « la question rom porte sur un sous-ensemble minime de Roms (…) les Roms des terrains vagues (…) [qui] d’ailleurs, ne sont pas forcément Roms. ». « On peut donc se demander si le critère social ne l’emporte pas sur le culturel, la racialisation visant la pauvreté avant toute autre différence », remarque Eric Fassin.

Le sujet du livre réside dans l’étude de cette « question rom », les Roms étant appréhendés ici « comme une minorité, caractérisée par l’expérience de la discrimination. » C’est donc de la différence de traitement et non d’une altérité présumée dont il est question. Lire la suite