Interview de bénévoles de la bibliothèque du Centre LGBTQI+ Paris

Légothèque : Bonjour, vous êtes bénévoles à la bibliothèque du Centre LGBTQI+ Paris-ÎdF et je vous remercie d’accepter de répondre à quelques questions.

Quel est l’historique de la bibliothèque ?

Centre LGBTQI+ Paris-ÎdF (Louise et Jean Marc) : Dès la création d’un Centre parisien destiné à accueillir les personnes en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre, vivant à Paris ou en Île de France, ou de passage, se pose la question d’un Centre de documentation.
Ce dernier est fondé en décembre 1983 dans ledit Centre, alors appelé L’escargot .
Quand, en 1989, la Maison des Homosexualités (MH) ouvre ses portes, un espace est également dédié à la documentation.
En 1993, le Centre Gai et Lesbien (CGL) déménage au 3, rue Keller, et, un an plus tard, la bibliothèque y trouve sa place. Finalement, le Centre LGBTQI+ Paris-ÎdF s’installe au 63 rue Beaubourg en 2008 : il inclut la bibliothèque actuelle, rebaptisée Jean Le Bitoux en 2010, peu après le décès du cofondateur du périodique Gai Pied.
Cette salle, au premier étage du Centre, est polyvalente et accueille des réunions des associations adhérentes en dehors des horaires d’ouverture de la bibliothèque. Nos problématiques actuelles sont ainsi centrées sur l’espace de rangement des documents et d’accueil des usagères / usagers, la mise à disposition des ouvrages (lors des permanences de la bibliothèque), et leur temps de traitement et de rangement (quasiment exclusivement pendant les permanences).

L : Quelle est sa mission ?
C : À la bibliothèque Jean Le Bitoux, nous conservons des ouvrages (romans, bandes dessinées et documentaires), DVD et périodiques à thème LGBTQI+ ou d’auteurs.trices du milieu LGBTQI+. Nous avons vocation à être un lieu-ressource de recherches et de loisirs dans le domaine LGBTQI+. [Consultez le catalogue ICI]

L : Quels services liés à ces collections proposez-vous ?
C : Nous proposons plus de 10000 ouvrages en consultation et en prêt durant les heures d’ouverture, à savoir deux heures par jour du lundi au samedi, jeudi exclu.
Nous recevons les dons de particuliers, d’auteurs.trice.s et de maisons d’édition, nous les cataloguons et les équipons pour le prêt.
Nos doublons sont vendus à petits prix sur place et peuvent être donnés à d’autres associations et bibliothèques qui le désirent.
Nos périodiques en doublon sont, eux, offerts aux lectrices.lecteurs intéressé.e.s.
Dans la mesure du possible, nous essayons également de soutenir les activités du Centre, qui sollicite parfois notre aide pour enrichir les projets culturels élaborés par notre Pôle culture.

L : Quel est le cœur de votre activité : les collections ou les animations ?
C : Les collections, quasi exclusivement. Nous avons à cœur d’accueillir les lecteur.trices, de les conseiller et de les orienter au mieux dans leurs recherches.
Un club de lecture, et un club d’écriture ont également repris il y a peu.

L : Avez-vous une politique documentaire ? Laquelle ?
C : Nous ne conservons que des ouvrages à thématique LGBTQI+ ou bien d’auteurs.trices LGBTQI+. Nous essayons d’être exhaustives.exhaustifs en ce qui concerne notre fonds de périodiques (Gai Pied, Têtu, Lesbia…).
Notre principal défi en ce moment est de réussir à équilibrer nos collections entre les ouvrages L, G, B, T et I.

L : Quel système de classification utilisez-vous ? Convient-il à vos collections ou devez-vous l’adapter ?
C : Nous avons 9 sections : Bibliographies et Généralités, Sciences Humaines, DVD, Arts, BD, Littérature de fiction, Psychologie et Santé, Périodiques, et enfin Littérature Grise. Ces sections sont différenciées spatialement dans la bibliothèque et signalisées par un code couleur (rouge pour la fiction, bleu pour les sciences humaines…).
Les livres et les albums sont rangés par ordre alphabétique d’auteur.trice.s, et les DVD par ordre alphabétique de titre. Au sein des DVD, une sous-classification distingue les Courts-métrages, Documentaires, Séries, et Fictions.
Nous rencontrons peu de problèmes de classification (un périodique sous forme de bande-dessinée ira, selon sa taille, soit en BD soit avec les revues).
Notre SIGB est le logiciel libre PMB qui convient à nos besoins.

L : Quel est votre public cible ? Quelle est votre fréquentation ? Essayez-vous d’élargir vos services à d’autres publics ?
C : Notre public cible regroupe les personnes désirant consulter et emprunter des ouvrages LGBTQI+, pour le loisir et les recherches.
En 2018, nous avons eu 983 visiteurs, dont 459 pour les prêts.
Nous essayons pour le moment de faire connaître la bibliothèque à l’ensemble des personnes visitant le Centre.
Par ailleurs, nous recevons depuis quelques années de plus en plus d’étudiant.e.s, d’universités françaises, européennes et d’Amérique du Nord, en master et en thèse, venu.e.s numériser, photographier ou consulter notre très riche fonds documentaire : c’est sans doute le signe que notre bibliothèque commence à être répertoriée par les universités.

L : Avez-vous des partenaires récurrents ? Quels types de partenariats mettez-vous en place avec ces partenaires ?
C : Avec L’Académie gaie et lesbienne, nous avons des échanges d’ouvrages et des dons d’archives.
Avec la Bibliothèque LGBTQI de Lyon, ce sont des dons d’ouvrages ainsi qu’avec L’association Lire c’est vivre qui a pour objet le développement de la lecture en milieu carcéral, selon différents modes d’actions.

L : Votre bibliothèque fait-elle partie d’un réseau : bibliothèques universitaires, bibliothèques spécialisées…?
C : Non, car nous sommes une bibliothèque associative, principalement liée au Centre LGBTQI+ Paris-ÎdF.
Néanmoins, nous avons des contacts occasionnels avec les bibliothèques LGBT+ des autres villes de France.

L : Où peut-on suivre vos activités en ligne (site web, réseaux sociaux) ?
C : Sur le site web : centrelgbtparis.org/bibliotheque et les informations concernant les actualités de la bibliothèque sont relayées via les réseaux sociaux du Centre (Facebook, Instagram et Twitter).

L : Justement, quels sont vos projets pour 2019-2020 ?
C : En priorité, nous voulons continuer à assurer les permanences d’ouverture, tenues par une dizaine de personnes, exclusivement bénévoles.
Depuis septembre, nous avons organisé une vente de nos doublons à petits prix et nous étions present.e.s au Salon du Livre Gay, également pour y vendre nos doublons et faire connaître notre bibliothèque.
Au Centre, nous avons ouvert nos portes en dehors des horaires de permanence pour faire découvrir la bibliothèque à un groupe de femmes qui n’avaient pas eu l’occasion de s’y rendre dans le cadre de leurs activités au sein du Centre.
Notre principal objectif, cette année, est de trouver un moyen de valoriser nos doublons mis en vente. Dans cette optique, nous avons récemment fait l’acquisition d’une vitrine afin que ces derniers soient exposés et facilement consultables par les visiteurs sans notre aide.
Nous mettons également à jour notre flyer et notre page internet afin que le catalogue et la liste des doublons soient plus visibles, et établissons un travail d’inventaire et de vérification de cotes.

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